#928 – FK Inter Bratislava : žlto-čierni

Les jaune et noir. Même si le rouge apparaît sur le blason du club, le jaune et le noir sont les deux principales couleurs qui s’imposent sur le maillot de la formation. Evoluant en 3ème division aujourd’hui, l’Inter Bratislava est un important club de football slovaque avec une riche tradition, qui au tournant du millénaire réalisa deux doublés consécutifs (Championnat slovaque et Coupe nationale en 2000 et 2001). Le club revendique un titre de champion de Tchécoslovaquie (saison 1958-1959) qui fut remporté par le CH Bratislava, club qui l’absorba en 1962. Toutefois, malgré les débats, il est communément admis que l’Inter n’a pas hérité de ce titre et que le successeur du CH Bratislava est un autre club. Il n’empêche qu’entre 1962 et 1993, le club évolua 29 saisons sur 31 dans la Première Ligue tchécoslovaque, terminant même deux fois 2ème dans les années 1970. A l’issue de la saison 2008-2009, l’Inter Bratislava remporta la seconde division et devait être promu dans l’élite slovaque. Cependant, les problèmes financiers du club conduisirent son propriétaire Lubomír Chrenko à vendre la licence de l’Inter au FK Senica en juin 2009. L’équipe professionnelle de l’Inter disparut et le club repartit dans les divisions régionales.

Le club fut fondé en juillet 1940 sous le nom de ŠK Apollo Bratislava. Les créateurs ne furent pas inspirés par la mythologie grecque, Apollo faisant en réalité référence à l’entreprise qui soutint sa création. Créée en 1895, à l’aube de l’ère de l’automobile, la société Apollo exploitait la raffinerie de Bratislava qui produisait, au bord du Danube, de l’essence, de la ligroïne (white spirit), de la cérésine, des bougies, mais aussi de la glace artificielle et diverses graisses lubrifiantes. Sa capacité de traitement était de 30 000 tonnes de pétrole brut, qui provenait du Caucase et de Galicie polonaise, mais aussi de Roumanie, du Texas et de divers gisements de l’URSS. L’usine plaça Bratislava parmi les principaux centres de traitement du pétrole d’Europe centrale et, à son apogée, dans l’entre-deux-guerres, l’entreprise possédait des champs pétrolifères et un réseau de stations-service. Mais, avec l’invasion nazie, les capacités d’Appolo tombèrent aux mains du conglomérat chimique allemand, IG Farben, malheureusement célèbre pour avoir fourni les camps de la mort en zyklon-B et avoir profité de leurs mains d’oeuvre. En 1944, les raids aériens américains ciblèrent l’usine qui fut détruite à 80%. Même si elle reprit sa production en 1945, l’entreprise cessa ses activités en 1963. En parallèle, au début des années 1950, le gouvernement tchécoslovaque décida de construire une nouvelle raffinerie pour remplacer Apollo. En 1957, la première unité de production de la nouvelle raffinerie appelée Slovnaft fut mise en service. Aujourd’hui, Slovnaft, qui a été racheté par le groupe hongrois MOL, peut traiter 5,5 à 6 millions de tonnes de pétrole et représente 65% des ventes de carburants en Slovaquie. Il exploite 253 stations-service en Slovaquie, soit 29% du parc national.

La production pétrolière et pétrochimique passant d’Appolo à Slovnaft définitivement au début des années 1960, le club fit de même. En 1962 ou 1963, le club semble avoir fusionné avec des clubs appartenant à Slovnaft et devint une filiale du nouveau géant pétrolier slovaque. Evoluant probablement en rouge avant, la direction de l’Inter ajouta certainement au moment de la fusion les couleurs jaune et noir de Slovnaft. L’équipe évolue avec des maillots jaune et noir, sur lequel le nom de Slovnaft s’étala durant de longues années comme sponsor principal.

