#1400 – Piast Gliwice : Piastunki

Le surnom Piastunki donné au club polonais du Piast Gliwice s’explique par le contexte de l’après Seconde Guerre mondiale et cela a donné lieu à un jeu de mots affectueux avec le temps. 19ème plus grande ville de Pologne, la cité de Gliwice épouse la destinée mouvementée de la Silésie, une région frontalière tiraillée pendant des siècles entre plusieurs grandes puissances européennes. La ville fut fondée au XIIIème siècle et obtint son statut de cité peu avant 1276 du duc Władysław Opolski de la dynastie Piast. Elle fit partie de différents duchés de Silésie, gouvernés par la dynastie des Piast jusqu’au XVème siècle. Puis, Gliwice tomba dans l’escarcelle du royaume de Bohême, s’éloignant de la sphère politique polonaise pour les six siècles à venir. Par le jeu des héritages royaux, la puissante maison d’Autriche, les Habsbourg, mit la main sur la Bohême et Gliwice. En 1742, lors des guerres de Silésie, le roi de Prusse Frédéric le Grand arracha la région à l’Autriche et Gliwice, désormais appelée Gleiwitz, devint prussienne. Après la Première Guerre mondiale, la Pologne renaquit et revendiqua la Haute-Silésie. Lors d’un référendum en 1921, la majorité des habitants de Gleiwitz votèrent pour demeurer en Allemagne. La ville resta donc allemande, mais située juste à la frontière de la nouvelle Pologne. Finalement, la cité réintégra la Pologne à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’à la conférence de Potsdam, les Alliés redessinèrent la carte de l’Europe.

Dans ce contexte, la population allemande fut expulsée et remplacée par des Polonais, dont beaucoup venaient des territoires de l’Est annexés par l’URSS (aujourd’hui l’Ukraine et la Lituanie). Pour le gouvernement communiste polonais et pour ces nouveaux habitants, il était nécessaire de justifier les racines polonaise de ces territoires récupérées (désignées ainsi par le gouvernement – Ziemie Odzyskane) et repoloniser l’identité de la ville qui avait été pendant près de 600 ans de culture germanique. Le club fut fondé le 18 Juin 1945 par des personnes déplacées de la région de Lviv. En choisissant d’appeler leur nouveau club de football en référence à la maison royale des Piast, les fondateurs souhaitaient indiquer qu’ils n’étaient pas des étrangers mais ils revenaient sur les terres historiques de leurs ancêtres polonais, les Piast.

En effet, les Piast sont la toute première dynastie royale historique de la Pologne et sont donc considérés comme les fondateurs de la Pologne. Le règne de cette dynastie débuta en 960 avec le souverain Mieszko Ier qui, en adoptant le christianisme en 966, marqua la naissance officielle de l’État polonais. Son fils, Boleslas Ier le Vaillant, fut le tout premier roi de Pologne. En 1138, le royaume de Pologne fut divisé en 5 duchés indépendants, répartis entre les fils de Boleslas III Bouche-Torse. Ainsi, 5 lignées de Piast dirigèrent les nouveaux duchés, avec une qui avait une primauté sur les autres. Le règne des Piast en Pologne prit fin en 1370 avec la mort du roi Casimir III le Grand. Les autres branches de la dynastie Piast continuèrent de régner sur le duché de Mazovie (jusqu’en 1526) et sur les duchés de Silésie jusqu’à la mort du dernier Piast silésien mâle en 1675.

Malgré ce lien royale, le surnom du club revêt un caractère affectueux. Car le mot piastunka désigne aussi une nounou (provenant du vieux verbe piastować, qui signifie prendre soin de, ou bercer). Historiquement, un piastunka dans la Pologne du haut Moyen Âge était un haut fonctionnaire chargé de l’éducation des enfants royaux. Résultat, littéralement, l’équipe est donc surnommée Les Nounous.

