#1260 – FC Tokyo : 瓦斯

Gaz. Au Japon, avant l’avènement de la J-League, le football était fortement lié au monde économique. Après le bon résultat de l’équipe nationale lors des Jeux Olympiques de Tokyo en 1964, un championnat amateur national vit le jour au Japon en 1965. Pour assoir les clubs d’un point de vue organisationnel comme financier, ils étaient tous liés à une grande entreprise. Ainsi, parmi les clubs fondateurs de la Japon Soccer League (JSL), on retrouvait des équipes filiales de Hitachi, de Mitsubishi Motors, de Mutual Bank ou encore de Nippon Steel. Pour autant, les clubs corporatistes existaient déjà avant la mise en place de la JSL. Ainsi, en 1935, la société 東京ガス(Tokyo Gas), principal fournisseur de gaz naturel pour les grandes villes japonaises telles que Tokyo et Nagano, fonda une équipe de football qui prit le nom de Tokyo Gas FC. Jusqu’en 1986, l’équipe évolua dans la ligue locale de Tokyo avant d’accéder à la ligue régionale Kanto (qui comprenait Tokyo ainsi que 6 autres préfectures). Dans cette dynamique, le club atteignit enfin le championnat nationale de seconde division (JSL-2) en 1991 mais cette saison correspondait à la dernière de la JSL.

En 1992, une nouvelle ligue, correspondant au deuxième échelon nationale, émergea sous le nom Japan Football League (JFL), tandis que le premier championnat nationale professionnel voyait le jour, la J-League. Tokyo Gas évolua dans la JFL et son équipe devint progressivement compétitive. En 1997, le club termina à la deuxième place et dans la foulée, la saison suivante, il remporta le championnat JFL. Seulement cette victoire était symbolique car elle n’offrait pas une place automatique en J-League. Tokyo Gas s’associa alors avec le fournisseur d’électricité, TEPCO, le distributeur, Ampm, la chaine TV Tokyo et le réseau de librairie et de location de vidéo, Culture Convenience Club, pour créer une société commune, la Tokyo Football Club Company, dans le but de rendre l’équipe éligible pour rejoindre la J-League. Mais, le cahier des charges de la ligue professionnelle était stricte et l’aspect corporatiste des clubs devaient être abandonné. En particulier, la marque de l’entreprise ne pouvait plus s’inscrire dans le nom du club. Tokyo Gas devint donc Tokyo FC en 1999. Mais, pour les fans, le club restait le Gas (d’autant qu’il était un des rares à ne pas avoir opté pour un nom spécifique).

#1258 – RB Leipzig : Plastikklub

Le club en plastique. Depuis les années 2000, la géographie des capitaux des clubs de football d’Europe de l’Ouest a été bouleversée. Détenus initialement par les municipalités, des associations d’entrepreneurs locaux ou des mécènes régionaux, certains clubs ont vu déferlé une masse d’argent venus d’abord de l’Est (les oligarques russes comme Roman Abramovitch à Chelsea ou Alicher Ousmanov à Arsenal), d’Orient (Fulham, Leicester City) puis des Etats du Golfe (Qatar à Paris, Abu Dhabi à Manchester City, l’Arabie Saoudite à Newcastle). Enfin, les fonds d’investissements américains ont également pris leur part, avec parfois quelques faillites retentissante (King Street à Bordeaux, Eagle Group à Lyon, Liverpool, Manchester United).

Dans ce paysage, la Bundesliga fait un peu exception car ces nouveaux actionnaires n’ont pas investi en Allemagne (sauf parfois sous la forme de sponsoring), en raison de la règle « 50+1 ». Jusqu’en 1998, les clubs allemands étaient détenus par leurs membres et supporteurs. Lorsque la Fédération allemande permit aux clubs de devenir des sociétés anonymes, la contrepartie fut la mise en place de la règle « 50+1 » qui garantit que les membres du club détiennent toujours la majorité des droits de vote et empêche tout investisseur privé de posséder plus de 49% des parts d’un club. Pour les supporteurs allemands, c’est le gage d’une pureté de leur football. Mais, il y a évidemment des exceptions, qui meurtrissent les fans des clubs traditionnels. Le RB Leipzig représente le totem absolu en la matière.

