#452 – Olympiakos Le Pirée : γαύρος

Les anchois. Autant le dire tout de suite, ce surnom, attribué aux supporteurs de l’Olympiakos par ceux du Panathinaïkos, n’est pas flatteur. L’objectif est clairement de se moquer des rouge et blanc. Le Pirée est situé à 8km au Sud-Ouest d’Athènes et est connu pour être le plus grand port maritime de Grèce et l’un des plus importants du bassin méditerranéen. Exploité dès l’antiquité, le port voyait transiter en 2019 près de 5 millions de conteneurs, devenant le premier en Méditerranée, et 17,4 millions de passagers. Au début des années 1920, les habitants du Pirée travaillaient donc principalement au port. L’Olympiakos devint donc le représentant de cette nombreuse classe laborieuse du port même si lors de sa fondation, les membres étaient plutôt issus de la petite bourgeoise (Olympiakos comptait parmi ses fondateurs un directeur du bureau de poste, un officier de l’armée, un avocat, un notaire, un courtier en bourse et surtout, les Andrianopoulos, une riche famille de marchands). A l’opposé, les racines du Panathinaïkos se situaient dans le cœur de la capitale, parmi les athlètes issus des classes de la petite bourgeoise, et en tant que représentant de la riche capitale, le Panathinaïkos était identifié aux classes moyennes et supérieures. Cette distinction sociale fut le marqueur initial de la rivalité entre les deux clubs.

Les fans du Panathinaïkos ont donc souhaité ramener ceux de l’Olympiakos à leur condition en prenant l’anchois, petit poisson, pullulant en Méditerranée et pas vraiment renommé, comme symbole. Selon la légende, en 1965, lors d’un derby, les supporteurs du Panathinaïkos accueillirent ceux de l’Olympiakos, avec des anchois, volés dans des filets ou entrepôts (selon les versions) qui se trouvaient dans le port du Pirée. A un journaliste du magazine anglais FourFourTwo, un supporteur du Panathinaïkos indiquait « la majorité des fans de l’Olympiakos ont des mères qui sont des prostituées qui travaillent près du port. Leurs pères sont de jeunes marins qui ont couché avec une prostitué ». Mais, ce surnom au goût douteux n’est pas la propriété des fans du club athénien. En Juin 2014, la demi-finale retour de la Coupe de Grèce opposant le PAOK à l’Olympiakos démarra avec 75 minutes de retard, les supporters du club de Thessalonique ayant pris soin en plus des traditionnels fumigènes d’adresser de nombreux anchois morts sur le banc des visiteurs. Poésie quand tu nous tiens …

Une autre version, beaucoup moins populaire, est parfois citée. Au début du XXème siècle, des milliers d’enfants pauvres venaient au Pirée pour tenter de trouver un espoir ou des moyens de subsistance. Dès l’âge de 6 ans, ils travaillaient dans les usines textiles et les huileries entre autres et vivaient dans des conditions difficiles (en dormant dans des caisses vides sur le port ou dans les bateaux de pêches). On les appelaient communément χαμίνια (gamins) ou αλητόπαιδες (clochards) mais les journalistes n’aimaient pas ces termes et les surnommèrent de manière plus « romantique » γαβριάς, mot dérivant de Gavroche, l’enfant pauvre des rues parisiennes rendu célèbre par Victor Hugo dans « Les Misérables ». Par la suite, γαβριάς devint γάβρος (gavros), le terme utilisé aujourd’hui pour caractériser les supporteurs de l’Olympiakos.

Le surnom ne déplut pas aux fans de l’Olympiakos qui se l’approprièrent. Il faut dire que quelque soit son origine, il possède une double étymologie. En effet, γαύρος dérive aussi des termes γαυριάς qui désigne ceux qui se vantent (le substantif γαυρίαμα signifie arrogance) et se pavanent à propos de leur bravade ainsi que de leurs performances sexuel. En Grec ancien, le verbe γαυριαω signifiait se vanter, se glorifier.

#432 – Sanfrecce Hiroshima : サンフレッチェ

Sanfrecce, Sanfre. Comme pour la plupart des clubs japonais, le surnom provient directement de leur nom. Il s’agit d’un mot valise, rassemblant un mot japonais (San, qui signifie 3) et un mot italien frecce (レッチェ, qui signifie flèches). Le nom du club veut dire 3 flèches, que l’on retrouve croisées sur le blason du club.

