#1426 – Pise SC : Nerazzurri

Les noir et bleu. Quand on vous dit nerazzurri, indéniablement des images de l’Inter Milan ou de l’Atalanta Bergame vous viennent à l’esprit. Pourtant, en Toscane, un autre club historique porte fièrement un maillot rayé noir et bleu : le Pisa Sporting Club. Indissociable du club, il lui a donné son surnom. Mais, si vous regardez son logo, vous remarquerez que l’écusson au centre arbore les couleurs rouge et blanche. Alors, pourquoi ce grand écart chromatique sur le maillot ?

Vers 1908, des jeunes garçons, qui avaient investi toutes leurs économies dans l’achat d’un ballon en cuir, décidèrent de créer un premier club de football, la Società Sportiva Etruria. Les membres arboraient des maillots moitié blancs, moitié rouges, rendant hommage aux armoiries de la ville de Pise. Ces dernières représentent une croix patonnée blanche, avec douze globes à ses extrémités (appelé croix pisane), sur un fond rouge. Au Moyen-Âge, la ville de Pise prit le parti de l’empereur du Saint-Empire romain germanique Frédéric Barberousse (les gibelins) face au Pape (les guelfes). Pour la remercier de cette loyauté, Frédéric lui accorda plusieurs privilèges dont celui d’arborer l’Aigle de l’Empereur sur ses bannières et sa monnaie. De même, en 1162, puis en 1166, des documents rapportent que « dedite etiam imperator eis usum vexillum » (l’empereur accorda également l’usage du drapeau). Une hypothèse serait qu’il s’agit de l’étendard rouge de l’Empereur, le Blutfahne, ce qui serait la source de la couleur rouge des armes de la ville. Car, plus tard, sur les champs de bataille comme sur ses navires (Pise était une puissance maritime), Pise se distinguait par sa bannière intégralement rouge, appelé Signum Rubicundum. En revanche, on ignore comment et quand la croix fut adoptée comme symbole de la ville. La première preuve de son utilisation remonte en 1288, en étant utilisé dans les armoiries du peuple, c’est-à-dire de la bourgeoisie pisane.

En Avril 1909, un nouveau club sportif prit la suite du SS Etruria, avec un nom anglais, comme c’était la mode à l’époque : le Pise Sporting Club. Ses couleurs étaient également le blanc et le rouge. Mais, l’histoire bascula l’année suivante. À cette époque, le football italien commençait à se structurer. Pour la première fois, et sur le modèle de la première division anglaise, le championnat se déroula sous la forme d’une poule unique abandonnant ainsi les phases de poules régionales. Et un club du nord du pays réalisa un exploit retentissant : le FC Internazionale Milano décrocha son tout premier Scudetto, deux ans seulement après sa fondation. L’équipe avait réussi à enchainer 11 victoires d’affilée et finit avec la meilleure attaque (55 buts en 16 matchs). En hommage à cette équipe, le club de Pise reprit les couleurs et les rayures du maillot intériste.

#1420 – Kiffen 08 : Mustat Hurmurit

Les charmeurs noirs. Fondé le 27 septembre 1908 à Helsinki, dans le quartier de Kruununhaka, Kiffen est l’un des clubs les plus ancrés dans la tradition du football finlandais et l’un des quatre grands clubs de la capitale finlandaise. Il s’imposa rapidement comme un pilier du championnat de Finlande, remportant le titre en 1913, 1915 et 1916. En 1914, la quasi-totalité de l’équipe nationale finlandaise était composée de joueurs de Kiffen. A sa fondation, le club s’appelait Kronohagens Idrottsförbund (Association Sportive de Kronohagen) puis dès 1909 devint Kronohagens Idrottsförening (Société Sportive de Kronohagen). Kronohagen est le nom suédois de Kruununhaka. Il faut avoir en tête que, longtemps sous domination suédoise, la Finlande est bilingue, suédois et finnois. En outre, les fondateurs du club provenaient de la bourgeoisie suédophone. Mais, tous ces noms se sont finalement réduits à l’acronyme KIF qui a donné le surnom Kiffen dès 1909. Surnom qui est devenu le nom du club en 1976.

