#830 – Real Republicans FC : Osagyefo’s Own Club

Le club de Osagyefo (chef victorieux). Ce club ghanéen connut une brève existence de 1961 à 1966 mais, pourtant, il fut le fer de lance du football ghanéen et l’icone de la vision politique du président du pays, Kwame Nkrumah. Remontons en 1957, année où la Gold Coast, nom colonial du Ghana, obtint son indépendance de l’emprise britannique. L’un des leaders qui permit ce résultat était Kwame Nkrumah qui devint logiquement président du pays en 1960. Mais, l’indépendance du Ghana, premier Etat subsaharien à l’obtenir, n’était qu’une étape dans l’ambition de Kwame Nkrumah. En effet, conscient de la faiblesse du nouvel état, morcelé entre différentes ethnies, face aux grandes puissances, Kwame Nkrumah milita pour une vision transfrontalière de l’ensemble du continent africain (panafricanisme). Son Ghana se devait à la fois de s’élever au-delà de ses différents peuples mais également devenir l’élément fédérateur d’une Afrique unie et solidaire. Le sport apparaissait comme un catalyseur pour promouvoir cet objectif. En particulier, Nkrumah considérait le football africain indépendant comme un symbole de la libération du continent de la domination coloniale et la démonstration de l’unité africaine. Kwame Nkrumah fit donc de l’équipe nationale du Ghana le porte-voix du continent africain.

Sur le plan local, Kwame Nkrumah et son ministre des sports, Ohene Djan, œuvrèrent pour fonder un nouveau « super » club pour renforcer le sentiment nationaliste. Pour cela, ce club, qui fut nommé Real Republicans (inspiré par le grand Real Madrid), se devait de représenter l’ensemble du Ghana et donc ne pas être rattaché à une ethnie particulière (comme les autres associations sportives du pays). Pour faciliter l’identification de tous les ghanéens, quelque soit leur région d’origine, avec le nouveau club, la direction avait la bénédiction du gouvernement pour piller les autres équipes (choix de deux joueurs dans chacune des autres équipes du championnat) pour constituer la sienne et naturellement elle ne se priva pas de prendre les meilleurs (d’autant plus que ces recrutés ne pouvaient pas refuser l’offre sous peine de représailles par le gouvernement). Ainsi favorisé par Kwame Nkrumah qui se faisait appeler Osagyefo, le Real Republicans se vit affublé de ce surnom qui devint même le second nom du club.

Les résultats ne se firent pas attendre avec un titre de champion en 1963 et 4 coupes du pays d’affilée (de 1962 à 1965). Les athlètes du club étaient traités comme des rois et avaient un accès illimité au président. Mais, ces privilèges accordés au Real Republicans traduisaient aussi la dérive autoritaire de Kwame Nkrumah dans l’exercice du pouvoir (arrestation des opposants, censure de la presse, contrôle de la justice, culte de la personnalité). Tant au niveau politique que sportif la colère monta contre Kwame Nkrumah (les clubs historiques dépouillés chaque année de leurs meilleurs éléments menacèrent régulièrement de boycotter le championnat). Résultat, le 24 février 1966, alors en voyage en Chine, Kwame Nkrumah fut renversé par un coup d’état militaire qui ne rencontra aucune résistance. Totalement identifié à son créateur et supporteur, le Real Republicans fut immédiatement dissout après le renversement de Kwame Nkrumah.