La préfecture d’Hiroshima se situe dans la région du Chūgoku. Cette dernière fut unifiée et dirigée au XVIème siècle par un Daimyo nommé Mōri Motonari (毛利元就). Issu du clan Mōri, ce dernier en prit la tête en 1523. La région était alors dominée par deux familles puissantes : les Amago (尼子氏) et les Ōuchi (大内氏). Motonari s’allia à la famille Ōuchi et devint ennemi des Amago. Ces derniers tentèrent d’anéantir le clan Mōri en attaquant leur principal chateau mais avec l’aide des Ōuchi, Motonari les vainquit. Il monta alors en grade au sein des Ōuchi et étendit son pouvoir sur les terres des Amago. Puis, par un subtil jeu d’alliance (il maria ses fils à différents clans soumis aux Ōuchi), Motonari accentua la puissance de sa famille.

En 1551, Ōuchi Yoshitaka, le suzerain de Motonari, fut tué par un de ses vassaux, Sue Harukata (陶 晴賢), qui cherchait à s’emparer du pouvoir. Motonari décida d’affronter en 1555 Harukata et remporta la bataille. Cette victoire offrit toute la région du Chūgoku au clan Mōri. Avec l’extension de ses possessions, Motonari souhaitait renforcer le pouvoir de son clan mais aussi assurer sa cohésion. La légende raconte qu’il réunit ses 3 fils et leur demanda à chacun de briser une flèche. Ce qu’ils firent et réussirent. Puis, il leur donna 3 flèches chacun et leur demanda de nouveau de les casser. Les flèches réunies résistèrent et aucun enfant ne parvint à briser l’ensemble. Motonari expliqua qu’une flèche peut être rompue facilement mais que trois flèches maintenues ensemble ne le peuvent pas. Il démontra ainsi à ses enfants l’importance au clan de rester souder.

#430 – Nottingham Forest : the Reds

Les rouges. Lors de la réunion qui consacra la création du club en 1865, les fondateurs optèrent pour la couleur rouge. Mais, à l’époque, les joueurs portaient des cap (casquette) pour s’identifier sur le terrain. Ainsi, ils commandèrent 12 bonnets rouges à pompom. Le reste de la tenue (chemise et pantalon) était blanc. La raison du choix est inconnue mais les fondateurs ne choisirent pas n’importe quel rouge. Il s’agissait du Rouge Garibaldi.

A cette époque, le révolutionnaire italien était connu pour les combats qu’il menait à travers le monde pour la libération de territoires occupés (Uruguay, Italie …) avec ses troupes de volontaires habillés d’une chemise rouge (camicia rossa), qui devint leur symbole. Durant la guerre en Uruguay qui opposait le gouvernement de la Défense (Gobierno de la Defensa) du Général Rivera (parti colorado (rouge)) à l’ancien président uruguayen blanco (blanc), Manuel Oribe, qui vivait en exil à Buenos Aires, Garibaldi forma en 1843 une troupe composée d’émigrés italiens de Montevideo et prit parti pour la cause uruguayenne de Rivera. Pour équiper sa nouvelle légion, Garibaldi réquisitionna un lot de chemises rouges destinées aux ouvriers des saladeros (abattoirs et saloirs) de Buenos Aires. En raison du blocus vers l’Argentine, le gouvernement de cette dernière soutenant Manuel Oribe, un stock de chemise rouge en laine demeurait dans des entrepôts de Montevideo. Ces vêtements présentaient l’avantage d’être résistants, à bas prix et d’une couleur qui rappelait celle du parti du Général Rivera. Les ouvriers des abattoirs portaient cette couleur distinctives afin que les tâches de sang résultant de leur métier ne s’exposent pas sur leur vêtement. Cet ultime argument convint également à Garibaldi car il permettait de préserver le moral des troupes qui ne verraient pas le sang sur leur vêtement lors ou après les combats. Les fondateurs de Nottingham retinrent peut-être cette couleur car ils avaient de l’admiration pour le révolutionnaire italien, dont le mythe commençait à se répandre en Europe. Peut-être d’ailleurs que le libertaire italien symbolisait un autre héros de la ville, épris de liberté, le célèbre Robin des Bois.

Enfin, la raison est peut-être plus simple : le rouge pouvait être à la mode à l’époque ou alors, comme Garibaldi, les fondateurs du club eurent la chance de tomber sur un lot de bonnets rouges à un prix défiant toute concurrence. En tout cas, ce choix inconnu eut des répercussions importantes car la couleur rouge fit tâche de sang. En faisant un don d’équipements à deux de ses anciens joueurs, Nottingham donna sa couleur rouge à Arsenal (ce dernier inspira à son tour le club tchèque du Sparta Prague cf. article #134). Il détermina aussi la couleur du club argentin d’Independiente (cf. article #274).

