#1084 – AD Pasto : los Volcánicos

Les volcaniques. Fondé le 12 octobre 1949, le club réside dans la ville de San Juan de Pasto et en 2006, il fit chauffer le championnat colombien en gagnant le titre de champion au nez et à la barbe des grands clubs colombiens qui trustaient les victoires (pour être précis, le Deportivo remporta le championnat d’ouverture). Pasto était le premier club issu de la seconde division à remporter le titre de champion de Colombie. Pourtant, ce n’était pas son irruption dans l’élite colombienne en 1998, ni même ce titre qui conduisit à ce surnom. Mais simplement la situation de la ville de San Juan de Pasto, au pied du volcan Galeras, dans le massif montagneux appelé le Nœud de los Pastos.

Cette partie de la Cordillère, qui se partage entre la province équatorienne de Carchi et le département colombien de Nariño, se compose de quelques points culminants à plus de 4 000 mètres dont plusieurs volcans (Cumbal (4 764 mètres d’altitude), Chiles (4 718 m), Doña Juana (4 250 m) et Azufral (4 070 m)). De manière générale, la Colombie compte 27 volcans, dont 8 actifs.

Situé dans le parc protégé « Santuario de Fauna y Flora Volcán Galeras », au Sud-Ouest du département de Nariño (dont San Juan de Pasto est la capitale), le volcan Galeras s’érige à 4 276 m. Les indigènes quillasingas, qui vivaient dans la région avant l’arrivée des conquistadores, lui donnèrent le nom d’Urcunina ou Urqunina, qui signifie « montagne de feu ». Son nom actuel lui fut attribué par les espagnols au début du XVIème siècle et il rappelait que la silhouette du sommet ressemblait aux galères (galeras). Il se compose d’une large caldeira en fer à cheval ouverte vers l’ouest et au centre de laquelle se situe un cône volcanique. Faisant parti de la ceinture de feu du Pacifique et formé il y a environ 1 million d’années, avec un diamètre de 20 km (dont 320 mètres pour le cratère principal), Galeras constitue le volcan le plus actif de Colombie, avec des éruptions nombreuses, dont certaines ont été destructives et/ou mortelles (en 1993, 6 scientifiques et 3 touristes trouvèrent la mort). La première éruption enregistrée remonte au 7 décembre 1580 et au total, près de 65 éruptions ont été documentées. Son activité s’est intensifiée au début de 1988 et environ une trentaine d’éruption se sont produites au cours des deux dernières décennies (la dernière significative remonte à 2012). En conséquence, il est répertorié comme l’un des seize volcans de la décennie (volcans identifiés par l’Association internationale de volcanologie comme étant dignes d’une étude particulière) et l’un des plus dangereux de la planète en raison de la susceptibilité de provoquer une catastrophe.

Autour du volcan s’est construit un large et riche écosystème (dont 125 ruisseaux, plusieurs rivières et quatre lagunes ainsi que 205 espèces d’oiseaux répertoriées) et ses falaises constituent un lieu idéal pour l’alpinisme. Surtout, une grande population vit sur ses flancs dans les municipalités de San Juan de Pasto (près de 420 000 habitants), Narino, La Florida, Sandoná, Consacá, Yacuanquer et Tangua. Donc, malgré les pluies de cendres et ondes de choc régulières, San Juan de Pasto a profité de ses terres fertiles à ses pieds pour se développer depuis près de 500 ans. L’image puissante du Galeras a inspiré poètes et écrivains, comme Marco Fidel Suárez (écrivain et ancien Président de la Colombie) qui lui consacra un essai « El Sueño del Galeras » dans son oeuvre la plus célèbre « Los sueños de Luciano Pulgar » où il le désigna comme centinela de la patria (la sentinelle du pays).

L’autre surnom connu dans cette veine est el Equipo Volcánico (l’équipe volcanique).