#1389 – Club América : los Cremas, los Azulcremas

Les crèmes, les bleus et crèmes. Les joueurs du club mexicain évoluent avec un maillot principalement jaune et bleu. Mais, par le passé, si le bleu était déjà présent sur la tenue, la couleur crème remplaçait le jaune. Ce choix original et reconnaissable est aussi ancien que la fondation du club. Au début de l’année 1916, le football se répandit dans les écoles jésuites et maristes de Mexico et, dans l’école Mascarones, un groupe de garçons d’à peine treize ans, mené par Rafael Garza Gutiérrez et Germán Núñez Cortina, décida de former une équipe avec les meilleurs joueurs de l’établissement. A la première réunion de l’équipe, Rafael Garza Gutiérrez se pointa équipé d’une chemise crème, un short bleu marine et des chaussettes bleues. Il avait prit quelques vêtements dans l’armoire de son père et confectionna cette tenue. Le short était un pantalon bleu marine qu’il avait raccourci à hauteur des genoux. La chemise était celle du collège Mascarones. Elle était à la base jaune pâle mais avec les lavages avait altéré sa teinte qui avait tourné couleur crème. Ce kit plut aux autres membres qui trouvaient également qu’il les distinguait des autres équipes. En outre, il rappelait leur lien avec le collège Mascarones et présentait enfin l’avantage de reposer sur des tissus peu onéreux pour l’époque. Les joueurs firent leurs premières rencontres avec cette tenue et, même lors de la fusion ultérieure avec le collège mariste de La Perpetua, les nouveaux membres acceptèrent de conserver ces couleurs.

Le premier changement important intervint lors de la saison 1953-1954 avec l’installation définitive des chaussettes crèmes. Lors de la saison 1967-1968, la couleur jaune fut utilisée officiellement sur le maillot pour la première fois de l’histoire. Puis, le jaune déteignit sur les chaussettes lors de l’exercice 1970-1971. A la fin de la décennie, le rouge fit quelques apparitions au niveau du col. Enfin, en 1982-1983, un dernier changement intervint qui allait rendre le maillot encore plus distinctif : un scapulaire bleu marine avec des rappels de rouge. Le scapulaire évolua pour parfois représenter les plumes d’un aigle.

#1333 – CF Atlas : la Furia Rojinegra

La furie rouge et noire. Dans le football mexicain, Atlas a su se faire remarquer pour son style de jeu et en a gagné plusieurs surnoms (cf. articles #130 et #688) dont celui de la Furia. Mais, avant de s’atarder sur cette partie de ce surnom, attachons nous aux couleurs traditionnelles du club, Rojinegra, rouge et noir que l’équipe porte depuis sa fondation en 1916. A cette époque, un groupe de jeunes, issus de familles bourgeoises, constatant le déclin du football à Guadalajara, montèrent leur propre équipe sous le nom d’Atlas. Ces enfants de bonnes familles avaient découvert le football lors de leurs études en Europe. 4 des membres, qui étaient frères, Ernesto, Tomás, Rafael et Orendain Fernández del Valle, avaient étudié dans le Collège Ampleforth, dans le Yorkshire, au Nord-Est de l’Angleterre qui dépendait de l’abbaye bénédictine de Saint-Laurent d’Ampleforth. Les 4 frères proposèrent le noir et rouge qui devaient symboliser le martyr de Saint-Laurent, patron de l’école anglaise. Laurent de Rome dit Saint-Laurent était diacre du pape Sixte II et mourut en 258 à Rome en martyr, sur un grill. Ainsi, le noir représentait le martyr et le rouge le sang versé par lui.

En 1970-71, Atlas connut une de ses pires saisons dans l’élite, ne remportant que 5 de ses 34 matchs et étant relégué. Mais, après avoir survolé la seconde division la saison suivante, Atlas revint en première en 1972-1973. Sous l’impulsion de son défenseur, Alfredo Torres, Atlas réussit une saison remarquable pour un promu. L’équipe termina premier ex-quo du groupe 2, marquant 63 buts en 34 matchs. En demi-finale du championnat, Atlas perdit face à Cruz Azul, futur champion. Mais, tout au long de la saison, l’équipe démontra un jeu offensif, fait de vitesse et verticalité. Les supporteurs comparèrent ce style de jeu à une furie.

#1292 – Club Nacional : Tricolor

Tricolore. Evidement, le maillot comme l’écusson du club affichent 3 couleurs : le bleu, le blanc et le rouge. Et si les couleurs sont similaires à celles du drapeau paraguayen, ce n’est peut-être pas un hasard, surtout quand on se dénomme Nacional. Au début du XXème siècle, l’instabilité politique sévissait au Paraguay, où les factions rivales, Liberals (identifié en bleu) et Colorados (identifié en rouge) s’affrontaient. Cette situation résultait de la guerre qui se déroula entre 1864 et 1870 et qui vit le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay écrasaient le Paraguay. Le pays aurait perdu une grande partie de sa population (jusqu’à 60%) et de son territoire (140 000 km2 soit 70%).

