#28 – Chelsea FC : Pensioners

Pensioners, les retraités, fait référence aux vétérans de l’armée qui séjournait au Royal Hospital Chelsea à proximité du stade. Cet hôpital est une maison de retraite et de soin pour les vétérans de l’armée britannique. Tout homme ou femme ayant servi dans l’armée et âgé de plus de 65 ans peut prétendre à devenir un Chelsea Pensioner, ie un résident de l’hôpital, qui peut accueillir 300 anciens soldats. Jusqu’au XVIIème siècle, l’État ne prévoyait aucune disposition spécifique pour les soldats âgés et blessés. Les soins aux pauvres et aux malades étaient assurés par les fondations religieuses mais ces hopitaux religieux avaient pris fin suite à la dissolution des monastères sous le règne du roi Henri VIII. En 1681, répondant à la nécessité de s’occuper de ces soldats et s’inspirant des Invalides en France, le Roi Charles II émit un mandat royal autorisant la construction du Royal Hospital Chelsea. L’idée aurait été suggéré par soit par Nell Gwyn, une actrice renommée de l’époque et surtout maîtresse de longue date du Roi, soit par Sir Stephen Fox, Paymaster of the Forces, responsable du financement de l’armée britannique. En 1651, l’idée d’une institution nationale semblait avoir déjà été pensée par la Chambre des Communes qui avait donné des instructions au Council of State pour veiller à ce que les soldats mutilés eussent un lieu salubre pour résidence. Puis, il existait dès 1677 des pensions pour les Reformed Officers (officiers réformés, c’est-à-dire les officiers des régiments dissous) et les soldats mutilés. Le site choisi, adjacent à la Tamise dans la campagne de Chelsea, fut racheté par le Roi à la Royal Society pour 1 300 £. Sir Christopher Wren fut chargé de concevoir et d’ériger le bâtiment. La première pierre de l’hôpital royal fut posée le 17 février 1681 et les bâtiments furent équipés le 28 mars 1689. En mars 1692, les premiers pensionnaires furent 476 sous-officiers et hommes de rang, dont la plupart avaient été blessés lors de la Bataille de Sedgemoor. La chapelle et le cimetière furent tous deux consacrés par Henry Compton, évêque de Londres, le 30 août 1691. Le financement de la construction comme le coût de son exploitation furent assuré par le Roi, quelques généreux bienfaiteurs (dont Sir Stephen Fox) et un prélèvement sur la solde des soldats. Puis, depuis 1847, l’hôpital est entretenu par des fonds directement votés par le Parlement, ainsi que par des dons. Plusieurs rénovations et nouvelles constructions eurent lieues, dont le dernier achèvement en 2009 est l’infirmerie Margaret Thatcher qui abrite sa tombe et celle de son mari ainsi que 100 retraités. En mars 2009, les premières femmes furent admises comme pensionnaires.

Pendant une cinquantaine d’année, l’image d’un Pensioner s’affichait sur l’écusson du club. Mais, en 1952, Ted Drake fut nommé entraîneur et décida de moderniser le club. Il estima que le surnom comme l’image du Pensioners sur le blason du club donnait une mauvaise image, laissant penser que le club était une équipe de retraités. Il fit ainsi changer le blason pour faire apparaître un lion, animal plus terrifiant, à la place du soldat pensioner. Puis, il déclara que le surnom de l’équipe n’était plus les pensioners mais désormais les blues (dont l’origine est expliquée dans l’article #210). Toutefois, les liens avec le Royal Hospital demeurèrent et il n’est donc pas rare de croiser dans les travées du stade de Stamford Bridge des pensioners, portant leur célèbre vareuse écarlate.