#1078 – Portimonense SC : os Marafados

Le terme est typique de l’Algarve et désigne une personne facilement irritable. En effet, comme dans d’autres régions, la langue, les expressions et l’accent de l’Algarve diffèrent du portugais standard. Ce mot est souvent utilisé dans l’expression Ah moce marafade! qui se comprend comme « Ah, ce marfade ! » et qui désigne une personne en colère. Mais, il peut également désigner, pour un jeune garçon, un caractère espiègle, coquin. Donc, le mot s’utilise plutôt dans un sens tendre, affectueux. Même s’il y a bien d’autres expressions et mots typiques de l’Algarve, Marafados est totalement identifié avec la région et en est devenu son « gentilé » non-officiel.

Portimonense Sporting Clube réside dans la ville de Portimão, dans la région de l’Algarve. Agglomération portuaire de 60 000 habitants, la cité est très marquée par le sport, notamment en beach soccer. Elle a déjà accueilli la Coupe du Monde de Beach Football et la Ligue européenne de Beach Football. Mais, depuis deux ans et la relégation du Sporting Clube Farense, Portimonense est le seul représentant de la région au sein de l’élite portugaise. Après avoir connu plusieurs groupes de supporteurs, depuis quelques années, le principal s’appelle Ultra Marafados.

#1068 – KVC Westerlo : de Kemphanen

Les coqs de combat. La ville de Westerlo n’est pas réputée pour l’élevage de coqs de combat et aucune équipe du club ne proposa un jeu qui se comparait au gallinacé. En réalité, il s’agit d’un jeu de mot avec le nom de la région où se situe Westerlo, la Campine. En néerlandais (puisque la Campine est en zone néerlandophone), la Campine se dit de Kempen.

Le nom de la région est une déformation du mot latin Campinia ou Campina, qui signifie « plaine ouverte » ou « terre de champs ». Partagée entre le Nord de la Belgique et le Sud des Pays-Bas, la région occupe en Belgique la majeure partie de la province d’Anvers, du Limbourg et l’extrême Nord du Brabant flamand. Au delà de la frontière néerlandaise, la Campine s’étend du Sud-Est du Brabant septentrional jusqu’au Nord d’Eindhoven. La pauvreté du sol, généralement sablonneux, ne favorisa pas le développement économique de la province jusqu’au XXème siècle (suite à l’exploitation du sable dans l’industrie du verre et la découverte en 1901 du bassin houiller qui permit l’essor de Westerlo). Toutefois, la province est verte avec ses vastes espaces naturelles préservées (forêts, prairies, marais et tourbières) et appréciées des marcheurs. D’ailleurs, Westerlo est surnomée de groene parel der Kempen (qui signifie « la perle verte de la Campine »), en raison des vastes bois qui entourent la commune, dont les principaux sont De Beeltjens, Het Riet et De Kwarekken (zone marécageuse).

Si le surnom se base sur un jeu de mot, il convient de noter que les gallinacés ne sont pas étrangers à la région. En effet, une espèce de poule se nomme campine (kempisch hoen en néerlandais). Originaire de la Campine anversoise, il s’agit d’une petite poule plutôt d’ornement, dont le plumage est soit doré, soit argenté.

#1058 – BK Fremad Amager : Øens Hold

L’équipe de l’île. L’équipe réside à Amager Vest, sur l’île éponyme. En effet, en observant un plan de la capitale danoise, Copenhague, on aperçoit au Sud-Est une île proche, quasiment collée à la côte et qui fait face à la ville suédoise de Malmö. Dans le détroit de l’Øresund, qui fait office de frontière entre le Danemark et la Suède, il s’agit de l’île la plus peuplée (plus de 210 000 habitants) pour une superficie totale de 96 km2. Au Nord de l’île, la ville d’Amager Øst, reliée par le Métro depuis 2000 et à 10 minutes en vélo du centre-ville, fut incorporée à Copenhague en 1902, tout comme sa voisine d’Amager Vest. Au Sud, l’île abrite de petites villes, telles que Dragør, Søvang et Kastrup. Même si elle accueille l’aéroport de la capitale danoise, l’île est un havre de paix, avec sa zone naturelle protégée du Naturpark Amager qui couvre plus d’un tiers de la superficie et ses plages de sable. A l’inverse, cet environnement calme a pesé sur son ambiance, le quartier apparaissant comme endormi pour les habitants de Copenhague. L’île accueille également des constructions architecturales renommées, telles que l’escargot en bois de Kastrup et le quartier vert d’Ørestad aux multiples bâtiment originaux dont l’ensemble résidentielle en forme de 8 (8Tallet). On trouve également le Den Blå Planet, l’aquarium national du Danemark, qui s’étend sur 12 000m², et qui comprend pas moins de 53 aquariums et 450 espèces de la faune maritime.