#925 – Stade de Reims : les Rouge et Blanc

Le club phare français des années 1950 et 1960 s’équipe d’un maillot mythique rouge et blanc, similaire à celui d’Arsenal, qui égaya la coupe d’Europe bien avant l’arrivée du club londonien. Pourtant, ces couleurs ne furent pas toujours celles des rémois. Si le club fut officiellement fondé le 18 juin 1931, il puise naturellement ses racines dans les bulles de Champagne. Le philanthrope, Marie Charles Jean Melchior de Polignac, petit-fils de la Veuve Pommery, était président des caves Pommery et Greno depuis 1907. Passionné de sports et soucieux de communiquer un exutoire à ses ouvriers, qui souffraient notamment d’alcoolisme, il décida la construction d’un centre sportif, connu sous le nom de Parc Pommery. Couvrant une superficie de 22 hectares, il accueillait, à partir de 1910, dans un décor représentant les dieux du stade, des pistes de courses, de sauts, de lancer, des terrains de tennis, de hockey, de football, de base-ball, de jeu de paume, une piscine et un vélodrome. Outre cette infrastructure, la maison de champagne créa le 29 septembre 1910 la Société Sportive du Parc Pommery (SSPP). Ses membres pratiquent le football, la marche, la gymnastique, le rugby, l’athlétisme et le cyclisme. Les joueurs portaient alors un short vert et un maillot doré, rappelant les couleurs du champagne. Outil humaniste, le club se transforma au fil des années en un vecteur de communication de l’entreprise Pommery et Greno. Il bénéficiait alors du soutien financier de sa maison mère, ce qui lui permettait de recruter et de rémunérer des sportifs (via des emplois au sein de la maison de champagne), afin de dominer les championnats régionaux. A la fin des années 1920, la section football commença à enregistrer des résultats et à monter les échelons.

La direction de Pommery et Greno décida alors de préparer la structure à l’arrivée du professionnalisme en l’autonomisant des autres sections sportives du SSPP et de la maison de Champagne. D’un club corporatiste, il devint un outil de promotion de la ville de Reims et, le 18 juin 1931, la nouvelle entité prit le nom de Stade de Reims. Les tenues dorées et vertes paraissaient un peu pale sur le terrain et la direction opta pour des nouvelles, plus vives, reconnaissables, tango et noir (maillot tango avec un scapulaire noir et short noir). Renforcé par des joueurs et entraineurs étrangers et doté d’un nouveau stade, le club continua son évolution en atteignant la seconde division en 1935. Désormais, officiellement professionnel, le Stade de Reims peina à s’imposer dans l’antichambre de l’élite, terminant à l’avant dernière place lors de la saison 1936-1937. Pour donner un nouvel élan, il fut décidé d’unir ses forces avec celles de son rival local, le Sporting Club Rémois, fondé en 1904 et tout récent vainqueur du champion du Nord-Est (1938). Ce dernier aspirait aussi au professionnalisme mais ces demandes auprès de la fédération avaient été rejetées. La fédération estimait qu’une ville de 100 000 habitants comme Reims ne pouvait pas disposer de deux clubs professionnels. Pour lui aussi, la fusion apparaissait donc comme la seule solution. Créée en 1938, la nouvelle formation garda le nom du Stade de Reims mais adopta les couleurs rouge et blanche du Sporting. Malheureusement, il n’existe pas de document permettant d’expliquer pourquoi le Sporting évoluait dans ces couleurs. En tout cas, elles ne furent jamais remises en question pour le nouveau Stade de Reims.

En 2010 (avec Kappa) et en 2020 (avec Umbro), le marketing rencontra la tradition et des éditions spéciales du maillot de l’équipe redevinrent tango avec un scapulaire noir. A savoir aussi qu’il existe actuellement un club de rugby, fondé en 1904, dénommé Stade de Reims et évoluant en tango et noir. Est-ce le fruit du hasard car je n’ai pas trouvé de lien avec le club de football ?

#891 – Eintracht Francfort : Schlappekicker

Ce mot est difficilement traduisible et souvent mal interprété. Il réunit le terme Schlappe qui signifie chausson dans le dialecte de Francfort et Kicker, le mot allemand désignant un footballeur. Les joueurs de Francfort seraient donc des footballeurs en pantoufle. Ils dormiraient sur la pelouse ou leur style de jeu serait ronflant ? Difficile à croire quand on connaît son palmarès et ses parcours européens, d’ailleurs encore confirmé hier soir avec la qualification du club au huitième de finale de la Ligue des Champions.

