#418 – AEL Larissa : Βασίλισσα του Κάμπου

La reine de la plaine. Sous l’impulsion de la ligue régionale, 4 clubs de la ville de Larissa (Aris, Iraklis , Larissaikos et Toxotis) décidèrent d’unir leurs forces pour fonder le club de l’AEL le 17 mai 1964. Cette union concrétisa la vision de créer une équipe puissante qui représenterait la préfecture de Larisa (5ème ville de Grèce) dans l’élite, ces 4 clubs n’ayant pas eu individuellement de succès au niveau national. Malheureusement, la réussite ne fut pas au rendez-vous rapidement mais finalement en 1973, le club accéda enfin à la première division grecque. Si les débuts furent laborieux, le club réalisa toutefois un grand exploit demeuré encore unique aujourd’hui. En 1988, l’AEL devint champion de Grèce pour la première et unique fois de son histoire, devenant le premier et encore aujourd’hui seul club qui n’est pas d’Athènes ou de Thessalonique à remporter le prestigieux titre. Cette réussite fut enrichie de deux Coupe de Grèce en 1985 et 2007. La victoire en 1988 fut difficile puisque la Ligue Grecque retira en Mars 4 points au club après la découverte d’un cas de dopage dans l’équipe, le joueur bulgare Giorgi Tsigov. Comme souvent en Grèce, la réaction des supporteurs fut rapide et excessive. Ils bloquèrent l’autoroute (E75 qui relie Athènes à Thessalonique) ainsi que les lignes de chemin de fer pendant plusieurs jours, immobilisant la moitié du pays. Sous la pression des événements, la Ligue harmonisa son règlement avec la législation de l’ UEFA en vigueur, où l’équipe n’est pas déclaré responsable du dopage du joueur et où seul le joueur est pénalisé. À la suite de cette décision, les points furent restitués. 1 mois plus tard, Larissa devint champion en remportant le match face à Iraklis en marquant l’unique but de la rencontre à la 88ème minute.

La Grèce résulte de l’affrontement des plaques tectoniques africaine et eurasiatique, qui ont conduit le pays à être le 6ème plus montagneux d’Europe (entre 70 % et 80 % du territoire grec est montagneux) et compter de nombreux canyons et autres paysages karstiques. En outre, aucun point de la Grèce n’est éloigné de plus de cent kilomètres de la mer, dans le Péloponnèse cette distance n’étant même que d’une cinquantaine de kilomètres. Autant dire que les plaines demeurent un espace rare en Grèce. Or, la région de Thessalie, dont Larissa est la capitale, se caractérise justement par les deux grandes plaines de Trikala et de Larissa, considéré comme les plus grandes du pays. La région apparaît alors comme le grenier du pays.

Avec ce palmarès unique (les autres meilleurs clubs de la région survivent à peine en seconde division) et cette localisation, le surnom de Reine de la Plaine, s’imposa. Parfois, le surnom de Βασίλισσα της Θεσσαλίας (Reine de Thessalie) est également utilisé.

#382 – OFI Crète : Ομίλου

Le club. Encore un club dont le statut dépasse le cadre du football. L’OFI est le club d’Héraklion, la plus grande ville de Crète, mais il représente plus que cette cité. Il est l’emblème de la Crète entière. Si les crétois se sentent pleinement grecs, il demeure pas moins que leur culture (costume, patronyme, langue, cuisine, danse, musique) diffère de la Grèce continentale. Au printemps 1925, alors que les derniers musulmans quittaient l’île, que les réfugiés grecques d’Asie Mineure venaient d’immigrer massivement et que le rattachement à la Grèce étaient encore frais (1913), plusieurs sportifs de différentes disciplines (athlétisme, haltérophilie, lutte ou football) partageaient le même lieu d’entrainement et assez rapidement la même idée de créer une association réunissant leurs sports et des amis crétois. Ainsi, naquit quelques jours plus tard, l’OFI Crète dont les fondateurs voulaient que cette association – le Club – soit spéciale : être composé de ses propres fans. Ce collectif s’appela Όμιλος Φιλάθλων Ηρακλείου (Club des Fans d’Héraklion) et avait pour aspiration de gérer des évènements sportifs, de divertir ses membres et d’organiser des conférences et des excusions. Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’OFI ne pouvait se rendre sur le continent pour disputer des matchs, les voyages en bateau étant trop hasardeux à l’époque. Sa renommée se limitait alors à son ile. Puis, après la guerre, le club commença petit à petit à gravir les championnat régionaux pour titiller les sommets du football grecque. En 1968, il y parvint et devint le premier club crétois à évoluer dans la première division nationale. A compter de cette date, le club va connaître des période sombre (avec de graves difficultés financières) mais aussi quelques succès (tels qu’une Coupe de Grèce en 1987, une seconde place en Championnat en 1986 et une Coupe des Balkans en 1989), dont 6 campagnes européennes. Mais, quelque soit les résultats, OFI est le club crétois avec le plus d’apparitions en première division grecque, produisit des beaux joueurs (Machlas, Samaras, Mahamadu Diarra). Il représente et fait la fierté de l’ile.

