Le surnom est dérivé du nom du club, Admira. Il s’agit du terme latin pour « admirer ». Comme nous en avons parlé dans plusieurs articles, le nom des clubs de football fondés à la fin du XIXème siècle et au début du XXème associait souvent un terme anglais, pour rappeler la patrie d’origine du football ou s’inspirer des noms des clubs anglais, ou un terme latin pour rendre le nom plus chic ou aristocrate (cf article #111). Ce fut peut-être le cas du club créé à Vienne et qui émigra dans les années 1960 à Mödling. En 1905, un nouveau club fut fondé dans le quartier viennois de Jedlesee, par la fusion de deux anciennes associations, Burschenschaft Einigkeit et Sportklub Vindobona. Il s’avéra difficile de trouver un nom lors de la première réunion du club. Finalement, un homme qui revenait des Etats-Unis proposa de retenir le nom du navire sur lequel il fit son voyage transatlantique, « Admira ». Cette suggestion remporta une large approbation et cloua le débat.
Catégorie : Autriche
#428 – SK Sturm Graz : die Schwoazn
Les noirs, les deux couleurs officielles du club étant le noir et le blanc. L’origine de ce choix de couleurs n’est pas connue précisément mais des hypothèses crédibles peuvent être avancées. Le club vit le jour le 1er mai 1909 et opta immédiatement pour le nom de sturm (Tempête). Une légende romantique prétend que ce choix rappelait la tempête qui faisait rage ce jour là. Toutefois, il apparaît plus probable que les fondateurs reprirent le nom du club tchèque DBC Sturm Prague qui joua à Graz quelques jours plus tôt (le 18 et le 19 avril 1909). Le DBC Sturm Prague était un club de la communauté allemande de Prague, alors en territoire Austro-Hongrois, et inspira le club autrichien au-delà du nom. En effet, le premier écusson du Sturm Graz était un drapeau rayé noir et blanc au vent, exactement celui du DBC Sturm Prague.
Alors les couleurs aussi ? Les joueurs du club tchèque évoluaient en bleu et noir. Ce n’est certes pas le blanc et noir de Graz mais il y avait une couleur commune qui inspira peut-être les fondateurs du club autrichien. Mais, ces derniers choisirent plus vraisemblablement ces couleurs noires et blanches car elles étaient à la mode parmi les cercles sportifs germanophones. En effet, elles faisaient référence à l’Ordre Teutonique, un ordre de chevaliers germaniques aux temps des croisades. Les chevaliers de l’Ordre portaient un bouclier blanc avec une croix noire. Déjà, à l’époque des guerres napoléoniennes, les clubs de gymnastique allemands portaient ces couleurs en homage à l’Ordre. Au début du XXème siècle, l’Allemagne se constituait, sous l’emprise de la Prusse (dont les couleurs étaient également le noir et le blanc pour les mêmes raisons) et le choix à cette référence historique puissante était très symbolique. Ainsi de nombreux clubs de football allemand et autrichien les reprirent. A Graz, en plus de Sturm, les clubs de SK Gabelsberg, Akademische Sportverein et Eisenbahner Südbahn jouèrent dans cette combinaison de couleurs. Enfin, les équipes nationales d’Allemagne et d’Autriche firent de même. Deux autres surnoms sont également utilisés pour le club : Blackies (les noirs en anglais) et Schwarz-Weißen (les noirs et blancs).
#387 – SKN St. Pölten : die Wolfe
Les loups. Un surnom assez répandu avec une explication assez logique. Le canidé apparaît férocement sur le nouvel emblème du club, dont il a tout de même toujours fait partie au fil des époques. Il provient directement des armes de la ville de St. Pölten où un loup se dresse. Dans le district de St. Pölten, ce n’est pas la seule ville à intégrer cet animal dans ses armes comme par exemple les municipalités de Böheimkirchen, Gerersdorf, Kasten bei Böheimkirchen, Obritzberg-Rust, Purkersdorf, Pyhra et Wolfsgraben. Le loup est une figure héraldique assez connue mais lorsqu’il se dresse, il est dénommé rampant ou plus particulièrement pour cette région, Loup de Passau. Car la ville bavaroise de Passau et son évêché affichaient un loup rouge dressé sur leurs blasons. Ce choix remonte probablement au XIIIème siècle, soit à l’évêque Wolfger d’Erla, soit à l’évêque Rüdiger de Bergheim. En 1259, l’évêque Otto de Lonsdorf utilisait clairement un sceau avec l’image d’un loup à son revers. Puis, au milieu du XIVème siècle, le loup était clairement établi comme symbole de l’évêché de Passau, apparaissant sur son drapeau décrit dans l’Armorial de Zurich.