Mais, ce n’est pas ce surnom qui nous interesse. En 1908, l’athlétisme était le sport principal du club mais les membres pratiquaient également le football, le patinage de vitesse, la natation et le tir. En 1910, le hockey sur glace se greffa. Justement, le surnom de mustat hurmurit naquit avec l’équipe de hockey. Au début de l’année 1926, cette dernière effectua une série de matchs en Suède. Lors de cette tournée, un célèbre journaliste sportif suédois nommé Torsten Tegnér, écrivant pour le journal « Idrottsbladet », fut séduit par l’équipe finlandaise et les surnomma de svarta charmörerna (les charmeurs noirs en suédois). Le journaliste choisit ce surnom pour souligner deux éléments marquants : la couleur de leur tenue, qui était entièrement noire, mais surtout leur style de jeu extrêmement spectaculaire et élégant, qui avait littéralement charmé les spectateurs suédois. Au fil des années, la section football du FC Kiffen s’est appropriée cette identité flatteuse.

#1409 – SBV Vitesse Arnhem : Geel en Zwart

Les jaune et noir. Le Vitesse Arnhem est aujourd’hui indissociable de son célèbre maillot composé de rayures verticales jaunes et noires. Pourtant, cette identité visuelle n’a pas toujours été celle du club. Avant la fondation officielle le 14 mai 1892, une première version du club exista entre 1887 et 1891 où les membres pratiquaient le cricket et le football. Selon Pim Mulier, l’un des pionniers du sport moderne aux Pays-Bas, ses joueurs évoluaient dans les couleurs blanc et rouge. Le nouveau Vitesse opta pour des maillots blancs barrés d’une diagonale bleue, qui reprenaient les couleurs officielles de la ville d’Arnhem.

Le premier tournant intervient le 25 Novembre 1900 lors d’un match de championnat contre Go-Ahead de Wageningen (à ne pas confondre avec l’équipe éponyme et plus connue de Deventer). Ce jour-là, les joueurs troquèrent leur tenue bleue et blanche pour un maillot noir et jaune, teintes de la province de Gueldre. La province de Gueldre, qui fut un duché entre 1339 et 1795, s’allia au duché de Juliers, ce qui donna sur ses armoiries la présence d’un lion noir sur fond jaune. En échangeant les couleurs de la ville pour celles de la région, le président du club de l’époque, Chris Engelberts, estimait que le club se plaçait ainsi comme l’un des meilleurs de Gueldre. Il déclarait « Ik meen, dat daar waar wij ons nog steeds kunnen benoemen mede tot de beste clubs van Gelderland te behooren en onze vereeniging gevestigd is in de hoofdplaats van die provincie wij ons met gerust geweten kunnen tooien met hare kleuren namelijk geel-zwart » (J’estime que, dans la mesure où nous pouvons toujours nous compter parmi les meilleurs clubs de Gueldre et que notre association est établie dans la capitale de cette province, nous pouvons en toute bonne conscience nous parer de ses couleurs, à savoir le jaune et le noir). Le journal local « Arnhemsche Courant » souligna que ce choix représentait une nette amélioration pratique, les spectateurs parvenant à bien mieux reconnaître les joueurs sur le terrain. Malheureusement, la rencontre contre Go-Ahead se solda par une défaite 2 buts à 1.

Si les couleurs jaune et noir étaient acquises dès 1900, le motif du maillot n’était alors composé que d’un damier ou de six larges bandes. Les fines rayures apparurent en 1907, sous l’impulsion d’un joueur issu de la haute noblesse. Reinhard Jan Christiaan, baron Van Pallandt, évoluait avec brio comme attaquant dans l’équipe première du Vitesse depuis 1905. Originaire de Laag Keppel, il proposa en 1907 de financer l’achat de nouveaux équipements pour l’équipe. En échange de cette donation, il exigea que ces nouveaux équipements reproduisirent fidèlement le drapeau de la famille noble Van Pallandt (ie des rayures noires et jaunes), qui dépendait du duché de Juliers. Le Vitesse arbora ce maillot rayé aux couleurs des Pallandt pour la toute première fois en novembre 1907, à l’occasion d’un match de coupe face à De Tubanters d’Enschede.