Tout remonte dans les années 1920. L’Eintracht avait une certaine notoriété en remportant une poignée de championnats locaux et régionaux. A cette époque, le club bénéficiait d’un soutien financier important de la société francfortoise J. & C. A. Schneider (JCAS prononcé Ikas), qui fabriquait des pantoufles. Dans le quartier de Gallus, plus de 3 000 ouvriers travaillaient pour JCAS. L’usine était alors l’un des principaux employeurs du quartier et la plus grande entreprise juive de Francfort. Les frères John et Carl August Schneider fondèrent en 1908 la « Frankfurter Spezialfabrik für Babyschuhe » qui fut reprise 3 ans plus tard par les frères Fritz et Lothar Adler. En s’associant avec leur cousin Walter Neumann, au lendemain de la Première Guerre Mondiale, leur société, devenue JCAS, connut une forte croissance, avec des exportations de pantoufles vers l’Angleterre, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark, la Norvège et la Suède. Elle était alors considérée comme la plus grande fabrique de pantoufles au monde et s’appelait simplement Schlappeschneider (les chaussons Schneider) ou Schlappe-Stinnes dans le langage populaire. Cette réussite et puissance financière, Walter Neumann les mit au service du club de sport de l’Eintracht Francfort. JCAS était alors le grand sponsor du club et les dirigeants de la société, les mécènes du club. Outre les dons que faisaient la société au club, elle pourvoyait en emplois les joueurs du club. A l’époque d’un football amateur (où le club ne pouvait pas rémunéré ses joueurs), ces emplois garantis étaient un avantage significatif pour attirer les talents. D’autant plus que ces emplois, sans être fictifs, n’étaient pas pénibles. Il s’agissait de job de bureaux où la présence du collaborateur-footballeur n’était pas indispensables. En revanche, ces employés-footballeurs donnaient tout sur le terrain. Ce soutien conduit rapidement à des résultats probants. En 1930, l’Eintracht remporta pour la première fois le championnat d’Allemagne du Sud. En 1932, ils étaient de nouveau en finale du Championnat d’Allemagne du Sud, où ils bâtirent le Bayern Munich. Le club bavarois prit sa revanche la même année lors de la finale des Championnats d’Allemagne. Sur la feuille de match de cette finale, presque toute l’équipe était sur la liste de paie de Schlappeschneider. Encore 6 joueurs de football du club (Karl Ehmer, Rudolf Gramlich, Willi Lindner, Hugo Mantel, Franz Schütz et Hans Stubb) émergeaient à l’usine vers 1935. Les succès se célébrèrent également dans les autres départements sportifs de l’Eintracht. En plus de 6 records du monde, les athlètes du club remportèrent des médailles olympiques. Par exemple, Tilly Fleischer gagna le bronze à Los Angels en 1932 et l’or au lancer du javelot à Berlin en 1936. L’équipe féminine de handball conquit le championnat d’Allemagne de handball en 1923. Enfin, en 1934, le membre Ernst Winter devint champion du monde à la barre fixe à Budapest. Cette forte collaboration entre l’entreprise et le club était bien connue dans la ville et c’est ainsi que les footballeurs de l’Eintracht ont obtenu le surnom Schlappekicker.

Mais, l’Allemagne bascula dans le nazisme et l’antisémitisme dans les années 1930 et ce soutien par une entreprise juive ne pouvait être bien vu par les autorités. En 1938, l’entreprise fut aryanisée, les 3 dirigeants juifs devant céder leur part. Comme les autres clubs allemands, l’Eintracht suivit le même chemin. Ancien joueur et donc employé de JCAS, Rudolf Gramlich prit la direction du club de 1939 à 1942. Puis, il rejoignit les WaffenSS. L’une des usines du quartier de Gaulus devint un camp de travail, notamment pour les prisonniers du camp de concentration français (Camp de concentration de Natzweiler-Struthof en Alsace). Après la guerre, les frères Adler récupérèrent l’entreprise. Mais, ils ne soutinrent plus le club et vendirent leurs parts en 1954. Pire, Rudolf Gramlich revint à la tête du club entre 1955 et 1969, le club connaissant alors une période dorée. Il fallut attendre 2020 pour que le club destituât Gramlich de son titre posthume de président honoraire en raison de sa participation active au parti nazi et aux SS.

Le terme Schlappekicker a été également repris par une association, soutenue par le quotidien « Frankfurter Rundschau ». Depuis 1951, cette dernière soutient des associations sportives et des initiatives engagées socialement. L’un de ses grands rendez-vous est la fête de noël (Schlappekicker-Weihnachtsfeier), auquel des joueurs de football illustres ont participé. Elle remet également chaque année un prix (Schlappekicker-Preisträger).

#879 – LR Vicence : Lane

Il s’agit du diminutif du nom de l’entreprise qui soutint durant de longues années le club de Vicence. Club formateur de Roberto Baggio et celui qui vit l’apogée de Paolo Rossi, Vicence est la doyenne des formations de football de la Vénétie et l’une des plus anciennes en Italie. Fondé en 1902, le club fit faillite en 2018 avant d’être relancé par l’entrepreneur Renzo Rosso, via son entreprise OTB Group (holding qui contrôle les marques de mode Diesel, Maison Margiela, Marni, Viktor & Rolf et Jil Sander). Mais, l’histoire du club fut marquée par une autre société, Lanerossi.