Le club fut fondé en 2009 par la société de boisson énergisante Red Bull GmbH qui racheta les droits du SSV Markranstädt, association amateur de 5ème division. Les deux clubs historiques de la ville de Leipzig, Chemie et Lokomotiv, n’avaient pas cédé aux sirènes de Red Bull afin de ne pas perdre leurs identités. L’investissement de Red Bull dans le sport répondait à une stratégie marketing d’envergure, afin d’associer sa marque aux exploits sportifs, véhiculant des symboles de force, courage et détermination. En 2012, il était associée à environ 500 athlètes et 600 manifestations sportives et s’investit également dans plusieurs clubs de football (New York Red Bulls, Red Bull Salzbourg, Red Bull Brasil, Red Bull Bragantino, Red Bull Ghana et FC Liefering). La création de Leipzig répondait à cette stratégie, pour la région allemande. Et comme Red Bull le fit pour les autres clubs, il modela cette nouvelle association à son image (nom, couleurs, écusson …), faisant de Leipzig un objet publicitaire à l’effigie de sa boisson. C’était un premier affront pour les défenseurs du football d’antan. En plus, Red Bull contourna avec une certaine arrogance les règles. Tout d’abord, la firme autrichienne détient bien que 49% du capital, mais le solde appartient à des membres du conseil de surveillance de Red Bull à titre personnel. Ensuite, la loi interdit au club d’accoler à leur nom celui d’un sponsor. Or, Red Bull renommait l’ensemble de ses clubs avec sa marque. Résultat, le club fut nommé RB qui signifie … Rasenballsport (qui se traduit par sport de ballon sur gazon) mais le message n’est pas subliminale.

Après les millions investis par Dietrich Mateschitz et sa société, le RB Leipzig est vu comme un club en plastique par les fans des clubs historiques. Un club sans histoire et une menace pour la culture et l’identité du football. Ce n’est pas le seul puisque Volkswagen détient Wolfsburg, Audi avec Ingolstadt et surtout SAP avec Hoffenheim, une ville d’à peine 3 100 habitants mais dont l’équipe joue en Bundesliga dans un stade de 30 000 places. Seulement, Leipzig et Red Bull affichent un tel mépris pour les traditions et valeurs du football allemand qu’il est devenu certainement le club le plus haï outre-Rhin (à l’image de Paris en France).

#1254 – IF Elfsborg : Eleganterna

Les élégants. Le site du club avance deux explications à ce surnom. Tout d’abord, les équipes du club développeraient un beau jeu sur le terrain et ce style de jeu se perpétueraient d’année en année. Même s’il n’y a pas de traces écrites, il est probable que lors de son âge d’or, les joueurs d’Elfsborg proposèrent un jeu attrayant. Dans les années 1930 et 1940, IF Elfsborg constituait l’une des attractions majeures du championnat de Suède. L’équipe remporta le titre en 1936, en 1939, en 1940, et termina à la seconde place en 1943, en 1944 et en 1945. Une finale de la coupe de Suède en 1942 se rajouta à ce palmarès. Elle était emmenée par le superbe attaquant Sven Jonasson, qui ayant fait toute sa carrière à Elfsborg, disputa un total de 411 matchs en Allsvenskan et marqua 252 buts (record en titre). Une autre performance fut réalisée au début des années 1960. Lors de la saison 1960, IF Elfsborg évoluait en seconde division et obtint son ticket dans l’élite. La saison suivante, l’équipe réussit l’exploit de remporter le titre de champion, première fois qu’une équipe suédoise parvint à ce coup d’éclat.

