Kolejorz signifie les cheminots en argot local. Le club fut créé en 1922 (bien qu’il y ait des thèses qui fait remonter les origines du club en 1920). Au bout de 8 années d’existence, le 1er mai 1930, la section militaire des Chemins de Fer Polonais devint le principal sponsor du club. Ce dernier changea donc logiquement de nom en devenant Sportowy Kolejowego Przysposobienia Wojskowego Poznań Dworzec (Club sportif du chemin de fer d’entraînement militaire Poznań Dworzec). Puis, après la guerre et l’avènement du communisme, le club resta attaché au Polskie Koleje Państwowe, la société ferroviaire polonaise, via le syndicat des cheminots (Związek Zawodowy Kolejarzy). En 1957, le nom du club fit apparaître pour la première fois le terme de Lech en lieu et place des références ferroviaires. Selon une légende de la mythologie slave, 3 chefs slaves, frères, dénommés Lech, Čech et Rus furent à l’origine de 3 nations et peuples, respectivement la Pologne, la Bohême (en gros la Tchéquie) et la Rithénie (Russie, Biélorussie et Ukraine). Toutefois, le club demeurait toujours dans le giron du monde ferroviaire polonais. Finalement, avec la chute du communisme à la fin des années 80, PKP n’avait plus les moyens d’entretenir le club et s’en désengagea en 1993. Malgré tout, le club est connu par tous les polonais comme le club des cheminots. Résultat, en 2006, le club se renomma Kolejowy Klub Sportowy Lech Poznań pour rappeler son passé ferroviaire.
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#82 – CFR Cluj : Feroviarii
Les cheminots. Ce surnom devient évident si on connait de quoi est l’acronyme CFR. CFR signifie Căile Ferate Române (Chemin de Fer Roumain). Le club fut créé en 1907 sous le nom Kolozsvari Vasustas Sport Club. Kolozsvari est le nom hongrois de Cluj et Vasustas signifie cheminot en hongrois. Car en 1907, la Transylvanie, où se situe Cluj, faisait partie de l’Empire Austro-Hongrois. Le club était donc une émanation des chemins fers locaux. Après la première guerre mondiale, la Roumanie récupéra la Transylvanie et tous ses actifs. Ainsi, le CFR mit la main sur les voix ferrés et le matériel ferroviaire … et le club tomba aussi dans son escarcelle. Il fut alors renommé CFR et resta longtemps dans le giron des chemins de fer. Aujourd’hui, le club affiche encore une locomotive sur son blason, même si depuis des années, il est détenu par des mécènes privés.
#81 – Cruz Azul : los Cementeros
Les cimentiers. Le club fut fondé le 22 mai 1927 (c’est donc son 73ème anniversaire à la date de parution de cet article) par des employés de la société Cooperativa La Cruz Azul S.C.L., fabricant de ciment. A l’époque, à Jasso, la ville où le club fut créé, il n’y avait rien d’autres que cette cimenterie et il fallait donc bien occuper le personnel. Le baseball était roi. Mais, Guillermo Álvarez Macías, directeur général de la cimenterie, et Carlos Garcés, directeur de l’action sociale, tous fans de football, fédérèrent plusieurs ouvriers pour bâtir les bases du club. Depuis, le club est fortement lié par ses origines à cette entreprise (il en reprend d’ailleurs le logo) mais également car le cimentier a été l’unique sponsor du club jusqu’en 1997 et depuis, reste un partenaire majeur.
#80 – Urawa Red Diamonds : Reds
Facile de deviner d’où vient ce surnom. Le club évolue en rouge et cette couleur est inscrite dans sa raison sociale, Red Diamond signifiant les diamants rouges. L’origine de cette appellation est à chercher auprès du propriétaire du club, l’entreprise Mitsubishi, et de son logo qui représente 3 losanges, ie 3 diamants. Le nom Mitsubishi est la combinaison des mots mitsu et hishi, qui signifie respectivement 3 et châtaigne d’eau, une plante aquatique. Les Japonais utilisent depuis longtemps le mot hishi pour désigner un losange. En japonais, le son « h » est souvent prononcé comme un « b » lorsqu’il se produit au milieu d’un mot. Yataro Iwasaki, le fondateur de la société, a choisi l’emblème aux trois diamants car cela évoquait les armes à trois feuilles du clan Tosa, le premier employeur de Yataro, ainsi que les trois losanges empilés des armes de la famille Iwasaki. A l’origine, la société était une compagnie maritime qui démarra son activité avec 3 bateaux.
#70 – Hajduk Split : Bili
Les blancs. Le club de Split évolue en maillot blanc et short bleu. Comme souvent, ce choix de couleur n’est pas anodin. A la fondation du club, Hajduk Split joua son premier match équipé d’un maillot rayé verticales rouges et blancs, qui rappelaient évidemment les armoiries croates. Sauf que dans le cadre de l’empire Austro-Hongrois, ces émanations nationalistes pouvaient être mal vues et le conseil municipal de la ville exigea du club de changer ses maillots. Hajduk changea alors pour un maillot rayé rouge (qui symbolisait la Croatie) et bleu (qui représente la mer). Puis, en 1914, un choix moins partisans et plus consensuels fut encore fait : maillot blanc, short et chaussettes bleus.
