#948 – FC Montana : Славата

La gloire. Le club a une longue histoire (on verra un peu plus loin que sa date de naissance exact est débattue mais en tout état de cause le club a au moins 75 ans) mais son palmarès ne parvient pas à expliquer son surnom. En effet, la vitrine des trophées demeure bien vide et les rares titres apparurent il y a moins d’une quinzaine d’année. On y trouve une simple finale de Coupe de Bulgarie lors de la saison 2015-2016 (face au CSKA Sofia) ainsi que des titres de champion de deuxième division (2008-2009 et 2014-2015). Ce n’est pas avec ce palmarès famélique qu’on se constitue une renommée de champion.

Le club affirme qu’il naquit le 20 mars 1921 par la fusion de plusieurs clubs et organisations sportives amateurs de la ville de Montana. Pour autant, le club comme d’autres sources rappellent que si le club provient bien de la fusion de plusieurs associations, cette opération se déroula plutôt après la seconde guerre mondiale. En 1946, 3 clubs de la ville, dénommés Ботев (Botev), Юнак (Yunak) et le Спартак (Spartak), fusionnèrent et créèrent ЮБС 45 (YBS 45 – Yunak-Botev-Spartak). Un an plus tard, le 20 mars 1947, le YBS 45 s’unit avec 3 autres organisations pour donner naissance au Христо Михайлов (Hristo Mihaïlov), du nom du militant qui dirigeait le parti communiste locale quand eut lieu l’insurrection du 23 septembre 1923 et qui mourut en 1944 après avoir dirigé l’armée populaire de libération des insurgés (НОВА). Choix de nom judicieux car, dans une Bulgarie désormais communiste, un héros révolutionnaire local était un élément fédérateur pour la population comme bien vu par les autorités. En outre, depuis 1945, les communistes bulgares avaient rebaptisé la ville du nom de Mihaïlovgrad (ville de Mihaïlov). À l’automne 1949, sous l’influence de la vie politique du pays, de nouvelles organisations virent le jour et finalement fusionnèrent avec Христо Михайлов pour un nouveau club dénommé Септември (Septembre). Le mois faisait référence au soulèvement de 1923 qui avait donc été mené à Montana par Hristo Mihaïlov. 4 ans plus tard, le nom fut de nouveau modifié avec l’ajout de слава (qui se prononce Slava et donna le terme Славата qui signifie gloire). Avec la fin du régime communiste au début des années 1990, un vent nouveau balaya tous les symboles passés. Dans le football bulgare, cela se traduisit par plusieurs changements dont la modification des noms des équipes qui avaient une connotation trop rouge. En 1990, Септември слава changea pour ФК Монтана (FC Montana), revenant au nom antique de la ville (Castra ad Montanesium), qui fut officialisé en 1993 (Mihaïlovgrad redevint Montana par décret présidentiel). Seulement, le nom слава était bien trop ancré dans la population pour qu’il disparaisse purement et simplement et ainsi il donna le surnom de l’équipe.

#947 – VfL Bochum : die Graue Maus

La souris grise. En allemand, l’expression graue maus caractérise une personne discrète, pudique, même un peu triste, généralement utilisée pour une femme. Dans le football, elle qualifie une équipe qui joue un football peu flamboyant (pour ne pas dire ennuyeux, sans ambition) et dont les résultats conduisent à évoluer dans le ventre mou du championnat. S’il s’agit d’une expression commune et utilisable pour toutes les équipes, elle est également aujourd’hui très attachée au club de football de Bochum, qui l’illustra dans les années 1970 et 1980.

Ville de la région industrielle de la Ruhr, qui compte près de 5 200 000 d’habitants concentrés sur plusieurs cités, le club de football de Bochum est coincé footballistiquement entre Dortmund, avec son Borussia, et Gelsenkirchen, et son Schalke 04. Difficile alors d’exister entre ces deux géants historiques du football allemand. Pourtant, entre 1971 et 1993, Bochum fut un membre sans discontinuité de l’élite allemande. Mais, cette présence ne se caractérisa pas des résultats étincelants. En effet, plus que d’évoluer dans le ventre mou du championnat, Bochum fleurta plusieurs fois avec la relégation. Le meilleur classement durant cette période fut une 8ème place en 1978-1979. Sur ces 22 saisons d’affilée en Bundesliga, Bochum conclut 15 fois son exercice dans la seconde partie du classement dont 10 fois au-delà de la 14ème place. A partir de la saison 1986-1987, le club ne connut que le bas du classement. En 1990, le VfL termina la saison à la 16ème place et fut donc contraint de joueur une confrontation de barrage face au 1.FC Sarrebruck. Bochum remporta le match aller à Sarrebruck grace à un penalty (victoire 1-0). Au retour, à domicile, Bochum fit seulement match nul (1-1). A force d’évoluer sur le fil du rasoir, Bochum chuta finalement lors de l’exercice 1992-1993, après avoir fréquenté la zone de relégation depuis la 9ème journée (et même la dernière place lors de 12 journées en cumulé).