L’autre raison donnée par le club est son état d’esprit, la bonne conduite habituelle qui caractérise ses membres et joueurs. Selon le club, il s’agirait de son identité et sa culture, institutionnalisés depuis 2009 par un programme dénommé Elfsborgskultur (culture Elfsborg). Ce dernier vise à faire du club un modèle pour les jeunes générations, à s’impliquer dans le milieu local et prendre sa part de responsabilité sociale et sociétale. Est-ce que le club est vraiment plus RSE que les autres ou est-ce une tentative de communication de récupérer le surnom du club ? Je ne le sais pas.

Mais, une autre motivation à ce surnom peut également être apportée. La ville de Borås est connue depuis longtemps pour ses activités de confection textile. Même si une grande partie des vêtements est désormais importée en Suède, Borås accueille encore une importante industrie textile. Avant le XIXème siècle, la production était essentiellement artisanale, les tissus étant réalisés directement chez l’habitant et vendus par des colporteurs (dénommés knalle) dans le sud du pays. Puis, l’ère industrielle apporta les métiers à tisser mécanique. En 1834, Sven Erikson ouvrit la première usine de tissage mécanique de coton de Suède près de Borås suivie par Drufvefors (en 1871), Viskastrand (en 1876) et surtout la société Borås Wäfveri (en 1870) qui fut l’étendard de la production textile à Borås. Des usines de filature et de teinture se développèrent également le long du Viskan. Au début des années 1900, les premières entreprises de confection s’édifièrent dont Oscar Jacobson AB et Algots. En 60 ans (1860-1920), la population de Borås décupla, passant de 3 000 à 30 000 habitants. Aucune autre ville suédoise n’avait connu un développement aussi fort. Jusque dans les années 1960, le textile et l’habillement employaient les deux tiers des ouvriers de Borås. Dans les années 1920, Algots employait environ 1 500 couturières et en 1929, avec la mise en exploitation de sa première usine, l’entreprise se transforma véritablement en industrie de prêt-à-porter et devint le phare de l’ensemble de l’industrie de la mode suédoise. Dans les années 1970, en raison de la forte hausse des coûts salariaux suédois et de la baisse des prix douaniers sur les vêtements importés à bas prix d’Asie, la crise frappa de plein fouet l’industrie de la ville. Les licenciements massifs et les fermetures pures et simples conduisirent à la perte de 25 000 emplois. En 1977, la faillite d’Algots fit la une des journaux et un an plus tard, l’usine de Sven Erikson ferma ses portes. Aujourd’hui, l’industrie textile se concentre sur le design de vêtements, leur fabrication ayant été délocalisée, et sur les textile du futur. Les entreprises Gina Tricot, Svea et Oscar Jacobson ont leur siège à Borås.

#1244 – Lokomotiv Kiev : залізничники

Les cheminots. Vu le nom du club, le lien avec le surnom est évident. Ce club de la capitale ukrainienne a toujours représenté le monde ferroviaire. En 1919, le club de Zheldor (Залдор, qui est un diminutif de Chemin de fer) vit le jour à Kiev, avec le soutien de la compagnie ferroviaire, Південно-Західна залізниця (chemin de fer du sud-ouest), et de ses cheminots de la gare centrale. Le premier chemin de fer en Ukraine (alors dans l’Empire Russe) fut édifié en 1843 (un train tiré par des chevaux d’une longueur d’un kilomètre). Puis, les premières grandes lignes apparurent vers 1860, partant notamment de la capital Kiev. La gare de Kiev s’éleva pour accueillir deux chemins de fer : Kiev-Baltique et Koursk-Kiev. Le 7 juin 1870, la compagnie ferroviaire « chemin de fer du sud-ouest » fut fondée pour gérer l’exploitation ferroviaire de la partie occidentale de l’Ukraine, en particulier de Kiev jusqu’à Odessa. Au 1er janvier 1904, elle employait près de 50 000 personnes et en 1913, son réseau s’étendait sur plus de 4 000 km et la compagnie exploitait 1 480 locomotives à vapeur, 31 809 wagons de marchandises et 1 650 wagons de voyageurs.