#829 – Hafia FC : Tri Campeo

Le triple champion. Classé 8ème meilleur club africain du siècle passé par la IFFHS, le Hafia FC constitue une des institutions de la Guinée et du continent, malgré une longue période de disette depuis ses derniers succès dans les années 1980. Il a gagné ce surnom grace à ses victoires et son beau palmarès. Dans le tout jeune championnat guinéen créé en 1965, Hafia FC fut tout d’abord le premier à le gagner 3 fois et consécutivement en 1966, 1967 et 1968. Mais, cet exploit sera rapidement supplanté par les 9 championnats remportés successivement de 1971 à 1979 grâce à une formidable équipe. Cette dernière mena le club non seulement au sommet du football local mais également continental, ce qui donnera naissance à ce surnom. En effet, Hafia FC fut le premier club africain à conquérir 3 Coupes des Clubs Champions africaines (devenu depuis 1997 Ligue des Champions de la CAF). En 1972, après un parcours qui vit le club notamment éliminer les camerounais du Canon Yaoundé, les maliens du Djoliba AC et les zaïrois du TP Mazembe (par abandon), l’équipe affronta en finale les ougandais du Simba FC sur une confrontation aller-retour et les vainquit 7 buts à 4 au total (4-2 à Conakry et 3-2 à Kampala), donnant lieu à la finale la plus prolifique de la compétition (11 buts). 1ère participation, pour cette équipe emmenée par Aliou N’Jo Léa, Petit Sory, Maxime Camara, Morciré Sylla, Ousmane Tolo Thiam, Soriba Soumah et surtout Chérif Souleymane, et première victoire. Chérif Souleymane remporta cette même année le seul ballon d’or africain gagné par un footballeur guinéen. Après deux années quelconques (dont un forfait en 1974), l’équipe revint plus forte en 1975 pour arracher son deuxième trophée face aux nigériens du Enugu Rangers. Le Hafia remporta les deux matchs de la finale (1-0 à Conakry et 2-1 à Lagos). En 1977, nouvelle et dernière victoire. Face au ghanéen de Hearts of Oak, l’équipe guinéenne gagna une nouvelle fois la finale aller (1-0 à Accra) et le retour (3-2 à Conakry). Il devint ainsi le premier club à enlever 3 fois ce trophée. En outre, l’équipe fut également finaliste de la compétition en 1976 et 1978.

Si le français est la langue officielle de la Guinée, le choix d’avoir un surnom en portugais pourrait s’expliquer par la notoriété de l’équipe brésilienne de l’époque. D’une part, en 1970, le Brésil fut le premier pays à remporter également 3 fois le même trophée (en l’occurrence la Coupe du Monde). D’autre part, l’équipe de Pelé pratiquait un football flamboyant et offensif, que le Hafia se prétendait de perpétuer.

#828 – Omonia Nicosie : το ο Τριφύλλι

Le trèfle. Aujourd’hui, l’île de Chypre est toujours partagée entre la partie grecque et celle au nord, avec la communauté turque. La division fait partie de la culture de l’île, qui a été en outre, tout au long de son histoire, sous la tutelle d’une autre puissance (hellénique, romaine, byzantine, arabe, franque, vénitienne, ottomane et britannique). En 1948, année de fondation du club d’Omonia, les tensions sur l’île étaient plus que vives.

En premier lieu, Chypre constituait une colonie britannique et avant la Seconde Guerre Mondiale, les tensions entre l’administration coloniale et la population se multipliaient. Les Chypriotes grecs considéraient l’île comme historiquement grecque et croyaient que l’union avec la Grèce était un droit naturel (« Énosis » ). Ces revendications furent violemment réprimées par les autorités britanniques mais restaient parmi la population grecque.

Ensuite, au-delà de la présence coloniale britannique, l’île se divisait profondément entre deux communautés, grecques et turques. Cette opposition s’accentua lorsque, apeurée par la possibilité que Chypre s’unisse avec la Grèce, la communauté turque apporta son soutien aux colons.

Enfin, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Grèce bascula dans la guerre civile, déchiré entre les communistes et les nationalistes. Le conflit s’importa à Chypre où le climat nationaliste s’imprima dans la communauté grecque qui chercha à étouffer les mouvements de gauche.

Ces antagonismes s’exprimèrent aussi au travers des organisations sportives et culturelles. Par exemple, l’APOEL naquit en 1928 avec la volonté d’être réservé aux chypriotes grecs tandis que le Çetinkaya Türk SK rassemblait à partir de 1930 les turques de la capitale. Au lendemain de la guerre, les athlètes de gauche furent exclus des clubs de l’époque, devenus le creuset du nationalisme grecque. En raison de ces restrictions, ces athlètes fondèrent de nouvelles associations sportives comme le Nea Salamina à Famagouste, le 7 mars 1948 et Alkí à Larnaca, le 10 avril 1948.