Durant ces 22 saisons, l’équilibre financier du club était également fragile et pour boucler son budget, le club se séparait de ses meilleurs éléments à l’intersaison. Sur le plan de jeu, son style n’était pas flamboyant mais il semble un peu sévère de le juger comme ennuyeux. En tout cas, ce débat anime les supporteurs du club et les journalistes. Certains avancent qu’à défaut de génie, les joueurs étaient tenaces sur le terrain et qu’ils pouvaient parfois titiller les « gros chats » du championnat. Pour d’autres, il était assommant de fréquenter les travées du Vonovia-Ruhrstadion.

#946 – CA Aldosivi : el Tiburón

Le requin, qui, dans un style simplifié, trône fièrement sur la gauche du blason. Ce club argentin de Mar el Plata a une connexion particulière avec la France. Le gouvernement argentin lança le 12 décembre 1909 un appel d’offres pour la construction d’un port à Mar del Plata et, le 26 novembre 1910, ce fut la solution des ingénieurs entrepreneurs français Allard, Dolfus, Sillard et Wirriot qui remporta ce concours. Leurs ouvriers décidèrent de créer un club de football pour s’adonner à leur nouveau loisir. Pour le nom de leur association, ils prirent les premières lettres de leur employeur ALlard, DOlfus, SIllard et WIrriot.

Le surnom du club est tiré à la fois de la situation géographique de la ville de Mar el Plata ainsi qu’au tempérament prétendu ou réel de l’équipe. Située sur la côte Atlantique, au bord de la Mer d’Argentine, Mar el Plata est un important port et une station balnéaire renommée. L’objectif initial de ce port était d’exporter la production des riches plaines fertiles de l’intérieur du pays vers les pays consommateurs européens. Aujourd’hui, il est principalement tourné vers les activités de pêche (en 2007, 44 000 tonnes de poissons transitaient dans le port) tandis que le transport de céréales et l’importation de pétrole demeurent des activités secondaires. Le tourisme s’est également développé. Ainsi, le port accueille une réplique de la grotte de Lourdes. Surtout, une réserve d’otaries, située sur une plage de la côte intérieure de la digue sud, abrite une colonie de 800 spécimens mâles. Le conseil municipal déclara l’animal « monument historique » de Mar del Plata. Mais, pour représenter le lien de la ville, de son club de foot avec la mer, l’otarie apparaissait peut-être trop gentil. Ce fut donc un autre animal maritime et endémique qui inspira le surnom, le requin. En effet, en Mer d’Argentine, il existe une trentaines d’espèces de requins, présents à la fois sur les côtes, en pleine mer et dans les profondeurs. Beaucoup d’entre eux sont migrateurs. Les plus communs sont le requin épineux et la roussette, qui peut atteindre un mètre et demi. Les plus grands sont le requin cuivre, requin-taureau ou le requin plat-nez, avec environ 3 mètres de long.

Le surnom apparût en 1975 quand le club remporta 3 titres consécutifs dans la ligue régionale (1973, 1974 et 1975) et joua ces 3 mêmes saisons en première division. Lors de cette dernière saison, il remporta même un match face à Boca Junior, 2 buts à 1. Le surnom devait donc se rapporter au port mais surtout le requin est le roi des mers (comme le lion l’est sur terre). Or, l’équipe semblait dévorer ses adversaires comme le requin.

Aujourd’hui, si le requin apparaît sur l’écusson, le club possède également une réplique de requin de 20 mètres de long qui se ballade sur le terrain à chaque match à domicile. En outre, en 2015, l’équipementier du club sortit un maillot gris, avec pour motif, la peau d’un requin.

#945 – MOL Fehérvár FC : Vidi

Diminutif de l’ancien nom du club, Videoton. Videoton, un nom qui résonne pour les amateurs de football qui se souviennent de cette équipe hongroise au nom original, capable de quelques exploits en Coupe d’Europe. Il faut notamment se rappeler de cette saison 1984-1985 où le club alors entrainé par Ferenc Kovács réussit un parcours formidable en Coupe de l’UEFA pour atteindre la finale. Videoton vainquit le Dukla Prague au premier tour, le Paris Saint-Germain au deuxième tour, le Partizan Belgrade au troisième tour, Manchester United en quart de finale puis les bosniaque du Željezničar Sarajevo en demi finale. En finale, Videoton échoua face au Real Madrid, avec tout de même une victoire honorifique au match retour à Santiago Bernabeu