#27 – CSD Colo Colo : el Cacique

El cacique était un titre de chef d’une tribu des Caraïbes ou d’Amérique centrale. Par extension, ce mot a été utilisé par les chroniqueurs espagnols du XVIème siècle, pour d’une manière générale, désigner les souverains des civilisations précolombiennes. Le Colo Colo fut fondé en 1925, après la dissidence de certains joueurs du club de CSD Magallanes. Pour le nom du club, ils décidèrent de prendre le nom d’un célèbre cacique des Mapuches (peuple amérindiens du Chili et d’Argentine), Colo Colo. L’histoire de ce dernier est floue mais on sait qu’il fut l’un des chefs des soulèvements contre les Espagnols. Son aura provient surtout du poème épique d’Alonso de Ercilla y Zúñiga : La Araucana. Grâce à ce poème, Colo-colo est devenu un symbole de sagesse et d’héroïsme pour les Mapuches comme pour l’ensemble des Chiliens.

#26 – Club Universidad de Chile : la Chuncho

La Chuncho est le hibou de Patagonie. Il s’agit du symbole de club, qui apparaît sur le blason. Ce symbole, version chilienne de l’oiseau de Minerve, provient du « Club Náutico Universitario », le club de natation de l’Université, un des clubs fondateurs du CU de Chile. A la fondation du club de natation, un dirigeant distingué, Pablo Ramírez Rodríguez, avocat et l’un des principaux dirigeants sportifs de l’époque, ramena d’un de ses voyages en Allemagne les écussons de plusieurs clubs de sport. Or, certains utilisaient la chouette qu’il attribua alors à son club. Il déclara que « le chuncho de le U symbolise la sagesse, la connaissance mutuelle, l’harmonie entre le corps et l’esprit, aspiration suprême du sport. ». Depuis, l’antiquité la chouette possède une forte charge symbolique. Toutefois, le hibou a une image tantôt négative, tantôt positive, en fonction des époques et des peuples. D’un côté, comme le hibou a une vie nocturne, un cri stridant et peut voir dans l’obscurité, nos ancêtres pensaient qu’il possédait des pouvoirs magiques et était lié à la mort. Le rapace était l’interprète d’Atropos, la Moire qui coupe le fil de la destinée. Pour les Romains, le cri du hibou présageait une mort prochaine. D’ailleurs, le meurtre de César aurait été annoncé par le cri de hiboux. Des peuples amérindiens l’associaient également à la mort et pour les Aztèques, la chouette symbolisait Mictecacihuatl, le dieu de la mort. Enfin, les Romains associèrent le nom de hibou (strix) avec celui des sorcières (striga), réputation de sorcellerie que la religion chrétienne entretint également au Moyen-Âge. D’un autre côté, la chouette était également le compagnon de la déesse de la guerre et de la sagesse, Athéna, dont son attribution était l’intelligence. Les Romains poursuivirent cette tradition avec Minerve. L’oiseau devenait donc associé à la sagesse et à la connaissance. Du fait que la chouette a une vision perçante et nocturne, le philosophe français René Guénon estimait que cette aptitude symbolisait la connaissance rationnelle (perception de la lumière dans la nuit) par opposition à la connaissance intuitive (perception directe via la lumière solaire). Enfin, le philosophe allemand Friedrich Hegel fit de cet oiseau le représentant de la philosophie. Intelligence, sagesse, connaissance, les valeurs défendues par une université comme celle du Chili.

#25 – São Paulo FC : Tricolor

Comme pour beaucoup d’équipe, ce surnom, les tricolores, provient des couleurs du club : blanc, rouge et noir. Le 25 Janvier 1930, le club fut fondé par la fusion de l’AA de Palmeiras et du CA Paulistano. En mémoire de ces deux clubs, les couleurs du club furent choisi en unifiant les couleurs de ces derniers : le maillot blanc à ceinture rouge du CA Paulistano et le maillot blanc avec une rayure noire de l’AA de Palmeiras. Ceci symbolisait l’union des deux équipes en une plus grande. Mais, cela tombait bien aussi car ces trois couleurs sont celles de l’Etat de São Paolo.

