#205 – Santos FC : Alvinegro

Les blancs et noirs. Lorsque le club de Santos fut fondé en 1912, le premier choix des couleurs se portèrent sur le blanc, le bleu et l’or. Le maillot était alors rayé bleu et blanc, avec de fines bandes dorées. Mais, après à peine un an d’existence, le 31 mars 1913, les membres décidèrent de changer pour opter pour un maillot rayé noir et blanc, fixant alors définitivement les couleurs du club. Les raisons du changement étaient simples. Il est probable que les joueurs constatèrent que les couleurs bleus et dorées passaient assez vite après quelques lavages. Il fallait donc refaire régulièrement des maillots. Or, les finances du club ne devaient pas le permettre. Surtout, la couturière de l’équipe, connue sous le nom de Dona Didi, se plaignait de ne pas réussir à trouver les tissus nécessaires (en particulièrement celui doré) pour réaliser le maillot du club. Lors de cette réunion du 31 mars 1913, Paulo Peluccio, membre du club, suggéra de retenir un maillot à rayures blanches et noires. Le noir aurait représenté la noblesse et le blanc symbolisait la paix. Surtout, ces couleurs étaient plus simple à trouver à l’époque.

En 1913, le maillot fut donc rayé verticalement en noir et blanc. Mais, en 1915, en même temps qu’il dut changer de nom pour participer au tournoi de Santos, le club porta un maillot intégralement blanc, marqué seulement de son blason. Ce fut une réussite avec le titre au bout. En 1925 et en 1935 (pour le premier titre dans le championnat de l’Etat de São Paolo), le maillot fut une nouvelle fois intégralement blanc. Dans la version de 1925, le maillot intégrait toutefois au niveau de la taille une bande noire, comme une ceinture. Pour celle de 1935, tout l’équipement était blanc, les chaussettes ayant quelques détails noirs. Au milieu des années 1930, Santos porta l’uniforme le plus inhabituel de son histoire. En effet, si le short était blanc, le maillot était dans une couleur surprenante pour le club, rouge. Cet uniforme fut utilisé que dans quelques matchs. Au début des années 1940, Santos avait pour équipement une chemise à larges rayures noires et blanches mais cette fois horizontales. Lors de la grande période du Santos de Pelé, l’uniforme redevint complètement blanc, à l’exception de la taille où la ceinture était noire. Toutefois, en 1963, la direction tenta un nouveau maillot blanc à fines rayures noires, le short et les chaussettes demeurant blancs. Ce fut un échec auprès des supporteurs et le club revint au kit blanc. Dans les années 1970, l’équipement se stabilisa avec comme premier uniforme, un kit intégralement blanc, et en maillot extérieur, celui rayé noir et blanc. Enfin, dans les années 1990, le club céda à la mode des tenues extravagantes et si les couleurs demeurèrent, les shorts affichèrent des damiers, des étoiles, des traits …

Comme d’autres équipes ont adopté ces couleurs et ont donc gagné ce surnom d’Alvinegro, celui de Santos a été enrichi par la suite en Alvinegro da Vila et Alvinegro Praiano. Le premier se réfère au stade dans lequel évolue Santos, le stade Urbano Caldeira, mieux connu sous le nom de Vila Belmiro, quartier où il se situe. Enfin, Praiano est un adjectif pour désigner un objet, un lieu ou une personne situé sur le littoral. Ce qui est le cas de la ville de Santos, située sur la côte de l’ État de São Paulo et qui est le plus grand port d’Amérique Latine.

#204 – Atalanta Bergamasca Calcio : la Dea

La déesse. Le surnom provient du nom du club, Atalanta, malgré le fait que la référence soit erronée. En effet, Atalanta est le nom italien d’Atalante, une héroïne grecque (et donc pas une déesse …). S’il existe plusieurs légendes à cette héroïne, Atalante est surtout connu pour le défi qu’elle lança à ses prétendants. En effet, pour l’épouser, il fallait la battre à la course à pied. Mais, ceux qui perdaient cette course périssaient, transpercés par la lance d’Atalante. Depuis, Atalante est reconnue pour ses exploits hors du commun pour une femme dans la société grecque antique et incarne la vitesse et la compétition extrême.

A l’image du club néerlandais de l’Ajax Amsterdam (cf. #243 et #936) ou d’autres clubs européens (#716, #577, #254, #765 et #1116), les fondateurs souhaitèrent donner à leur club les valeurs inspirées par l’héroïne. Le club fut fondé comme une entité omnisports et avec le nom de Società Bergamasca di Ginnastica e Sports Atletici Atalanta (Société Bergamasque de Gymnastique et de Sports d’Athlétisme Atalante). Il faut dire que les 5 fondateurs du club en 1907 baignaient dans cette culture antique puisqu’ils étaient des jeunes suisses étudiant au Liceo Classico Paolo Sarpi, lieu d’enseignement élitiste dont les méthodes intègrent toujours l’étude du grec ancien et du latin.

En outre, la petite histoire raconte que l’un des pères fondateurs découvrit l’héroïne en lisant un livre qu’il avait trouvé dans la rue. Or, la passion d’Atalante pour la course à pied collait bien avec les activités sportives (gymnastique et athlétisme) que le club allait proposer à ses membres.

#203 – Hapoël Beer-Sheva : הגמלים

Les chameaux. Le club de la ville de Beer-Sheva a marqué récemment le football israélien. Alors que le Macabbi Tel Aviv, avec ses 25 championnats remportés, trustaient les trophées, seuls le Maccabi Haïfa, le Betar Jérusalem et l’Hapoël Tel-Aviv parvenaient à troubler son hégémonie depuis une trentaine d’année. Fondé le 1er mai 1949, le club se trouvait en 2007 en seconde division et en proie à des difficultés financières. Racheté pour 1,8 million de dollars par Alona Barkat, femme milliardaire, le club connut une renaissance qui le fit remonter en première division deux ans après son rachat. Puis, en 2014, l’Hapoël devint vice-champion d’Israël, avant de remporter 3 titres d’affilés en 2016, 2017 et 2018. Bien que situé dans la vallée du Jourdain, la ville de Beer-Sheva se trouve avant tout à l’extrémité nord du désert du Néguev et connait un climat chaud et sec, typique des déserts. Le club a donc naturellement hérité comme surnom de l’animal emblématique du désert, le chameau.