L’histoire de Videoton est une succession de relation intime avec des entreprises. Tout démarra en 1941 quand l’entreprise de fabrication de munitions, Vadásztölténygyár, fonda le club sous le nom de Székesfehérvári Vadásztölténygyár SK. Les équipes étaient alors composées d’ouvriers de l’usine locale dans ses premières années. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’outil industriel de la ville sortit fortement endommagé. Toutefois, la production de munitions de chasse redémarra. Nationalisée à partir de 1955, l’usine étendit sa production en concevant et vendant de l’électronique grand public (tels que des radios et des téléviseurs), du matériel informatique et des produits électroniques de défense sous la marque Videoton. Inondant de ses produits les pays du bloc de l’Est, Videoton devint le centre électronique de la Hongrie. 100 000 unités du premier poste radio furent produites en 1958 et dès l’année suivante, la production doubla. En 1959, le premier téléviseur noir et blanc sortit de l’usine et à la fin des années 1960, plus de 200 000 téléviseurs étaient produits annuellement. Dans les années 1970 plus d’un million d’autoradio étaient exportés. À partir de la fin des années 80, l’entreprise prit le nom de Videoton Electronics Company et possédait des usines à Ajka, Enyingen, Sárbogárd, Tabo et Veszprém. L’usine de Székesfehérvár comptait près de 20 000 employés. Elle figurait parmi les dix premières plus grandes entreprises hongroises et, en 1988, elle a réalisé un chiffre d’affaires de près de 20 milliards de HUF.

Après plusieurs changements noms, le club prit, en 1968, celui de la marque Videoton, qui avait alors une belle réputation. Le club devenait aussi l’un des vecteurs de communication de la société. Au début des années 1990, avec la chute du bloc de l’Est, la société Videoton vit son carnet de commande dramatiquement fondre et se trouvait alors au bord de la faillite. Le club connut naturellement les mêmes difficultés et l’arrivée du sponsor Waltham (dont le nom s’intégra dans celui du club) permit d’éviter sa banqueroute. Le 15 décembre 1993, le Videoton-Waltham FC, créé à l’été 1991, tint une assemblée générale extraordinaire et déclara sa dissolution, Waltham n’étant plus en mesure d’assurer le soutien financier. Le club renait sous le nom de Parmalat FC grace à l’adossement avec l’industriel italien de l’agro-alimentaire. Mais, dès 1995, la municipalité dut intervenir financièrement et le club prit alors le nom de Fehérvár Parmalat FC. A la fin de la saison, Parmalat renouvela son parrainage mais disparut du nom du club qui devint Fehérvar 96 FC. La société Videoton continuait durant cette période à être un des sponsors du club. Privatisée en 1996, la restructuration de Videoton lui permit de sortir de sa léthargie. Et l’année suivante, Videoton faisait son retour dans le nom du club (Videoton FC Fehérvár). Seulement le début des années 2000 fut marqué par la crise du secteur informatique qui affaiblit une nouvelle fois la société. De son côté, le club de football s’enfonça dans une crise managériale et financière. Videoton Holding annonça qu’il ne soutiendrait plus l’équipe en raison des événements entourant le club, et révoqua le droit d’utiliser le nom à partir de septembre 2004, le club concourant alors sous un nouveau nom, FC Fehérvár. Toutefois, la formule latine veni, vidi, vici s’inscrivait dans l’écusson du club à cette époque (vidi était même souligné), afin de marquer le lien avec le nom historique du club. En 2007, après quelques tergiversations, l’entrepreneur István Garancsi racheta l’équipe. Il assainit la situation financière du club et régla les problèmes d’organisation. Constatant l’aplanissement de l’environnement du club, la société Videoton accepta de concéder sa marque au club qui redevint le Videoton FC. István Garancsi comprennait l’intérêt marketing de reprendre le nom historique. En 2010, la société pétrolière et gazière hongroise MOL devint un des sponsors du club. En 2018, tout juste champion de Hongrie pour la 3ème fois de son histoire (2011, 2015 et 2018), MOL souhaitait alors augmenter son investissement dans le club et apparaître dans le nom. Le président István Garancsi expliqua alors que les noms de deux sociétés (Videoton et MOL) ne pouvaient pas cohabiter dans la dénomination du club, en particulier si l’une payait (MOL) et l’autre non (Videoton), voire réclamer des sous. Ainsi, le club se nomma MOL Vidi FC, Vidi permettant de garder encore le lien avec l’histoire. L’année suivante, la municipalité estima que le club devait aussi se rapprocher de la cité et faire comme les autres associations sportives de la ville en portant fièrement le nom de la ville. Comprenant que ceci pouvait favoriser les relations avec le pouvoir administratif, la direction du club décida de changer de nom pour MOL Fehérvár FC. Le terme Vidi ne disparaissait pas pour autant puisqu’il continuait d’apparaître dans sur les interfaces de communication du club, dans le stade et sur les produits VidiShop.

