#39 – Club Necaxa : Electricistas

Les électriciens. Le club fut fondé en 1923 par un ingénieur anglais, W.H.Frazer, directeur de la société électrique Luz y Fuerza del Centro. Pratiquant le football dans sa jeunesse et convaincu que le sport était bénéfique pour la santé des travailleurs, il fusionna l’équipe de football de Luz y Fuerza del Centro et celle de la société de transport, Tranvías, au sein de cette nouvelle structure. D’où le surnom des électriciens. En outre, en 1943, alors que le professionnalisme gagnait le Mexique, le club n’y résista pas et se retrouva en quasi-faillite. Soutenu puis repris par le syndicat mexicain des électriciens (Sindicato Mexicano de Electricistas), le club put continuer son existence.

#18 – Motherwell FC : Steelmen

Les hommes d’acier, beau surnom qui pourrait comparer les joueurs de Motherwell à Superman. En réalité, Motherwell était connue pour être la capitale sidérurgique de l’Écosse et était parfois dénommé Steelopolis. L’écusson du club représente d’ailleurs des usines avec de longues cheminées fumées.

Avant le XIXème siècle, Motherwell était un groupe de petits hameaux dédiés à la fabrication artisanale de textile. Toutefois, ses riches ressources naturelles en charbon et en minerai de fer et l’arrivée du chemin de fer dans les années 1830 contribuèrent à l’installation de l’industrie sidérurgique dans l’élan de la révolution industrielle. La première usine sidérurgique de Motherwell se situait à Milton, au Nord. En 1872, la société Dalzell Steel and Iron Works de David Colville débuta sa production d’acier, bientôt suivie par les usines de la Lanarkshire Steel Company à Flemington, à proximité. Au tournant du XXème siècle, plus de 62 % de la main-d’œuvre de Motherwell était employée dans l’industrie sidérurgique (fer et acier) et ses cousines (services ferroviaires et industrie du charbon) et la Dalzell Steel and Iron Works était de loin le premier employeur de la ville. Au cours de la Première Guerre mondiale, la Dalzell Steel and Iron Works était devenue la plus grande aciérie d’Écosse, fournissant des tôles à l’industrie florissante de la construction navale sur la rivière Clyde. Le paysage de la ville était particulièrement marqué par le château d’eau et les trois tours de refroidissement de l’aciérie Ravenscraig. L’usine de Ravenscraig fut construite en 1954 et exploitée par Colvilles, puis à partir de 1967 par la British Steel Corporation. Elle possédait l’une des plus longues installations de production de coulée continue, de laminage à chaud et d’acier au monde. Elle était devenu la plus grande productrice de coil d’Europe occidentale. En 1992, l’usine ferma et marqua ainsi la fin de la production d’acier à grande échelle en Écosse. En 2015, l’usine Dalzell Steel and Iron Works, qui n’employait plus que 225 personnes et était détenu par le conglomérat indien Tata, arrêta également sa production.

#4 – Arsenal : Gunners

Gunners signifie les canonniers. Certes, le club a compté dans ses rangs un certain nombre de grands buteurs « canonniers » tels que Thierry Henry (228 buts), Ian Wright (185) et Cliff Bastin. (178) Mais, ce n’est pas la raison. Et à lire le nom du club, on comprend vite d’où vient ce surnom.

Avant d’animer le Nord de Londres, la vie du club se situait à l’Est de Londres, le long de la Tamise. En effet, il fut fondé en 1886 par des ouvriers de la manufacture d’armes, Royal Arsenal, située à Woolwich. Ce quartier était déjà intimement lié à l’armée avant la construction de l’arsenal puisqu’en 1512, le Roi Henri VIII y établit un chantier naval qui construisit son navire amiral « Henry Grâce à Dieu » puis de nombreux bâtiments de la Marine jusqu’à la fin du XIXème siècle. Fondé en 1671, le Royal Arsenal, qui s’étendait initialement sur 13 hectares, se limitait d’abord à être un lieu de stockage de la poudre et de munitions ainsi qu’un terrain d’essai de canons. Puis, en 1695, la première manufacture d’armes débuta son activité, qui comprenait la fabrication de poudre à canon, d’étuis d’obus et de cartouches. Puis, une fonderie fut ajoutée en 1717. En 1777, le site s’étendait sur 42 hectares et accueillait outre l’arsenal, une garnison et une académie militaire, qui formait les officiers de l’artillerie et du génie. En 1805, à la suggestion du Roi George III, l’ensemble du complexe prit le nom de Royal Arsenal. Avec les guerres du XIXème siècle (Napoléoniennes, Crimée, Coloniales), l’activité s’accrut et près de 5 000 personnes y travaillaient, dans les 3 usines d’artillerie. Il était alors l’un des plus grands dépôts militaires au monde et une usine d’armes sans équivalent. À son apogée, pendant la Première Guerre mondiale, le Royal Arsenal s’étirait sur 530 hectares et mille bâtiments et employait environ près de 80 000 personnes (plus 2 500 militaires). Dans l’entre-deux guerres, l’activité militaire commença à décliner et se tourna vers de la fabrication civile (locomotive) et, après la Seconde Guerre mondiale, la tendance se confirma, les usines fabriquant alors des wagons de chemin de fer puis métiers à tricoter. En 1967, l’usine ferma définitivement ses portes et le Ministère des Armées quitta les lieux en 1994.

Au XIXème siècle, les ouvriers effectuaient des journées de 12 heures, 13 jours sur 14. Naturellement, une solidarité naquit au sein de cette importante main d’oeuvre qui travaillait dans un lieu hautement surveillé et secret (l’Arsenal était entouré de hauts murs et de clôtures électriques, gardé par une police dédiée), ce qui renforçait leur lien. En 1868, 20 ouvriers formèrent une coopérative d’achat de produits alimentaires, la Royal Arsenal Co-operative Society. À partir de 1878, 2,5 % des bénéfices de la société furent consacrés à l’éducation et au début du XXème siècle, ses activités s’étendirent vers la promotion immobilière et la politique.

Outre l’organisation économique, les ouvriers voulurent aussi des loisirs et en 1886, ils formèrent un club de football initialement connu sous le nom de Dial Square, d’après les ateliers au cœur du complexe. Rebaptisé Royal Arsenal deux semaines plus tard (et également connu sous le nom de Woolwich Reds), le club entra dans la ligue de football professionnel sous le nom de Woolwich Arsenal en 1893 et ​​devint plus tard connu sous le nom d’Arsenal FC, après avoir déménagé dans le nord de Londres en 1913. Tout le club était lié à cette usine d’armement qui était reconnu pour l’excellence de ses canons. En 1888, le club adopta son premier écusson, qui était une copie des armes non officielles de l’arrondissement de Woolwich. Il se composait de trois canons en argent sur un fond écarlate. Résultat, le surnom fut vite trouvé.

Certains prétendent également que ce surnom provient du fait que les fans du club emmenaient des feux d’artifice aux matchs et les laissaient exploser. Disons plutôt que cette tradition renforça le surnom pour ceux qui avait oublié l’histoire du club.

Le terme a été détourné par les fans de Leeds dans les années 70 pour gooners qui dérive de goon, signifiant idiot.