Dans ce contexte, l’APOEL Nicosie se divisa suite à une initiative prise par la direction qui apportait son soutien aux nationalistes. De nombreux sportifs de gauche de l’APOEL quittèrent le club et se rassemblèrent pour la création d’une nouvelle association sportive à Nicosie. Cette nouvelle association avait pour ambition de maintenir le sport chypriote au haut niveau, loin des sentiments partisans. Résultat, il se devait de porter de forts symboles pour défendre ces valeurs. Le nom Omonia (Ομόνοια) fut choisi après mûre réflexion car son sens (unité, concorde) démontrait l’opposition du club à la division et à la désunion. En outre, la direction avait également besoin d’un emblème qui incarnerait ses idéaux. Le choix se porta sur le trèfle car sa couleur est verte, couleur de l’espoir. Les fondateurs avaient de l’espoir quand aux succès futurs du club et que la nouvelle association traduirait leur force de conviction, leur militantisme et leur persévérance.

#827 – FK Dinamo Tirana : Dinamovitët

Le surnom est dérivé du célèbre nom du club (dans les anciens pays de l’Est). Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la résistance albanaise à l’occupation italienne puis allemande était tombée sous la coupe des communistes et son leader Enver Hoxha. Résultat, en 1946, les communistes prirent définitivement le pouvoir et instaurèrent la république populaire d’Albanie. Comme dans les autres pays du bloc de l’Est, le gouvernement copia l’organisation et les structures du grande frère soviétique pour rapidement affirmer leur pouvoir. Ceci passa par la main mise des grandes administrations et syndicats sur les mouvements sportifs et culturels. En 1950, le Ministère de l’Intérieur fonda donc son club de sport, dans le cadre de l’association sportive Dynamo. Ce dernier regroupait dans les pays de l’Est les associations sportives des membres et fonctionnaires des affaires intérieures et des organes de sécurité de l’État (principalement la police judiciaire et politique). La structure Dynamo fut créée en Russie le 18 avril 1923. Le choix du nom Dynamo s’expliquerait selon l’écrivain Maxim Gorky, membre honoraire de l’association ainsi : « Греческое слово «дина» значит сила, «динамика» — движение, а «динамит» — взрывчатое вещество. «Динамо» — это сила в движении, призванная взорвать и разрушить в прах и пыль всё старое, гнилое, все, что затрудняет рост нового, разумного, чистого и светлого — рост пролетарской социалистической культуры » (Le mot grec « dina » signifie force, « dynamique » signifie mouvement et « dynamite » signifie explosif. « Dynamo » est une force en mouvement, appelée à faire exploser et à réduire en cendres et en poussière tout ce qui est vieux, pourri, tout ce qui entrave la croissance du nouveau, raisonnable, propre et brillant – la croissance de la culture socialiste prolétarienne). L’idée était que les forces de police n’œuvraient pas contre le peuple mais par leur action repressive visait à protéger l’ordre nouveau et luttait contre les ennemies du peuple. Le slogan de l’association sportive fut donc « Сила — в движении » (la force en mouvement).