#944 – Panionios Athènes : Κυανέρυθροι

Les rouge et bleu. Dès le XIVème siècle et pendant de nombreuses années, la Grèce viva sous le joug ottoman et une importante communauté grecque habitait en Asie Mineure, territoire naturelle de la Sublime Porte. Pendant cette cohabitation, la culture grecque fut à la fois intégré dans la culture ottomane qui fut elle-même influencée par celle des grecs. En outre, le statut du millet, qui protégeait les minorités de l’Empire, permit à la langue grecque et à la religion orthodoxe de cimenter l’identité grecque. Au XIXème siècle, alors que le trop grand Empire Ottoman déclinait, la nationalisme grecque retrouvait une certaine vigueur qui conduisit en 1830 à l’indépendance de la Grèce. Les grecs d’Asie Mineure continuèrent à vivre à Constantinople ou Smyrne. Pour défendre leur identité, ils créèrent des associations culturelles qui dévièrent par la suite vers le sport. Ainsi, le 14 septembre 1890, des jeunes des éminentes familles grecques de Smyrne (Izmir) décidèrent de créer une association dénommée « Orphée ». Mais, après la défaite militaire des Grecs face aux Turques, les populations grecques d’Asie Mineure (1 300 000 personnes) émigrèrent vers la Grèce. Ils se regroupèrent et refondèrent rapidement leurs associations culturelles et sportives dans leur nouvelle patrie. Les membres de Panionios se retrouvèrent ainsi à Athènes et poursuivirent leurs activités dès le 20 novembre 1922

Quand les joueurs évoluaient encore à Izmir, les couleurs du club étaient le rouge et le blanc. Soit un maillot rouge avec un short blanc. Soit maillot et short blancs, traversé par une diagonale rouge. Le déracinement et la renaissance du club à Athènes amenèrent à changer les couleurs pour les actuelles, bleu et rouge. L’explication la plus probable sur ce choix demeure la référence à leurs origines anatoliennes. En effet, ces deux couleurs furent longtemps associés à la communauté grecque d’Asie Mineure. Par exemple, au début du XXème siècle, leurs navires arboraient une enseigne dite « gréco-ottomane » (Γραικοθωμανική παντιέρα) composée de deux bandes horizontales rouges en haut et en bas et, entre, une bande bleu horizontale. De même, la Principauté de Samos, une île grecque indépendante mais sous domination ottomane entre 1832 et 1913, qui se situe au Sud d’Izmir, avait pour drapeau une croix blanche, avec les deux quartiers inférieurs bleus et les deux supérieurs rouges. Avant son rattachement à la Grèce en 1908, la Crète avait un drapeau similaire à celui d’Izmir (croix simple blanche, avec le quartier supérieur gauche en rouge (incluant une étoile blanche à cinq branches), symbolisant la suzeraineté ottomane, et les autres quartiers en bleu). Pour tous ces drapeaux, le bleu rappelait la Grèce (il s’agit de la couleur du drapeau national) et le rouge l’Empire Ottoman (de même pour le rouge du drapeau de la Sublime Porte). Grèce et Empire Ottoman, les deux racines de cette communauté. Pour le club de Panionos, on donna une signification supplémentaire à ces deux couleurs : le bleu est la couleur de la mer et le rouge du sang des réfugiés.

Il existe de nombreuses versions différentes, qui tentent de déchiffrer la signification et l’origine du bleu dans le drapeau grec, communément appelé Γαλανόλευκη (le bleu et blanc). Le bleu pourrait faire référence à la géographie et climat de la Grèce (le ciel et la mer qui entoure la Grèce) ou aux valeurs morales des grecs (la justice, le sérieux et la loyauté) mais se rattacherait également à l’histoire riche du pays. En effet, le blanc et le bleu étaient (i) les couleurs du voile liturgique de la déesse Athéna, (ii) des motifs du bouclier d’Achille, (iii) de certaines bannières des armées d’Alexandre le Grand, (iv) des toges habituellement portés par les grecs dans l’antiquité et (v) des armoiries, drapeaux et emblèmes de certaines dynasties royales et familles nobles byzantines dont la dynastie macédonienne (IXème – XIème siècle) ou la puissante famille crétoise des Callergis (leur emblème étant d’ailleurs très proche du drapeau de la Grèce) qui prétendait descendre de l’empereur byzantin Nikephoros II Phokas. Du côte de l’Empire Ottoman, son drapeau était le même que celui de la Turquie actuelle, dont l’un des noms est Al bayrak (drapeau rouge) ou encore Al sancak (bannière rouge). L’origine de la couleur rouge n’est pas documentée mais il est possible que le rouge de la bannière tétragrammatique des Paléologues soit une des sources. D’autres avancent que le rouge était souvent utilisé dans la croyance chamanique, avant l’islamisation des populations turcophones.