En 1936, Zheldor changea de nom pour Lokomotiv, et donc demeura dans le giron du monde ferroviaire. Cette modification du nom n’était pas le produit du hasard. Le 5 Décembre 1935, à Moscou, le Comité central des syndicats ferroviaires et le Commissariat du peuple aux chemins de fer décidèrent de fonder une nouvelle société sportive qui avait pour objectif d’améliorer la santé des cheminots et de leurs familles. Le premier club de cette nouvelle association fut le Lokomotiv Moscou le 12 janvier 1936 et dans la foulée, celui de Kiev se rallia.

#1240 – CA Boston River : el Sastre

Le tailleur. Depuis 2016, Boston River est l’un des rares clubs à ne pas avoir quitté l’élite uruguayenne (à l’exception des grandes équipes que sont Peñarol et Nacional), et pourtant, malgré une longue histoire de 85 ans, 2016 marquait la première accession du club de Montevideo en première division. Son nom est original car il n’y a pas de rivière Boston en Uruguay et pour le comprendre, il faut remonter aux origines du club.

Au début de l’année 1939, fatigués de ne pas pouvoir jouer au football avec les équipes du quartier en raison de leur jeunesse, un groupe de garçons vivant dans le quartier Simón Bolívar de Montevideo décidèrent de fonder une équipe. Ce quartier du centre-ville de la capitale uruguayenne abritait depuis deux ans le Mercado Modelo, le plus grand marché de fruits et légumes d’Uruguay. Mais, l’inspiration pour le nom de l’équipe vint d’autres sources. D’abord, Juan Deri, le plus âgé des fondateurs, argentin et fanatique du CA River Plate, fut nommé premier président du nouveau club et en son honneur le nom de River fut incorporé à la nouvelle institution. Ensuite, une équipe de footballeurs séduisait les fondateurs de Boston River car elle se distinguait, dans les tournois de quartier, par son style de jeu collectif et offensif. Cette équipe représentait la « Sastrería Boston », l’échoppe d’un tailleur du quartier. Ainsi, le terme Boston fut accolé à River et le métier donna le surnom du club.

#1216 – FCV Farul Constanța : Marinarii

Les marins. Depuis le 21 juin 2021, les deux clubs de Constanța, le FC Viitorul (#391), l’académie sportive fondée en 2009 par la star du football roumain, Gheorghe Hagi, et du FC Farul, le club historique de la ville fondé en 1920, ont fusionné pour donner naissance au FCV Farul. La nouvelle association a repris l’ensemble des symboles du FC Farul dont le blason. Mais également un des surnoms du FC Farul, marinarii.

Constanța est la grande ville portuaire et balnéaire roumaine, située sur la seule côte maritime du pays, le long de la Mer Noire. Dès la préhistoire, le foyer de Constanța rassemblait des pêcheurs. Puis, au Vème siècle avant J.-C., la colonisation de la Mer Noire par les grecs fit émerger un port à Constanța, dont la forme, qui coupait le rivage, donna le nom à la ville, Tomis ou Tomes. Ce dernier dérive du mot 
grec τομή (tomí) signifiant « couper, fente ». L’activité portuaire continua au fil des siècles sans transformer la ville en grand centre commercial incontournable. Mais, au XIXème siècle, avec l’indépendance de la Roumanie, le pouvoir royal conféra à Constanța le rôle de pivot maritime du pays. Le Roi Carol 1er surnomma la ville le « plămânul României » (poumon de la Roumanie) en y faisant construire le principal port du pays en 1895. En outre, le Serviciul Maritim Român, la compagnie maritime nationale, fut fondée en 1895 et l’ensemble de sa flotte baignait à Constanța. Ces installations permirent d’en faire l’un des ports principaux en Mer Noire voire d’Europe. Le port enregistra en 1911 un trafic total de 1,4 millions de tonnes et le trafic atteint 6,2 millions de tonnes en 1937. L’ère soviétique favorisa l’industrie lourde autour de la ville et donc les activités du port. Aujourd’hui, à la fois maritime (Mer Noire) et fluvial (Danube) et étendu sur plus de 3 900 hectares, le port bénéficie d’une position stratégique et a enregistré un record d’activité en 2022, lorsque 75,5 millions de tonnes et 776 590 conteneurs (EVP) ont transitées par ses quais. Le port accueille également l’un des plus grands chantiers de construction et de réparation navales d’Europe, Șantierul Naval Constanța.