Le club albanais s’installa rapidement comme une pierre angulaire du football albanais, remportant déjà quatre championnats consécutifs rapidement après sa naissance (de 1950 à 1953). Par la suite, le club partagea avec le Partizani les trophées albanais jusqu’à la chute du régime communiste (15 titres de champions et 12 Coupes nationales). Mais, le communisme albanais qui rompit avec l’URSS en 1956 afin de ne pas se « déstaliniser » fut l’un des régimes les plus durs et fermés du bloc de l’Est, avec une police politique, Sigurimi, particulièrement repressive. En 1995, afin de laisser derrière eux ce lourd passé, certains estimèrent qu’il fallait changer de nom qui apparaissait comme un symbole négatif de cette époque (comme le Dynamo Zagreb avait pu le faire deux ans auparavant en devenant le Croatia Zagreb). Ainsi, le nouveau nom, KS Olimpik Tirana, était plus consensuel en se référant à l’esprit olympique. Mais, finalement, dans de nombreux pays de l’ancien bloc de l’Est, la quasi-totalité des clubs dont le nom se rattachait aux structures des régimes communistes tels que Lokomotiv (Ministère des Transports), CSKA (armée) et Spartak (Coopérative de production), ne changèrent pas de nom, estimant que celui-ci faisait parti de l’histoire du club, dépassant les liens avec l’autoritaire communisme. Et malgré la rattachement à la police, qui au vue de son action sous ces dictatures avait une mauvaise image, ce fut aussi le cas pour les Dynamo tels que le Dynamo Dresde, Dynamo Moscou, Dynamo Kiev, Dinamo Bucarest ou Dinamo Tbilissi. Finalement, deux ans plus tard, la direction du club de Tirana décida de revenir à l’ancien nom. Cette attachement des supporteurs à leur histoire s’est encore manifesté dernièrement quand le club modifia son écusson. Les fans ne cessèrent jamais de réclamer le retour du logo original de leur club de cœur et obtinrent gain de cause cette année.

#826 – NK Travnik : Veziri

Les vizirs. Située dans la vallée de la rivière Lašva, la cité ancestrale de Travnik constitue un des hauts lieux de l’Islam en Bosnie et conserve un important héritage et patrimoine de l’époque ottomane. Si une présence romaine est attestée dans la région de Travnik, l’époque médiévale et la monarchie bosniaque marqua le début du développement de la ville. Toutefois, l’occupation ottomane constitua son age d’or. Au XVème siècle, l’Etat indépendant de Bosnie tomba face à l’avancée de l’Empire Ottoman et la région passa sous domination musulmane. En 1580, une nouvelle division administrative fut créée, regroupant l’actuelle Bosnie-Herzégovine ainsi qu’une partie de la Croatie, du Montenegro et de la Serbie, qui était nommé Pachalik de Bosnie. A sa tête un pacha conseillé par des vizirs. Au départ, la capitale du Pachalik fut établi à Banja Luka, an nord du pays. Mais la présence musulmane le menaçant, le Saint Empire Germanique rentra en conflit lors de la grande guerre turque (1683-1699) et défait l’Empire ottoman, notamment en ravageant et incendiant Sarajevo, qui était devenu capitale alors du Pachalik en 1639. Résultat, Travnik fut élevé au rang de nouvelle capitale et devint la résidence des vizirs bosniaques de 1699 à 1832. Avec ce nouveau rôle politique, les mosquées et infrastructures se multiplièrent ainsi que l’arrivée des consulats de la France et de l’Autriche. Aujourd’hui, Travnik reste profondément marqué par cette période. Souvent surnommé « l’Istanbul européenne », Travnik était considérée comme la ville la plus orientale en Bosnie. Au regard de sa population, le nombre de mosquées et de minarets parait démesuré. On y dénombre aussi de nombreux mausolées, dont des tombes de vizirs.

#825 – Neftchi PFK Bakou : Neftçilər

Les pétroliers. Tiré du nom du club qui lui même dérive du terme azéri neft qui signifie pétrole. Le club naquit le 18 mars 1937 de la volonté des ouvriers des compagnies pétrolières situées à Bakou. Les fondateurs relièrent le club avec leur métier avec de nombreux symboles. Le plus évident fut le choix du nom du club нефтяник (à l’époque en russe, l’Azerbaïdjan étant une république soviétique) qui signifiait « pétrolier ». Puis, le blason du club incorpora un derrick, ouvrage le plus visible des puits de forage (encore dans l’écusson aujourd’hui), avec en arrière plan un H, première lettre du nom du club. Enfin, l’équipe évolua dans un maillot noir et blanc, dont la couleur noire rappelait évidemment l’or noir. Le club fut intégré au syndicat des ouvriers du pétrole sous l’égide du Ministère Soviétique de l’Energie. Ce lien avec l’activité pétrolière n’a jamais cessé malgré l’effondrement du système soviétique. Aujourd’hui, Azərbaycan Respublikası Dövlət Neft Şirkəti (SOCAR), compagnie pétrolière détenue par l’Etat azéri, demeure toujours l’un des sponsors principaux de l’équipe.