#943 – Pau FC : les Maynats

Les garçons en béarnais (prononcé Maï-Nah-Tsse – Merci à Gillen). Au Sud de la France, au pied des Pyrénées, la ville au célèbre maire, François Bayrou, est le chef-lieu du département des Pyrénées-Atlantiques mais fut surtout entre 1464 et 1620 la capitale de la principauté du Béarn. Cette région historique connut son indépendance entre 1347 et 1620 mais surtout possède une culture riche et forte. Sa langue, le béarnais, demeure l’un des éléments différenciant et marqueur de son identité. Il s’agit d’un parler occitan, qui fut la langue institutionnelle de ce territoire durant sa période souveraine. Il resta longtemps la langue parlée dans le territoire bien que l’intégration du français se développa, notamment avec son annexion par le Royaume de France en 1620. Son usage recula à compter du XIXème siècle mais connut une nouvelle vie à partir de la seconde partie du XXème siècle. Selon une enquête réalisée en 2008 par la région Aquitaine, 8% des personnes interrogées déclarent parler béarnais sans difficulté, ce qui représenteraient 29 locuteurs. En outre, 7% estiment pouvoir tenir une conversation simple en béarnais. D’où, au final, 15% des populations vivant dans le Béarn parleraient le béarnais, environ 55 000 béarnophones. Maynats est donc le terme béarnais qui signifie les enfants comme les gones en lyonnais (#2), les minots en provençal (#298) et les pitchouns en occitan (#434). Il est utilisé pour les joueurs mais de manière général pour désigner les enfants.

#942 – Auckland City FC : the Navy Blues

Les bleus marines. En 2004, un nouveau championnat néo-zélandais, dénommé New Zealand Football Championship (NZFC), vit le jour en remplacement de la National Soccer League, avec un système fermé de franchises. Ainsi, huit nouvelles franchises furent créer en substitution des clubs traditionnels. Pour faciliter l’attachement des fans à ses nouvelles marques, les clubs choisirent des couleurs uniques et en lien avec leur territoire. Ainsi, Auckland City opta pour le bleu, couleur traditionnelle de la cité du Nord du pays. D’ailleurs, la franchise de Rugby à XV d’Auckland, fondée en 1996, s’appelle tout simplement Blues. Normalement, le bleu traditionnel tire plus vers le bleu clair mais, en observant l’écusson du club, on comprend que le bleu marine représente aussi le lien de la cité avec la mer.

Grande ville métropolitaine de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, Auckland baigne entre deux eaux, colonisant l’isthme qui relie la Péninsule de Northland au reste de l’île du Nord. D’un côté le Golfe de Hauraki qui s’ouvre sur l’Océan Pacifique. De l’autre, la Mer de Tasman. Avec cette exposition, la ville se tourna naturellement vers les activités maritimes, au point d’avoir deux ports. Au Nord, le port de Waitematā qui s’étend à l’Est jusqu’au Golfe de Hauraki. Au Sud, le port de Manukau qui s’ouvre à l’Ouest sur la Mer de Tasman. Le port de Waitematā (Waitematā Harbour) est l’infrastructure portuaire principale de la ville et est donc souvent simplifié en Port of Auckland. S’étendant sur 55 hectares, il constitue le plus grand port commercial de la Nouvelle-Zélande, manipulant pour plus de 20 milliards de dollars néo-zélandais de marchandises par an. Le port d’Auckland gère le mouvement de 60 % des importations néo-zélandaises et de 40 % de ses exportations. 811 565 containers (équivalent 20 pieds) sont passés par le port en 2022. Le port de Manukau est le deuxième plus grand port naturel de Nouvelle-Zélande par sa superficie et concentre ses activités sur la pêche, la plaisance et les sports maritimes. Les deux ports sont gérés par la société publique Ports of Auckland. Les activités maritimes ont toujours constituées l’une des principales ressources de la ville. Au milieu du XIXème siècle, les colons commencèrent à bâtir un port et dès les années 1920, ce dernier devint le port principal de Nouvelle-Zélande. Selon des études économiques, 173 000 emplois dans la région d’Auckland dépendent du commerce via les ports, qui concentrent un tiers de l’économie locale. Le recensement de 2001 montra que 60 500 des 149 900 marins du pays vivaient dans la région d’Auckland. Résultat, depuis plus de 30 ans, la ville acquit le surnom de City of Sails.

#941 – Arsenal : the Invincibles

Les invincibles. Vous ne rêvez pas depuis quelques mois. Arsenal est bien en tête de la Premier League et apparaît désormais comme un prétendant sérieux au titre suprême. Cela faisait bien des années que l’équipe du Nord de Londres n’avait pas lutté face aux cadors des Manchester, de Liverpool et de Chelsea. Il y a 20 ans en arrière, alors dirigé par le flegmatique Arsène Wenger, Arsenal constituait pourtant une des équipes majeures de l’élite anglaise et remportait son dernier titre de champion en 2004, au terme d’une saison incroyable et dont la formation demeure connu sous le surnom des Invincibles.