#381 – Fram Reykjavík : Framarar

Les attaquants. Le terme est dérivé du nom du club Fram, qui signifie « En avant ». Evidemment rien à voir avec le cher club du président de la FFF, l’En Avant Guingamp. Le club islandais fut fondé au printemps 1908 dans le centre de Reykjavík par un groupe de jeunes garçons. Pendant sa première année d’existence, cette organisation était plutôt informel : Aucun conseil d’administration n’avait été nommé, aucun statut rédigé et le club n’avait même pas de nom. Mais au fil des mois, la création d’une véritable structure se fit sentir afin de participer aux matchs locaux avec un vrai équipement. Chose faite avec la première réunion du conseil d’administration le 15 mars 1909. Il fut alors convenu que le nom du club serait Knattspyrnufélagið Kári (Kári Football Club), en hommage au célèbre mercenaire viking Kári Sölmundarson, un des personnages principaux de la saga islandaise Njála, qui vécut à la fin du Xème siècle et au début du XIème. Mais, ce nom ne faisant pas consensus, il fut décidé de changer pour Knattspyrnufélagið Fram (En avant Football Club). La raison de ce choix n’est pas connue mais plusieurs possibilités sont avancées. En début du siècle, l’Islande demeurait une dépendance du Danemark et peut-être que les jeunes de Reykjavík furent influencés par le nom de clubs danois tels que BK Frem (fondé en 1886 et l’un des plus anciens clubs de football danois) ou BK Fremad Valby (Frem ou Fremad signifiant aussi aller de l’avant). Une autre version fait référence au nom du célèbre navire d’exploration polaire norvégien Fram (également traduit par en avant). Cette goélette à trois mâts avec moteur à vapeur, conçue et construite par Colin Archer, accompagna les expéditions de nombreux explorateurs norvégien tels que Fridtjof Nansen au pôle Nord en 1895 ou Roald Amundsen au Pole Sud en 1911. Enfin, dans cette Islande en route vers l’indépendance, il est possible que Fram provienne du nom du partie autonomiste islandais, Heimastjórnarfélagsins Fram (En avant vers notre autonomie), principal soutien du premier ministre de l’époque, Hannes Hafstein.

#366 – Hellas Vérone FC : i Mastini

Les mastiffs. Si le nom du club fait référence à la Grèce antique (Hellas), pour ses couleurs comme son blason, le club fit appel à l’histoire de la ville. En 1945, le blason du club évolua en fusionnant le symbolisme de la ville (une croix or sur fond bleu) avec celui de sa province (une échelle d’argent sur fond rouge). La province rendait ainsi hommage à une célèbre famille noble véronaise, Della Scala (ou Scaligera). À Vérone, cette famille apparut à partir de la fin du XIème siècle et faisait partie de la classe aisée. Ses membres étaient des hommes de loi et faisaient partie de l’administration municipale. Puis, en 1259, un des membres de la famille, Mastino I della Scala, devint Podestat de Vérone. A partir de là, la famille Della Scala exerça son emprise sur les affaires communales jusqu’à quasiment la fin du XIVème siècle. Ses armes affichaient donc une échelle (scala en italien) blanche sur fond rouge. Elles évoluèrent avec l’ajout de part et d’autre de l’échelle de deux mastiffs se faisant face, en l’honneur de ses deux plus illustres membres, Mastino I et Mastino II (mastino étant un prénom et le mot italien pour mastiff). En 1984, le Hellas changea de blason et fit appel alors à l’agence de publicité Orti Manara, avec l’objectif d’apposer ce nouveau logo sur les maillots. Le choix des dirigeants se porta sur un blason, qui renforçait le symbolisme avec la famille Scala, avec deux têtes de mastiff en forme de « V », partagé au centre par la fameuse échelle. Depuis cette date, les mastiffs ne quittèrent plus le blason du club et devint le surnom de l’équipe.