Situé sur les rives de la Mer Caspienne, Bakou est une ville portuaire et une station balnéaire, dont la vue du soleil couchant est perturbée par les derricks et les plateformes pétrolières. En effet, les champs pétrolifères de Bakou constituent l’un des plus vieux centres de production de pétrole et de ses dérivés. L’exploitation industrielle de cette ressource débuta en 1871 avec Ivan Mirzoev et l’activité attira rapidement les frères Nobel (acquisition en 1873 d’une raffinerie pour 25 000 roubles) et les Rotchild. Mais, il semble que l’histoire d’amour entre le pétrole et la cité remonte encore plus loin. Marco Polo mentionnait déjà la présence de pétrole dans la région. Un puits de 35 mètres de profondeur, datant de 1594, selon une inscription, a été retrouvé près de Bakou. Au XVIIème siècle, le scientifique turc Evliya Çelebi rapporta que Bakou était entourée de 500 puits et cette description de la ville était également partagé par le voyageur allemand, Adam Olearius et le secrétaire de l’ambassade de Suède en Perse, Engelbert Kaempfer à la même époque. En 1813, le nombre de puits producteurs était de 116 et doubla quasiment en 1860. Toutefois, creusé souvent à la main, ces forages étaient peu profonds et la production était donc limitée. Mais, avec les machines et l’ingéniosité de la révolution industrielle, la production s’intensifia et à la fin du XIXème siècle, Bakou comptait déjà plus de 3 000 puits de pétrole. La cité représentait alors 95% de la production de l’Empire Russe, qui avait mis la main sur la région et était le premier producteur de pétrole mondial. En 1900, Bakou produisait 11 millions de tonnes par an de pétrole, soit 50 % de la production mondiale. Avant la Seconde Guerre mondiale, l’Azerbaïdjan produisait 23 millions de tonnes de pétrole brut par an et couvrait les trois quarts des besoins de l’Union Soviétique. En 1920, l’Institut polytechnique de Bakou fut créé, devenant la référence européenne et asiatique de la formation des scientifiques et des ingénieurs de l’industrie pétrolière. En 1947, débuta l’exploitation offshore. Le pays est devenu nettement dépendant de cet or noir, qui génèrent les deux tiers de ses revenus. Néanmoins, même si le sol regorge de pétrole et de gaz, d’autres champs apparurent en Asie Centrale (et ailleurs dans le monde évidemment) et les espoirs des compagnies pétrolières se sont progressivement déplacés vers le Kazakhstan. A fin 2020, l’Azerbaïdjan ne représentait plus que 0,4% des réserves mondiales de pétrole et en 2021, sa production s’élevait à 722 000 barils par jour, soit 1,2% de la production mondiale.

#824 – AFC Chindia Târgoviște : Micul Ajax

Le petit Ajax. Le club roumain ne s’étalonne pas directement au héros grec, Ajax, mais son surnom s’inspire du grand club d’Amsterdam. Tout d’abord, l’AFC Chindia Târgoviște a hérité ce surnom de l’ancienne équipe nommée FCM Târgoviște, qui disparut en 2015. En effet, en raison de divergence entre la direction du FCM Târgoviște et la mairie en 2010, cette dernière choisit de fonder une nouvelle entité en association avec l’ancien international Gheorghe Popescu et l’ancien arbitre Ion Crăciunescu. Ce nouveau club reprit quasiment le nom de l’ancienne association, également ses couleurs (bleu et rouge) et reçut son surnom historique. Au début des années 1990, le FCM Târgoviște évoluait en 3ème division roumaine (comme souvent dans son histoire et en l’espèce depuis 12 ans). Mais, bénéficiant d’une génération dorée de jeunes formés au club pratiquant un football tournée vers l’avant, le club obtint deux promotions consécutives, de 3ème en 2ème division lors de la saison 1994-1995 et de 2ème en 1ère en 1995-1996. Couvée par les entraineurs Silviu Dumitrescu et Gică Păsărică, l’équipe s’appuyait sur Adrian Bogoi, Vasile Bârdeș, Bogdan Liță, Cristian Țermure, Cristian Bălașa, Remus Gâlmencea et Laurențiu Reghecampf. Malheureusement, l’apprentissage de l’élite fut plus difficile. L’équipe se classa à la 16ème place lors de la saison 1996-1997. Dans l’édition suivante, elle termina à la même place mais cette fois, ce classement donnait lieu à la relégation de l’équipe. Il n’empêche que la performance de l’équipe basée sur un style de jeu offensif et des jeunes joueurs talentueux formés au club valut au club d’être comparé au mythique Ajax, qui porte ces valeurs au plus haut. Mais, effectivement, il valait mieux le qualifier de « petit » pour remettre les choses en perspective.