De 1902 à 1953, Vicence n’était pas un club anonyme mais comme toute équipe, il connut des hauts et des bas. L’apogée fut la finale du championnat d’Italie lors de la saison 1910-1911, malheureusement perdu contre Pro Vercelli. Dans les années 1930 et 1940, le club navigua entre la Serie A et Serie B et les premières années de 1950 s’établirent en seconde division, le club souffrant de la faiblesse de ses moyens financiers. Le 26 juin 1953, le géant de la laine basé à Schio, Lanificio Rossi (contracté en Lanerossi), changea l’histoire du club de football en le rachetant. Fondé en 1817 par Francesco Rossi, Lanerossi était cotée à la bourse de Milan dès 1873 et au début du XXème siècle, elle était la plus grande entreprise de laine italienne, avec de nombreuses usines dans la région de Vicence. L’implication de Lanerossi ne se limita pas seulement à du sponsoring puisque le club de football devenait une filiale de l’entreprise. Le club intégra le nom de l’entreprise dans le sien. Le « R », célèbre logo de la société textile, s’imposa également sur le maillot de l’équipe. Au delà des nouveaux moyens financiers, la confiance, le sérieux et la sérénité apportés par ce soutien permirent de bâtir une équipe en mesure de revenir dans l’élite italienne. Puis, pendant 20 ans, le club fut un pensionnaire de la Serie A, régulièrement présent dans la première partie du tableau mais sans jouer les premières places. En 1975, le club n’évita pas la rétrogradation et ce fut le début du déclin. Même si Lanerossi était toujours l’actionnaire du club, son soutien diminua au fil des années. Finalement, à l’été 1989, Lanerossi céda le club à Pieraldo Dalle Carbonare qui changea le nom en Vicence Calcio et fit disparaître le « R » du maillot.

Si le palmarès resta vierge sous le contrôle de Lanerossi, le club connut de belles années et permit à son actionnaire d’accroître sa notoriété. Pour démontrer ce lien particulier avec cette époque, lors de la célébration du centenaire en 2002, la direction du club opta pour le retour du « R » sur le maillot, avec l’accord du nouveau propriétaire de Lanerossi, le groupe Marzotto. Après le renouvellement de l’accord de Marzotto, à partir de la saison 2006-2007, le « R » devint une partie intégrante des maillots de Vicenza, étant alors un blason secondaire. En 2018, lors de la refondation du club et alors qu’il y eut quelques batailles sur l’héritage culturel du club, Renzo Rosso reprît le célèbre « R » et dénomma le club LR Vicence Virtus (LR étant les initiales de Lanificio Rossi).

#878 – Paksi FC : Atomváros

La ville atomique. Même si l’équipe appartient à l’élite hongroise depuis 2006, elle n’a jamais explosé au plus haut niveau. Elle connut une grande année 2011 lorsqu’elle termina à la seconde place du championnat et remporta son unique trophée, une coupe de la Ligue de Hongrie. En fait, ce surnom s’attache à la ville de Paks. Pourtant celle-ci, qui compte près de 20 000 habitants, ne fut pas le point de chute de Blondie. Ce lien avec l’énergie nucléaire s’est créé avec la présence de la centrale nucléaire MVM Paksi Atomerőmű, situé à 5,5 km au sud de la ville, sur la rive droite du Danube. Décidée en 1966, elle fut construite entre 1969 et 1987 et constitue l’unique centrale nucléaire en Hongrie. Etant donné l’importance des besoins, la construction mobilisa fortement les entreprises hongroises ainsi que soviétiques, et plus de 10 000 personnes travaillaient sur le chantier à son pic. Composé de 4 réacteurs, représentant 2 000 MW, ils furent mis en exploitation entre 1982 et 1987. Leurs durées de vie ont été régulièrement prolongées et ils devraient cesser leurs activités entre 2032 et 2037. Exploitée par l’opérateur nationale, MVM, la centrale fournit en 2019 plus de 50% de la production d’électricité de la Hongrie. Un projet de deuxième centrale, Parks II, fut lancée en 2009 après l’approbation de l’assemblée nationale. En Août 2022, les permis ont été obtenus et la construction devrait commencer prochainement.