Entre le 7 mai 2003 et le 16 octobre 2004, cette équipe enchaina 49 matchs sans défaite en championnat (avec 36 victoires et 13 matchs nuls). Cet exploit, Arsène Wenger, en avait déjà rêvé la saison précédente. A la recherche de la perfection, le manager français annonçait déjà la couleur dans la presse anglaise en Septembre 2002 « Arsenal can go unbeaten all season […] It’s not impossible as A.C. Milan once did it but I can’t see why it’s so shocking to say it. Do you think Manchester United, Liverpool or Chelsea don’t dream that as well? They’re exactly the same. They just don’t say it because they’re scared to look ridiculous, but nobody is ridiculous in this job as we know anything can happen. » (Arsenal peut être invaincu toute une saison […] Ce n’est pas impossible comme l’AC Milan l’a fait une fois (ndlr : saison 1991-1992, Milan remporta la Série A avec 0 défaites), mais je ne vois pas pourquoi c’est si choquant de le dire. Pensez-vous que Manchester United, Liverpool ou Chelsea n’en rêvent pas aussi ? Ils sont exactement les mêmes. Ils ne le disent pas parce qu’ils ont peur d’avoir l’air ridicule, mais personne n’est ridicule dans ce travail car nous savons que tout peut arriver). Néanmoins, pour l’exercice 2002-2003, Arsenal échoua dans la conquête du titre face à Manchester United et enregistrait 6 défaites. Les deux derniers matchs de la saison se soldèrent par deux victoires faciles (6-1 face à Southampton et 4-0 face à Sunderland) qui allaient en appeler d’autres. A l’aube du nouvel exercice, la concurrence se renforça. Le Chelsea, tout juste racheté par le milliardaire russe Abramovich, commença ses transferts records avec 120 millions d’euros investis sur Makelele, Verón, Duff, Crespo, Joe Cole et Mutu. A l’inverse, Manchester United misa sur une jeunesse dorée (Cristiano Ronaldo, Saha, Alan Smith, Djemba-Djemba, Bellion et Howard). Arsenal ajusta sa formation avec l’intégration de Lehmann, Reyes, Clichy, van Persie et Fàbregas tandis que Vieira et Pires prolongeaient leur aventure londonienne. Si l’inusable David Seaman qui approchait des 40 ans et avait joué 13 saisons pour le club, le quitta, l’équipe comptait encore dans ses rangs des piliers comme son capitaine Patrick Vieira, Martin Keown, Robert Pires, Freddie Ljungberg, Dennis Bergkamp, Ray Parlour, Sol Campbell et surtout la star de l’attaque, Thierry Henry.

Arsenal débuta la campagne avec style, enregistrant quatre victoires et un nul. Mais, dès le 21 Septembre 2003, la saison à peine commencée, Arsenal se déplaçait chez son rival de Manchester United. Ce fut le moment clé, peut-être le déclic que l’exploit était possible. Dominé tout au long du match, diminué par l’expulsion de Vieira 10 minutes avant la fin du match, Arsenal connut la chance du futur champion puisque Ruud van Nistelrooy vit son pénalty s’écraser sur la barre transversale à la dernière minute de la rencontre. Arsenal repartit avec le point du match nul et enchaîna les victoires par la suite (battant au passage Liverpool et Chelsea). Cette équipe était faite d’acier et rien ne semblait les empêcher d’être champion, réussissant des matchs accomplis et des victoires mémorables. Le 9 avril 2004, alors mené à domicile 2 buts à 1 par Liverpool, Henry et Pires renversèrent la vapeur en seconde période pour l’emporter 4 buts à 2. Arsenal conquit mathématiquement le titre lors du derby face à Tottenham. Certes, il se conclut par le score de 2 buts partout mais pour les fans d’Arsenal, ce nul eut une saveur particulière puisque l’équipe était sacrée sur le terrain de leur ennemie de Tottenham. Après ce gain, la formation ne se relâcha pas et finit le travail en restant invaincue sur les 4 derniers matchs de la saison. Pourtant, elle faillit gâcher la fête lors de la dernière échéance. Alors que les joueurs londoniens affrontaient Leicester City, déjà relégué en Championship, ce dernier était devant à la mi-temps. Néanmoins, Arsenal se réveilla lors de la seconde période et finit par l’emporter grâce à ses français Henry et Vieira. Arsenal parvenait alors à égaliser l’exploit réalisé en 1888-1889 par Preston North End d’être invaincu lors d’une saison complète de championnat (seulement Preston n’avait disputé que 22 matchs contre 38 pour Arsenal). Les gunners finirent meilleure attaque (73 buts) et meilleure défense (26 buts encaissés). Thierry Henry fut consacré meilleur buteur avec 30 goals, premier joueur d’Arsenal à atteindre ce chiffre depuis les 33 buts de Ronnie Rooke lors de l’exercice 1947-1948. Les reconnaissances individuels tombèrent également. Arsène Wenger reçut les titres de Manager de l’année par l’association des managers et par la ligue. Thierry Henry récupéra les 3 titres de meilleurs joueurs de la Premier League décernés respectivement par les journalistes, les fans et les joueurs. 6 joueurs d’Arsenal (Lauren, Ashley Cole, Sol Campbell, Patrick Vieira, Robert Pires, Thierry Henry) finirent dans l’équipe type. Enfin, le titre d’équipe la plus fair-play comme le titre des meilleurs fans échurent également à l’équipe londonienne.