#823 – NK Drava Ptuj : Kurenti

Fondé en 2004, le club slovène a pour surnom l’un des événements majeurs de la ville de Ptuj, appelé Kurentovanje. Il s’agit du carnaval le plus populaire et le plus important de Slovénie, organisé pour la première fois en 1960 et attirant environ 100 000 personnes chaque année. D’une durée de 11 jours, il célèbre le printemps et la fertilité et se déroule le dimanche gras. En 2016, le Lonely Planet le classait au 7ème rang des plus beaux carnavals du monde. Enfin, en décembre 2017, les processions et animations du carnaval ont été inscrites sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Pour revenir à ses débuts, un historien nommé Drago Hasl voulait en 1960 remettre à l’honneur le carnaval local et son lot de costumes, qui commençaient à disparaître matériellement et même dans les mémoires des habitants. En effet, dès le XVIIème siècle, il est attesté les premiers carnavals à Ptuj mais cette « débauche » ne plaisait pas à certaines personnes religieuses, ce qui limita le développement des fêtes. Au XIXème siècle, des processions étaient également organisés à Ptuj. A cette même époque, les villages environnants connaissaient une tradition forte de carnaval, avec la présence d’un personnage déguisé connu sous le nom de Kurent ou Korant. Son costume n’était pas codifié à l’époque et composé d’une casquette faite de cornes en cuir ou en feutre avec au bout une plume d’oie et d’un masque en cuir affichant une longue langue rouge. En outre, il portait des cloches sur une fourrure de lapin et avait pour mission de faire fuir l’hiver. Ce fut ces traditions et costumes que Drago Hasl souhaitait sauver et il fit donc de ce personnage folklorique, l’élément central du carnaval. Ainsi, les festivités furent nommées Kurentovanje. En outre, le costume s’enrichit. Le Kurent ou Korant porte désormais un vêtement massif en peau de mouton. Autour de sa taille pend une chaîne avec d’énormes cloches. Sa tête est couverte d’un imposant chapeau de fourrure festonné et d’un masque arborant généralement une longue langue rouge. Il porte aussi des chaussettes ou des leggings tricotés en laine, de couleur rouge ou verte, et porte des bottes noires. Enfin, les Kurents animent le carnaval en faisant sonner leur clochette de porte en porte.

