Aucune signification à ce terme si ce n’est la prononciation locale de Malinois. Pour comprendre pourquoi des flamands appellent leur club de la manière francophone, il faudra replonger dans la création de l’Etat Belge, s’étonner de la répartition linguistique belge au XIXème siècle, sans ouvrir la fracture identitaire actuelle. Pas une mince affaire, surtout lorsqu’on est français et loin de cette histoire qui nous parait simple : d’un côté des flamands (pour beaucoup de français, des néerlandais) et de l’autre des wallons (de vague français pour les français).
En 1904, à Malines (le nom francophone de Mechelen), deux clubs de football virent le jour. D’un côté, le Racing Mechelen, né d’écoliers fréquentant un établissement d’enseignement néerlandophone, l’Athénée, représentait la classe moyenne de gauche, libérale dans le sens de l’émancipation de la religion catholique et de l’assimilation au français. De l’autre, des étudiants de 3 écoles catholiques différentes (l’internat Saint-Victor d’Alsemberg, l’Université de Louvain et le collège Saint-Rombout) se réunirent pour créer un club afin de pratiquer leur sport favori, le football. Mais, il s’agissait aussi d’une réaction à la fondation du Racing et, comme les trois établissements étaient francophones comme leurs élèves, le club s’appella le FC Malinois. D’où le surnom de Malinois à Malinwa.
Oui, les 3 établissements cités, dont la fameuse université de Louvain, étaient bien francophone et catholique, ce qui peut surprendre alors que nous sommes à Malines, dans une ville de la Région Flandres et qui l’a toujours été. Lors de la révolution de 1830, qui vit la création de la Belgique, par séparation avec les Pays-Bas, la majorité de la population belge avait comme langue maternelle son parler local (champenois, picard, lorrain ou wallon côté wallon et limbourgeois-carolingien, francique ripuaire, francique mosellan, flamand et brabançon côté flamand). Et ce parler s’adapter dans chaque ville par l’accent et le vocabulaire. Le français comme le néerlandais n’étaient que peu utilisés par les habitants. Pourtant, l’administration (Gouvernement, Justice, Armée …) comme le clergé catholique (la Belgique était alors principalement catholique), souhaitant se démarquer de l’ancienne domination protestante néerlandaise, adoptèrent le français comme langue du nouvel état (même si officiellement la constitution ne prévoyait pas de langue officielle). Comme le clergé organisait la vie scolaire et que le français, comme langue de la diplomatie et des « Lumières », jouissait d’un grand prestige, la langue de Voltaire s’imposa également aux étudiants. Elle séduit ainsi toutes les élites aussi bien du côté wallon que dans les villes de Flandres. La langue devenait un marqueur de classe sociale (plus qu’un marqueur géographique). C’est ainsi qu’à Malines, le peuple parlait le dialecte local (le Mechels), mais dans les classes sociales plus élevés, le français était de mise.
Au fur et à mesure du XIXème siècle, cette prédominance de fait du français aida au développement puis se heurta au mouvement flamand. À partir de 1840, une guerre linguistique débuta, en particulier dans les écoles, qui conduisit à un bilinguisme de droit en Flandres. Ce fut la première étape du retour en grâce du flamand au détriment du français jusqu’à son avènement dans la période d’Entre-deux guerre. C’est dans ce contexte que les deux club malinois naquirent avec le Racing pour les néerlandophones de la classe moyenne et le FC pour les francophones de l’élite.
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