Lors de derby, les équipes rivales de l’île, même si elles ne boxent pas dans la même catégorie, font de ce surnom un titre à ravir au club de Fremar. Une victoire permettre de se couronner comme l’équipe de l’île. Mais, ce petit coup marketing ne remet pas en cause le fait que le représentant le plus connu de l’île d’Amager est le BK Fremar.

# 1034 – Racing Santander : los Montañeses

Le terme se traduirait pas les montagnards. L’aire métropolitaine de Santander s’étend autour de la baie de Santander, considérée comme une des plus belles baies du monde. Le point culminant de la ville s’établit peiniblement à 139 mètres. En clair, c’est un environnement qui ne plaide pas vraiment pour le surnom de montagnards. Santander est aussi la capitale de la région autonome de Cantabrie, au nord du Pays, entre le Pays-Basque, la Castille-et-León et les Asturies. La province de Cantabrie a été constituée le 28 juillet 1978 mais elle existe historiquement depuis bien plus longtemps. Son nom provient du peuple celte des Cantabres.

Toutefois, à compter du XIIIème siècle, une région recouvrait un peu plus que la Cantrabrie et s’appelait La Montaña. Au XVIIIème siècle, le nom de Cantabrie fut revendiqué par les habitants de la région comme synonyme de La Montaña et depuis, les deux termes coexistent. En 1833, les régions espagnoles furent réorganisées et la Cantabrie fut confondue définitivement avec la région historique de La Montaña. Toutefois, la nouvelle région prit le nom de sa capitale, Santander. Si le nom de Cantabrie s’est définitivement imposé administrativement à compter de 1982, il n’est pas rare que dans les textes académiques, la région soit encore dénommée La Montaña-Cantabria. Le nom de La Montaña provient tout simplement de la présence sur une majeure partie du territoire de la chaîne montagneuse, la Cordillère Cantabrique. Plus de 40% de la surface du territoire se situe au-dessus de 700 mètres d’altitude et près d’un tiers est constitué de pentes à plus de 30%. Situé à 15-20 km de la côte, le massif des Picos de Europa, qui s’étend sur 3 régions dont la Cantabrie, se distingue parmi cette chaîne avec plusieurs sommets à plus de 2 500 mètres. Pour la partie cantabrique, le point culminant est le Peña Vieja à 2 617 mètres.

Le terme La Montaña désignait directement le dessin escarpé et montagneux de la région. Comme indiquait quelques lignes plus haut, le mot Cantabrie dérive du peuple des Cantabres. Pour certains, le terme Cantabre pourrait venir de « cant-« , d’origine celte signifiant « frontière », et « -abr », utilisé dans beaucoup de régions celtes. Toutefois, une autre explication avance que Cantabre signifie « les gens qui vivent dans les rochers » ou « la montagne », créant alors un lien avec La Montaña. En tout cas, les habitants de la région se nomment eux-même montañeses depuis des siècles et le terme est souvent repris dans les journaux ou utilisé pour désigner des évenements culturels ou sportifs de la région.