L’héritage de cette famille dans le football néerlandais ne s’arrête pas là. En effet, le baron Van Pallandt participa également à la fondation du club VVO de Velp en 1901, qui opta aussi pour le jaune et noir, en hommage aux armoiries de la famille de Laag-Keppel.

#1390 – Anagennisi Arta FC : Μαύρη Θύελλα

La tempête noire. Le surnom fait référence au maillot rayé blanc et noir du club de la région d’Épire, au Nord de la Grèce. Le premier club à s’établir dans la ville d’Arta fut l’AO Panambrakikos en 1926 dont les couleurs étaient le bleu et le blanc. Il représentait les habitants de la ville. En 1949, un nouveau club apparaît sous le nom de l’AO Aetos Artas. Avec ses maillots vert et blanc, il était le club des anciens habitants des montagnes environnantes qui avaient migré en ville suite à la guerre civile. Enfin, en 1950, les supporters de l’Olympiacos Le Pirée à Arta fondèrent leur propre équipe dénommée Olympiacos Artas et évoluant évidemment en rouge et blanc.

A la fin des années 1950 et au début des années 1960, le football professionnel grec connut une mutation importante. En 1959, le premier championnat nationale à poule unique vit le jour. Puis, la fédération remodela la seconde division et en 1962, 60 clubs réparties en 4 groupes la composèrent, chaque premier des poules s’affrontant en play-off pour déterminer les équipes promues dans l’élite. Ce mouvement incita les petites cités où de nombreux clubs existaient à unir ces différentes forces pour créer des champions locaux en mesure de rivaliser au niveau national. L’idée de fusionner Panambrakikos, Aetos et Olympiacos germa en 1958 et se concrétisa en 1960. La nouvelle équipe d’Anagennisi Artas afficha sur son blason le célèbre pont de la ville qui enjambe le fleuve Árachthos. Pour les couleurs, la direction choisit le blanc, teinte commune au 3 anciennes équipes, et le noir, qui ne correspondait à aucun des 3 clubs (ou alors le mélange du rouge, bleu et vert des 3 fondateurs).

#1333 – CF Atlas : la Furia Rojinegra

La furie rouge et noire. Dans le football mexicain, Atlas a su se faire remarquer pour son style de jeu et en a gagné plusieurs surnoms (cf. articles #130 et #688) dont celui de la Furia. Mais, avant de s’atarder sur cette partie de ce surnom, attachons nous aux couleurs traditionnelles du club, Rojinegra, rouge et noir que l’équipe porte depuis sa fondation en 1916. A cette époque, un groupe de jeunes, issus de familles bourgeoises, constatant le déclin du football à Guadalajara, montèrent leur propre équipe sous le nom d’Atlas. Ces enfants de bonnes familles avaient découvert le football lors de leurs études en Europe. 4 des membres, qui étaient frères, Ernesto, Tomás, Rafael et Orendain Fernández del Valle, avaient étudié dans le Collège Ampleforth, dans le Yorkshire, au Nord-Est de l’Angleterre qui dépendait de l’abbaye bénédictine de Saint-Laurent d’Ampleforth. Les 4 frères proposèrent le noir et rouge qui devaient symboliser le martyr de Saint-Laurent, patron de l’école anglaise. Laurent de Rome dit Saint-Laurent était diacre du pape Sixte II et mourut en 258 à Rome en martyr, sur un grill. Ainsi, le noir représentait le martyr et le rouge le sang versé par lui.

En 1970-71, Atlas connut une de ses pires saisons dans l’élite, ne remportant que 5 de ses 34 matchs et étant relégué. Mais, après avoir survolé la seconde division la saison suivante, Atlas revint en première en 1972-1973. Sous l’impulsion de son défenseur, Alfredo Torres, Atlas réussit une saison remarquable pour un promu. L’équipe termina premier ex-quo du groupe 2, marquant 63 buts en 34 matchs. En demi-finale du championnat, Atlas perdit face à Cruz Azul, futur champion. Mais, tout au long de la saison, l’équipe démontra un jeu offensif, fait de vitesse et verticalité. Les supporteurs comparèrent ce style de jeu à une furie.