En 1920, le club du FC Farul fut fondé sous le nom de SPM Constanța (Serviciul Porturi Maritime – Service Portuaire Maritime) et fut renommé en 1946 PCA Constanța (Porturi Comunicații Ape – Ports Communications Eau). Le lien entre le club de football et le port était donc évident et ce dernier rassemblait parmi ses fans notamment les marins et dockers de la ville. D’ailleurs, en 1958, le club prit un nom plus consensuel mais tout aussi évocateur, Farul, qui désigne le phare, un monument historique daté du XIVème siècle situé dans le centre historique de la ville et qui guidait les navires vers le petit port.

#1201 – Delfín SC : el Ídolo de Manta, el Ídolo del Puerto

L’idole de Manta, l’idole du port. Depuis une vingtaine d’année, le club est devenu l’équipe la plus populaire de la ville de Manta. Mais, auparavant, ce titre était détenu par le Manta Sport Club. Fondé en 1915, le Manta SC constituait le doyen de la ville jusqu’à sa disparition en 1996. Surtout, malgré l’émergence d’autres clubs dans les années 1960, comme la Juventud Italiana et le Club Deportivo Green Cross, Manta SC n’avait pas de rival et représentait fièrement la ville. Il parvenait même à assoir son aura en accédant à l’élite équatorienne en 1967 puis en titillant la Copa Libertadores en 1979 lorsqu’il termina à la 3ème place du championnat. Mais, en 1985, le club redescendait en seconde division et disparaissait en 1996 pour laisser la place libre au Delfín SC.

Fondé en 1989, l’équipe de Delfín débuta son existence par un premier exploit qui allait conquérir le cœur des habitants de Manta. Avec une équipe composée de peu de joueurs et la plupart méconnus, le club gagna son billet pour la première division dès sa première année d’existence. Elle resta jusqu’en 1995 au sein de l’élite et subtilisait alors le titre de el Ídolo de Manta à Manta Sport Club. Après quelques yoyos entre les catégories, Delfín s’installa de pied ferme en première division en 2016. En 2017, l’équipe terminait à la seconde place et en 2019, la consécration avec le titre de champion, le premier pour une équipe de Manta.

Si Delfín est également l’idole du port, c’est parce que le port est le poumon économique de la municipalité de Manta. Ouvert sur le Pacifique et au centre du pays, son port constitue l’un les plus importants du pays et en 2021, avait vu transiter 1 168 534 tonnes de marchandises (en hausse de 15%). 80 % des automobiles importés en Équateur entrent par ce terminal. La principale activité du port est la pêche et la transformation du thon, au point que Manta est connu comme la « Capitale mondiale du thon ». Manta a fait de l’Équateur le deuxième pays producteur de thon, devancé par la Thaïlande, leader avec 750 000 tonnes par an. Sa production annuelle s’élève à un demi-million de tonnes pour une valeur de plus d’un milliard de dollars, soit 2,5 % du produit intérieur brut du pays. Sur le plan régional, l’Équateur demeure le leader avec une production représentant 36% de la pêche de thon dans l’océan Pacifique oriental. Le port accueille une flotte de 110 navires ainsi que des conserveries (Inepaca, Conservas Isabel, Seafman, Tecopesca et Marbelize) qui emploient entre 800 et 1 200 personnes.

#1200 – ENPPI SC : القلعة البترولية

La citadelle pétrolière. Le club a connu une période assez faste au début des années 2000, en remportant deux Coupes nationales (2005 et 2011 plus 2 finales perdues 2008 et 2009) ainsi qu’une deuxième place en championnat en 2005. A peine une vingtaine d’année après sa fondation (1985), fruit de la volonté des ingénieurs de l’entreprise ENPPI (Engineering for the Petroleum & Process Industries). Cette entreprise publique égyptienne, dont le siège est au Caire, offre des services d’ingénierie et de management de projets pour les secteurs du pétrole, de la pétrochimie et de l’énergie.