#999 – GIF Sundsvall : Norrlandslaget

L’équipe du Norrland. Le club réside dans la ville de Sundsvall, sur la côte de la mer baltique, au centre de la Suède. La ville appartient à la région historique du Norrland qui couvre tout le nord du pays, comme l’indique son nom (littéralement « le pays du Nord »). Elle est la région la plus grande du pays, avec une aire de 261 292 km², soit 59,1 % de la superficie de la Suède. La région Norrland s’étend le long de la chaîne de montagnes des Alpes scandinaves et l’intérieur des terres, recouverte de forêts, n’est pas favorable à l’agriculture. Finalement, seule la côte a un intérêt et concentre donc la population (63%). Mais, sa position septentrionale la rend peu habitable avec une population s’élevant à 1 188 031 habitants en 2021, soit à peine 11,3 % de la population suédoise. Naturellement, sa densité se révèle faible avec moins de 5 habitants par km². Même si la présence humaine remonte à l’age de pierre, le développement et la colonisation de la région furent longs. L’urbanisation se fit tardivement, les premières villes étant fondées seulement à la fin du XVIème siècle (Sundsvall fut fondé en 1621 sur un pâturage jusque-là non aménagé). La région ne comptait qu’une seule forteresse, château de Gävle, et la littérature au Moyen-Âge, mentionnait que le Norrland manquait de noblesse. Assez pauvre, sa population souffrit de la famine lors des mauvaises récoltes entre 1867 et 1869. En 1880, la densité de population n’était que de 1,5 habitants par km². La présence d’importantes forêts et de ports sur la côte offrit tout de même une ressource économique qui ouvrit la voie au développement de la région, lors de l’ère industrielle au XIXème siècle. Dans le sillage de l’industrialisation, des mouvements folkloriques naquirent. Car par rapport aux autres régions du pays, le Norrland semble souffrir d’un déficit d’identité. Pourtant, la culture du nord existe et GIF y contribua.

Fondé le 25 août 1903, GIF Sundsvall est un club historique de la région. Lors de sa création, le club avait une vocation omnisports avec des sections de bandy, handball, ski de fond, saut à ski ou hockey sur glace. Le football n’apparut qu’en 1919 et le club réussit à s’imposer comme un des meilleurs clubs du Championnat du Norrland (victoire en 1942 et en 1957). Jusqu’en 1953, en raison de leur éloignement et du challenge logistique que les déplacements auraient représenté (le Norrland était doté de réseaux de transport et de communication limités), les clubs de football du Norrland n’étaient pas autorisés à participer au plus haut niveau des ligues de football suédoises (ie pas au-delà de la 3ème division). Grâce à l’amélioration des infrastructures, en 1953, les clubs du Norrland furent donc admis au sein des ligues nationales (seconde division et Allsvenskan), ce qui fut appelé Norrlandsfönstret (fenêtre vers le Nord). GIS accéda immédiatement à la seconde division et en 1965 fut le premier club du Norrland à atteindre l’élite suédoise. Même s’il n’y avait pas de ressenti dur par rapport aux terres du Sud, les habitants et les fans de football du Norrland subissaient cette fracture (aussi bien historique, économique, culturelle que sportive) avec le reste du pays et avaient donc envi de revendiquer leur identité. Depuis cette date, GIS fut donc le digne représentant du Norrland dans la ligue suédoise.

#991 – Bnei Yehoudah Tel-Aviv FC : השכונה

Le quartier. Dans un football israélien qui n’a pas été épargné par la vague de sport business, où les clubs appartiennent à des fonds ou de riches hommes d’affaires, Bnei Yehoudah fait figure d’exception. Comme le déclarait en 2014 le comédien, Shaul Badishi, ardent fan du club, dans le quotidien Yisrael Hayom, « Bnei Yehuda is the only team in the Premier League that is associated with a neighborhood. Bnei Yehuda reminds us of our lost innocence. With all the oligarchs and people with money coming and going in Israeli soccer, Bnei Yehuda is the only team that is still unpretentious and likable. If Israeli soccer is a big shopping mall, Bnei Yehuda is that little old falafel stand behind the mall. » (Bnei Yehuda est la seule équipe de Premier League associée à un quartier. Bnei Yehuda nous rappelle notre innocence perdue. Avec tous les oligarques et les gens riches qui vont et viennent dans le football israélien, Bnei Yehuda est la seule équipe qui reste sans prétention et sympathique. Si le football israélien est un grand centre commercial, Bnei Yehuda est le petit stand de falafels derrière le centre commercial ».