Puis, le 22 août 2004, lors de la saison suivante, le record de Nottingham Forest de 42 matchs sans défaite qui durait depuis 26 ans, tomba après une victoire difficile contre Middlesbrough, à Highbury. En effet, l’équipe combla un déficit de 3-1 en marquant 3 buts en 10 minutes puis le dernier but à la dernière minute (score finale de 5-3). L’exploit ne s’arrêta pas là puisque les gunners remportèrent 6 nouveaux matchs et enregistrèrent un match nul. Toute belle histoire a une fin et celle d’Arsenal s’arrêta face à son eternal rival de United. Le 24 octobre 2004, Manchester battait Arsenal 2 buts à 0 dans son antre d’Old Trafford. La barre s’arrêta donc ce mythique chiffre de 49 matchs sans défaite.

Lors de cette magnifique saison 2003-2004, Arsenal ne snoba pas les autres compétitions. Certes, il ne les remporta pas mais son parcours fut plus qu’honorable. Ces campagnes permirent aussi de rassurer ses rivaux anglais qui purent enfin les battre. En FA Cup, Arsenal fut éliminé en demi-finale par Manchester United. En Ligue des Champions, ce fut au tour de Chelsea de mettre fin aux espoirs d’Arsenal en quart de finale. En Coupe de la Ligue, le parcours s’arrêta en demi-finale face à Middlesbrough.

Dans le livre d’Amy Lawrence, « Invicible », Arsène Wenger déclarait « C’est douloureux pour moi de regarder en arrière, car je suis toujours énormément focalisé sur le fait d’aller vers l’avant. C’était l’un de mes rêves, finir champion en étant invaincu. Et je veux encore le faire. ».

#940 – RFC Seraing : les Métallos

S’il y a deux pays européens dont le football national a souffert ces 20 dernières années, ce sont la Roumanie et la Belgique. Nombre de clubs, notamment des historiques, s’évanouirent dans leurs gouffres financiers. Mais, leurs prestiges et une vie locale orpheline conduisirent à tenter de les ressusciter au travers de fusion, de rachat de licence et d’acquisition du nom/marque qui donna lieu à de nombreux imbroglios juridiques et à l’existence parallèle de club réclamant le même héritage. La ville de Seraing en est un exemple en Belgique. Le club historique naquit entre 1900 et 1904 et obtint le matricule 17 lorsque la fédération tint son registre officielle. Après une première faillite en 1984, le club fut abandonné par son président en 1996 qui le « céda » à son voisin du Standard de Liège. Un autre club, Royale Union Liégeoise (matricule 23), profita du vide pour s’installer à Seraing et endosser l’héritage du précédent club, avec la bénédiction de la municipalité. Toutefois, en 2014, le club de Seraing se fit une nouvelle fois absorbé par une union de 3 autres clubs de la région, entérinant une nouvelle fois la disparition du football à Seraing. Dans la ville de Boussu, le club local était en difficulté financière et se trouva en 2014 racheté par le propriétaire du FC Metz. Voyant le club de Seraing disparaître, le club de Boussu (matricule 167) s’exila alors à Seraing pour occuper la place vacante et bénéficier de l’aura des précédents clubs. Après quelques changements de nom et quelques débats avec la fédération, il récupéra le nom du RFC Seraing. Mais, même s’il s’appropria de nombreux attributs (nom, couleurs, surnom), les supporteurs historiques ne lui reconnaissent pas l’héritage de l’ancien RFC. Toujours club satellite du FC Metz, le RFC Seraing a retrouvé cette année le chemin de l’élite belge et peut-être retrouvé tous ses supporteurs.