Fondée en 1978, la société fait partie du triptyque d’Etat qui gère les ressources pétrolières du pays des pharaons. Pour l’ensemble des activités d’exploration et production, les deux entreprises publiques EGPC et GANOPE se partagent géographiquement les réserves. Les deux autres acteurs du secteur sont Petrojet, société de génie civil des sites de production et de transformation, ainsi que ENPPI, qui se concentre sur les services d’ingénierie et d’équipement. L’Egypte ne constitue pas une grande place pétrolière sur le marché mondial, ses réserves représentant seulement 0,2% soit 3,1 milliards barils. Au rythme de la production actuelle, les réserves seraient épuisées dans 14 ans. Depuis le pic de 1996 avec 922 000 barils par jour, la production a diminué pour atteindre 580 mille barils actuellement, avec une volonté d’augmenter de 9% à 637 580 barils pour 2024-2025. Elle repose sur 3 bassins de production principaux : la région du Golfe de Suez, (40% du volume total en 2017 (offshore et on-shore)), le désert occidental (55% de la production en 2017) et la région delta du Nil – Méditerranée (offshore et on shore). Les capacités de raffinage du pays atteignent 825 000 barils/jour et depuis 1977, l’oléoduc du SUMED entre la Mer Rouge et Alexandrie fait du pays une route importante du transport du pétrole de la péninsule arabique vers l’Europe, appuyée par l’un des plus grands terminaux pétroliers de Méditerranée, Sidi Krir.

#1193 – Åtvidabergs FF : Bruket

Le terme Bruket désigne une usine, en particulier sidérurgique. Au début des seventies, les cheveux longs volaient au vent, le power flower s’épanouissaient et une équipe d’une petite ville de 7 000 habitants dominait le football suédois. A cette époque, ce dernier connaissait plutôt une période mitigée, son équipe nationale bataillant pour tenter de se qualifier aux grands tournois nationaux. Nationalement, Åtvidabergs FF remporta deux championnat en 1972 et 1973 (après avoir terminé à la seconde place en 1970 et 1971 et gagné deux coupes nationales sur ces mêmes années). En 1973, le club avait terminé avec 6 points d’avance sur Östers et remporté 16 des 26 matches du championnat. Avec ces triomphes, Åtvidabergs FF rencontra en coupes d’Europe Chelsea, le FC Barcelone et le Bayern Munich, avec comme succès un quart de finale en 1974-1975. Enfin, lors de la Coupe du monde de 1974, pas moins de huit joueurs de l’équipe nationale évoluait à Åtvidaberg. Ce succès sportif reposait largement sur le support financier de la société Facit, fabriquant de machines de bureau (calculatrices mécaniques et machines à écrire), basée à Åtvidaberg et dont le président, Gunnar Ericsson, présidé également la fédération suédoise de 1970 à 1975.

Mais ce soutien financier décisif pour le palmarès du club n’est pas à l’origine du surnom du club. Il faut se tourner vers un autre pan de l’activité économique de cette région. Des gisements de cuivre furent découverts dans les environs d’Åtvidaberg au Moyen-Age et dès 1413, des mines furent mises en exploitation. Après un arrêt des mines au XVIème siècle, l’exploitation reprit en 1754 et au XIXème siècle, d’importants investissements furent réalisés et développèrent significativement la ville. Les principaux champs miniers se situaient à Bersbo (au Nord) et à Närstad (à l’Ouest). En 1857, la liaison ferroviaire entre le champs minier de Bersbo et la fonderie de cuivre située à Åtvidaberg fut inaugurée. Environ 35 000 tonnes de minerai de cuivre furent extraites des mines de Bersbo, qui représentaient une surface souterraine de 11 425 m². A l’Exposition universelle de Paris en 1889, ces dernières reçurent un prix pour son cuivre. A Närstad, la plus grande mine était celle de Mormorsgruvan, avec une profondeur de 407 mètres, ce qui en 1866, était considérée comme la mine la plus profonde de Suède. La production de cuivre à Närstad atteignit son apogée en 1869. Au total, la région d’Åtvidaberg devint le deuxième producteur de cuivre de Suède, représentant 25% de la production nationale. Mais, à la fin du XIXème siècle, le filon commença à se réduire et au début des années 1900, les mines furent fermées. Ce fut alors l’usine Facit qui prit le relais de l’activité économique de la ville.

