#1016 – Perth Glory FC : Glory

La gloire (mais peut aussi signifier la splendeur). Bordant l’Océan Indien, la cité se situe dans l’Etat d’Australie-Occidentale, ie loin de la partie urbanisée et développée de l’Australie, à l’Est du pays. Résultat, Perth est plus proche des villes indonésiennes de Djakarta et Makassar que de Sydney et Brisbane. Cet isolement du reste de l’Australie l’avait souvent exclu des ligues sportives australiennes. D’ailleurs, certaines ligues étaient excessivement concentrées autour de certains pôles urbanistiques de l’Est. En 1977, la compétition majeure de rugby comptait des équipes situées uniquement dans la région de Sydney. Du côté du football australien, les franchises se condensaient sur l’aire de Melbourne. 10 ans plus tard, la ligue nationale de football incluait seulement trois villes (5 équipes de Sydney, 7 de Melbourne et 1 d’Adélaïde). Ainsi, les clubs de Perth se tournèrent vers d’autres horizons. Une sélection de football de l’Etat d’Australie Occidentale participa entre 1967 et 1970 à la Coupe Merdeka, compétition tenue en Malaisie. En 1994, les Perth Kangaroos intégrèrent la Premier League de Singapour, une compétition qui espérait être un précurseur d’une ligue plus large d’Asie du Sud-Est. Malgré d’excellents résultats, ce fut un échec commercial et la franchise Kangaroos s’effondra financièrement un an plus tard. En 1994, sentant la concurrence montée, la Fédération australienne de football annonça qu’une équipe de Perth serait admise dans la ligue nationale, Coca- Cola NSL, dès 1995. Toutefois, il fallut attendre le 13 Octobre 1996 pour qu’un groupe d’hommes d’affaires de la ville, emmené par Nick Tana, fonda Perth Glory.

Alors que les clubs se nommaient souvent United ou City (à la mode anglaise), ces entrepreneurs voulurent innover pour se distinguer en choisissant des couleurs étonnantes, violet et orange et pour le nom « Glory ». Le président de la Fédération, enthousiaste, déclara « It’s different, it’s new, it’s futuristic, it’s bold and it’s courageous. » (C’est différent, c’est nouveau, c’est futuriste, c’est audacieux et c’est courageux). Ce nom signifiait le prestige de l’équipe et la lumière qui l’accompagne. En premier lieu, les fondateurs voulaient un nom qui refléterait leur désir d’atteindre la grandeur et insuffler de la détermination aux joueurs. En second lieu, ce nom rendait hommage à la ville de Perth et à son soleil et ses lumières (soleil qui apparait dans l’écusson du club). Avec une moyenne de 8,8 heures d’ensoleillement par jour, ce qui équivaut à environ 3 200 heures d’ensoleillement et 138,7 jours clairs par an, Perth est connu comme la capitale d’Etat la plus ensoleillée d’Australie. D’ailleurs, en 1932, le quotidien West Australian décrivait Perth comme la City of Light (Ville lumière). Ce surnom se renforça en 1962. Cette année-là, John Glenn devint le premier Américain à orbiter autour de la Terre dans le vaisseau spatial Friendship 7. Le 20 février, il passa au-dessus de l’Australie et pour honorer son passage, les habitants de la ville de Perth allumèrent leurs lumières. Glen déclara alors « Just to my right I can see a big pattern of lights, apparently right on the coast. I can see the outline of a town and a very bright light just to the south of it » (Juste à ma droite, je peux voir un grand motif de lumières, apparemment juste sur la côte. Je peux voir le contour d’une ville et une lumière très brillante juste au sud de celle-ci). Perth s’éleva définitivement comme la ville lumière. Ainsi, les fondateurs espéraient avec ce symbolisme atteindre leur dernier but, participer au renouveau du football en Australie Occidentale.

#1015 – Gil Vicente FC : Gilistas

Dérivé du nom du club, il n’existe pourtant pas de ville qui s’appelle Gil Vicente au Portugal. En réalité, le club a prit pour nom celui d’un grand dramaturge portugais, considéré comme le premier. Revenons au début de l’histoire. Le club se situe à Barcelos, une municipalité du district de Braga, au Nord du Portugal. Au début du XXème siècle, le football s’implanta dans la cité et des premiers clubs apparurent (Barcellos Sporting Club ou União Barcellense). Le Gil Vicente FC fut fondé le 3 mai 1924 par un groupe de jeunes qui se réunissait régulièrement pour jouer au football sur le Largo do Teatro (aujourd’hui dénommé Largo Doutor Martins Lima). Comme le Largo do Teatro longeait le théâtre de la ville qui s’appelait Teatro Gil Vicente, les garçons nommèrent le club Gil Vicente FC.