Dans ce contexte où le Paraguay venait de retrouver un peu de liberté et malgré les divisions, le besoin de renforcer l’identité paraguayenne notamment par la formation des futures élites était prioritaire. Ainsi, les programmes scolaires commençaient à intégrer le sport comme un des éléments du développement global des élèves. L’enseignant-athlète de nationalité hollandaise, William Paats, importa et chercha à éveiller l’intérêt de ses étudiants à de nouveaux sports venus d’Europe, dont le football. Plusieurs équipes de football se formèrent dans les lieux d’étude de la capitale tels que le « Colegio de los Salésiens » , « l’Escuela de Derecho » et « l’Escuela Normal de Maestros » .

Ainsi, le 5 Juin 1904, 17 jeunes collégiens du « Colegio Nacional » d’Asunción décidèrent de fonder une nouvelle association sportive. Ces jeunes avaient l’identité paraguayenne chevillée au corps et des sentiments qui dépassaient les luttes partisanes. Ils souhaitaient donc que leur club soit un étendard, un représentant national transpartisant. Ils choisirent les couleurs bleu, blanc et rouge tout d’abord pour rendre hommage au « Colegio Nacional » où ils avaient éduqué. Le collège avait été créée par la Loi du 4 janvier 1877 et était nommée « Général Bernardino Caballero« , nom d’un héros de la guerre contre le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay et qui avait été président de la République pendant la période de reconstruction du pays. Donc, pas étonnant que le collège fusse un vivier nationaliste et eusse les mêmes couleurs que celles du drapeau uruguayen. Ce qui rejoignait les idées nationalistes et le symbolisme voulues par les fondateurs du clubs. En outre, cela présentait l’avantage d’associer les couleurs (bleu et rouge) des deux factions rivales qui agitaient la vie politique.

Le drapeau actuel du Paraguay comporte 3 bandes horizontales, une rouge, une blanche et une bleue, et fut institué le 25 novembre 1842. Mais, sa première version remonte au 30 septembre 1813. Selon la légende, ces couleurs correspondaient aux couleurs des uniformes des soldats paraguayens qui défendirent Buenos Aires face aux armées britanniques entre 1806 et 1807. Mais, d’autres pensent qu’il s’inspire du drapeau tricolore français. Mais, il se pourrait aussi qu’il dérive du drapeau de l’ancien pays colonisateur, l’Espagne. D’ailleurs, avant que le rouge, le blanc et le bleu s’imposent, plusieurs autres drapeaux du Paraguay existèrent et leurs couleurs s’approchaient du drapeau espagnol.

#1243 – Etoile Carouge : les Stelliens

Le terme stellien dérive du mot latin Stella qui désigne une étoile. Tout paraît logique pour un club qui se dénomme Etoile. Le football prend ses racines dans la commune de Carouge à la fin du XIXème siècle. En 1889, des étudiants fondèrent le FBS Studium, avec en tête la célèbre citation latine Mens sana in corpore sano (un esprit sain dans un corps sain). En effet, cette nouvelle association était une société littéraire avec une section sportive pratiquant le football. En 1900, le mélange des genres prit fin, la société abandonnant sa vocation culturelle pour se concentrer sur le football. Au passage, elle changea de nom pour devenir le FC Victoria. En 1905, le FC Victoria devint le FC Carouge. En parallèle de ce club, un autre vit le jour au début du XXème siècle sous le nom de FC Etoile Sportive du Léman, par la volonté de quelques écoliers âgés de 10 à 14 ans. En 1922, pour gagner en « puissance », l’Etoile Sportive et le FC Carouge opéraient leur fusion pour devenir l’Etoile Carouge.

Signe distinctif, évocateur d’une aura, de la noblesse ou la splendeur, l’étoile demeura le symbole du nouveau club et s’inscrit aujourd’hui encore dans son nom et, en couleur or, sur l’écusson du club. D’autres associations suisses avaient déjà opté pour ce symbole comme l’Etoile Sporting La Chaux-de-Fonds (fondé en 1898) ou l’Etoile Sportive FC Gland et aurait donc pu inspirer les fondateurs de Carouge. Une autre hypothèse pourrait également être avancée. Le 17 avril 1867, trois élèves (Charles Dupan, Charles Girard et Alfred Prévost) du gymnase de Genève décidèrent de fonder une société dont le nom était Stella. Cette association étudiante visait à créer entre ses membres des liens de camaraderie et d’amitié.