#1314 – Deportivo Táchira : el Carrusel Aurinegro

La carrousel jaune et noir. Le football vénézuélien souffre d’un manque de reconnaissance sur le plan continental, en raison de l’absence de résultat de son équipe nationale et de ses clubs, amplifié ces dernières années par la situation politique et économique chaotique. Pourtant, une équipe parvint à porter haut l’étandard : le Deportivo Táchira. En seulement 50 ans d’existence, le Deportivo s’impose comme le meilleur club vénézuélien. Depuis son accession en 1975 dans l’élite nationale, l’équipe n’a jamais été reléguée en seconde division, ravissant au passage 11 titres de champion. Au niveau international, le Deportivo compte le plus de participations à la Copa Libertadores pour une équipe vénézuélienne et demeure la seule à avoir franchi la première phase de la Copa Libertadores, son meilleur résultat étant un quart de finale en 2004.

Tout commença dans les années 1970 avec l’italo-vénézuelien, Gaetano Greco. Après avoir introduit le karting et fondé l’Automobile Touring Club dans la ville de San Cristóbal, il décida de fonder une équipe de football dans la ville andine, sous le nom de Juventus Fútbol Club de San Cristóbal, étant un fan du club turinois. Cette équipe de jeunes portait donc un maillot rayé noir et blanc. Puis, en 1974, sur la base de cette structure, Gaetano Greco avec 14 autres amis créèrent une équipe adulte, San Cristóbal Fútbol Club. Représentant de la communauté italienne de la ville, la direction opta pour un maillot bleu et un short blanc, couleurs de la squadra azzurra. Mais, quelques mois plus tard, un changement de couleurs s’opéra au profit d’un maillot jaune et d’un short noir. Tout d’abord, il s’agissait des couleurs principales de la bannière de l’Etat de Táchira (il comporte trois bandes horizontales : jaune, noir et rouge). Le jaune symbolise la richesse de la terre, la loi, la science et la sagesse du peuple. C’était également la couleur des soldats du Général Cipriano Castro qui prirent le pouvoir en 1899 lors de la Revolución Liberal Restauradora. Le champ médian noir symbolise les vicissitudes et les difficultés surmontées par le peuple tout au long de son histoire. Il représente aussi deux des ressources de l’Etat : le pétrole et le charbon.

Puis, l’arrivée des premiers joueurs uruguayens, aux côtés des entraîneurs uruguayen José Gil, Nelson Silva Pacheco, Benjamin Fernandez, Victor Pignanelli, Esteban Beracochea et Luis Miloc, à la fin des années 1970, favorisa l’adoption des rayures verticales noires et jaunes, inspirées du célèbre club uruguayen, Peñarol. Depuis lors, l’équipe a conservé cette uniforme, avec parfois des variantes. Parfois avec des changements plus radicaux. Lors de la fusion avec l’Atlético San Cristóbal en 1986, la couleur jaune fut remplacée par l’orange. De même, quelques années plus tard, un uniforme similaire à celui de l’équipe nationale brésilienne (maillot jaune et short vert) fut porté. Ces deux incartades furent breves.

L’apparition du surnom remonte aux années 1980 quand le club devint une place forte du football vénézuélien (4 fois champion entre 1979 et 1986). A cette époque, le jeu flamboyant développé par l’équipe andine faisait tourner la tête de ses adversaires comme après un tour de carrousel.

#1307 – UR Namur : les Merles

De couleur principalement noir avec quelques touches de jaune, le maillot du club fait indéniablement pensé à l’oiseau au plumage noir de jais et aux anneaux oculaires et bec jaunes. Les origines du club sont lointaines puisque sa fondation remonte à l’année 1905. Mais, elles sont aussi nébuleuses. Ses racines pourraient se situer dans le Namur FC fondé en 1899 (et disparu en 1904) mais plus probablement dans une autre version du Namur FC recréé en 1905 ou bien même du Red Star Namur fondé en 1913. Plusieurs refondations et fusions de différents clubs de la ville permirent de donner naissance officiellement à l’Union Royal de Namur en 1941.

