#1379 – Bibiani Gold Stars : the Miners

Les mineurs. Comme nombre de pays africains, le Ghana est riche en matières premières, notamment en minerais, et leur extraction représente des pans importants de l’économie locale. Ainsi, l’or occupe une place absolument centrale et vitale dans l’économie du Ghana. En 2024 et 2025, le pays a consolidé sa position de premier producteur d’or en Afrique, devant l’Afrique du Sud. Contribuant à hauteur de 10% du PIB du pays, le secteur minier aurifère a extrait 5,1 millions d’onces. Les exportations d’or représentent 61% des recettes du Ghana, loin devant le cacao (16 %) et le pétrole (10 %). Le Ghana compte une douzaine de grandes mines actives (opérées par les géants locaux du secteur, Newmont, Gold Fields, AngloGold Ashanti), complétées par des centaines d’exploitations à petite échelle.

Les grandes mines d’or ont modelé le Ghana et ses villes et enrichi les sociétés minières. Comme les grandes sociétés européennes du début du XXème siècle, les compagnies minières ont réinvesti une partie des gains dans le sport, et en particulier dans le football. On retrouve ainsi le Ashanti Gold SC, soutenu par le groupe minier Ashanti Goldfields Corporation, et dont les joueurs portent le surnom de the miners. Même cause, même effet à Bibiani. Sa mine d’or constitue son poumon économique depuis la fin du XIXème siècle. En 2023, la production annuelle de la mine s’établissait à 77 koz (équivalent à 2,4 tonnes) d’or pour des réserves dépassant les 2,5 millions d’onces.

Le club de football de Bibiani fut fondé en 1998 sous le nom Complex Stars. Puis, la compagnie minière prit le contrôle de l’équipe et la renomma Bibiani Gold Stars. En 2021, Asante Gold Corporation racheta la concession de la mine et reprît également le club, qui demeure donc toujours lié à l’exploitation de la mine d’or.

#1378 – Dukla Banska Bystrica : Vojaci

Les militaires. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Tchécoslovaquie sombra dans le communisme, avec les grandes administrations réglant les différents secteurs économiques. De par son rôle durant la guerre, l’Armée Populaire était la mieux organisée et put rapidement prendre une place importante. Le sport, qui entretenait le physique des soldats et renforçait l’esprit d’équipe, était un terrain naturel pour l’Armée. En 1948, le Ministère de la Défense structura ses activités sportives et donna naissance au club de l’ATK Prague qui deviendra le Dukla Prague (cf. #684). Grâce au service militaire obligatoire de deux ans, le club pouvait réquisitionner les meilleurs jeunes talents du pays parmi les troupes.

Mais, le Dukla étant concentré à Prague, le Ministère de la Défense souhaita essemer des clubs dans tout le pays pour à la fois renforcer son image sur tout le territoire et offrir aux jeunes conscrits une alternative sportive ailleurs qu’en Bohême. Ainsi, le Dukla Banská Bystrica vit le jour en 1965 pour permettre de créer un réservoir de talents en Slovaquie ainsi que marquer une présence sportive et militaire forte en Slovaquie. Pour cela, le Dukla Banská Bystrica reprit les infrastructures et les joueurs du club militaire établi à Brezno (VTJ Brezno, VTJ étant l’acronyme de Vojenská Telovýchovná Jednota qui signifiait Unité militaire d’éducation physique).

Le choix de la ville de Banská Bystrica pour devenir le centre sportif militaire slovaque ne relevait pas du hasard. En effet, la cité fut le centre névralgique de la libération de la Slovaquie de l’occupation allemande. Dès 1941, des groupes de résistance antifascistes existaient parmi les officiers du commandement des forces terrestres de l’armée slovaque, basé à Banská Bystrica. Puis, en 1944, le quartier général militaire y fut établi. Cet organe militaire, chargé de préparer le soulèvement national slovaque, dirigeait les activités clandestines au sein de l’armée. Après l’entrée des troupes d’occupation allemandes, un coup d’État antifasciste se lança le 29 août 1944 depuis Banská Bystrica et marqua le début de l’insurrection slovaque. Banská Bystrica devint alors le centre politique, militaire et administratif de la Slovaquie insurgée. Les principales forces du soulèvement y étaient basées : le Conseil national slovaque, le quartier général de la 1ère armée tchécoslovaque en Slovaquie, une délégation du gouvernement tchécoslovaque en exil à Londres et des représentants de la direction moscovite du Parti communiste de Slovaquie. Les missions militaires anglo-américaines et soviétiques y étaient également installées.