#822 – Queen’s Park FC : the Spiders

Les araignées. Fondé le 9 juillet 1867, Queen’s Park demeure le plus ancien club de football d’Ecosse mais son aura et son influence dépasse son âge. En effet, dans de nombreux domaines, il participa au développement du football en Grande-Bretagne et constitue une institution en Calédonie même s’il n’évolue plus au sein de l’élite depuis plus de 70 ans. Il concourra à installer le football en Irlande, notamment en inspirant la création du premier club, Cliftonville FC. Au niveau du jeu, alors que les anglais pratiquaient déjà le simpliste kick and rush, l’équipe développa un jeu basé sur des passes courtes et des mouvements rapides, qui fit la réputation du style écossais et encouragea le recrutement de joueurs écossais par les clubs anglais. Il fut donc une place forte du football à la fin du XIXème siècle en remportant 10 Coupes d’Ecosse entre 1874 et 1893 (1874, 1875, 1876, 1880, 1881, 1882, 1884, 1886, 1890 et 1893) et en étant le seul club écossais à atteindre la finale de la Coupe d’Angleterre (par deux fois en 1884 et 1885). L’institution possède également des valeurs fortes. Attaché à l’amateurisme, qui est inscrit dans sa devise, Ludere Causo Ludendi (jouer pour le plaisir de jouer), le club refusa par exemple d’intégrer la nouvelle Ligue écossaise de football créée en 1890 car sa direction estimait que cette nouvelle organisation conduirait forcément vers le professionnalisme (ce qui se réalisa en 1893). De même, le club resta amateur jusqu’en Novembre 2019, ce qui limita ses possibilités de revenir en première division. Enfin, outre le style de jeu, le club fut à l’origine de nombreuses innovations dans le football. Avec des règles pas encore normalisées, le club appliqua ses propres lois du football jusqu’en 1870 (année où il rejoignit la fédération anglaise qui était la seule organisation existante qui organisait le jeu). Queen’s Park inventa ainsi la barre transversale, la pause à la mi-temps et les coups francs. Il innova aussi au niveau des équipements. Ainsi, dans ses premières années d’existence, le club imposa le port d’éléments de couleurs tels que des badges, des brassards, des bonnets … afin de distinguer sur le terrain les joueurs de chaque équipe. Les joueurs portèrent aussi des chemises bleus et cela conduisit la direction à modifier ses statuts pour codifier un uniforme commun à toute l’équipe. Ainsi, le 7 juillet 1870, les statuts indiquaient désormais qu’aucun membre ne pouvait prendre part à un match à moins de porter l’uniforme officiel ie une chemise bleue et une cape (bleue ou rouge). Deux ans plus tard, les chaussettes devaient être rayées bleues et blanches. Cette même année 1872, le 30 Novembre se déroula la première confrontation officielle entre la sélection anglaise et l’équipe nationale écossaise. Les joueurs de Queen’s Park constituèrent la totalité de l’équipe écossaise et jouèrent donc dans leur couleur traditionnelle bleu marine. Depuis, l’Ecosse évolue dans un maillot bleu marine. Le 9 avril 1873, les statuts du club furent une nouvelle fois modifiées pour définir pour la première fois l’uniforme complet : cape rouge, maillot bleu marine et culotte blanche. Mais, ce choix ne faisait pas l’unanimité au sein de Queen’s Park et finalement une nouvelle décision fut prise : un maillot blanc barré de petites rayures noires, accompagné d’une cape rouge et d’un short blanc. La finesse des rayures rappellerait les toiles d’une araignée et donna donc naissance au surnom. Certains aiment à rajouter que le style de jeu fait de passes courtes et rapides participa également à renforcer ce surnom car celui-ci revenait à tisser une toile autour des joueurs adverses.

#821 – CS Uruguay de Coronado : los Uruguayos

Les uruguayens. Le surnom est directement tiré du nom du club résidant de la ville de Vásquez de Coronado et se réfère au pays sudaméricain. Au Costa-Rica et en particulier à Vásquez de Coronado, la population uruguayenne ne constitue pas une communauté puissante ou organisée (d’ailleurs pas certain qu’il y ait beaucoup d’uruguayens vivant là-bas). Parmi les fondateurs du club, la présence d’uruguayens n’était pas plus attestée. En réalité, le club fut établi le 3 janvier 1936 et les fondateurs souhaitèrent rendre hommage à l’Uruguay, grande nation du football sudaméricain. En effet, en 1936, l’Uruguay comptait déjà 7 Copa America à son palmarès (record à l’époque) et avait remporté la dernière édition en 1935. Surtout, l’Uruguay avait rendu fier le continent américain en organisant la première édition de la Coupe du monde de football en 1930 et l’avait en outre remporté. Pour le choix des couleurs du maillot, ils ne prirent d’abord pas leur inspiration en Uruguay en retenant le noir et le rouge, qui étaient alors partagé avec le grand club du LD Alajuelense. Résultat, la direction décida d’en changer et se tourna une nouvelle fois vers l’Uruguay. Le choix se porta sur le jaune et le noir, couleurs du club de Peñarol, qui était déjà une des grandes équipes du continent.