Il est vrai que sa forte identité lui permet de résister même si cela lui coute sportivement. Le club fut créé en Janvier 1936 par les membres de la communauté juive yéménite vivant dans le quartier d’Hatikva au sud de Tel Aviv. Il débuta par des matchs contre les autres quartiers de la ville, ce qui renforça encore son identification à Hatikva. Il finit tout de même par devenir un club professionnel. Mais, face aux deux grands de la ville, le Maccabi et l’Hapoël, Bnei Yehoudah apparaît comme le petit poucet qui a pu grandir et se faire une place grace à ses liens qui ne distendirent pas avec le temps avec ce quartier d’Hatikva. Le club finit même par remporter le titre suprême de champion d’Israël lors de la saison 1989-1990. Quartier ouvrier et pauvre dans les années 1930, sa population et son atmosphère n’ont pas bougé depuis. Bien qu’éloigné de quelques minutes de route seulement du centre-ville florissant de Tel-Aviv, le développement de la cité n’a pas atteint le quartier. Résultat, à chaque fois que l’équipe rentre sur le terrain, les habitants de Hatikva lèvent la tête avec un sentiment de fierté. Mais, en cas de défaite, le lendemain, le quartier rentre en deuil. Alors quand le club remporta le championnat, l’explosion de joie fut totale dans le quartier. Réactions facile à comprendre car comme le racontaient les supporteurs, « Here in the Hatikva neighborhood, everything revolves around soccer. If you take soccer away from this neighborhood, there is no neighborhood. There’s no reason to live. It’s all we had […] We live for moments like that. What else is there in this neighborhood besides that? Look around you. All you see is poverty. All we have is misery » (Ici, dans le quartier de Hatikva, tout tourne autour du football. Si vous éloignez le football de ce quartier, il n’y a pas de quartier. Il n’y a aucune raison de vivre. C’est tout ce que nous avions […] Nous vivons pour des moments comme ça. Qu’y a-t-il d’autre dans ce quartier à part ça ? Regarde autour de toi. Tout ce que vous voyez, c’est la pauvreté. Tout ce que nous avons, c’est la misère). Pourtant, Hatikva signifie « espoir » en hébreu.

#969 – Heart of Midlothian FC : the Gorgie Boys

Les garçons de Gorgie. La date de création du club n’est pas connue avec certitude mais ce serait vers 1874. Tout serait partie d’une bande de copains fréquentant un club de danse et qui fut séduit par une nouvelle pratique sportive qui mélangeait les règles du football et du rugby. Sous la direction d’un policier, ils se retrouvaient pour jouer au Meadows, un grand parc public au sud du centre-ville d’Édimbourg. Puis, suite à un match d’exhibition entre Queens Park FC et Clydesdale FC, ils choisirent définitivement le football association. En août 1875, le Heart of Midlothian FC rejoignit la Scottish Football Association et participa à la fondation de la Edinburgh Football Association. Comme un certain nombre d’équipes, dont les rivaux d’Hibernians, Heart jouait toujours dans le parc de Meadows et le siège se situait à l’Est du parc (West Crosscauseway) dans la taverne Anderson. Au début de la saison 1878-1879, les Hearts s’exhibaient encore à East Meadows et le siège du club était maintenant la boutique de Mackenzie dans Chapel Street à proximité. Cependant la fréquentation du parc était de plus en plus importante et le public perturbait le déroulement des matchs, le terrain n’étant pas protégé. Pour les matchs importants, l’équipe émigrait sur le terrain de la ligue d’Édimbourg à Powburn, au Sud de Meadows. Outre le fait d’être sur un terrain plus praticable, le club pouvait également faire payer les entrées. Avant le début de la saison 1879-80, le club se structura en possédant son premier terrain à Powderhall Grounds mais ce qui impliqua de quitter son quartier historique pour se rendre au Nord du centre-ville.

Puis, en février 1881, le club reprit un nouveau terrain privé dans la banlieue industrielle florissante de Dalry, quartier qui se rapprochait de Meadows. L’enceinte, inaugurée le 9 avril 1881, se situait sur Wardlaw Street et Wardlaw Place. Néanmoins, ce stade était considéré en dehors des limites de la ville. En conséquence, Hearts proposait parfois deux matchs pour le prix d’un ou fixait un prix d’admission bien inférieur à celui de ses rivaux situés plus proche du centre ville. Mais, l’expansion du quartier nécessita de laisser le terrain aux promoteurs afin qu’ils construisent de nouvelles habitations. En 1886, le club traversa alors la Gorgie Road pour établir sa nouvelle enceinte, dénommée Tynecastle Park, dans le quartier de Gorgie. Le 10 avril 1886, l’inauguration du stade fut marquée par une victoire 4 buts à 1 face au Bolton Wanderers. Le stade comptait deux terrains et une foule de 5 500 personnes vit Tom Jenkinson marquer le premier but dans la nouvelle maison de Heart. D’abord locataire, Heart acheta définitivement le terrain en 1926. D’une capacité de 19 852 places aujourd’hui, sixième plus grand stade de football d’Écosse, l’enceinte a été souvent remaniée et les dernières rénovations datent de 1997 et 2017.