A la fin de l’Empire du Brésil (1825-1889), plusieurs républicains essayaient d’imposer, de promouvoir la création de nouveaux symboles (dont les drapeaux des Etats) qui soutiendrait l’affaiblissement de la monarchie et l’avènement de la république. Dans ce contexte, l’écrivain et journaliste républicain Júlio Ribeiro, fondateur et rédacteur en chef du journal « O Rebate », publia dans sa première édition du 16 juillet 1888, une série de critiques de la bannière impériale et proposa un nouveau drapeau républicain pour l’Etat de São Paolo. Son projet ressemblait au drapeau de la démocratie voisine des Etats-Unis. Des bandes noires et blanches avec un carré rouge dans son angle en haut à gauche dans lequel se trouvait quatre étoiles et le dessin de l’Etat. Les 3 couleurs principales avaient une symbolique particulière, alors que l’esclavage vennait d’être aboli en 1888. Il décrivit ainsi dans son journal que son projet « simboliza de modo perfeito a gênese do povo brasileiro, as três raças de que ela se compõe – branca, preta e vermelha. » (symbolise parfaitement la genèse du peuple brésilien, les trois races dont il est composé – blanche [les Européens], noire [les Africains] et rouge [les Amérindiens]).

Deux autres surnoms : Tricolor Paulista (tricolor pauliste, gentilé des habitants de São Paolo) et Tricolor do Morumbi (le Morumbi étant le nom du stade où évolue le club).

#24 – Atlético Mineiro : Galo

Le coq. Il s’agit du symbole du club puisque c’est à la fois son surnom et sa mascotte. Il fut choisi par Fernando Pierucetti (mieux connu sous le pseudonyme de Mangabeira). Álvares da Silva, secrétaire du quotidien Folha de Minas, qui délivrait l’une des pages sportives les plus importantes et dynamiques de la presse du Minas Gerais à cette époque, décida d’imiter son confrère de Rio de Janeiro, Jornal dos Sports, qui avait décidé quelques années auparavant de personnaliser les équipes cariocas au travers de personnages de bande dessiné. Flamengo était Popeye, Fluminense était Pó-de-arroz, Vasco était Almirante, Botafogo était Donald Duck et America était le Diable. Álvares da Silva confia à Fernando Pierucetti, professeur de dessin et illustrateur du supplément littéraire et de la page pour enfants du journal, la réalisation de ces mascottes qui devaient puiser leur source dans l’univers des fables d’Ésope et de La Fontaine, mais en utilisant des animaux de la faune brésilienne. Pierucetti dessina alors la mascotte des 3 grands clubs de la ville : Atlético, Cruzeiro et América.

L’inspiration pour trouver les animaux représentatifs des clubs vint d’éléments qui faisaient déjà partie de l’imagerie populaire. L’Atlético avait une réputation de « bon combattant », de ne jamais abandonner comme un coq de combat et son uniforme noir et blanc ressemblait à un coq de la race carijó. L’Atlético apparut donc sous les traits de Mangabeira en un coq de combat, au bec crochu et toujours prêt à déchirer la chair de son adversaire. L’animal s’ancra rapidement dans l’esprit des supporteurs. On raconte que Zé do Monte, l’idole de l’Atlético dans les années 1940 et 1950, entrait sur le terrain avec un coq sous le bras. D’autres surnoms en sont dérivés : Galo das Américas (coq des Amériques), Galo Doido (coq fou).

#23 – Grêmio Porto Alegre : Tricolor

Il est assez simple de comprendre que le surnom Tricolor qui signifie tricolore est associé aux 3 couleurs du club, bleu, blanc et noir. Mais, le choix de ces couleurs ne se fit pas sans heurts et difficultés. Le 22 septembre 1903, soit 7 jours après la création officiel du club, une réunion se tint avec les 32 fondateurs. Joaquim Ribeiro proposa de retenir les couleurs Havane (presque orange), bleu (ainsi que le short noir et une cravate blanche), à priori en l’honneur du club anglais d’Exeter. Toutefois, cette version paraît étonnante car Exeter n’a jamais joué dans ces couleurs havane et bleu (selon l’excellent site http://www.historicalkits.co.uk). Cândido Dias, qui était l’initiateur de la création du club, voulait du rouge, du noir et du blanc (comme il était de São Paulo, Cândido Dias voulait voir les couleurs de son état dans ce nouveau club). Toutefois, la proposition de Joaquim Ribeiro fut adoptée, le rouge échouant pour 3 voix. Mais, le club se rendit compte que la couleur Havane était difficile à se procurer et décida finalement de le supprimer du maillot, se limitant au bleu, noir et blanc.