#375 – CD Olimpia : Rey de Copas

Le roi des coupes. L’un des plus vieux clubs de football du Honduras (fondé 12 juin 1912) demeure aussi l’un des plus titrés au niveau national comme en Amérique Centrale. Sur la base des compétitions d’Amérique Centrale, le CD Olimpia fut élu le deuxième meilleur club de la zone au XXème siècle, derrière le Deportivo Saprissa, mais devant tous les clubs mexicains, dont la ligue demeurait pourtant la plus forte du continent, par l’IFFHS. Le CD Olimpia fut le seul club du Honduras à remporter la Liga de Campeones de la Concacaf (l’équivalent de notre Ligue des Champions) et par deux fois (1972, 1988). Il a même atteint la finale par deux autres fois (1985, 2000).En 2017, une Liga Concacaf s’est rajouté au palmarès. 3 Copa Interclubes de la Uncaf furent également remportés (1981, 1999, 2000). Sur le plan national, pas de discussion possible. L’Olimpia remporta 31 championnats professionnels et 7 amateurs, record du pays et ce qui en fait l’un des clubs les plus de titrés d’Amérique Centrale. L’Olimpia ajouta un autre jalon à son histoire en décembre 2013 en devenant le premier quadruple champion de l’histoire du Honduras. A cela s’ajoute 3 Coupes Nationales (1995, 1998, 2015). Le CD Olimpia n’a pas donc pas d’équivalent au Honduras et demeure l’un des clubs les plus respectés d’Amérique Centrale. Comme d’autres clubs, l’Olimpia a souhaité affiché sur son blason son palmarès. Ainsi, à chaque titre national remporté, une étoile était ajoutée à l’écusson. En gagnant de nombreux championnats, cette constellation commençait à peser sur le composition du blason. Résultat, il fut décidé que chaque étoile représenterait 5 titres remportés. Puis, aujourd’hui, l’écusson n’intègre plus que 3 étoiles, correspondant au 3 titres continentales gagnés. Toutefois, deux branches de laurier ont été ajouté pour symboliser, comme dans la Grèce antique, l’important palmarès du club.

#344 – Al Ahly SC : نادي القرن

Le club du siècle. Le surnom semble mérité après la 9ème Ligue des champions de la CAF, remportée face à son rival du Zamalek, il y a quelques jours de cela (depuis l’écriture de cet article, 3 autres se sont rajoutés, record africain). Le club ne s’est pas attribué ce qualificatif même s’il est heureux de le faire figurer sur son blason. En réalité, la Confédération Africaine de Football (CAF) lui décerna ce titre le 31 décembre 2000, et à juste titre.

Au niveau national, Al Ahly détient 44 titres de champion, 39 coupes d’Egypte et 14 super coupes, ce qui en fait le club le plus titré d’Egypte et détenant le record de titres gagné dans chacune de ces catégories. Le club remporta le premier titre de champion national en 1949 et les 8 suivants. Il réédita cette domination sur le championnat avec 8 titres d’affilée de 2005 à 2014. De plus, Al Ahly n’a jamais été relégué en seconde division égyptienne. Avant l’avènement de la première division égyptienne, Al Ahly constituait déjà la référence du football cairote, en ayant remporté 17 fois la Ligue du Caire (record).

Sur le plan continental, le club ne démérite pas non plus ce titre : 12 Ligue des champions de la CAF, record continental, auquel s’ajoute 4 Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe (également le record de l’épreuve et notamment 3 d’affilés en 1984, 1985 et 1986), 1 Coupe de la Confédération CAF et 8 Super Coupe de la CAF (record). Enfin, le club remporta également un Championnat des clubs afro-asiatiques, une Coupe des champions des clubs arabes, une Coupe des Vainqueurs de Coupe Arabe, deux Super Coupes Arabes, et 4 médailles de bronze à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA (2006, 2020, 2021 et 2023). Selon les classements, le club égyptien serait le club de football le plus titré au monde avec près de 120 trophées (en 2020). Ce qui plut certainement au supporteurs du club, c’est que ce dernier se vit décerner cette distinction avec comme premier dauphin, le Zamalek, le club rival.