#957 – Fatih Karagümrük SK : Fatih’in Torunları

Les descendants de Fatih. Au printemps 1926, deux clubs du quartier de Fatih à Istanbul (Acıçeşme Gençleri et Karagümrük Gençleri) fusionnèrent pour donner naissance au Karagümrük İdman Yurdu. C’est en 1985 que la direction décida d’adjoindre le nom de Fatih à celui du club. Mais, plus que le nom d’un district, Fatih, qui signifie le conquérant, se réfère à Mehmed II, dit le conquérant, septième sultan de l’Empire ottoman. Il fut le Sultan qui étendit l’Empire Ottoman jusqu’en Europe et asservit la Grèce pour des siècles. Mais, pour Mehmed II, cette expansion ne pouvait se faire qu’en possédant Istanbul, qui s’appelait Constantinople et demeurait la capitale de l’Empire Romain d’Orient. Mehmed II entreprit en Avril 1453 le siège de la ville. Il fallut à peine un mois aux armées de Mehmed II pour faire tomber la ville et l’Empire Byzantin. Le Sultan pénétra dans la ville dans l’après-midi du 29 mai 1453 par le quartier de Karagümrük, situé dans le district de Fatih. Istanbul devint alors capitale de l’Empire Ottoman et le quartier de Fatih un haut lieu. Environ 10 ans après la conquête, Mehmed II ordonna la construction d’une mosquée et de son complexe en lieu et place de l’Église des Saints-Apôtres de Constantinople qui avait été démolie. L’ensemble se nomma d’après le nom du Sultan. Erigée entre 1462 et 1469, cette mosquée fut le premier projet monumental de Mehmed II et qui allait établir le style architectural ottoman. La mosquée accueille aussi les tombes de nombreux dignitaires de l’histoire ottomane, dont celle de Mehmed II. Autour de la mosquée, un ensemble de bâtiments (le complexe) fut également construit qui incluait 16 écoles coraniques, une bibliothèque, un hôpital, un hammam, un caravansérail, un marché, une école et des soupes populaires. Mehmed II fit également immigré des personnes d’Anatolie pour s’installer dans ce quartier. Ainsi, ce dernier devint le premier quartier musulman et turc de la nouvelle capitale, qui se nomme en l’honneur du conquérant. Représentant désormais l’ensemble du quartier et revendiquant cette affiliation historique (symbole à la fois nationaliste et attaché à une idée de conquête), les joueurs sont devenus les descendants de Mehmed II.

#924 – UC Sampdoria : Samp, Doria

Le nom du club se divise en deux syllabes et chacune donne lieu à un surnom. Finalement, assez logique quand on connaît comment se forma Sampdoria. Il était normal de mettre à l’honneur le club génois car malheureusement, les supporteurs de foot sont affectés par la perte des idoles de leurs jeunesses en cette fin d’année 2022 et début 2023. Les plus anciens ont perdu le Roi Pelé. Ceux qui sont de ma génération se souviendront des superbes coups francs de Siniša Mihajlović et de l’élégant attaquant Gianluca Vialli. Tous deux passèrent par la Sampdoria mais à des époques différentes. Pour Gianluca, ce fut même la grande période avec un titre de Champion en Série A (1991) et une finale de Ligue des Champions (1992) au côté de son frère d’arme Roberto Mancini.