De tous ces clubs, au moins un, le Wallonia, évoluait déjà en jaune et noir mais il est difficile étant donné le flou autour des origines du club, les raisons de ce choix de couleurs. Toutefois, on ne peut s’empêcher de penser que les armoiries de la cité n’y soient pas étrangères. Ces dernières se composent d’un lion noir rampant sur fond jaune qui apparaît déjà sur le contre-scel du sceau de la cité. L’animal héraldique provient des armes de la Maison de Hainaut. En 1184, Baudouin V de Hainaut hérita du comté de Namur et son fils donna ses armoiries (l’or au lion de sable) à la cité. La Maison de Hainaut régnant aussi sur le comté de Flandres, le lion namurois et le lion flamand ont certainement des liens fraternels.

Depuis l’année dernière, le merle s’affiche sur le logo du club. Selon le club, cet emblème phare et sentinelle de l’héritage du club incarne la détermination, la résilience et la persévérance qui caractérisent l’UR Namur.

#1302 – Achilles ’29 : de Witzwarten

Les blanc et noir. Dans le village de Groesbeek, le 1er Juin 1929, 13 garçons d’une vingtaine d’années se réunirent pour créer un club de football, encouragés par l’Église catholique qui œuvrait dans le pays pour créer des associations culturelles ou sportives qui encadreraient la jeunesse. Le club fut baptisé du nom du héros grec, Achille. Aux Pays-Bas, comme en Grèce, la mode au nom mythologique marcha plutôt bien avec la création des clubs de Hercule Utrecht (1882), Sparta Rotterdam (1888), Ajax Amsterdam (1893), Achille Assen (1894), RFC Xerxes (1904), KSV Achilles ’12 (1912), et Fortuna’54 (1954).

Pour les couleurs, le noir et le blanc furent retenues, sans connaître la raison de ce choix. Au départ, la tenue adopta un design sobre avec un maillot blanc accompagné d’un short noir. Dans les années 1950, un scapulaire noire fit son apparition. Puis, en 1974, 3 rayures verticales noires à droite s’imposèrent sur le maillot blanc. Elles furent remplacées par des rayures sur les manches en 1978. Au début des années 1980, un kit intégralement blanc fut utilisé. Enfin, dans les années 1990, l’équipe commença à porter le maillot à rayures verticales noires et blanches qui est devenu aujourd’hui la tenue standard. L’inspiration ne vint pas de Grèce comme pour le nom mais d’Italie. Le club Piémontais de la Juventus était la référence. Avec l’arrivée de Luciano Moggi comme directeur général et de Marcello Lippi comme entraineur, la Juventus de Turin connut une période faste dans les années 1990 tant en Italie que sur le continent. L’équipe remporta le Scudetto en 1995, 1997 et 1998 mais surtout, gagna sa 2ème couronne européenne en 1996 (suivi par deux finales de Ligue des Champions en 1997 et 1998). Le 26 novembre 1996, une deuxième Coupe intercontinentale fut également soulevée par la Juventus. L’équipe compta des stars comme Gianluca Vialli, Roberto Baggio, Ciro Ferrara, Alessandro Del Piero, Didier Deschamps, Zinédine Zidane, Filippo Inzaghi et Edgar Davids.

#1298 – CS Miramar Misiones : los Cebritas

Les zèbres. Avec son maillot barré de bandes verticales noires et blanches, le surnom était évident. Seulement d’habitude, les couleurs et les rayures du maillot inspirent la comparaison avec l’équidé. Pour l’équipe de Montevideo, l’histoire s’est inversée.

Le Miramar Misiones naquit le 25 juin 1980 mais son histoire est centenaire car il résulte de la fusion du club de Misiones FC, fondé le 26 mars 1906 dans le quartier de Pocitos, et de CS Miramar, fondé le 17 octobre 1915 dans le quartier de Villa Dolores. A la fin des années 1970, Miramar se battait régulièrement pour la promotion dans l’élite uruguayenne. Finalement, en 1980, Miramar attint le graal mais avait besoin de renforcer ses infrastructures pour espérer s’installer durablement à ce niveau (quelques années plus tôt, une première fusion avec Albion avait échoué au bout d’un an). Dans le même temps, Misiones connaissait un déclin sportif, relégué en 3ème division en 1977 et fleurtant avec une nouvelle descente, mais possédait une enceinte de 4 000 places, construite en 1958 (Stadio Luis Méndez Piana).