#326 – Barcelona SC : el Ídolo

L’idole. Le club équatorien est généralement connu comme el Ídolo del Astillero, du nom du quartier où il a vu le jour. Cette précision est nécessaire car il n’est pas le seul club en équateur qui a hérité de ce surnom (Delfín, Macará, Aucas, Esmeraldas Petrolero). Et en toute simplicité, il est également cité comme el Ídolo del Ecuador. En 1959, pour l’inauguration de son stade, le club organisa un tournoi avec les argentins de Huracán, les uruguayens de Peñarol, présenté comme le champion d’Uruguay, ainsi que le club rival d’Emelec, présenté comme le dernier champion national. Pour présenter Barcelona sur l’affiche du tournoi, il fut simplement désigné comme el Ídolo Nacional (l’idole national). Ces derniers surnoms ne sont peut-être pas trop prétentieux au vue de l’important palmarès du club ou des nombreux exploits qui jalonnent sa longue histoire. Le club détient le record national de championnat remporté (15 titres) et au niveau continental, il est parvenu deux fois à se hisser en finale de Copa Libertadores (en 1990 et en 1998). Côté matchs célèbres, Barcelone avait battu les argentins d’Estudiantes La Plata en Copa Libertadores le 29 avril 1971 (victoire 1 à 0 à La Plata). En 1971, l’équipe d’Argentine régnait sur le continent après avoir remporté les 3 dernières Copa Libertadores. Quelques années auparavant, Barcelone avait également battu le club colombien du Millonarios FC (3 à 2, le 31 Août 1949) lors d’un match amical. Le club colombien comptait alors la légende Alfredo Di Stefano dans ses rangs. Avec toute cette histoire, le club compte évidemment une large base de fans, la plus importante du pays. Les différents sondages réalisés ont montré que 40% des équatoriens supportaient le club.

#304 – SE Palmeiras : Campeão do Século

Le champion du siècle. Surnom pour le moins pompeux mais ce titre fut décerné au club par la Federação Paulista de Futebol et la presse brésilienne en 1999. Alors pourquoi se priver d’un tel surnom ? Il est vrai que le club est le plus titré du Brésil. Fin 2020, sa vitrine présente une belle ribambelle de trophées : 10 Championnats du Brésil (record national, le dernier en 2017), 3 Coupes du Brésil, 1 Coupe des Champions, 5 fois vainqueurs du tournoi Rio-São Paulo, 23 Championnats de São Paolo (le dernier en 2020). Au plan continental, le club n’est pas en reste. Il a remporté 1 Copa Libertadores et fut 3 fois finalistes. Il gagna également une Copa Mercosur et fut 2 fois finalistes. Enfin, il perdit une finale de Coupe Intercontinentale en 1999 face à Manchester United.

#248 – Leeds United FC : Whites

Les blancs. L’équipe n’a pas toujours portée un uniforme blanc. Au cours des 15 premières années, le kit du club était calqué sur les chemises rayées bleues et blanches de Huddersfield Town car le président de ce dernier, Hilton Crowther, qui avait prêté 35 000 £ à Leeds, était tenté de fusionner les deux entités. En 1934, Leeds passa à des maillots coupées en deux avec une partie bleue et l’autre jaune, couleurs principales du blason de la ville, qui furent adoptées au milieu du XVIIème siècle.

A l’issue de la saison 1962, le club échappa de justesse à la relégation en 3ème division, grâce à une victoire au dernier match, et rencontrait des difficultés financières. La direction prit la décision de confier les rênes de l’équipe à un ancien joueur de 33 ans, Don Revie. Ce dernier décida de donner une nouvelle impulsion au club. Ceci passa notamment par le changement de couleurs. Il fit adopter une combinaison toute blanche, en référence à l’équipe qui dominait l’Europe, le Real Madrid (Madrid avait déjà remporté à cette époque les 5 premières Coupes des clubs champions et une Coupe intercontinentale). Son objectif était d’inspirer les joueurs et encourager les supporteurs que United pouvait rencontrer le même succès que l’équipe espagnole. Evidemment, pour les observateurs de l’époque, cette comparaison sembla absurde.

