#1393 – Doncaster Rovers FC : the Vikings

Les vikings. Il ne s’agit pas du surnom le plus utilisé pour désigner le club du Yorkshire mais pourtant il est bien ancré dans son ADN. En effet, le blason arbore les couleurs du club, rouge et blanc, et représente un Viking doré avec son casque ailé et l’épée posée sur l’épaule. Et contrairement à la tendance générale, ce n’est pas le surnom qui est venu s’inscrire dans le blason mais l’écusson qui a inspiré le surnom. Après avoir affiché les initiales du club sur leurs maillots durant les 40 premières années d’existence, les joueurs portèrent l’écusson du club à compter des années 1950. Le blason du club était alors une copie des armoiries de la ville de Doncaster (deux lions tenant des roses du Yorkshire dans leur gueule, ainsi qu’un écu rouge figurant l’ancien château médiéval de Doncaster). Mais, alors que les résultats sportifs étaient décevants, le conseil municipal de Doncaster refusa aux Rovers l’autorisation d’utiliser leurs armoiries. Résultat, la direction du club partit à la recherche d’un nouvel écusson. Deux versions s’opposent pour expliquer l’apparition du Viking au début des années 1970.

D’un côté, certains avancent qu’un concours fut organisé pour trouver l’inspiration. Les vainqueurs furent un groupe d’étudiant qui proposèrent le viking. Mais d’où venait cette idée d’attribuer au club du Yorkshire l’image du guerrier scandinave ? Il se pourrait que le nom du club, Rovers, en soit à l’origine. En effet, Rover signifie un vagabond, dans le sens d’un voyageur sans but précis (wanderer, roamer), mais aussi un navigateur (seafarer). Et particulièrement le terme rover associé à sea (sea-rover) exprime un pirate. Or, les vikings étaient vus comme des audacieux vagabonds nordiques car, pendant des siècles, ils sillonnèrent les mers et pillèrent les riches terres du sud lors de raids. Autre explication possible : le Château de Conisbrough. Cette imposante fortification fut édifiée au XIème siècle par Guillaume de Warenne, beau-fils de Guillaume le Conquérant. Ces derniers, normands, avaient conquis l’Angleterre en 1066 et firent de Doncaster une place forte normande importante. Or, les normands étaient des vikings autorisés par le Roi Charles le Simple à s’installer en Normandie.

De l’autre côté, la légende raconte que l’entraîneur de l’équipe, Maurice Setters, cherchait un nouveau logo pour le club lorsqu’une publicité pour les voitures Rover attira son attention. Or, à compter de 1922, un guerrier scandinave ornait les bouchons de radiateur des modèles de la marque automobile britannique. Ainsi, Setters aurait conclu un accord avec le concessionnaire Rover local : en échange de voitures pour certains membres de l’équipe, l’emblème de Rover déteignait sur l’écusson du club.

Quoiqu’il en soit, le viking, apparu en 1972, ne demeura pas longtemps sur le maillot des joueurs. Dès 1979, il disparut au profit d’un écusson plus sobre. Mais, en 1982, le viking emblématique fit son retour pour le plus grand bonheur des supporteurs et ne déserta plus le blason du club depuis.

#880 – SV Ried : die Wikinger

Les vikings. Même s’il est de plus en plus rare de trouver des supporteurs du club se balader avec un casque de viking dans les travées du stade, le club entretient le lien avec ce peuple nordique. Tout d’abord, l’équipe réserve se nomme Junge Wikinger (les jeunes vikings). De plus, depuis la saison 2016-2017, la mascotte nommée Siegfried est un viking. Enfin, le camp d’entrainement réservé aux jeunes de 6 à 13 ans organisé par le club s’appelle Wikinger Kids Camps. Pourtant, l’origine de ce surnom s’est perdu même s’il est de création assez récente. Deux versions se sont répandues pour l’expliquer. Au début des années 1990, suite au Festival Viking organisé dans la ville voisine de Pram (à 10km de Ried im Innkreis), certains supporteurs seraient revenus dans le stade affublés d’un casque de viking. L’autre version se serait déroulée également dans les années 2010 avec deux des joueurs emblématiques du club. D’un côté, Michel Angerschmid qui n’a connu qu’un seul club pendant les 14 ans de sa carrière, le SV Ried. De l’autre côté, le meneur de jeu Herwig Drechsel qui joua pour Ried lors de deux passages (de 1995 à 1998 et surtout de 1999 à 2010). Lors du centenaire du club en 2012, Herwig Drechsel a même été élu « joueur du siècle ». Ces deux piliers du club fréquentaient également un pub de la ville, où ils avaient leur table. Cette dernière était appelée la table des vikings par les propriétaires et les habitués de ce bistrot et l’appellation aurait déteint sur les deux joueurs. Puis sur l’équipe entière.

#505 – Lyngby Boldklub : Vikingerne

Les vikings. Club danois, il paraît naturel de se référer au passé glorieux de vikings. Les Vikings étaient originaires des pays scandinaves et établirent des colonies en Russie, en Finlande, dans les pays baltes, en Normandie, en Angleterre, en Irlande, aux îles Féroé, en Islande et au Groenland. La ville de Lyngby, aujourd’hui absorbée dans l’agglomération de Lyngby-Taarbæk, accueillait déjà quelques colonies dès l’age de pierre mais sa fondation remonterait à la période viking (entre le VIIIème et le XIème siècle). Fondé en 1921, le blason du club était constitué de l’image d’un viking. Le pirate et marchand scandinave représentait la combativité et l’agressivité. En outre, il incarnait le Danemark. Des symboles que les fondateurs voulaient que le club s’inspire et véhicule.