Evidemment, étant donné la taille moyenne de la ville, l’implantation de la centrale fut importante pour son existence. Les deux guerres mondiales du XXème siècle avait causé d’énormes pertes dans la population, conduisant à une décroissance du nombre d’habitants. Le déclin de la population fut stoppé par la construction de la centrale électrique et le nombre de citoyens doubla alors en peu de temps. En outre, la présence de la centrale nucléaire donna un nouvel élan au développement économique et, aujourd’hui, le nombre d’entreprises est élevé par rapport aux villes de taille similaire. Le blason de la ville intègre le symbole d’un atome pour rappeler la présence de la centrale.

Le secteur sportif ne resta pas à l’écart du rayonnement de la centrale électrique. Dans les années 1910, le football était l’affaire des étudiants de la ville. La création du club, nommé Paksi SE, en 1952 se réalisa avec le soutien de la principale usine de la cité, la conserverie de légumes et fruits. De son côté, la société gérant la construction et l’exploitation de la centrale fonda sa propre organisation sportive pour ses ouvriers, dénommée Atomerűmű SE (Atomerűmű signifiant centrale nucléaire). Omnisport et avant tout axé sur le loisir, le club connut des sections sportives qui s’ouvrirent à la compétition et à la professionnalisation (surtout le basket qui encore aujourd’hui lutte au sein de l’élite). Les deux équipes évoluèrent dans les divisions inférieures jusqu’en 1984 où elle se retrouvèrent dans le même groupe en 3ème division nationale. Néanmoins, cette nouvelle rivalité fut un frein au développement des équipes car les deux manquaient de moyens financiers pour accéder à l’étage supérieure. Ainsi, le 1er juillet 1993, les dirigeants des deux clubs de Paks signèrent un accord pour fusionner, pour donner naissance à Paksi Atomerőmű SE, et la nouvelle équipe se basa avant tout sur les anciens joueurs d’Atomerűmű SE. Puis, en 2006, pour son accession à l’élite hongroise, le club changea de nom pour Paksi FC. En 2011, un accord de sponsoring fut signé avec MVM, l’exploitant de la centrale, le club intégrant le signe MVM dans son nom. Mais, en 2014, ce sponsoring cessa, MVM préférant continuer de sponsoriser le club voisin de Dunaújváros PASE.

#875 – 1. FC Slovácko : Synot

Le terme n’est pas traduisible car ce n’est pas un nom commun. Il s’agit du nom de l’entreprise, ancien sponsor du club. L’adversaire de l’OGC Nice en Ligue Europa Conference est un club à la fois ancien et récent. En effet, techniquement, le 1. FC Slovácko naquit en 2000 par la fusion de deux entités : FC Synot Staré Město (fondé en 1927, représentant la vieille ville d’Uherské Hradiště) et FC Synot Slovácká Slavia Uherské Hradiště (fondé en 1894, certainement l’un des premiers clubs de la ville d’Uherské Hradiště). Ces deux clubs partageaient une partie de leur nom, Synot, qui était en fait leur sponsor principal, la société Synot. Créée en 1991 à Uherské Hradiště par l’entrepreneur Ivo Valenta, Synot est une entreprise tchèque présent dans plus de 30 pays et employant environ 3 000 personnes. Son activité se concentre sur les jeux d’argent, en ligne ou non. Ce groupe s’est rapidement développé dans d’autres domaines, tels que la distribution des véhicules BMW, le tourisme, l’immobilier, les médias ainsi que les services informatiques. Actif dans les paris sportifs, le groupe se tourna naturellement vers le sponsoring des clubs d’Uherské Hradiště. En 1994, il prit le contrôle du SFK Staré Město qui devint le FC Synot Staré Město. Vers la même époque, l’autre club, le Slovácká Slavia Uherské Hradiště fut également repris par une entreprise, TIC (Trade Investment Consulting). Mais, rencontrant elle-même des difficultés financières, TIC dut abandonné le club. Une autre compagnie, Joko, prit la relève en 1995, après les deux ans de TIC. Mais, elle ne réussit pas plus à stabiliser financièrement le club, qui connut une relégation en 1997. En 1999, Synot intervint alors dans le club de Slovácká Slavia, celui-ci intégrant le nom de l’entreprise.