Les deux clubs possédaient quelques symboles communs (des maillots à rayures verticales, deux couleurs communes, rouge et noir) qui pouvait faciliter la création d’une nouvelle identité. Toutefois, leurs équipements étaient aussi différents : Miramar avec des chemises noires et blanches (rayures fines) et Misiones, noir et rouge (rayures larges). Le choix fut de retenir celui de Miramar comme tenue principale (avec un rappel de rouge sur les manches, le short et les chaussettes) et celui de Misiones comme kit secondaire. Le rouge et noir des Misiones rendaient hommage au mouvement anarchiste, qui, à cette époque, prospérait dans les quartiers ouvriers de la capitale uruguayenne. Miramar vit le jour dans le quartier Villa Dolores qui tirait son nom du parc donné par Alejo Rossell y Rius à la ville de Montevideo pour y établir un zoo. De ces voyages en Afrique, Alejo Rossell y Rius avait ramené un zèbre dont le pelage inspira les fondateurs du club.

#1271 – Peñarol Montevideo : los Aurinegros

Les jaune et noir. Le club naquit le 28 septembre 1891 sous le nom de Central Uruguay Railway Cricket Club, sous l’impulsion de 118 salariés de la compagnie ferroviaire anglaise, Central Uruguay Railway Company (CURC). Depuis cette date, les couleurs qui identifient le club sont le jaune et le noir. La première chemise utilisée par le CURC en 1891 consistait en une chemise divisée en quatre sections carrées alternant entre le jaune-orange et le noir. Puis, rapidement, le maillot évolua en étant divisé en deux parties verticales, noire à droite et rayures oranges et noires à gauche. En 1910, le maillot actuelle, rayé verticalement jaune et noir, s’installa et depuis lors, il a été utilisé presque sans interruption avec très peu de variations.

La Central Uruguay Railway Company fut fondée en 1872 à Londres et était l’une des 4 sociétés de chemin de fer de l’Uruguay. Comme dans beaucoup de pays, en particulier en Amérique du Sud, les chemins de fer furent un vecteur du développement du football. D’une part, la masse des ouvriers constituait un vivier important. D’autre part, le réseau ferroviaire s’étoffa avec le soutien des experts en la matière, les ingénieurs et de cheminots britanniques qui émigrèrent dans les contrées sud-américaines en emmenant avec eux leur savoir-faire et leurs nouveaux loisirs tels que le football. Résultat, les fondateurs du club puisèrent dans leur quotidien les symboles du nouveau club. Or, les gardes-barrières de la compagnie portaient des vêtements jaune et noir. En effet, le jaune et le noir s’étaient imposées, au XIXème siècle, dans le monde ferroviaire en raison de l’une des premières locomotives à vapeur, the Rocket (la fusée), qui affichait ces deux teintes. Construite en 1829, elle fut conçue par l’ingénieur anglais George Stephenson, considéré comme l’un des « pères fondateurs » du chemin de fer à vapeur. Elle combinait plusieurs innovations de précédentes locomotives pour donner la machine la plus avancée de son époque et qui demeura la base de la plupart des moteurs à vapeur au cours des 150 années suivantes. Remportant le concours du Rainhill Trials, cette locomotive traînait treize tonnes à presque 25 km/h et pouvait atteindre la vitesse record de 56 km/h (sans charge). Elle fut exploitée sur la nouvelle ligne Liverpool-Manchester et sa fiabilité et ses performances aidèrent à l’expansion du chemin de fer. Stephenson choisit de peindre sa locomotive en jaune et noir. Il se serait inspiré des diligences les plus rapides de l’époque qui affichaient ces couleurs et ainsi il pensait suggérer vitesse et fiabilité.