#84 – BV 09 Borussia Dortmund : Borussen

Borussen est dérivé du nom du club, Borussia. En 1909, éclata une scission au sein de l’association catholique de Dortmund, la congrégation de la Trinité, à cause du football. En effet, les jeunes de la communauté y jouaient mais ce jeu apparaissait « sauvage » aux yeux de l’aumônier Hubert Dewald, président de la communauté. Depuis au moins 3 ans, les jeunes de la congrégation passaient leurs dimanches à jouer au football plutôt qu’à observer leurs devoirs religieux. Pour éradiquer ce loisir « futile », l’aumônier Hubert Dewald introduisit une prière supplémentaire le dimanche après-midi … que les jeunes n’hésitèrent pas à déserter.

La tension monta et, de manière totalement spontanée, plusieurs jeunes (18 au final) se réunirent le 19 Décembre 1909 au 1er étage de l’auberge « Zum Wildschütz » dans le quartier de Borsigplatz (aujourd’hui situé au 60 de la Oesterholzstrasse) pour fonder le club. L’établissement rencontrait un certain succès auprès des jeunes hommes de l’église catholique de la Trinité, qui se rassemblaient ici au lieu d’aller à l’église. La réunion était improvisée et personne n’avait de nom pour cette nouvelle association. Selon une anecdote, le terme « Borussia » fut proposé par Franz Jacobi car un panneau publicitaire de la brasserie Borussia était affichait sur le mur de la salle. Cette bière était semble-t-il la préférée des jeunes fondateurs et le père de Franz Jacobi, qui était déjà décédé, avait travaillé dans cette brasserie. La brasserie Dortmund Borussia existait depuis 1885 et se situait sur la Borsiggplatz, non loin du restaurant « Zum Wildschütz ». La brasserie représentait autrefois les habitants du nord de la ville.

Peut-être aussi que ce nom plut aux fondateurs car, en ces années où le nationalisme montait au sein des nations européennes et en particulier dans cette jeune Allemagne, il faisait référence aux racines du pays. Le terme « Borussia » était le nom latin de la Prusse, qui, durant la fin du XIXème siècle, fédéra les différents Etats du Saint Empire Germanique pour donner naissance à l’Empire Allemand. Ce fut une tendance forte pour la dénomination des nouvelles associations sportives allemandes nées à la fin du XIXème siècle et au début du XXème : Borussia (également à Mönchengladbach et un club de Berlin), Preussen qui signifie prusse en allemand (à Hamm et à Berlin), Germania nom latin de l’Allemagne (à Berlin, Brême, Francfort, Mühlhausen, Mannheim et Braunschweig), Arminia, en rapport avec le chef barbare Arminus, présenté comme un héros national (à Bielefeld), Alemannia pour le peuple germanique qui donna son nom à l’Allemagne (à Aix-la-Chapelle), Teutonia dérivé du peuple germanique Teuton, parfois synonyme d’Allemagne (pour un club de Berlin) et Deutscher, Allemand en allemand (à Hannovre).

#65 – AS Roma : Lupa

La louve. La référence est évidente à la fois car il s’agit du symbole du club qui apparaît sur son écusson et souvent dans ses produits dérivés. Egalement car le mythe de Romulus et Remus est l’identité de la ville éternelle et connu par beaucoup. Ces jumeaux, fils du dieu Mars et de la vestale Rhéa Silvia, sont connus pour être les fondateurs de Rome. Nouveau-nés, ils furent abandonnés à la demande de leur oncle sur le Tibre et recueillis par une louve qui les allaitèrent. Par la suite, les jumeaux se vengèrent de leur oncle, fondèrent Rome mais la volonté de gouverner la ville entraîna le fratricide de Remus par Romulus. Depuis l’Antiquité, l’image des jumeaux allaités par une louve est un symbole de la ville de Rome et depuis de l’AS Roma.

En 1927, l’AS Roma naquit de la fusion de trois clubs de football romain (Fortitudo Pro Roma, Alba Audace et Roman). L’objectif était de créer un grand club portant haut les couleurs de la capitale afin de s’opposer aux clubs du nord du pays. Pour conserver la base de supporteurs des 3 clubs comme élargir l’audience à toute la ville, les fondateurs comprirent que la symbolique allait jouer un rôle crucial. Tout d’abord, le choix simple de retenir le nom de la ville comme nom du club. Puis, le choix des couleurs en se référant aux bannières de l’Empire Romain et du Capitole (cf. #980). Il était donc logique que la louve du Capitole soit adoptée comme symbole du club et complète son identité. Paradoxalement, elle n’apparut sur le maillot du club et son écusson qu’un demi-siècle après la fondation. Au cours des premières années, aucun blason se présentait sur le maillot. Puis, au milieu des années 1930, un premier écusson formé des initiales du nom du club « ASR » au sein d’un cercle s’installa sur la tunique. Puis, il disparut de nouveau pour revenir sporadiquement en 1953 et au début des années 1960. Finalement, en 1978, Dino Viola prit la direction du club et s’intéressa immédiatement à développer les revenus du merchandising. Ainsi, pour se distinguer, la louve s’imposa à cette époque dans le blason comme sur le maillot. Encore que ce n’était pas vraiment une louve et encore moins dans sa position d’allaitement actuelle et classique. En effet, il s’agissait d’une tête de loup, affectueusement appelé Lupetto, créé par le graphiste milanais Piero Gratton (1939-2020). A cette époque, la stylisation des emblèmes du club étaient à la mode parmi les clubs italiens (diavoletto du Milan, le taureau du Torino ou l’aigle de la Lazio). Cette tête demeura jusqu’au milieu des années 1990 avant que la louve capitoline se dévoila sur le maillot à l’été 1997.