Le nom de la ville fait référence à cette histoire. Il se compose des mots Åtvid, qui était le nom de la paroisse, et berg, qui signifie « montagne » , mais ici faisant référence à une mine. Sa première utilisation remonte à 1467 et désignait la communauté minière qui devint plus tard une ville. Les armoiries de la ville reprennent le symbole du cuivre des alchimistes, tout comme le club de football (à l’instar d’autres grandes régions minières dont le club de football reprend ce symbole cf. #231 et #668). Le stade de ce dernier se nomme Kopparvallen (la vallée du Cuivre).

#1182 – Garbarnia Cracovie : Garbarze

Les tanneurs. Le football est un des sports les plus populaires de la seconde ville de Pologne et compte à ce titre plusieurs clubs, dont les célèbres Wisła (13 fois champion de Pologne) et le KS (5 fois champion). Mais, au milieu de ces deux mastodontes, le Garbania s’est fait aussi une place dans le cœur des habitants de la ville en remportant le titre national. Une seule fois en 1931. La performance s’explique par la mutation du club en 1924, 3 ans après sa création.

Tout commença à l’automne 1921 lorsque des ouvriers de l’usine de tannage, Polskich Zakładów Garbarskich, fondèrent un club de football sous le nom de KS Lauda. Probablement que le terme Lauda provenait du latin laudo qui signifie louer, glorifier. En donnant ce nom au club, les fondateurs souhaitaient peut-être louer et souligner leur attachement à Ludwinów, commune rurale située sur la rive droite de la Vistule qui fut rattachée à Cracovie en 1910 et où se situait leur usine. Puis, en 1924, le club reçut le soutien financier de Polskie Zakłady Garbarskie, entrainant alors le changement du nom en KS Garbarnia (Garbarnia signifie tannerie). Les apports de ce riche mécène se firent immédiatement sentir, avec la construction d’un stade situé devant l’entrée de l’usine. 5 ans plus tard, Garbarnia accéda à la première division et finit vice-champion. 2 ans plus tard, le titre était acquis.

L’histoire de la tannerie à Cracovie remonte à 1885, lorsque les frères Jan et Kazimierz Dłużyński commencèrent la production dans une usine appelée « Bracia Dłużyńscy garbarnia w Ludwinowie p. Podgórze » . En 1904, Jan, l’apporteur de fonds, entre les deux frères, quitta l’entreprise et celle-ci commença à manquer de capitaux pour moderniser son outil de production. En 1910, la tannerie fut rachetée par un industriel de la tannerie, Michał Rabiński. La tannerie de Ludwinów fut reprise en 1917 par différents investisseurs et prit le nom de Polskie Zakłady Garbarskie. Elle débuta alors son fort développement. En 1919, 66 ouvriers y travaillaient, en 1920 déjà 155 et en 1922, 180. A cette époque, 3 tonnes de cuir étaient produites quotidiennement. L’entreprise disposait de sa propre écorcherie, de ses propres moyens de transport et même d’un corps de pompiers et d’un service d’ambulance. En 1928, l’usine comptait 260 ouvriers et produisait 1595 tonnes de cuir de semelle, 285 tonnes de cuir de marque et 20 tonnes de youfte, pour un chiffre d’affaires de 20 millions de zlotys. Avec la crise de 1929, la déchéance de l’usine débuta et finalement en 1938, la Polskie Zakłady Barbarskie arrêta la production et tous les employés furent licenciés. Après la guerre, toutes les tanneries de Cracovie furent nationalisées par les autorités communistes et regroupées au sein d’une seule organisation. L’ancienne tannerie de Ludwinów reprit alors sa production.