Voulant faire de la ville, une des places incontournables du football tchèque, Synot décida de fusionner les deux institutions en 2000. Le nouveau club prit le nom de son sponsor-actionnaire, 1. FC Synot. L’entreprise et son dirigeant avait l’ambition de se battre pour les premières places dans l’élite tchèque, afin de participer aux compétitions européennes. Dès la fusion, le club retrouva sa place en première division et il termina pour sa première saison à la 11ème place, gagnant sa participation à la prochaine Coupe Intertoto. En octobre 2003, un nouveau stade fut construit d’une capacité de 8 121 places, remplaçant la petite enceinte obsolète de Širůch dans la vieille ville. Jusqu’en 2004, la progression fut constante pour atteindre une 5ème place lors de la saison 2003-2004. Toutefois, cette année fut fatale pour le soutien de Synot et le football tchèque, éclaboussés par des affaires de corruption.

En avril 2004, le directeur sportif du Synot, Jaroslav Hastík, fut arrêté dans une station-service près de Vyškov en possession de 175 000 couronnes tchèques (6 500 euros de l’époque) et en compagnie de l’arbitre Stanislav Hruška. Ecoute téléphonique à l’appuie, l’enquête de la police conclut à une tentative de corruption. D’autres actes furent également découverts par la police. L’arbitre Václav Zejda fut acheté par Jaroslav Hastík (à hauteur de 120 000 couronnes tchèques) pour influencer le match Chmel Blšany-Synot. Un autre arbitre, Eduard Cichý, avait manipulé le match Synot-Teplice contre 200 000 couronnes slovaques (Cichý faisait parti d’un échange entre les ligues tchèques et slovaques). L’implication du président de Synot, Ivo Valenta, dans cette politique de corruption fut également démontrée par les enquêteurs pour au moins deux matchs Zlín–Synot et Synot–Sparta. Cette affaire révéla un système de corruption beaucoup plus large au sein du football tchèque. En effet, au delà de Synot, d’autres clubs de l’élite (FK Teplice, FK Jablonec, Sparta Prague, Slovan Liberec, SFC Opava, HFK Olomouc et Viktoria Žižkov) avaient également soudoyé des arbitres. Des clubs de deuxième division furent également impliqués. Pour Synot, cela se termina par des sanctions plutôt clémentes. La commission de discipline de la ligue décida de ne pas reléguer le FC Synot et de lui infliger une amende de seulement 500 000 couronnes tchèques (18 000 euros) et une perte de 12 points pour le championnat 2004-2005. La direction du club de Synot démissionna, son actionnaire vendit le club et proclama qu’il ne financerait à l’avenir plus aucune activité sportive. Le club changea de nom en 1. FC Slovácko pour effacer toute trace du nom honni. Même si le club fut le plus impliqué dans cette affaire, les supporteurs n’en gardèrent pas de rancœur et continuent de surnommer le club, Synot.

#867 – CS Minaur Baia Mare : Minerii

Les mineurs. Le club fut fondé en 1948 par la fusion du club Phoenix Baia Mare, appartenant à l’usine chimique, créé en 1932, et Minaur Baia Mare, club des mineurs, créé en 1927. Dans un premier temps, relié à l’industrie métallurgique, le club se plaça sous le patronage de l’économie minière de la région. L’exploitation minière fut l’occupation de base et l’une des principales sources de revenues des habitants de la région de Baia Mare depuis l’Antiquité. Au cours du Néogène (s’étalant entre -23 millions d’années et -2,58 millions d’années), une activité volcanique intense se produisit dans la région, qui offrit le climat propice au développement d’une chaîne de montagnes. Les roches éruptives de ces massifs montagneux contiennent depuis des minerais d’or et d’argent ainsi que des métaux non ferreux (plomb, zinc, cuivre …). La naissance de la ville est certainement due à cette activité minière. Des témoignages écrits apparaissent dès 1329 et décrivent Baia Mare comme un important centre minier et une cité médiévale à majorité allemande. Le premier document qui donne des données plus détaillées sur l’exploitation minière à Baia Mare est le privilège délivré par Ludovic I en 1347, qui renouvelait les privilèges antérieurs de la ville et aussi jetait les bases de l’organisation minière. Au XVème siècle, l’exploitation minière était florissante. Au XIXème siècle, accompagnant la production minière, des industries métallurgiques se développèrent. Après 1918, l’État roumain fit l’acquisition des mines et des usines métallurgiques appartenant à la Hongrie en Transylvanie. Une agence d’État (Regia Intreprinderilor Miniere si Metalurgice ale Statului – Direction des entreprises minières et métallurgiques de l’État) fut créée. Après 1924, des sommes considérables furent investies afin de faire des mines des unités de pointe. En 1945, les opérations minières dans le nord du pays (dont Baia Mare) furent intégrés dans la société Minaur. Après l’établissement du régime communiste, l’apogée de la production dans le nord du pays commença : de nouvelles mines furent ouvertes. Seulement, l’exploitation minière n’était plus rentable et était fortement subventionnée par l’Etat pour répondre aux besoins de l’industrie lourde roumaine. Les réserves d’or de la banque centrale roumaine provenait de cette région. Après la révolution de 1989, les mines commencèrent à décliner. Le 30 janvier 2000, aux alentours de Baia Mare, eut lieu l’une des pires catastrophes industrielles européennes. Une fuite de cyanure provenant de la société Aurul, qui traitait les résidus de l’activité aurifère, se déversa en particulier dans la Tisza et le Danube, provoquant la mort d’une grande quantité de poissons en Hongrie et en Yougoslavie. Cinq semaines plus tard, une autre fuite, cette fois de métaux lourds (zinc, plomb, cuivre), contamina une nouvelle fois les eaux de la Tisza. Désormais, les activités minières ont quasiment disparus.