Ce choix était teinté de symbolisme puisqu’il représentait les voiles blanches d’un bateau sur une mer bleue. En effet, Split est une ville maritime, un des grands ports de la région. Historiquement, il fut un point de commerce important dès sa fondation sous les grecs, qui s’est confirmé sous la domination vénitienne ou ottomane. Depuis 2017, il est le plus grand port de passagers de Croatie et de l’Adriatique et le 11ème plus grand port de la Méditerranée. On y trouve aussi un grand centre de construction navale, Brodosplit.
L’avantage de ce mariage de couleur est qu’il correspondait également à celles de la ville. Les armoiries de Split représentent dans un écu rectangulaire la partie des murs nord du palais de Dioclétien, et au milieu, au-dessus des murs, le clocher de la cathédrale. Au début du XXème siècle, le palais et le clocher de la cathédrale étaient blancs sur un fond bleu. Aujourd’hui, les teintes sont inversées.
#67 – Malaga CF : los Boquerones
Les anchois. Malaga et sa Costa del Sol ne sont pas seulement des stations balnéaires et une destination touristique. Avant l’essor débuté dans les années 1970, Malaga a été et reste un des grands ports espagnols, à la fois port de plaisance, de passagers, commercial et aussi de pêche. Il remonte aux origines de la ville fondée par les phéniciens et la pêche a constitué une forte activité économique. En particuliers celle de l’anchois. L’anchois de Malaga, anchois « vitoriano » ou « victoriano » , est la star des assiettes de la ville. Son nom provient de la période à laquelle est péché ce poisson, proche des fêtes de la vierge de la Victoria, patronne de la ville. Il existe plusieurs façon de le cuisiner mais sans aucun doute que sa version la plus simple, en friture (appelé « pescaíto frito » ou poisson frit), est la plus commune et appréciée. La préparation traditionnelle consiste à attacher 4 ou 5 anchois par la queue, les saler légèrement puis les enrober de farine et enfin les faire frire dans un bain d’huile d’olive brûlante. En rajoutant du safran, de l’origan, du cumin, de l’ail, de l’huile, du vinaigre et des condiments, et après l’avoir mis au frigo pendant 24 heures, on obtient une autre variante appelé anchois en escabèche. Dans une autre version, les habitants les laissent macérer dans du jus de citron puis les font frire dans beaucoup d’huile d’olive.
Chaque année, le deuxième dimanche du mois de septembre, la petite ville voisine de Rincón de la Victoria célèbre ce poisson argenté lors du Día del Boquerón Victoriano (Jour du Boquerón de la Victoire), ce qui conclut la saison touristique estivale. En outre, à la fin du carnaval, les habitants de Malaga fabriquent un anchois géant qu’ils emmènent en procession jusqu’à la plage où ce totem est finalement brulé.
Dès le XVIIème siècle, l’abondance de ce poisson dans la baie de Malaga et sa pêche étaient mentionnées. De nombreux témoignages de poètes et d’écrivains tout au long du XIXème siècle firent l’éloge de sa qualité et décrivaient son imprégnation dans la culture et l’identité de la ville. L’écrivain espagnol Pedro Antonio de Alarcón déclara « Malaga, patrie des meilleurs anchois au monde » et l’essayiste et gastronome Dionisio Pérez dira : « les anchois, il n’existe que ceux qui se pêchent d’Estepona à Malaga ». Les habitants de la ville, comme les joueurs du club, sont donc devenus los boquerones. Il n’est pas rare d’entendre le slogan « Somos Malagueños, somos Boquerones » (nous sommes malaguènes, nous sommes des anchois).
#62 – Peñarol Montevideo : Carboneros
Les charbonniers. Tout remonte aux origines du club. Le 28 septembre 1891, 118 employés de la compagnie Central Uruguay Railway créèrent le Central Uruguay Railway Cricket Club, un club de cricket et de rugby (puis de football dans les années qui suivirent). Parmi ces cheminots, 72 étaient de nationalité anglaise, 45 uruguayens et un allemand. La présence d’autant de cheminots n’était pas le fuit du hasard car le quartier de Peñarol était l’un des centres névralgique du secteur ferroviaire du pays. En 1891, la compagnie Central Uruguay Railway acquit 17 hectares dans le quartier de Peñarol et y installa ses ateliers ferroviaires ainsi qu’une gare. 52 logements furent également construits pour les cheminots, tant pour les ouvriers que pour les cadres supérieurs, ainsi que des installations culturelles (théâtre et cinéma) et sportives dont le Central Uruguay Railway Cricket Club profita. Cet enclave ferroviaire contribua nettement au développement de la région. Jusqu’à la suppression du service voyageurs en 1987, la vie du quartier fut modelé par l’activité ferroviaire. Le quartier se réveillait à 6 heures avec la sirène aigu des ateliers, qui se répétait avec un son plus grave 15 minutes plus tard. Puis, à 14 heures, une nouvelle sirène libérait les ouvriers. La Central Uruguay Railway était une société d’origine anglaise qui avait la charge de la gestion des chemins de fer en Uruguay depuis 1878, avec quatre autres compagnies ferroviaires. Elle était considérée comme la plus importante, car il disposait du plus grand réseau ferré (environ 1 560 kilomètres de voies).