Le club se créa le 12 août 1946 par la fusion de deux équipes, SGC Sampierdarenese et SG Andrea Doria. Mais, il convient de remonter en arrière pour comprendre les origines de ce mariage. Les deux clubs prennent leur racine à la fin du XIXème siècle. D’un côté, dans la commune de Sampierdarenese (qui deviendra en 1926 un quartier de la ville de Gênes), à l’initiative de l’Associazione Studentesca Gymnasium et de la Società Operaia di Mutuo Soccorso Universale, le club omnisport SGC Sampierdarenese vit le jour le 6 juin 1891. Orienté exclusivement vers la gymnastique et l’haltérophilie à ses débuts, le club ouvrit rapidement de nombreuses nouvelles sections sportives et culturelles (escrime, cyclisme, bowling, aviron, lutte gréco-romaine, natation, tambourin, basket-ball, athlétisme, tir au pigeon d’argile, randonnée, fanfare, théâtre). Le football rejoignit cette grande famille en 1899. De l’autre côté, en 1895, des gymnastes de la Società Ginnastica Ligure Cristoforo Colombo partirent pour fonder une nouvelle association de gymnastique appelée Andrea Doria, du nom du condottiere (chef-mercenaire) et amiral de Gênes. Provenant d’un club qui mettait à l’honneur un grand homme de la cité ligurienne, Christophe Colomb, les fondateurs reprirent cette idée pour leur association et leur choix se porta sur Andrea Doria. Au XVIème siècle, chef de guerre et marin qui combattit pour différents pays, il fut un ardent défenseur de Gênes, qui était occupé par la France. Restaurant l’indépendance de la ville, il organisa ses institutions politiques et devint son censeur à vie. A sa mort, la ville lui édifia une statue avec cette inscription, « Au père de la patrie » . Porté sur la seule gymnastique, le club étendit ses activités, notamment au football en 1900.

Jusqu’en 1946, les deux clubs allaient s’ignorer, se croiser et se confronter. Andrea Doria remporta 4 tournois de la fédération italienne (qui était alors l’ancêtre de la Série A) tandis que Sampierdarenese fut finaliste du championnat italien en 1922. Ils se marièrent également une première fois. Le 27 juillet 1927, à la demande du régime fasciste, les deux formations fusionnèrent, donnant vie à l’AC La Dominante, qui prend en 1930 le nom de FC Liguria. Mais, la mariage tourna court, suite à la relégation en 1931 en 3ème division. Chaque club reprit alors sa vie séparément. Après la Seconde Guerre mondiale, à l’issue de la saison 1945-1946, Andrea Doria termina à la 9ème place du groupe Nord, tandis que Sampierdarenese concluait la saison à la 14ème et dernière position de ce même groupe, condamnant le club à la relégation. Toutefois, la décision fut prise, pour la nouvelle saison, d’unifier le groupe Nord avec le groupe Sud et de créer une Série A à 20 clubs. Pour décider des 20 clubs, la fédération ne se basa pas sur le classement de la saison 1945-1946 mais sur les clubs ayant joué dans l’élite dans les années 1940 (ie juste avant l’arrêt du championnat en 1943 et 1944 en raison de la guerre). Sous le nom d’AC Liguria, la Sampierdarenese participait à cette époque à la Série A même si ses résultats n’étaient pas flamboyants. En revanche, Andrea Doria n’avait évolué qu’en Série C jusqu’à sa dissolution en 1941. Résultat, malgré sa relégation sportive, Sampierdarenese fut admis en Série A pour la nouvelle saison tandis qu’Andrea Doria s’en voyait exclu et relégué en Série B. Seulement, Sampierdarenese était dans une situation financière déplorable tandis que, sur la base de ses résultats sportifs et pensant poursuivre dans l’élite, Andrea Doria avait déjà engagé le jeune Adriano Bassetto de Vicence pour la somme considérable de 3 200 000 lires. Après une série de rencontres, les directions des deux clubs se mirent d’accord et unirent leurs forces. Aucun des clubs absorba l’autre. Il s’agissait d’une sorte de mariage d’égaux (dans la dot de Sampierdarenese, une place en Série A ; dans celle de Doria, de l’argent). Ainsi, le nouveau maillot reposait sur une combinaison des 4 couleurs des deux clubs (cf #287). De même, le nouveau nom était la simple union des anciens, Doria-Sampierdarenese (Doria-Samp) qui finalement fut inversé pour Sampierdarenese-Doria, puis Sampdoria.