Néanmoins, elles marquèrent fortement l’histoire de la région comme du club. Après s’être appelé Energia Trustul Miner Baia Mare et Minerul Baia Mare, Minaur apparaît encore dans le nom du club. Du côté de la ville, son nom dérive directement de cette activité. « Baia » signifie une exploitation souterraine, une mine et provient du latin bannea ou du hongrois bánya. « Mare » est un adjectif dont le sens est étendu, vaste et venant du latin mas, mari. Ensuite, la production minière s’inscrivit dans ses armoiries. Sous le règne de Matthias Corvin, vers 1468, sur les pièces frappées à Baia Mare apparaissaient deux marteaux de mineur croisés, qui, plus tard, feront partie à la fois du sceau et des armoiries de la ville. Aujourd’hui, ils ont disparu mais on peut voir sur le blason un mineur sous terre avec une pioche en train de creuser.

#842 – ASPA Cotonou : les Portuaires

ASPAC sont les initiales d’Association Sportive du Port Autonome de Cotonou et, avec cette simple explication, le surnom apparaît comme une évidence. En 1968, la société Port Autonome de Cotonou (PAC) en charge de l’entretien et de l’exploitation des installations portuaire décida de créer une entité sportive où ses salariés pourraient s’émanciper sportivement. Depuis lors, le club est totalement lié à l’entreprise publique. D’une part, dans les symboles. L’écusson du club affiche une ancre marine et ses couleurs sont le blanc, le bleu et l’orange, également celles du PAC. Surtout, le nom du club rappelle ce lien filial. D’autre part, dans l’organisation. Certains membres de la direction, mais surtout le président du club, sont des cadres du PAC. En outre, le directeur général du Port Autonome de Cotonou est d’office président d’honneur de l’ASPAC. La dernière élection du bureau directeur en Mars 2022 s’est d’ailleurs déroulée dans les locaux du PAC (en présence de son Directeur Général). Ce soutien n’est pas symbolique car le port de Cotonou constitue le poumon économique du pays.

Plus grande ville du Bénin, Cotonou est la capitale économique du pays grâce aux activités portuaires. Sa position demeure stratégique pour les échanges dans la région et son port se présente comme le 1er port de transit d’Afrique de l’Ouest. Coincé entre le Lac Nokoué et l’Océan Atlantique, à 40 km de la capitale administrative, Porto-Novo, et à peine plus du géant africain, le Nigéria, Cotonou bénéficie d’infrastructures portuaires, routières et aéroportuaires qui lui permettent d’être le pivot logistique des pays de l’hinterland (notamment le Niger) et du Nigéria (un marché de 220 millions d’habitants). En 2018, 49 % du trafic d’importation étaient réexpédiés vers le Niger. Le port de Cotonou contribue à plus de 60 % au PIB du pays (notamment via les droits de douane) et mobilise plus de 90 % des ressources intérieures. Construit en 1965 (auparavant une simple passerelle métallique construite en 1891 constituait le port), le port subit la forte concurrence d’Abidjan en Côte d’Ivoire et de Tema au Ghana, en mesure d’accueillir des navires plus gros. Le gouvernement a donc entrepris de lourds investissements pour redynamiser le port. En 2018, le PAC s’est associé avec le Port of Antwerp International (PAI) pour bénéficier de l’expérience du port anversois. En outre, d’ici 2025, 450 milliards de FCFA seront investis pour en faire une plateforme logistique moderne. 700 personnes travaillent au PAC, pour plus de 10 000 personnes sur le port.