#419 – Knattspyrnufélagið Víkingur : Víkingar

Les vikings. Le surnom est bien entendu tiré du nom de l’équipe. Il s’agit d’un des plus anciens clubs de football du pays et fut fondé par des pré-adolescents en 1908 afin de réunir des fonds pour s’acheter un ballon. Les principaux initiateurs habitaient au centre-ville, au plus proche du port. Pour le choix du nom, ils se référèrent à l’histoire de la ville et du pays. S’il est probable que des romains puis des moines irlandais avaient vécus sur ces terres, le développement du pays se réalisa avec la colonisation viking au IXème siècle. L’Histoire nationale veut que le viking d’origine suédoise Garðar Svavarson fut le premier d’entre eux à vivre en Islande. Par la suite, des vikings norvégiens s’installèrent. A Reykjavik, au XIème siècle, les vikings islandais venaient ancrer leurs navires, rassembler leurs forces et s’abriter avant de retourner explorer les océans et piller les terres européennes. Vík signifie en norrois « anse, crique, baie » mais ne serait pas pour autant à l’origine du mot víking. En vieil islandais, il fut utilisé pour la première fois sous la forme víking (mot féminin) dans l’expression fara í víkingu qui signifiait « partir en rapine, en maraude, en piraterie ». Le terme aurait été emprunté très certainement au vieil anglais, où le mot wīcing signifie « pirate », attesté dès le VIIIème siècle.

#381 – Fram Reykjavík : Framarar

Les attaquants. Le terme est dérivé du nom du club Fram, qui signifie « En avant ». Evidemment rien à voir avec le cher club du président de la FFF, l’En Avant Guingamp. Le club islandais fut fondé au printemps 1908 dans le centre de Reykjavík par un groupe de jeunes garçons. Pendant sa première année d’existence, cette organisation était plutôt informel : Aucun conseil d’administration n’avait été nommé, aucun statut rédigé et le club n’avait même pas de nom. Mais au fil des mois, la création d’une véritable structure se fit sentir afin de participer aux matchs locaux avec un vrai équipement. Chose faite avec la première réunion du conseil d’administration le 15 mars 1909. Il fut alors convenu que le nom du club serait Knattspyrnufélagið Kári (Kári Football Club), en hommage au célèbre mercenaire viking Kári Sölmundarson, un des personnages principaux de la saga islandaise Njála, qui vécut à la fin du Xème siècle et au début du XIème. Mais, ce nom ne faisant pas consensus, il fut décidé de changer pour Knattspyrnufélagið Fram (En avant Football Club). La raison de ce choix n’est pas connue mais plusieurs possibilités sont avancées. En début du siècle, l’Islande demeurait une dépendance du Danemark et peut-être que les jeunes de Reykjavík furent influencés par le nom de clubs danois tels que BK Frem (fondé en 1886 et l’un des plus anciens clubs de football danois) ou BK Fremad Valby (Frem ou Fremad signifiant aussi aller de l’avant). Une autre version fait référence au nom du célèbre navire d’exploration polaire norvégien Fram (également traduit par en avant). Cette goélette à trois mâts avec moteur à vapeur, conçue et construite par Colin Archer, accompagna les expéditions de nombreux explorateurs norvégien tels que Fridtjof Nansen au pôle Nord en 1895 ou Roald Amundsen au Pole Sud en 1911. Enfin, dans cette Islande en route vers l’indépendance, il est possible que Fram provienne du nom du partie autonomiste islandais, Heimastjórnarfélagsins Fram (En avant vers notre autonomie), principal soutien du premier ministre de l’époque, Hannes Hafstein.

#42 – Real Madrid : los Vikingos

Le Real Madrid est connu aussi comme les Vikings. Pourtant, Erik le Rouge ne semble pas avoir déambulé sur Gran Vía. Il existe 3 légendes à propos de ce surnom, moins utilisés de nos jours. La première raconte que dans les années 1960 un journaliste du magazine anglais, Times, compara les madrilènes aux géants du nord. En effet, après la création de la première coupe d’Europe en 1956, le Real Madrid écrasa la concurrence européenne en remportant les 5 premières éditions. Suite à la victoire en finale de la coupe d’Europe 1960 face à l’Eintracht Francfort 7 buts à 3, la 5ème Coupe des Champions remportée par le club, le journaliste écrivit dans son article « Le Real Madrid traverse l’Europe comme les Vikings avaient l’habitude de marcher, détruisant tout sur leur passage ».

La deuxième est née dans les années 1970. Le club du Real Madrid signa à cette époque des joueurs provenant d’Europe du Nord (Allemagne et Scandinavie) tels que Günter Netzer (1973-1976), Paul Breitner (1974-1977), Uli Stielike (1977-1985) ou Henning Jensen (Danemark, 1976-1979), qui affichaient des longues crinières, des moustaches et des visages blancs plutôt nordiques. Leur apparence semblait similaire aux Vikings. Il faut lire également ce surnom en mirroir de celui gagné à la même époque par les rivaux de l’Atlético, les Indiens (cf #269).

Enfin, la dernière histoire se rapporte à la géographie. Les supporteurs rivaux de l’Atlético de Madrid appelaient ainsi les joueurs du Real car le stade de Bernabeu était au nord du stade Calderón (le stade de l’Atlético). Ils venaient donc du Nord.