#348 – Fredrikstad FK : Aristokratene

Les aristocrates. Si le club marqua le football norvégien entre 1932 et 1961 (9 championnats remportés et 8 coupes), ce n’est pas ce palmarès qui donna son surnom d’aristocrate. Celui-ci est hérité du nom de ville où réside le club. Fredrikstad signifie la ville de Fredrik, du nom du Roi du Danemark et Norvège, Fredrick II. Lors de la Guerre nordique de Sept Ans (1563-1570), la ville de Sarpsborg fut incendiée par les suédois en 1567. Le roi Fredrick II décida, par décret royal, de rebâtir une ville à 15 kilomètres au sud de l’emplacement original de Sarpsborg, sur un site à proximité de la mer et de vastes plaines. La ville devint alors un site militaire stratégique. Le nom Fredrikstad fut utilisé pour la première fois dans une lettre du Roi, Fredrick II, datée du 6 février 1569. Cette naissance monarchique donna le surnom au club.

#346 – Guarani FC : Bugre

Bugre est un mot populaire au Brésil pour désigner les indigènes, en particulier les amérindiens vivant entre le Rio Tietê et la frontière uruguayenne. Le Rio Tietê est ce fleuve qui se trouve au nord de la ville de Campinas, où est basé le club du Guarani FC. En 1911 (le 1er avril mais officiellement le 2 pour éviter les blagues de poisson d’avril), 12 jeunes garçons brésiliens et principalement italiens ou d’origine italienne (un des fondateurs est d’ascendance allemande) se réunirent pour fonder le club sur la Praça Carlos Gomes, une place de Campinas nommée en l’honneur de Carlos Gomes, un compositeur brésilien du XIXème siècle, le plus célèbre personnage né à Campinas. Cette place eut une influence sur le club car, pour le choix du nom de la nouvelle association, les fondateurs choisirent Guarani Futebol Clube en l’honneur de l’opéra le plus connu du compositeur Carlos Gomes « O Guarani » . En outre, cette référence à Carlos Gomes rappelait également les origines nationales des fondateurs puisque le compositeur était brésilien (de Campinas donc) mais vécu une grande partie de sa vie en Italie (à Milan) pour y composer et faire jouer ses oeuvres à la Scala. En effet, parmi les 12 jeunes fondateurs, ont trouvé les italiens ou d’origine italienne Vicente Matallo, Antonio de Lucca, Pompeo de Vito, son frère Romeo Antonio de Vito, Angelo Panattoni, José Trani, Luiz Bertoni, José Giardini, Miguel Grecco, Julio Palmieri et Hernani Felippo Matallo. Le douzieme homme était Alfredo Seiffert Jaboby Junior mais il était le seul dont la famille était originaire d’Allemagne.

« O Guarani » (Le Guarani) est un opéra-ballet en quatre actes, d’après le roman éponyme de José de Alencar. Se déroulant au XVIème siècle sur fond de colonisation du Brésil par les Portugais, cet oeuvre raconte l’histoire d’amour impossible entre une jeune femme portugaise, promise en mariage à un noble, et un chef indien Guarani, Pery. Aujourd’hui, la population amérindienne Guarani existe toujours (estimé à 80.000 personnes) même si elle est menacée par l’exploitation forestière et se répartit dans les régions amazoniennes du Brésil, d’Argentine, de Bolivie, de l’Uruguay et du Paraguay. Avec un tel nom de club, le terme de Bugre s’imposa rapidement et d’autres en dérivèrent tels que Bugrao (petit Bugre) ou Família Bugrina (la famille indigène).

#339 – FC Barcelone : Barça

Continuons notre hommage à Diego Maradona avec son premier club européen où son passage fut mitigé. Il apparaît évident que Barça est le diminutif de Barcelone. Pourtant, la logique voudrait que son abréviation soit « Barce ». Au moins, Barça respecte l’orthographe catalane qui prévoit un « c » cédille lorsqu’il est suivi d’un « a ». Ce diminutif n’est pas simplement le raccourci du nom de la ville. En réalité, plusieurs options s’affrontent.

Parmi les différentes versions qui enrichissent la toponymie de Barcelone, deux avancent le mot « Barca ». Ainsi, en 230 avant J.C., la légende veut que Hamilcar Barca, général de Carthage, (ou son fils Hannibal Barca, le fameux Hannibal) établit un campement sur Montjuïc, qui aurait jeté ainsi les bases de la future cité. Barcelone dériverait du nom de cette fameuse famille de Carthage, les Barca.