De ce surnom en est tiré un autre : Tricolor dos pampas (les tricolores de la pampa). La ville de Porto Alegre est situé dans la région du Rio Grande do Sul, constitué d’une vaste Pampa.

#22 – Beşiktaş JK : Kara Kartallar

Les Aigles Noirs, emblème du club. Champion les deux dernières saisons, Beşiktaş débuta la saison 1940-41 avec une équipe jeune et renouvelée. Au fil des semaines, le club était en tête du championnat avec une avance conséquente. Le dimanche 19 janvier 1941, 5 semaines avant la fin de la saison, Beşiktaş affrontait le club de Süleymaniye. L’équipe, qui portait des maillots entièrement noirs, comme dans la plupart des matches de cette saison, développa comme à son habitude un beau football et, bien que menant confortablement, Beşiktaş ne fermait pas le jeu et attaquait sans cesse pour le plus grand plaisir de ses fans. Dans les tribunes du stade Şeref, une voix d’un supporteur, un pêcheur appelé Mehmet Galin, se fit entendre « Haydi Kara Kartallar. Hücum edin Kara Kartallar » (Allez les Aigles Noirs, Attaquez les Aigles Noirs). D’autres supporteurs scandèrent alors ce refrain. Le club remporta le match 6-0, avec 3 magnifiques buts marqués par Şeref Görkey, et un but de Hakkı, de Şakir et de Şükrü. Son jeu direct, offensif, pratiqué par des joueurs tout de noir vêtus rappelait des aigles noirs. Des milliers de fans et de journalistes après le match reprirent ce surnom. Au-delà de ce match, la saison 1941 fut celle des records pour Beşiktaş. Les joueurs remportèrent tous les matchs du championnat, inscrivant au passage 84 buts en 18 matches. Un championnat qui fut survolé par un aigle.

Retraité de la société de tramway d’Istamboul, Mehmet Galin vivait près du stade de Beşiktaş. Fan dévoué de Beşiktaş, il ne manquait pas un entrainement ou un match de l’équipe. La métaphore des « Aigles noirs » lui vint certainement par la puissance développée par son équipe de cœur et le fait qu’il portait des maillots intégralement noirs. Mais également peut-être que ses origines égyptiennes jouèrent un peu, l’Aigle occupant une place importante dans la culture égyptienne comme sa présence sur le drapeau national. Mehmet Galin fut surnommé « Karakartal Mehmet » par son entourage jusqu’à son décès.

#21 – Slavia Prague : Sešívaní

Sešívaní signifie les maillots cousus. Le surnom peut paraître étrange mais lorsqu’on regarde le maillot du club, composé d’une large pièce rouge et d’une autre blanche, la raison commence à apparaître. Sešívaní fait effectivement allusion au maillot cousu de plusieurs pièces en blanc et rouge. Ce maillot remonte aux origines du club en 1895-1896. A des fins d’économie, pour le premier match, le maillot fut réalisé par la sœur d’un joueur du club. Cette dernière n’avait pas assez de tissu pour réaliser une tunique unie et dut coudre deux pièces de tissus de couleurs différentes (une rouge et une blanche).