Alors pourquoi cette hypothèse paraît plausible alors qu’aucun document ne vient l’attester (en tout cas, je n’en ai pas trouvé) ? En premier lieu, l’association étudiante naquit au milieu du XIXème siècle et au début du XXème siècle, lorsque le club sportif émergeait, elle était bien établie, au point qu’une structure nationale dénommée Stella Helvetica regroupait depuis 1870 les 5 sections cantonales de Vaud, Genève, Neuchâtel, Berne et Zürich. En second lieu, Carouge est la banlieue de Genève où l’aura de l’association Stella pouvait déteindre. En troisième lieu, les fondateurs de l’Etoile Sportive était des écoliers qui pouvaient être influencés par le courant des mouvements étudiants. En quatrième lieu, en Suisse francophone et romande, le mot stellien désigne avant-tout les membres comme tout ce qui se rapporte à l’association étudiante Stella. Enfin, le symbole du club sportif est une étoile dorée tout comme celle qui orne la faluche des membres du Stella estudiantin.

#1165 – FC Politehnica Iași : Alb-albaștrii

Les blanc et bleu. L’équipe actuelle, créée en 2010, représente la suite du club fondé en 1945 et qui fit faillite en 2010. Deuxième ville du pays avec près de 510 000 habitants dans son agglomération, Iași constitue un centre universitaire important, en accueillant 25 000 étudiants dans sa prestigieuse Université Alexandru Ioan Cuza. Cette dernière, fondée en 1860 par décret du Prince Alexandru Ioan Cuza, constitue la plus ancienne université du pays. Elle se compose de 15 facultés dont la fameuse école d’ingénieurs, Universitatea Tehnică Gheorghe Asachi din Iași (TUIASI), dénommée Politehnica entre 1937 et 1993. Cet institut fut fondé en 1813 par le poète et dramaturge Gheorghe Asachi et s’établit comme la première école d’ingénieurs avec un enseignement des mathématiques (arithmétique, algèbre et géométrie), du dessin, de la géodésie, de l’ingénierie civile, de l’architecture et de l’histoire de l’art en langue roumaine.

Ce fut en son sein que le 27 avril 1945, des étudiants créèrent la première équipe de football sous le nom de Sportul Studențesc, qui devint après des fusions et changements de nom, Politehnica Iași. Bien que le choix des couleurs n’est pas documenté, il est légitime de supposer qu’elles furent influencées par celles de l’Université. En effet, les armoiries de l’Université Alexandru Ioan Cuza tout comme celles de TUIASI ont pour couleurs dominantes le bleu et le blanc. Avec le jaune, elles constituent les teintes officielles de l’Université de Iași. Or, les armes de la famille Cuza, dont était membre le Prince Alexandru Ioan qui était présent à l’inauguration de l’Université et lui donna son nom en 1942, reposaient également sur deux couleurs dominantes, le bleu et le blanc et pourraient donc être la source d’inspiration de l’Université. Mais cette dernière avance qu’il s’agit d’une pure coïncidence.

#1131 – OH Louvain : les Universitaires

En 2002, 3 clubs de la région de Louvain s’unirent pour donner naissance au OH Louvain. Il y avait le Zwarte Duivels Oud-Heverlee (fondé en 1957), le Daring Club Louvain (fondé en 1945) et le Stade Louvain (fondé en 1903). Les couleurs du nouveau club, blanc, noir, rouge et vert, reprenaient tout simplement les teintes des 3 clubs fondateurs. Pour le surnom, les initiales du club, OHL, s’imposèrent et continuent d’être utilisées. Mais, la ville de Louvain est également connu pour sa fameuse université, dont le stade du club, se situe en bordure de la cité universitaire de Louvain.