Mais, Don Revie prit plaisir à leur donner tord. Il obtint le titre de 2ème division dès 1964 et remporta même la Premier League en 69 et en 74. Au final, au cours de ses 13 années à la tête du club, Revie guida Leeds vers 2 titres de champion d’Angleterre (1969 et 1974), une FA Cup (1972), une Coupe de la Ligue (1968), deux Coupes des villes de foire (Europa League, 1968 et 1971), un titre de deuxième division (1964) et un Charity Shield (1969). Le club atteignit également trois fois la finale de la FA Cup, une finale de la Coupe des villes de foire (1967) et une finale de la Coupe des vainqueurs de coupe (1973) ainsi qu’une demi-finale de la Coupe des Clubs Champions (1970). L’équipe termina aussi deuxième de la première division à cinq reprises, troisième une fois et quatrième deux fois. Dans une enquête réalisée par le magazine Total Sport auprès de grands écrivains, historiens et universitaires du football, le Leeds United de Revie a été élu comme l’une des 50 plus grandes équipes de football de tous les temps. Avant la nomination de Revie, le club n’avait aucun palmarès. Absurde la comparaison ? Inspiration manquée ?

#215 – SL Benfica : o Glorioso

Le glorieux. Surnom flatteur mais qui semble logique au regard du palmarès important du club lisboète. Mais, comme ce palmarès et la renommée du club s’est construite au fil des décennies, plusieurs versions existent sur l’émergence du surnom.

Il serait apparu dès les premières saisons du club, avant même que le Sport Lisboa ne fusionna avec le Sport Clube de Benfica. Le football fut importé au Portugal par les marins et ouvriers britanniques et naturellement les équipes d’expatriés anglo-saxons dominaient les rencontres face aux débutants portugais. C’était le cas à Carcavelos, dans la proche banlieue de Lisbonne, où évoluait l’équipe du Carcavelos Club, dont la domination sur le football local la faisait surnommé os mestres ingleses (les maîtres anglais). Le Sport Lisboa avait déjà affronté cette équipe par deux fois et les rencontres s’étaient soldées par des défaites sévères (7-0 en 1905-1906 et 3-1 en 1906-1907). Mais, le 10 février 1907, sur le terrain de Quinta Nova, à Carcavelos, le Sport Lisboa remporta le match par 2 buts à 1. Cela faisait 9 ans que les anglais n’avaient pas connu le gout de la défaite. Cette victoire par une équipe composée de portugais contribua à la renommée naissante du club lisboète et attira, lors des matchs suivants, une présence croissante de spectateurs.

Pour d’autres, le surnom se justifie par la grande époque du Benfica pendant les années 1960, avec l’arrivée d’Eusébio. Benfica avait remporté 10 championnats nationaux avant l’arrivée du puissant attaquant tandis qu’au cours des 15 années où Eusébio mena l’attaque lisboète, le club gagna 11 championnats (sachant que de 1963 à 1975, Benfica était soit champion, soit vice-champion) ainsi que 5 Coupes du Portugal. Mais sa domination ne s’arrêta pas au Portugal car Benfica s’adjugea en 1961 et 1962 deux Coupes des Clubs champions (+ 3 finales). Elle fut la première équipe portugaise à remporter ce titre et tout simplement la première à faire tomber le Real Madrid de son piédestal européen.

Au delà de ces deux périodes, Benfica demeure l’un des plus grands clubs européens et portugais (avec le FC Porto et le Sporting Portugal). Sur le plan national, Benfica a remporté 38 championnats du Portugal, 26 coupes du Portugal, 8 coupes de la Ligue ainsi que 9 Supercoupe du Portugal (palmarès à début 2025). Sur le plan continental, le club remporta donc deux Coupes des Clubs champions (ainsi que 5 finales) et disputa également 3 finales de Coupe de l’UEFA/Ligue Europa. Avec un tel palmarès, il n’est pas étonnant que le club connaisse une grande popularité. En 2012, selon un sondage de l’UEFA, 47% de la population portugaise soutient le club de Benfica, record d’Europe. De même, en 2022, il est le deuxième club au monde possédant le plus de sócios (abonnés) avec plus de 267 000 membres (derrière le Bayern de Munich).

#192 – Racing Club : la Academia

L’Académie. Le surnom du club de Avellaneda, dans la banlieue de Buenos Aires, a plus de 100 ans, en remontant à 1915. Si le club semble aujourd’hui en retrait parmi le big five argentin (avec River Plate, Boca Junior, Independiente et San Lorenzo), il demeure l’un des plus anciens de ce club fermé et surtout affiche le plus beau palmarès de l’ère amateur du football argentin. Tout débuta par l’accession en première division en 2010 et, en 1912, par le gain de la Copa de Honor MCBA qui faisait office de coupe d’Argentine. Le 8 décembre 1913, l’équipe remporta la première coupe internationale officielle organisée par la fédération Argentine et celle d’Uruguay, la Copa de Honor Cusenier, après avoir battu le Nacional. Vingt jours plus tard, elle gagna le premier championnat du club. Cette victoire marqua le début d’une ère d’or pour le club. En effet, de 1913 à 1919, le Racing domina la championnat d’Argentine, en remportant 7 titres consécutifs. Sur le plan national, le club devint également le plus grand vainqueur de la Coupe d’Honneur MCBA (1913 , 1915 et 1917 ) et de la Coupe Ibarguren (1913 , 1914, 1916, 1917 et 1918). Au niveau international, il remporta la Coupe Aldao à deux reprises (1917 et 1918).