#839 – NK Inter Zaprešić : Keramičari

Les céramistes. Vous avez évidemment deviné que la poterie ne constitue pas une activités des entrainements de l’équipe. En revanche, la présence de l’usine de porcelaine d’Inkerpor, filiale du groupe espagnole Porvasal, dans la ville de Zaprešić n’est certainement pas étrangère à ce surnom. En 1929, le club de football fut fondé sous le nom de NK Sava. En 1932, le club changea son nom en NK Jelačić, qu’il porta jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, nouveau changement de nom pour NK Zaprešić. Puis, en 1962, le nouveau nom qui nous intéresse : NK Jugokeramika. En effet, à partir de cette date et jusqu’à l’indépendance du pays, le club fut patronné par la société Jugokeramika. Son usine s’installa dans la ville de Zaprešić en 1953. Sa production était diversifiée et sa gamme allait de carreaux de céramique aux appareils sanitaires, en passant par la vaisselle en porcelaine, dès 1956. Ses produits avaient alors une bonne réputation dans toute la Yougoslavie. A l’orée de l’indépendance du pays en 1991, le club obtint le titre non-officiel de champion de Croatie (ce premier championnat n’était pas encore officiellement reconnue mais il avait une haute valeur symbolique pour le peuple). A la même époque, Jugokeramika fut privatisé et changea de nom pour INKER (INdustrija KERamike). En conséquence, le club modifia son nom pour Inker Zaprešić. Mais, avec l’effondrement de la Yougoslavie, les marchés des territoires de l’ancien État n’étaient plus porteurs et les marchés étrangers connaissaient la crise. L’activité de l’usine déclina alors comme son soutien au club. Finalement, au début des années 2000, l’usine ne manifestait plus aucun désir de coopérer avec le club et aucune aide financière ne parvenait. Selon les dirigeants de l’époque, l’usine ne répondait même plus aux demandes d’explication ou d’aide de l’équipe. La direction du club constata donc le divorce en 2003 en abandonnant le nom de l’entreprise et devint l’Inter Zaprešić, qui avait l’avantage d’être proche de son ancienne dénomination. Le surnom en revanche resta.

#837 – BATE Borisov : жоўта-блакітныя

Les jaune et bleu. Ville de près de 145 000 habitants, à 70 km au nord-est de la capitale Minsk, Baryssaw accueille le football depuis le début des années 1900. A l’aube de la Première Guerre Mondiale, la ville comptait déjà quatre clubs de football. Par la suite, le football dans la ville connut des hauts et des bas et dans les années 1950 et 1960, deux clubs la représentaient dans le championnat de la République Soviétique Biélorusse : Торпедо et Строителя. Строителя constituait une équipe solide de la ligue et en 1968, elle était un candidat sérieux au titre. Mais, des problèmes financiers eurent raison de ses ambitions et le club fut dissout avant même la fin du championnat de cette même année. La passion pour le football dans la cité était forte et cette dernière ne pouvait rester sans représentant. Comme les finances avaient été le point faible de Строителя, toute nouvelle organisation qui voulait devenir l’étendard footballistique de la ville devait s’adosser à un mécène. Nikolai Busel, le directeur de l’usine BATE (Барысаўскі завод аўтатрактарнага электраабсталявання – Usine de Borisov d’équipements électriques pour automobiles-tracteurs), qui était un des grands employeurs de la ville, fonda un nouveau club de football au sein de l’entreprise en 1973. Ce dernier prit donc le nom de son sponsor (BATE) et également le logo de l’entreprise qui devint son blason (et donc les couleurs jaune et bleu de la société). Disparu en 1984, BATE réussit tout de même en une décennie à remporter 3 titres de champion de Biélorussie (1974, 1976 et 1979). Sous le patronage de l’entrepreneur Anatoly Kapsky, qui était également le directeur de l’usine BATE, l’équipe renaquit de ses cendres en 1996 pour de nouveau ramener la ville de Baryssaw sur le devant de la scène. Et ce fut fait et de quelle manière ! Depuis 1996, BATE a gagné 15 titres de champions (dont 13 d’affilés entre 2006 et 2018, ce qui signifie avoir conquis 70% des titres de champion depuis l’indépendance de la Biélorussie) et 5 Coupes nationales. Il est aussi le premier club biélorusse à intégrer la phase de groupes de la Ligue des champions (2009) et de la Ligue Europa (2010).