Les pétroliers. Etonnant d’avoir ce surnom alors que le club fut créé en 1947 par les ouvriers de la centrale électrique. Cette dernière fut le sponsor principal du club ses premières années et le club se dénommait même Elektryczność Płock (Electricité Plock). Toutefois, rapidement (3 ans après la fondation), des fusions furent organisées avec d’autres clubs de la ville et, comme chacun avait son sponsor, il fut décidé d’opter pour un nom neutre, Wisła, qui est le nom polonais du fleuve Vistule qui arrose la ville de Płock. En 1959, les autorités polonaises décidèrent de construire à Płock, une ville pauvre d’à peine 42 000 habitants, une raffinerie. La position centrale de la ville dans le pays ainsi que la présence de la Vistule qui permettait d’assurer la logistique furent des avantages pour remporter cette usine. En outre, la Vistule offrait un débouché pour les eaux usées et la situation venteuse devait éviter à la population d’être asphyxiée par les émanations. Cette implantation transforma la ville qui doubla sa population en dix ans et devint le centre névralgique de la Pologne pour les activités pétrolières et dérivés (pétrochimie). Aujourd’hui, la raffinerie fait partie du groupe PKN Orlen, dont le siège est à Płock, principale société pétrolière d’Europe Centrale et plus grande entreprise d’Europe centrale et orientale. Avec une telle puissance, la raffinerie, dénommée alors Mazowieckie Zakłady Rafineryjne i Petrochemiczne, prit sous son patronage le club de football qui vivotait dans les championnats amateurs. Jusqu’en 2010, les successeurs de Mazowieckie Zakłady Rafineryjne i Petrochemiczne poursuivirent le sponsoring du Wisła (parfois en intégrant le nom du club), sans pour autant rencontrer de grands succès.
Jour : 13 février 2021
#426 – Gil Vicente FC : Galos
Les coqs. Le club évolue dans une ville au nord du Portugal, Barcelos, connue pour ses activités artisanales, en particulier les objets en céramique. Un des objets ou motifs décoratifs le plus produit est le coq, le fameux galo de Barcelos, emblème de la ville et même du Portugal. Traditionnellement, il est représenté avec un plumage noir, une belle crête rouge, des pieds bleus et des ailes recouvertes de cœurs. Pourtant, la ville n’est pas connue pour ses élevages de ce volatile et, pour comprendre son origine, il faut connaître une histoire légendaire qui remonterait au XVIème siècle. Un jour, un crime horrible se déroula dans la ville de Barcelos mais aucun coupable ne put être identifié. La population, mécontente et ayant soif de justice, mit la pression sur les autorités pour retrouver le coupable. Un pèlerin en route pour Compostelle fut alors arrêté, accusé, jugé coupable et condamné à la pendaison bien qu’il clamait son innocence. La veille de l’execution de la sentence, le pèlerin demanda une dernière faveur, en souhaitant rencontrer le magistrat qu’il l’avait condamné. Ce dernier accéda à cette requête et le reçut au moment du diner. Sur la table, le condamné aperçut un poulet rôti et proclama « Si je suis innocent, le coq chantera ! ». Le magistrat et ses invités rirent évidemment mais le coq mort se leva et chanta. Face au miracle, le magistrat, une personne croyante, accorda la grâce au pèlerin. Pour rendre grâce à Saint Jean de Compostelle et à la Sainte Vierge, le pèlerin revint à Barcelos et érigea une sculpture en l’honneur du coq. Depuis, le coq devint un symbole de foi, de morale et de justice. Il trône fièrement sur l’écusson du club, dans une version plus sobre que celle traditionnelle.
#425 – Cúcuta Deportivo FC : el Doblemente Glorioso
Le double glorieux. Il y a une histoire dominante pour expliquer ce surnom mais elle comporte quelques curiosités. Il est répandu que pendant la période dorée du football colombien (entre 1949 et 1953), le Deportivo Cali était alors une des meilleurs équipes du pays, qui remporta notamment le championnat trois années consécutives. Pour cet exploit, cette équipe fut alors dénommé el glorioso (l’équipe glorieuse). Lors d’une saison, le Cúcuta Deportivo réussit à battre le Deportivo Cali à l’aller comme au retour. Un journaliste radio déclara après cette double confrontation victorieuse : « Si el Deportivo Cali es el equipo glorioso, entonces el Cúcuta Deportivo es el doblemente glorioso » (si le Deportivi Cali est l’équipe glorieuse, alors le Cúcuta Deportivo est le le double glorieux). Ainsi, cette double victoire contre el glorioso justifia le fait d’être surnommé el doblemente glorioso. Mais, le Deportivo Cali ne connut pas une période faste durant el dorado du football colombien, ne remportant aucun championnat et ne terminant qu’une seule fois vice-champion. Il est donc probable que le Deportivo Cali avait reçu le surnom d’el glorioso lorsqu’il remporta 3 fois de suite le championnat du département de Cali, l’un des championnats régionaux les plus relevés du pays (à une époque où il n’existait pas de championnat national), de 1934 à 1936. Ceci, même si une décennie avant, le club avait réalisé l’exploit d’être 5 fois de suite champion de 1927 à 1931. Malheureusement, ce surnom n’empêcha pas de placer le club en liquidation judiciaire en Décembre 2020. Il est inenvisageable pour les habitants et nombreux supporteurs de la ville de Cúcuta que cette dernière se retrouve sans équipe professionnelle. Une solution sera certainement trouvée.
