#1010 – HNK Rijeka : Riječki Bijeli

Les blancs de Rijeka. Les joueurs du club croate évoluent avec un maillot blanc, qui présente également quelques parements bleu ciel. Ces deux couleurs du club s’installèrent dès sa fondation en 1946 mais les raisons de ce choix ne sont pas formellement identifiées. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les autorités communistes yougoslaves banissèrent tous les anciennes formations sportives d’avant guerre qui n’avaient pas d’origine prolétariennes. Or, la ville de Rijeka, depuis 1926, était représentée par le club de football Unione Sportiva Fiumana, qui résultait de la fusion de deux associations historiques et rivales de la ville, Olympia et Gloria. Cette fusion avait été dictée par le dictateur italien Mussolini, qui après avoir annexé en 1924 la région de Rijeka, exigea que la ville créât une équipe de football forte qui la représenterait au niveau national. Avec un tel historique, l’US Fiumana (qui portait en outre le nom italien de la cité) ne pouvait pas survivre après la guerre à la lessiveuse communiste. Ainsi, sur les ruines de l’US Fiumana (8 de ses joueurs rejoindront notamment le nouveau club), le Sportsko društvo Kvarner naquit. Etant donné l’histoire italienne de Rijeka et du bilinguisme locale, le nom du club était également Socetà sportiva Quarnero.

Pour les couleurs, le club ne reprit pas celles du drapeau de la ville, rouge-jaune-bleu, car ce fut celles de l’Unione Sportiva Fiumana. En outre, les patriotes socialistes croates s’opposèrent à ce symbole tricolore qu’ils considéraient comme anti-croate et impopulaire. Ces couleurs avaient été choisies lorsque la cité possédait une certaine autonomie au sein de l’Empire Austro-Hongrois. Or, pour ces socialistes, Rijeka et sa région étaient croates et non autonomes. Néanmoins, en 1945, avec la défaite de l’Italie, la propriété de Rijeka redevenait un enjeu international. Comptant dans sa population des croates, des italiens, des slovènes et des allemands, la cité fut déchirée, au fil des siècles, entre différents Empires et Nations. Le 4 mai 1945, la ville fut prise par les troupes yougoslaves de Tito qui réussit l’annexion définitive à la Yougoslavie suite au traité de Paris le 10 février 1947. Durant ces deux ans, alors que l’incertitude régnait, le choix du blanc, couleur neutre, pouvait signifier la neutralité du club dans ces débats, la paix après des années de guerre et un symbole d’espoir et de nouveau départ pour le club nouvellement créé.

D’autres pensent qu’il faut chercher du côté du CS Olimpia, l’un des clubs prédécesseurs. A ses débuts, Olimpia évoluait en noir et blanc et après 10 ans d’existence, opta pour un maillot intégralement blanc. Mais, ce lien est fragile et pourquoi les couleurs d’Olimpia et pas de Gloria (jaune, noir et rouge) ? En 2021, l’équipementier du club, Joma, proposa un maillot qui reprenait les couleurs des différents clubs prédécesseurs ainsi que l’année 1906 dans le dos (supposant donc que la création du club remontait au début du XXème siècle et non à 1946). Cette initiative fut très mal reçue par les supporteurs du club.

#1009 – Zhejiang FC : 中國阿賈克斯

L’Ajax chinois. La comparaison avec le club néerlandais de l’Ajax ne se focalise pas sur le style de jeu, le club chinois n’ayant jamais été remarqué pour pratiquer le football total ou un autre jeu offensif. En réalité, Zhejiang est connu pour sa formation, une compétence qui faisait défaut dans un football chinois qui loucha trop longtemps sur l’importation de pseudo-stars européennes. Fondé en 1998 par la volonté de deux sociétés immobilières, de l’Université Zhejiang et de la ligue provinciale, le club posséda au départ que des équipes de jeunes. Un an après sa création, il comptait déjà des équipes des U13 à U19. Mais il se pourvut rapidement d’une équipe sénior, qui débuta au 3ème échelon national.

Depuis sa création, la formation demeure une pièce maitresse du projet du club et un soutien important à sa subsistance en temps de crise financière (comme en 2016 suite à la relégation du club en 2ème division). Le club investit 140 millions de yuan dans une académie de formation en 2004 avec des installations modernes (10 terrains de football à 11, 2 à 5 et une piscine) et exporta nombres de ses jeunes parfaire leurs éducations sportives en Europe, notamment en Bulgarie et dans les pays de ex-Yougoslavie. Zhejiang a continuellement fourni des talents au football chinois, plus de 160 joueurs du club ayant fréquenté les diverses équipes nationales chinoises. Récemment, le gardien Zou Dehaï, les défenseurs Shi Ke et Zhao Yuhao, l’attaquant Zhang Yuning et le milieu Xie Pengfei sont passés par les classes de jeunes de Zhejiang. Et si le club est comparé à l’Ajax, ses méthodes d’entrainement et de formation s’inspirent toujours du japonais, Takeshi Okada, qui fut l’entraineur de l’équipe première de 2011 à 2013. Zhejiang possède même une base d’entrainement au Japon où se rendent ses jeunes en formation.