L’autre version fait appel au mythe de Jason et les Argonautes. Hercule aurait rejoint Jason et ses Argonautes pour les aider à trouver la Toison d’or. L’escouade était composé de 9 bateaux. A proximité de la côte catalane, leurs navires aurait été dispersés par une violente tempête et seulement 8 bateaux se retrouvèrent. Le 9ème manquait à l’appel. Hercule aurait alors retrouvé les restes du neuvième bateau (en latin Barca Nona) et son équipage près de Montjuïc. Les marins échoués aurait trouvé le site si agréable qu’ils auraient fondé, avec l’aide d’Hermès une ville qu’ils nommèrent Barcanona.

Si l’origine du diminutif est trouble, la première apparition écrite du mot « Barça » remonte à 1922. Il s’inscrivit dans un article humoristique du magazine sportif catalan « Xut ». Ce dernier était un revue satirique et critique sur le sport et les références au FC Barcelone et à l’ Espanyol s’appuyaient souvent sur des caricatures, des traits ironiques ou des diminutifs. Compte tenu de l’audience du magazine, le surnom affectueux « Barça » s’imposa très rapidement auprès de la population et depuis dans le monde entier.

#320 – Vitória Guimarães : os Conquistadores

Les conquérants. Avec seulement une Coupe et une Supercoupe du Portugal à son actif, le club a peu été conquérant en son pays. La ville de Guimarães n’a pas été non plus le point de départ ou de ralliement des conquérants portugais partis à la découvertes des Amériques ou du Monde. En réalité, il faut remonter un peu plus loin dans l’histoire et évoquer une conquête qui fut moins gourmande en terrain conquis mais ô combien importante pour le Portugal.

Tout d’abord, fondé en 1922, le club opta pour son blason actuel au début des années 1930. Le capitaine Mario Cardoso, concepteur de l’écusson, s’inspira de la statue de Dom Afonso Henriques, situé au Paço dos Duques de Bragança (Palais des Ducs de Bragance) à Guimarães. Dom Afonso Henriques, aussi appelé Alfonso I, et surnommé le « Conquérant », fut le premier Roi du Portugal, à partir de 1140. Elevé à Guimarães, il conquit définitivement le Comté du Portugal, alors sous domination des nobles galiciens et du Royaume de Castille, après avoir battu sa mère lors de la bataille de São Mamede en 1128. A partir de cette date, Dom Afonso Henriques rechercha à obtenir l’indépendance de son Comté envers le Roi de Castille. Il y parvint en 1143 par le traité de Zamora. Puis, le Portugal fut reconnu en 1179 par le pape Alexandre III.

En même temps que sa conquête de l’indépendance, ce fut également à partir de Guimarães que Dom Afonso Henriques partit à la reconquista du sud du Pays. En 1147, il reprit ainsi Santarém et Lisbonne aux Maures. Guimarães est donc historiquement associée au premier Roi du Portugal et à sa conquête de l’indépendance et des terres du Portugal. La ville est le point de départ et le centre politique du pays durant son règne. Elle est ainsi connue comme le « berceau de la nation portugaise ». D’ailleurs, pour le rappeler aux habitants comme aux visiteurs, dans l’une des tours de l’ancienne muraille de la ville, il est inscrit « Aqui nasceu Portugal » (Ici est né le Portugal).

#308 – St Johnstone FC : the Saints

Les saints. Le surnom est directement tiré du nom du club Saint Johnstone, qui fait référence à Saint Jean le Baptiste, saint majeur du christianisme comme de l’islam. A l’Automne 1884, l’équipe locale de cricket cherchaient à occuper son temps une fois la saison terminée. Les joueurs de cricket donnaient alors des coups de pied dans un ballon de football autour du South Inch, un grand parc public au bord de la rivière Tay. Cette pratique incita les joueurs à créer un club spécifique de football et ainsi naquit St Johnstone FC. Pour le choix du nom du club, les fondateurs s’inspirèrent de l’ancien nom de la ville où ils habitaient, Perth. Le nom Perth dérive d’un mot picte désignant le bois ou le bosquet. Mais, pendant la période médiévale, la ville était connue familièrement par ses habitants comme « St John’s Toun » ou « Saint Johnstoun ». Ce nom s’expliquait par le fait que la principale église au centre de la ville était dédiée à St Jean le Baptiste. Perth fut ainsi appelée « St Johns ton » jusqu’au milieu des années 1600. Depuis, ce nom est devenu le surnom de la ville et St Jean le Baptiste demeure le saint patron de la cité. D’ailleurs, le blason de la ville comme celui du club reprennent les couleurs de Saint Jean le Baptiste (rouge et blanc) et son symbole, l’agneau.