En 1914, le Racing termina le championnat en étant invaincu et renouvela cet exploit en 1915, avec 22 victoires et 2 nuls. Lors de cette dernière saison, il affligea également une défaite 3-0 à son ennemi de River Plate le 1er août 1915. L’équipe afficha une telle supériorité face à River que près de 10 000 supporters accompagnèrent les athlètes à la sortie du stade, de La Boca à Avellaneda, en scandant : « Academia, Academia, Academia » (Académie, Académie, Académie). Le club effectivement donnait des leçons à ses adversaires. Et cet enseignement se tirait de leur style de jeu. De 1891 à 1912, seuls les clubs créaient par des britanniques avaient remporté le titre de champion d’Argentine. En 1913, le Racing fut le premier club fondé par des argentins à être champion. Il parvint à ce succès en pratiquant un football à l’opposé de ceux des britanniques (jeu de passe au sol plutôt que du kick and rush).

Le 18 avril 2015, en commémoration du 100ème anniversaire de cet victoire sur River, le conseil municipal de Buenos Aires plaça une plaque commémorative à l’intersection de l’avenue Alicia Moreau de Justo et de la rue Rawson Dellepiane, dans le quartier de Puerto Madero.

#189 – Deportivo Independiente Medellín : El Poderoso de la Montaña

Le puissant de la montagne. L’origine du surnom n’est pas connue avec exactitude mais il remonte certainement aux années où l’équipe dominait le football colombien amateur. Fondé en 1913, le club est l’un des plus vieux du pays. Avant 1948 et la création de la première division professionnelle, le football colombien était amateur et composé de championnats régionaux puis nationaux. Dès son match inaugural, l’équipe impressionna le public en battant par 11 buts à 0 l’équipe du Sporting (également appelé Los Extranjeros – les étrangers), une équipe de Paisa fondée en 1913 par un groupe de locaux et d’Européens, notamment belges et suisses. Dès sa première année d’existence, l’équipe était respectée par ses rivaux (Antioquia, Unión et Sporting) qui étaient des équipes reconnues et qu’elle avait battu aisément. Le club de Medellín remporta 8 championnats nationaux (1918, 1920, 1922, 1923, 1930, 1936, 1937, 1938) ainsi que 8 championnats régionaux de la Liga Antioqueña (1937, 1938, 1939 1941, 1942, 1943, 1944 et 1945). En 1941, elle sortit même invaincu du championnat régional. En 1924, dans des jeux inter-régionaux, les joueurs de l’Independiente Medellín représentait la quasi-totalité de l’équipe du département d’Antioquia. En 1930, le club fut invitée à un tournoi à Bogota car son équipe était considéré comme étant la meilleure d’Antioquia.

A l’ère du football professionnel, même s’il fut moins dominateur, le club remporta 6 championnats de Colombie (1955 , 1957 , 2002-Clôture , 2004-Ouverture , 2009-Clôture et 2016-Ouverture) et 3 Coupes nationales (1981, 2019, 2020).

Enfin, Medellín est la capital d’Antioquia, un des départements de la Colombie et occupe la vallée encaissée de l’Aburrá. La cité repose sur un sol incliné, entre 1 800 et 1 500 mètres d’altitude et la hauteur officielle est de 1 479 m d’altitude. Un tiers de la région est occupé par des chaînes de montagnes, constituant la partie centrale et occidentale des Andes. Plus 200 sommets importants se détachent dans la région, culminant à des altitudes comprises entre 1 000 et 4 080 m d’altitude. Quand à la cité de Medellín, elle est entourée de plateaux et montagnes qui dépassent les 2 000 m d’altitude. Les principales hauteurs du territoire de Medellín sont l’Alto Padre Amaya (3 100 m d’altitude), l’Alto Patio Bonito (2 750 m d’altitude), l’Alto Boquerón (2 600 m d’altitude), l’Alto Venteadero (2 500 m d’altitude) et l’Alto Las Cruces (2 400 m d’altitude), entre autres.