Fondée par le duc Jean IV de Brabant, une première université exista entre 1425 et 1792. Elle ne résista pas à l’annexion du territoire à la France au XVIIIème siècle. Mais, pendant plus de 300 ans, elle fut un grand centre de connaissance et d’enseignement, notamment en étant le berceau et le bastion du Jansénisme. Puis, l’Université d’État de Louvain fut fondée le 6 octobre 1817 par le Roi Guillaume Ier, souverain du Royaume des Pays-Bas. Relevant de l’Etat, son enseignement était neutre. Elle ferma ses portes le 15 août 1835. Le 8 novembre 1834, une nouvelle université vit le jour à Malines avec l’appui des évêques de Belgique. Cette université avait pour objectif d’enseigner la doctrine du Saint-Siège. Elle déménagea en 1835 à Louvain et prit le nom Université Catholique de Louvain. Cette dernière existe encore même si en 1968, elle se sépara juridiquement en deux, sur fond d’affrontement linguistique. D’un côté, une entité néerlandophone (Katholieke Universiteit Leuven) dont les bâtiments sont à Louvain, et une entité francophone (UCLouvain), qui s’établit dans la localité wallonne Louvain-la-Neuve. En 2023, KUL comptait 65 631 étudiants et près de 23 000 professeurs, répartis sur 13 campus dans 10 villes de Flandre. De renommée internationale, elle est la plus grande université néerlandophone en Flandre et aux Pays-Bas. Elle a obtenu la 1ère place du classement Reuters 4 ans de suite (de 2016 à 2019) et est classée 87ème au classement de Shanghai en 2021, 70ème au classement mondial des universités QS en 2022 et 42ème au classement Times en 2022.

#1033 – Stormer’s SC : el Lobo

Le loup. Plus connu simplement sous le nom de Stormer’s, ce dernier est un club de football basé dans la ville de Sucre, la capitale de la Bolivie. Le football commença à se répendre en Bolivie entre 1905 et 1909, les expatriés britanniques l’apportant avec eux. Rapidement, ce nouveau sport séduisit les jeunes étudiants des écoles privées de la capitale et des premières équipes se montèrent. Le 25 janvier 1914, au sein du collège « Sagrado Corazón » (Sacré-Cœur), une poignée de prêtres, d’enseignants et d’étudiants furent motivés pour fonder un nouveau club, le Stormer’s SC.

Le collège « Sagrado Corazón » était une institution d’enseignement appartenant à la Compagnie de Jésus (Jésuite). La Compagnie est une congrégation catholique fondée principalement par Ignace de Loyola, François Xavier et Pierre Favre en 1539, approuvée en 1540 par le pape Paul III. Luttant contre la Réforme protestante, l’ordre catholique s’était fixé pour objectif d’évangéliser et d’éduquer les populations (même si pour ce dernier point il s’agissait aussi d’inculquer la « bonne parole » de l’Église catholique). Résultat, les prêtres de la congrégation émigrèrent dans les nouvelles colonies pour fonder églises et écoles. Le principal fondateur de l’ordre, Ignace de Loyola, était un basque d’une famille de la petite noblesse. Les armes de sa famille comprennaient deux loups rampant et se tenant à une marmite. Résultat, le collège « Sagrado Corazón » reprit dans son blason les loups présent dans les armes de Loyola. Le surnom de l’équipe est un hommage aux origines du club.

Aujourd’hui, la mascotte du club est représentée par un loup nommé « Stuhi », qui en albanais signifie « Tempête ».

#1014 – AB Gladsaxe : Uglerne

Les hiboux. Mascotte du club qui s’étale sur le blason du club, le hibou tient une place importante dans l’identité du club et tout le Danemark l’identifie à ce club de Copenhague. A la fondation du club en 1889, le volatile s’imposa très naturellement. En effet, en 1884, des anciens étudiants de la Den Fredericianske Latinskole (Ecole de latin Fredericianske) qui venaient d’intégrer l’Université de Copenhague, créèrent un club de cricket dénommé Fredericia Studenternes Kricketklub. Quelques années après, la section football apparut et attira beaucoup de nombreux membres. A ce moment, Fredericia Studenternes Kricketklub choisit de se rapprocher d’un autre club fondé en 1885, Polyteknisk Boldklub, qui rassemblait les étudiants et diplômés de la Polyteknisk Læreanstalt (Ecole d’Ingénierie dénommé aujourd’hui Danmarks Tekniske Universitet). La fusion des deux donna naissance au AB Gladsaxe. Attachés à leurs statuts d’étudiants, les fondateurs fixèrent comme condition d’accès d’avoir passé un examen d’entrée d’une université scandinave et firent de leur nouvelle association, un club d’étudiants et représentant des étudiants. Résultat, les symboles du club se tournèrent logiquement vers ceux de l’éducation et la connaissance. Ainsi, le « A » de AB signifie Akademisk (Académique). Pour l’écusson, le hibou semblait une évidence pour les membres.