Située sur la Meuse, en amont de Liège, la cité Seraing est synonyme en Belgique de fumée d’usines, de mines et de classes ouvrières. Au début du XIXème siècle, Seraing était une modeste bourgade de moins de deux mille habitants, principalement tournée vers l’Agriculture mais également l’extraction de houille. Or, cette ressource abondante, qui donnait l’énergie ainsi qu’un minerai appelé coke, essentielle dans la métallurgie, la présence de minerai de fer, couplée avec une voie de circulation, la Meuse, et une population connaissant le travail de la mine et de la métallurgie depuis des siècles, transformèrent le paysage et l’économie local. En 1809, la Fabrique de Fer d’Ougrée, une métallurgie, ouvrit et plusieurs mines, allant au delà de l’extraction en surface, débutèrent leur exploitation. Mais, ce fut surtout l’installation, en 1817, de deux frères britanniques, John et Charles-James Cockerill, qui révolutionna Seraing et ses alentours. Ils commencèrent par ouvrir, dans le le château de Seraing, l’ancienne résidence d’été des princes-évêques de Liège, un atelier où ils construisaient des machines à vapeur. Ayant un schéma industriel intégré, ils fabriquaient également leur propre fonte et fer. Puis, un haut-fourneau à coke, le premier du genre en Belgique, fut mis à feu en 1826. Cockerill y ajouta des fonderies, forges, laminoirs et ateliers de construction mécanique ainsi qu’une filature. Dans son sillon, d’autres s’établirent comme le Charbonnage de Marihaye (à Ougrée, Espérance et Six-Bonniers), des entreprises métallurgiques (l’Espérance, la Fonderie Quiriny-Goreux et la Fabrique de Fer d’Ougrée), ainsi que la cristallerie du Val-Saint-Lambert. La région croqua alors à pleine dent dans la Révolution Industrielle, faisant de la Belgique la deuxième puissance économique du monde, derrière le Royaume-Uni au milieu du XIXème siècle. Jusqu’à l’aube de la Première Guerre Mondiale, la région demeura un des cœurs industriels de l’Europe, grand producteur de fer, d’acier et de verre. Les 21 hauts-fourneaux produisaient près de 40 % de la production belge d’acier en 1914. Après avoir été démantelée durant le conflit par l’occupant allemand, l’outil industriel belge fut reconstruit et jusqu’à la crise énergétique des années 1970, développa encore sa production. Malgré un regain dans les années 1980, les mines et les usines métallurgiques licencièrent puis fermèrent face à la concurrence asiatique. Aujourd’hui, la production d’houille, de fer et d’acier est nulle. Néanmoins, pendant plus d’un siècle, la région viva au rythme de cette activité. Au fil des installations et du développement des usines, la ville de Seraing attira une population ouvrière nombreuse. En 1846, Seraing comptait 10 000 habitants, en 1868, le double et en 1883, le triple. En 1825, 800 ouvriers travaillaient pour Cockerill et dès l’année suivante son nombre d’employés doublait. En 1840, il était estimé que sept ou huit mille personnes dépendaient de ces ateliers. Puis, de 1842 à 1913, le nombre d’ouvriers travaillant pour Cockerill était quasiment multiplié par 5, pour atteindre 10 427 ouvriers. De 1850 à 1899, le nombre de mineurs passait de 3 000 à près de 5 000. Puis, l’immigration italienne, portugaise et polonaise fournit les bras manquant au développement de l’industrie. A la veille de la crise énergétique de 1973, le nombre de travailleurs étaient de 20 000. Autant dire que nombre de familles dépendaient des activités minières et métallurgiques. Naturellement, les luttes ouvrières furent aussi fortes dans le bassin. Enfin, au bord de la Meuse, les usines et les maisons des ouvriers s’installèrent côte à côte et encore aujourd’hui, les deux sont inextricables. Seraing était donc connu comme la ville du fer et ses habitants y étaient viscéralement attachés.

#939 – Club Independiente Petrolero : el Albirrojo

Les blanc et rouge. Le club de la capitale bolivienne fut fondé le 4 avril 1932 et a remporté son premier titre en 2021 (mais pas n’importe lequel puisqu’il gagna le titre de champion de Bolivie). L’histoire du club démarra dans un esprit de rebellion. Un groupe de jeune, exclu de l’équipe de football d’un autre club de la ville, San Francisco de La Recoleta, se réunirent dans la maison d’un des joueurs, Julio Cueto, et décidèrent de créer leur propre équipe. En fondant un nouveau club, le groupe devenait ainsi indépendant et dénomma son club ainsi, Independiente Sporting Club. Dans leur démarche, ils furent vivement soutenus par les prêtres franciscains Tomás Aspe et Francisco Aguinaco, ainsi que leur professeur Isidoro Arguedas. Pour choisir les couleurs, les fondateurs décidèrent de rendre hommage à l’Espagne et à ses représentants en Bolivie, les religieux, qui avaient particulièrement œuvré pour le développement du football dans le pays. Ainsi, le maillot fut rouge et jaune, comme le drapeau hispanique. En 1953, le club fut repris par Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos (YPFB), l’entreprise pétrolière d’Etat bolivienne. La nouvelle direction changea le nom pour Club Independiente Petrolero. Puis, de la même manière, il fut décidé de modifier les couleurs de l’équipe. La couleur jaune fut remplacée par du gris tandis que le rouge fut maintenu. Toutefois, au bout de quelques années, une nouvelle modification des couleurs fut réalisée. Le rouge se maintint une nouvelle fois afin de garder un lien avec le club originel et ses fondateurs. En revanche, le blanc se substitua au gris, en hommage à la ville de Sucre, berceau de l’indépendance bolivienne. Le nom officiel de la capital bolivienne est La Ilustre y Heroica Sucre et son surnom est la Ciudad Blanca (la ville blanche). En effet, elle tire son surnom de son architecture. Située à 2 780 mètres d’altitude et fondée par les conquérants espagnols le 29 septembre 1538, la cité est l’une des villes à l’architecture hispanique la mieux conservée d’Amérique, avec des rues pavées, des fontaines taillées dans le granit, des églises anciennes, des maisons couvertes de tuiles en terre cuite saupoudrées de chaux et des murs blancs, caractéristiques du design colonial. Ce sont tous ces immeubles blancs qui donnèrent ce surnom.