Seulement si le terme Lupa signifie louve en italien, en latin il a le même sens que celui de prostituée. Or, une des légendes raconte que les jumeaux furent recueillis par un berger du nom de Faustulus et sa femme, Larentia, prostituée. En jouant sur le double sens du mot, d’autres auteurs auraient détourné la légende pour y intégrer une louve, dont la symbolique est plus puissante que celle d’une prostitué. Officiellement, le surnom de l’AS Roma provient de l’animal. Si vous n’aimez pas le club, vous pouvez en changer le sens.

#59 – Ascoli Calcio FC : Picchio

Picchio est le nom italien de l’oiseau pic (pivert). Selon la littérature romaine (Strabon, Pline l’ancien), les Sabins, peuple antique, fondèrent la ville d’Ascoli. Peut-être poussé par une famine ou un autre malheur, ce peuple, originaire de l’Osco-Umbri, fit une migration (ver sacrum ou printemps sacré) pour trouver des terres plus accueillantes. Dans cette quête dédiée à un dieu (principalement Mars, Jupiter ou Apollon), le peuple était guidé par un animal sacré (loup, taureau, aigle …). Le nom de cet animal servait à baptiser la nouvelle communauté ainsi formée. Ainsi les Sabins furent guider par un pic, oiseau consacré à Mars et qui représentait le roi Picus. Ce dernier se posa sur leur enseigne quand ils s’établirent pour fonder Asculum (l’ancêtre d’Ascoli). L’oiseau devint leur emblème. Les Sabins s’associèrent à d’autres population sur place pour donner naissance à un nouveau peuple, les Picènes, nom dérivant du pic. Quand à leur ville Asculum, pour la distinguer d’une homonyme, elle fut nommée Asculum Picénum, donnant le nom actuel de la ville, Ascoli Piceno.

#33 – Olympique de Marseille : les Phocéens

Marseille est une ville fondée par les grecs aux environs de 600 av. J.-C.. Ces colons venaient de Phocée, en Asie Mineure (aujourd’hui Foça en Turquie). Phocée fut fondée par des grecs ioniens au début du Xème siècle avant J.-C., proche du golf de Smyrne. Elle prit véritablement son envol à compter de la fin du VIIème siècle et au début du VIème siècle avant J.-C.. Etant donné le faible rendement de leurs terres et en revanche, la situation exceptionnelle de leur port, les Phocéens se tournèrent naturellement vers la mer pour assurer leur subsistance. Ils furent donc des pêcheurs, des pirates et des commerçants. Et pour permettre leur développement économique, ils migrèrent et établirent des comptoirs et des cités sur le pourtour méditerranéen. Quand les grecs Hellènes s’étaient prudemment arrêtés sur les côtes de l’Italie méridionale et de la Sicile orientale, les Phocéens poussèrent leur élan jusqu’aux côtes de la Gaule et de l’Ibérie.

Marseille (dénommée Massalia) fut l’une des premières colonies et l’une des plus importantes. Lorsque les colons arrivèrent sur la côte provençale, Nann, le Roi des autochtones Ségobriges leur réserva un accueil amical et donna le futur site de Massalia et sa fille Gyptis à Protis, représentant des colons. Massalia était à l’image de sa cité-mère : un territoire restreint et rocailleux (donc peu fertile) mais ouvert sur la mer. En outre, il favorisait les échanges commerciaux avec les terres via la vallée du Rhône. La cité fit donc le lien entre l’Asie mineure et l’Occident, via ses explorateurs qui parcoururent les côtes africaines et le Grand Nord, et en y important des biens de consommations et des techniques agricoles.

La conquête de la ville de Phocée par les perses de Cyrus ne marqua pas la fin de ses colonies dont Massalia, qui poursuivirent et firent fructifier son héritage. En outre, ce lien entre Phocée et Massalia resta fort. Quand en 130 avant J.-C., les habitants de Phocée participèrent à un soulèvement antiromain, Massalia se porta à son secours en défendant sa cause auprès de Sénat. Au IIème siècle après J.-C., Phocée rendait à Massalia un culte particulier avec un prêtre attitré. Depuis, Marseille est dénommé la cité phocéenne et ses habitants, les phocéens. Le club hérita naturellement de ce surnom.

#14 – SSC Naples : Partenopei

Les Parthénopéens, en référence à la sirène de la mythologie grecque Parthénope. Comme beaucoup de ville méditerranéenne, les origines de Naples sont à puiser dans la Grèce antique. Au cours du VIIème siècle avant J.-C., une colonie fut fondée conjointement par des grecs de Cumes et des réfugiées de Samos et prît le nom de Parthénope. La ville fut établie sur la colline Pizzofalcone et connut un développement important. Au point, qu’une nouvelle colonie fut démarrée au VIème siècle un peu plus loin dans la baie. Parthénope fut renommée Paléopolis (Vieille Ville) tandis que la nouvelle colonie devint Néapolis (Nouvelle Ville). Néapolis donna plus tard le nom Naples et les deux colonies, réunies, se fondèrent dans la ville de Naples.

Parthénope, qui signifie jeune fille dans le sens de vierge en grec, est, dans la mythologie grecque une des sirènes qui s’éprît d’Ulysse. Mais, ce dernier et ses compagnons se bouchèrent les oreilles pour échapper aux sirènes. Déçue, humiliée, Parthénope et ses deux sœurs, Leucosie et Ligie se jetèrent à la mer. Parthénope échoua près de Naples.