Toutefois, il se pourrait que ce soit une légende car les couleurs comme le maillot (ainsi que le nom du club) revêtent une symbolique forte, notamment lié à la culture tchèque et sa volonté d’émancipation de l’époque. Les deux moitiés cousues sont censés montrées qu’aucun homme, aucune chose, n’a qu’un seul côté, et qu’il faut trouver une harmonie entre la volonté et le sentiment, entre la force et la subtilité technique, entre l’enthousiasme et la déception, entre le soleil et l’ombre. Et, au final, l’harmonie qui ressort du maillot témoignerait du fait que le sport doit être pratiqué avec une joie sincère et qu’il doit apporter joie et satisfaction à tous, joueurs comme supporteurs. Du côté des couleurs, le rouge et le blanc ne résultent pas du hasard puisqu’elles font référence à celles du Royaume de Bohême. Ce dernier constituait depuis 1085 le territoire principale des Tchèques. Le rouge et le blanc dérivaient des armes initiales du Roi de Bohême, Vladislav II, qui représentaient un aigle argenté (blanc) sur un champ de gueule (rouge). Il était le deuxième souverain à obtenir le titre de Roi de Bohême en 1158. Outre ce symbolisme nationaliste, la direction donna un sens à chaque couleur. Ainsi, la couleur blanche symbolise la pureté des pensées et l’intention de gagner dans un combat loyal, où l’adversaire n’est pas un ennemi, mais un adversaire reconnu. La couleur rouge est un symbole du cœur que les joueurs mettaient à l’ouvrage à chaque match. Toute une histoire …

#20 – Valur Reykjavik : Valsarar

Valsarar signifie les hommes-faucons. Le Valur Reykjavik demeure l’un des principaux clubs de football islandais. Le 11 mai 1911, une réunion de 6 garçons se tint dans la salle de lecture de l’association chrétienne de la jeunesse (KFUM) où se décida la création d’une section football. La même année, l’histoire raconte que ces garçons jouaient sur leur terrain d’entrainement, des vautours tournèrent au-dessus de leur tête. Ils décidèrent alors d’appeler le club Valur (faucon gerfaut en islandais). Naturellement, le surnom du club fit les hommes-faucons.

Le faucon islandais (falco rusticolus islandicus) est un oiseau endémique de l’île, où la population serait de 300 à 400 couples. De plumage blanc et gris, il est le plus grand et le plus lourd représentant de la famille des faucons avec une envergure de 1,35 mètres pour un poids maximum de 1,6 kg. Il impressionna donc certainement les jeunes membres quand il survola le terrain de football. Il est même estimé qu’un quart de la population européenne de faucons viendrait se reproduire en Islande, où il est un oiseau protégé. L’oiseau est même devenu un symbole de l’île, un ordre honorifique instauré en 1921 se nomme l’ordre du Faucon (Hin íslenska fálkaorða).

L’autre nom du faucon islandais est donc valur. Ce nom dériverait du vieux norrois valr, qui désigne une mort prématurée survenu le plus souvent au combat. Ceci ferait référence à la chasse menée par les faucons qui tuent de gros gibiers qui gisent ensuite dans son nid. Le terme appartient aussi à la mythologie nordique. Il était souvent un suffixe à divers noms liés au culte d’Ódin. En outre, Freyja, une déesse importante de la mythologie, possédait un valshamr, un manteau en plumes de faucon qui permettait de se transformer en faucon et de traverser ainsi les neuf mondes.

#19 – Deportivo La Corogne : Herculinos

Les herculéens car le symbole de la ville de La Corogne est la Tour d’Hercule, un phare romain situé à l’entrée de la ria qui donne sur le port de La Corogne. D’une hauteur totale de 55 mètres et fonctionnant depuis le Ier siècle de notre ère, il s’agit du seul phare romain et le plus ancien en activité au monde. C’est aussi le troisième plus haut phare d’ Espagne. Bien que construite par les Romains sous le nom de Farum Brigantium, son origine est encore assez inconnu mais plusieurs légendes existent. La plus connue, inspirée de la mythologie méditerranéenne et notamment retranscrite dans l’ouvrage Estoria de España de Alphonse X de Castille, raconte qu’un géant nommé Géryon, roi de Brigantium, maltraitait ses sujets. Il les obligeait à lui donner la moitié de leurs biens, y compris leurs enfants. Un jour, ses sujets demandèrent de l’aide à Hercule. Ce dernier poursuivit, depuis Cadix, Géryon. A l’approche de La Corogne, Hercule et Géryon se battirent. Hercule aurait gagné la bataille et décapita le roi troyen. Il enfouit alors la tête et éleva un tumulus au sommet duquel il planta une grande torche, avec un miroir pour guider les marins. Près de ce tumulus, il fonda une ville qui était La Corogne. La fameuse tour figure sur le blason de La Corogne depuis 1521.