Ouvert au public le 31 juillet 1903, le théâtre rend hommage au dramaturge Gil Vicente qui serait né à Barcelos. En réalité, sa naissance demeure un mystère, aussi bien pour la date (1465 est l’année communément admise) que le lieu (Barcelos étant concurrencé par Lisbonne et Guimarães). Sa vie fait l’objet de nombreuses versions. Sa première oeuvre « Auto da Visitação » (La Visitation), connue aussi sous le nom de « Monólogo do vaqueiro » (Monologue du vacher), date de 1502 et, donnée dans les appartements de la Reine Marie d’Aragon, est considérée comme l’acte de naissance du théâtre portugais. A cheval entre le Moyen Âge et la Renaissance, l’oeuvre vincentienne dépeint l’évolution de son temps, passant d’une époque où les hiérarchies et l’ordre social étaient rigides à une nouvelle société où l’ordre établi allait être remis en question et les arts s’épanouir. En 44 pièces, comme le fera Molière un siècle plus tard en France, il critiquait avec humour mais sévèrement les mœurs et principaux travers de son époque. Son chef-d’œuvre demeure la trilogie satirique « Auto da Barca do Inferno » (La Barque de l’Enfer – 1516), « Auto da Barca do Purgatório » (La Barque du Purgatoire – 1518) et « Auto da Barca da Glória » (La Barque de la Gloire – 1519). Outre son talent d’écriture, il serait également l’orfèvre qui réalisa le Custódia de Belém (Reliquaire de Belém). Il serait probablement mort en 1537.

#1014 – AB Gladsaxe : Uglerne

Les hiboux. Mascotte du club qui s’étale sur le blason du club, le hibou tient une place importante dans l’identité du club et tout le Danemark l’identifie à ce club de Copenhague. A la fondation du club en 1889, le volatile s’imposa très naturellement. En effet, en 1884, des anciens étudiants de la Den Fredericianske Latinskole (Ecole de latin Fredericianske) qui venaient d’intégrer l’Université de Copenhague, créèrent un club de cricket dénommé Fredericia Studenternes Kricketklub. Quelques années après, la section football apparut et attira beaucoup de nombreux membres. A ce moment, Fredericia Studenternes Kricketklub choisit de se rapprocher d’un autre club fondé en 1885, Polyteknisk Boldklub, qui rassemblait les étudiants et diplômés de la Polyteknisk Læreanstalt (Ecole d’Ingénierie dénommé aujourd’hui Danmarks Tekniske Universitet). La fusion des deux donna naissance au AB Gladsaxe. Attachés à leurs statuts d’étudiants, les fondateurs fixèrent comme condition d’accès d’avoir passé un examen d’entrée d’une université scandinave et firent de leur nouvelle association, un club d’étudiants et représentant des étudiants. Résultat, les symboles du club se tournèrent logiquement vers ceux de l’éducation et la connaissance. Ainsi, le « A » de AB signifie Akademisk (Académique). Pour l’écusson, le hibou semblait une évidence pour les membres.

En effet, depuis la nuit des temps, ce rapace étonnant qui dort le jour et vit la nuit, au regard perçant, intrigua de nombreux peuples et suscita de nombreuses superstitions et croyances. Les peuples slaves comme les Grecs considéraient l’oiseau comme un gardien de trésors. Il était également vu comme un messager, un conseiller. Ainsi, en fonction du nombre de ses cris, la chouette, pour les Hindous, présageait la mort, le mariage ou le succès. Les Grecs croyaient qu’en rencontrant un hibou, les solutions à leur problème viendraient à leur esprit mais également que si le rapace survolait l’armée avant une bataille, cela présageait d’une victoire. Les Romains considéraient que la chouette apportait de bonnes idées la nuit. Craint du fait de ses particularités, l’oiseau fut associé aux dieux. Minerve chez les Romains, Athéna chez les Grecs. Ces deux déesses étaient celles de la sagesse. Or, outre les éléments présentés juste avant, l’animal représentait également la sagesse, l’intelligence et la réflexion, et devenait donc l’attribut de ses déesses. Pour la petite histoire, impressionnée par l’apparence solennelle et les grands yeux de la chouette, Athéna aurait fait du hibou son oiseau préféré au détriment du corbeau. Cette idée que l’animal était sage et omniscient (image que les cultures égyptienne et amérindienne véhiculaient également) trouverait son origine dans différentes caractéristiques du rapace. Vivant la nuit, ses deux grands yeux lui offrent une très bonne vue. La nuit symbolisant les ténèbres, l’ignorance, sa vision nocturne lui permettait de passer outre, d’accéder à la connaissance. En outre, sa masse cérébrale est supérieure à celle des autres oiseaux, laissant penser que l’oiseau est plus intelligent. Enfin, le hibou apparaît patient et, lors de ses chasses, il ne se précipite pas sur la cible pour l’attaquer au moment opportun. Tout ceci fit que des écoles et leurs étudiants, qui souhaitaient accéder à la connaissance et symbolisaient l’intelligence, choisirent également la chouette comme mascotte.