En effet, depuis la nuit des temps, ce rapace étonnant qui dort le jour et vit la nuit, au regard perçant, intrigua de nombreux peuples et suscita de nombreuses superstitions et croyances. Les peuples slaves comme les Grecs considéraient l’oiseau comme un gardien de trésors. Il était également vu comme un messager, un conseiller. Ainsi, en fonction du nombre de ses cris, la chouette, pour les Hindous, présageait la mort, le mariage ou le succès. Les Grecs croyaient qu’en rencontrant un hibou, les solutions à leur problème viendraient à leur esprit mais également que si le rapace survolait l’armée avant une bataille, cela présageait d’une victoire. Les Romains considéraient que la chouette apportait de bonnes idées la nuit. Craint du fait de ses particularités, l’oiseau fut associé aux dieux. Minerve chez les Romains, Athéna chez les Grecs. Ces deux déesses étaient celles de la sagesse. Or, outre les éléments présentés juste avant, l’animal représentait également la sagesse, l’intelligence et la réflexion, et devenait donc l’attribut de ses déesses. Pour la petite histoire, impressionnée par l’apparence solennelle et les grands yeux de la chouette, Athéna aurait fait du hibou son oiseau préféré au détriment du corbeau. Cette idée que l’animal était sage et omniscient (image que les cultures égyptienne et amérindienne véhiculaient également) trouverait son origine dans différentes caractéristiques du rapace. Vivant la nuit, ses deux grands yeux lui offrent une très bonne vue. La nuit symbolisant les ténèbres, l’ignorance, sa vision nocturne lui permettait de passer outre, d’accéder à la connaissance. En outre, sa masse cérébrale est supérieure à celle des autres oiseaux, laissant penser que l’oiseau est plus intelligent. Enfin, le hibou apparaît patient et, lors de ses chasses, il ne se précipite pas sur la cible pour l’attaquer au moment opportun. Tout ceci fit que des écoles et leurs étudiants, qui souhaitaient accéder à la connaissance et symbolisaient l’intelligence, choisirent également la chouette comme mascotte.

#959 – CDU César Vallejo : los Poetas

Les poètes. Le club est l’émanation sportive de l’Université César Vallejo. Cette dernière naquit le 12 Novembre 1991 dans la ville de Trujillo de la volonté de l’ingénieur César Acuña Peralta qui voulait améliorer l’offre éducative péruvienne. Elle comptait alors 58 élèves. 20 ans après, l’Université avait déjà des antennes dans 5 villes du pays et près de 100 000 étudiants. Aujourd’hui, elle fait parti des 10 meilleurs universités du pays avec plus de 150 000 étudiants et 12 campus. Cette progression rapide se transmit aussi aux résultats de l’équipe de football. Fondée en 1996, l’équipe de football atteignit la première division péruvienne, seulement 7 ans après sa création.

Le club prit le nom de l’Université qui porte celui du poète péruvien César Vallejo. César Abraham Vallejo, né à Santiago de Chuco, le 16 mars 1892, est considéré comme l’un des écrivains latino-américains les plus importants du XXème siècle et comme le plus grand représentant de la littérature péruvienne. Né dans une famille pauvre dans ce petit village des Andes péruviennes, il entra en 1913 à l’Universidad Nacional dans la ville de Trujillo, où il réalisa une thèse sur le romantisme dans la poésie castillane. Puis, il poursuivit ses études à Lima avant de voyager à partir de 1923 dans les capitales européennes, à Madrid, Moscou, Budapest, Bruxelles, Berlin et enfin Paris, où il mourut en 1938. S’exprimant pratiquement dans tous les genres littéraires (poésies, romans, nouvelles, pièces théâtrales et essais), il fit connaître son génie avec ses recueils de poèmes « Los heraldos negros » (1918) et « Trilce » (1922). Il est aussi communément admis que c’est dans sa poésie que son talent s’exprima le mieux et que son oeuvre atteint ses plus hauts sommets. C’est certainement sa grande réputation et son passage à Trujillo qui conduit César Acuña Peralta à prendre le nom du célèbre poète pour représenter son nouveau et innovant projet éducatif. Résultat, en portant le nom du poète, les joueurs héritèrent de ce surnom.