La section football du Central Uruguay Railway Cricket Club devint indépendante en 1913 pour devenir Peñarol. Mais, pour rappeler le lien originel avec le monde ferroviaire, le surnom carboneros s’imposa. Car, les locomotives à vapeur avaient comme source d’énergie le charbon … d’où les charbonniers.
#52 – PSV Eindhoven : Lampen
Les lampes. Les joueurs du PSV sont-ils des lumières pour autant ? Non, ce surnom fait référence à l’entreprise qui favorisa la naissance du club : Philips. Philips est une société néerlandaise fondée en 1892 à Eindhoven qui commença son activité par la production des lampes à filament de carbone devenant au début du XXème siècle l’un des plus grands fabricants d’Europe. Son expansion rapide encouragea une forte immigration nationale à Eindhoven pour alimenter son usine. Mais, même si ces immigrés étaient néerlandais, les tensions existaient entre les différents communautés au sein de l’entreprise. En 1910, des employés de l’usine créèrent un club de football, sport naissant au sein des Pays-Bas, dénommé Philips Elftal. Mais, ses faiblesses financières ainsi que les grèves des ouvriers de Philips (notamment en 1911) entraînèrent la quasi-disparition de l’équipe. En 1913, avec le soutien des fondateurs de Philips, le club du Philips Sport Vereniging fut fondé par et pour les employés de Philips. Le reste de Philips Elftal intégra cette nouvelle structure, qui regroupait plusieurs sections sportives. Jusqu’en 1928, le club n’accueillait que des employés de Philips. Comme Philips était avant tout un fabricant d’ampoules, le premier écusson du PSV était une ampoule et son surnom fut naturellement Lampen.
#39 – Club Necaxa : Electricistas
Les électriciens. Le club fut fondé en 1923 par un ingénieur anglais, W.H.Frazer, directeur de la société électrique Luz y Fuerza del Centro. Pratiquant le football dans sa jeunesse et convaincu que le sport était bénéfique pour la santé des travailleurs, il fusionna l’équipe de football de Luz y Fuerza del Centro et celle de la société de transport, Tranvías, au sein de cette nouvelle structure. D’où le surnom des électriciens. En outre, en 1943, alors que le professionnalisme gagnait le Mexique, le club n’y résista pas et se retrouva en quasi-faillite. Soutenu puis repris par le syndicat mexicain des électriciens (Sindicato Mexicano de Electricistas), le club put continuer son existence.
#18 – Motherwell FC : Steelmen
Les hommes d’acier, beau surnom qui pourrait comparer les joueurs de Motherwell à Superman. En réalité, Motherwell était connue pour être la capitale sidérurgique de l’Écosse et était parfois dénommé Steelopolis. L’écusson du club représente d’ailleurs des usines avec de longues cheminées fumées.
Avant le XIXème siècle, Motherwell était un groupe de petits hameaux dédiés à la fabrication artisanale de textile. Toutefois, ses riches ressources naturelles en charbon et en minerai de fer et l’arrivée du chemin de fer dans les années 1830 contribuèrent à l’installation de l’industrie sidérurgique dans l’élan de la révolution industrielle. La première usine sidérurgique de Motherwell se situait à Milton, au Nord. En 1872, la société Dalzell Steel and Iron Works de David Colville débuta sa production d’acier, bientôt suivie par les usines de la Lanarkshire Steel Company à Flemington, à proximité. Au tournant du XXème siècle, plus de 62 % de la main-d’œuvre de Motherwell était employée dans l’industrie sidérurgique (fer et acier) et ses cousines (services ferroviaires et industrie du charbon) et la Dalzell Steel and Iron Works était de loin le premier employeur de la ville. Au cours de la Première Guerre mondiale, la Dalzell Steel and Iron Works était devenue la plus grande aciérie d’Écosse, fournissant des tôles à l’industrie florissante de la construction navale sur la rivière Clyde. Le paysage de la ville était particulièrement marqué par le château d’eau et les trois tours de refroidissement de l’aciérie Ravenscraig. L’usine de Ravenscraig fut construite en 1954 et exploitée par Colvilles, puis à partir de 1967 par la British Steel Corporation. Elle possédait l’une des plus longues installations de production de coulée continue, de laminage à chaud et d’acier au monde. Elle était devenu la plus grande productrice de coil d’Europe occidentale. En 1992, l’usine ferma et marqua ainsi la fin de la production d’acier à grande échelle en Écosse. En 2015, l’usine Dalzell Steel and Iron Works, qui n’employait plus que 225 personnes et était détenu par le conglomérat indien Tata, arrêta également sa production.