Et effectivement, le loup de St. Pölten est une référence à celui de Passau. Revenons aux origines. A compter du Ier siècle, le site de St. Pölten était une colonie romaine, relativement importante dans la région, du nom d’Aelium Cetium. A compter du Vème siècle jusqu’au VIIIème siècle, la ville disparaît quasiment, ses habitants migrant vers d’autres zones. Puis, à la fin du VIIIème siècle, l’Empire Franc de Charlemagne chassa de la région la population locale des Avars et importa avec lui le christianisme. De nouvelles colonies et monastères émergèrent alors en Basse-Autriche, y compris à St. Pölten, qui connut alors une renaissance. Ainsi, un premier monastère bénédictin bavarois, dépendant de Tegernsee, fut construit et reçu les reliques de St Hippolyte de Rome, qui donna le nom à la ville (St Hippolyte deviendra St. Ypolit puis St. Pölten). Un autre monastère augustinien sous l’influence du diocèse de Passau s’établit également. Avec ces présences religieuses, la ville se développa et obtint plusieurs droits. Puis l’évêque de Passau, Konrad, accorda une charte aux citoyens de St. Pölten dès 1159, élevant St. Polten alors au rang de cité. La dépendante à l’évêché de Passau se confirma au fil du Moyen-Âge (l’évêque de Passau était même le seigneur de la ville) et se refléta dans les armoiries et le sceau de la ville (un loup debout tenant une crosse dans sa patte à l’époque).
#163 – FC Red Bull Salzburg : die Bullen
Les taureaux. Fondé en 1933, l’Austria Salzbourg, qui connaîtra ses heures de gloires entre 1993 et 1997 (le club remporta ses 3 premiers titres nationaux (1994, 1995, 1997), 3 super coupes (1994, 1995, 1997) et surtout atteignit une finale de Coupe de l’UEFA (1994)), fut racheté par le groupe de boisson énergisante, Red Bull. Ce dernier fut créé en 1984 par Dietrich Mateschitz et Chaleo Yoovidhya. Son siège social se situe à Fuschl am See, dans le land de Salzbourg en Autriche.
Le groupe autrichien poursuit une politique de mécénat et de sponsoring sportif important, au cœur de sa stratégie de communication et de marketing. En 2012, il est associée à environ 500 athlètes et 600 manifestations sportives. Il compte notamment deux écuries de formule 1 (Red Bull Racing et Alpha Tauri). Dans le football, Red Bull commença par racheter le club de Salzbourg et depuis, acquit ou créa 6 autres clubs à travers 3 continents (New York Red Bulls, Red Bull Brasil, Red Bull Bragantino, RB Leipzig, Red Bull Ghana et FC Liefering). Comme le déclarait Dietrich Mateschitz, son implication dans le sport devait être total, Red Bull ne pouvant être un simple sponsor. En outre, placée au cœur de la stratégie marketing, cet investissement ne pouvait se limiter à simplement apparaître sur le maillot des équipes. Ainsi, pour Salzbourg, suite au rachat, Red Bull fit table rase de toute la symbolique de l’Austria. Adieu nom, blason et couleurs. Le club fut renommé « FC Red Bull Salzbourg » et son logo comme ses couleurs furent modifiés afin de copier ceux de la marque. Les deux taureaux s’affrontant, logo de la marque, apparurent alors sur l’écusson du club. Le surnom vient naturellement en s’inspirant lui aussi de la marque de boisson, Red Bull signifiant taureau rouge.
La présence de ces taureaux sur le logo de la marque depuis ses débuts provient de la symbolique de la boisson populaire thaïlandaise, qui portait le nom de Krating Daeng (taureau rouge) et dont s’était inspiré Red Bull. Tout d’abord, les deux boissons énergisantes se basent notamment sur la taurine, un acide aminé découvert dans la bile de taureau. En outre, s’agissant d’une boisson énergisante, le taureau exprimait leur vitalité et leur force. Enfin, sponsor des boxeurs de Muy Thaï, la société thaïlandaise avait opté pour deux taureaux qui s’affrontent pour représenter leur boisson.
#140 – SK Rapid Vienne : Rapidler
Ce surnom est dérivé directement du nom du club « Rapid ». Le club fut fondé en le 22 juillet 1897 par les ouvriers viennois qui étaient exclus des clubs sportifs de la bourgeoisie. Son nom était alors Arbeiter Fußball-Club (Travailleurs Football Club). Le 8 janvier 1899, l’assemblée générale, sous l’impulsion du secrétaire du club Wilhelm Goldschmidt, décida de changer de nom en devenant le Sportclub Rapid, son nom actuel. Deux versions existent pour expliquer ce changement de nom. Les premières années du Arbeiter Fußball-Club furent difficiles, les échecs sportifs se multipliant. En effet, le club enregistra seulement une victoire en dix-neuf matchs dont une déculottée contre le Wiener AC (0-20). Il fallait donc donner un nouveau départ symbolique, en optant pour un nom de club dynamique. Les instances s’inspirèrent du nom du club berlinois du Berliner FC Rapide Niderschönhausen. Une autre variante suppose que les dirigeants du club voulait éviter la persécution des autorités impériales. Ces dernières se méfiaient des mouvements ouvriers et considéraient toutes les associations qui avaient le mot « travailleur » en leur nom comme suspectes et potentiellement dangereuses. Elles étaient donc particulièrement surveillées. En changeant de nom, le club espérait mettre fin à ce « harcèlement » officiel.