#1013 – Club Tijuana : les Xolos, Xolaje

Diminutif du nom du club, Club Tijuana Xoloitzcuintles de Caliente. Le club de la ville frontière de Tijuana est assez jeune, sa fondation remontant à 2007. Pour le tournoi d’ouverture 2006, la Fédération mexicaine de football décida que chaque équipe de l’élite devait avoir une filiale dans la division de promotion. Ainsi, un groupe d’hommes d’affaires de Tijuana racheta le club de Gallos Blancos, afin de créer le Club Tijuana (surnommé le Gallos de Caliente) une filiale de Querétaro. Mais, un an plus tard, Gallos de Caliente déménagea à Celaya, laissant Tijuana orphelin de football. A peine quelques mois plus tard, un groupe d’hommes d’affaires de Tijuana racheta le club des Guerreros de Tabasco et le rebaptisa Club Tijuana. La ville frontière retrouvait un club.

Pour faciliter l’identification au club, la direction décida de prendre comme surnom un animal endémique de la région, le Xoloitzcuintle. Plus connu dans nos géographies comme le chien nu mexicain, il s’agit d’une race canine rare originaire du Mexique et intégrée dans la culture locale. Son nom Xoloitzcuintle vient du nahuatl Xoloitzcuintli et, basé sur le nom du dieu Xolotl, signifie littéralement « chien de compagnie ». Dans la mythologie aztèque, les xoloitzcuintles accompagnaient les âmes des défunts lorsqu’ils se rendaient à Mictlán, le monde souterrain. Avec ou sans poil, variant entre 4 kg et 20 kg, le Xoloitzcuintle est un chien de garde intelligent, joueur et fidèle, adopté par des artistes comme Diego Rivera et Frida Kahlo. A l’époque coloniale, le terme xolo signifiait un chien bâtard et s’utilisait péjorativement pour désigner un mulâtre. Mais, pour le club, il s’agit d’une symbole, aujourd’hui mascotte et apparaissant sur son écusson.

#1012 – Once Caldas : el Tricolor

Le tricolor. Surnom qui peut paraître étonnant quand on a lu l’article #467, qui présente le surnom los Albos (les blancs) pour l’équipe de Manizales. Alors 3 couleurs ou une seule immaculée ? La réponse est finalement assez simple. Le maillot des joueurs est blanc tandis que l’écusson affiche 3 couleur, vert, blanc et rouge. Au moins, entre les deux, le blanc est commun. Le 23 avril 1961, en raison de la similitude entre les maillots de l’Atlético Nacional et du Once Caldas, ce dernier dut changer pour des maillot blanc qui est désormais sa couleur historique. Mais, avant cette date, le club arborait donc un maillot rayé vert, blanc et rouge (comme l’écusson qui arbore les 3 couleurs dans le sens du drapeau italien).

En 1947, le club de Deportes Caldas fut créé et remporta le championnat colombien en 1950. En 1948, un autre club naquit, le Once Deportivo de Manizales. En 1959, pour relancer les deux clubs, ces derniers fusionnèrent et donnèrent naissance au Once (Deportivo) Caldas. N’ayant pas les mêmes couleurs (Deportes Caldas en vert et jaune (les couleurs de la région de Caldas) et Once Deportivo en rouge et blanc), les deux clubs optèrent pour les couleurs de la ville de Manizales pour la nouvelle association. Manizales arbore un drapeau similaire à celui de la Bulgarie (3 bandes verticales de couleurs, de haut en bas, blanc, vert et rouge). Mais, aucun lien entre les deux. Chef-lieu du département de Caldas, l’économie de Manizales repose sur la culture et la production de café. Résultat, les couleurs de la bannière se rapportent au café. Le blanc rappelle les fleurs du caféier, le vert le feuillage des plantations de café et le rouge la couleur des grains de café mûrs.

Manizales est l’une des 3 principales villes de la région surnommée Eje Cafetero ou le Triangle du café. Sur ses hauts plateaux andins de l’ouest du pays se situent près de 10% de la production mondiale de café. Classée au patrimoine de l’Unesco depuis 2011, l’Eje Cafetero se compose de collines verdoyantes et de plantations de café. Le département de Caldas, où se trouve Manizales, se distingue avec ses 32 353 producteurs de café pour 40 398 exploitations et 59 058 hectares plantés (5 657 arbres par hectare). Ce département présente la meilleure productivité du pays avec une moyenne de 19,23 sacs par hectare et par an en 2022, dépassant la moyenne nationale de 17,3 sacs. Un sac représente 60 kg de café. Autours de Manizales, on compte près de 1 750 producteurs. Manizales organise également le concours international de café et veut se présenter comme capital mundial del café.