#1431 – 1. FC Schweinfurt 05 : Schnüdel

Les joueurs et les supporters de Schweinfurt sont connus dans tout l’Allemagne sous l’appellation de Schnüdel. Ce terme, dont la signification échappe souvent même aux locaux, trouve son origine dans l’histoire matérielle du sport. Fondé le 5 mai 1905, le 1. FC Schweinfurt 05 est une institution historique du football bavarois, situé dans la région de la Basse-Franconie, à Schweinfurt, une ville industrielle mondialement réputée pour sa production de roulements à billes. Le club maintient une forte identité locale. Pourtant, contrairement à l’hypothèse fréquente selon laquelle leur surnom proviendrait d’une référence porcine (en faisant allusion au groin ou la vessie d’un porc), l’origine du mot schnüdel est intimement liée à l’évolution technologique du ballon de football.

Pour comprendre ce surnom, il faut se pencher sur la fabrication des équipements sportifs du début du XXème siècle. Avant l’invention de la valve moderne qui permet aujourd’hui de gonfler un ballon avec une simple aiguille, le système de rétention d’air était auparavant rudimentaire et contraignant. Le ballon était composé d’une enveloppe en cuir épais, laissée ouverte sur une fente. A l’intérieur, une vessie en caoutchouc était insérée et gonflée à la bouche ou à la pompe, puis son extrémité devait être tordue, pliée et solidement ficelée pour retenir l’air. Cette extrémité nouée était ensuite repoussée à l’intérieur de l’enveloppe en cuir, qui était enfin refermée à l’aide d’un lacet en cuir très rigide. Cette zone de fermeture, où se concentraient le cuir, les lacets et le nœud de la vessie, formait une protubérance particulièrement dure. En allemand, cette extrémité était appelée le zipfel. Dans le dialecte de Basse-Franconie, on la nommait le schnüdel.

Cette protubérance dure pouvait engendrer des blessures pour les footballeurs quand leurs pieds ou têtes rencontrait cette zone lors d’une frappe ou un coup. Mais, c’est dans un autre sport où le schnüdel fit le plus de dégât : le fistball. Très populaire durant les années 1920 dans les pays germanophones, le fistball est un sport d’équipe se jouant sur gazon, qui présente des similitudes avec le volley-ball. Deux équipes s’affrontent de part et d’autre d’un filet. Le but est de renvoyer la balle dans le camp adverse, le ballon ayant le droit de rebondir une fois au sol entre chaque touche. La particularité majeure réside dans la frappe : le ballon ne peut être touché qu’avec le poing fermé ou l’avant-bras. Frapper de toutes ses forces un ballon en cuir lourd avec le poing nu constituait déjà un défi physique. Mais lorsque le point d’impact correspondait au schnüdel, les conséquences étaient immédiates pour les sportifs (Mains écorchées et hématomes et bleus sur les avant-bras). En outre, en tapant sur cette zone, le ballon adoptait des trajectoires qui n’étaient pas celles souhaitées. Que des désavantages.

Ces blessures à répétition poussèrent un habitant de Schweinfurt à trouver une solution. En 1920, Fritz Stöcklein, un sportif accompli, cofondateur du club de ski de la ville, et membre actif du 1. FC Schweinfurt 05, où il pratiquait le football et le fistball, inventa le premier ballon sans lacet. Il fabriqua une valve anti-retour à base de laiton, qui pouvait être vissée dans la balle en caoutchouc située sous le cuir. Le laçage de la vessie comme du cuir extérieur devenait alors superflu. La disparition du schnüdel fut un soulagement pour les joueurs mais ne permit pas à son inventeur de faire fortune. S’il déposa un brevet dans plusieurs pays d’Europe, il revendit son invention à la fabrique d’articles de sport et de raquettes à neige « Gutkind & Einstein » de Nuremberg. Son gain fut malheureusement vite englouti dans l’inflation galopante de l’Allemagne de l’entre-deux guerre. Si le lacet a disparu, le terme a lui survécu pour devenir le surnom du club.

#848 – CA Sarmiento : el Verde

Le vert. Ce club de la région de Buenos Aires demeure assez méconnu du grand public européen. Mais, il possède une petite réputation en Argentine. Le 20 décembre, le club s’offrit un beau cadeau en faisant le gros coup du mercato. Lisandro López, l’ancien attaquant de Porto et de Lyon, accepta de quitter son club de cœur, le Racing, pour réaliser une dernière pige à Sarmiento, là où il naquit et grandit. Outre ce renfort de choix, Maradona s’affichait avec un maillot du club en 2020 (tout comme semble-t-il dans les années 1980) tout comme Kylian MBappé, peu de temps après la victoire en coupe du monde en 2018.

Tous ces petits évènements ne sont évidemment pas à l’origine de ce surnom qui provient tout simplement de la couleur du maillot de l’équipe. Les couleurs officielles du club sont le vert et le blanc depuis sa création en 1911. Le choix des fondateurs se porta au départ sur un maillot rayé blanc et vert. Malheureusement, la qualité des kits de l’époque n’était pas bonnes et les maillots se délavaient souvent. La décision fut donc prise par la direction de changer pour une chemise intégralement verte afin d’éviter que les adversaires pensent que le club se laisse aller.

Cette année, Sarmiento présenta comme tenue alternative un maillot rayé blanc et rouge, dont les bandes sont entourés de liserés verts. Ce choix pouvait apparaître surprenant. En réalité, le club avait déjà réalisé des entailles à ses traditions et ce nouveau maillot y rend hommage. En 2022, le club fête ses 70 ans au sein de l’association argentine de football (AFA). Pour marquer cette anniversaire, le club rappelle ses origines en reprenant le blanc et rouge, les couleurs de la Liga Deportiva d’Oeste, la ligue régionale dans laquelle le club évolue en amateur depuis sa fondation. Ce choix de couleur n’est pas nouveau pour Sarmiento. Le 12 octobre 1952, Sarmiento battait Nueva Chicago 2 buts à zéro et portait déjà le rouge et blanc de la Ligue. En 1981, Sarmiento recevait Ferro Carril Oeste dans ces couleurs. Enfin, en 1996, ce fut également le cas pour un match contre Chacarita Juniors, qui était alors le premier match retransmis par une chaîne nationale depuis le stade de Sarmiento.

#788 – OIdense BK : de Stribede

Les rayés. Pour reconnaître Odense BK sur un terrain de première division danoise, il suffit de trouver les joueurs qui portent un maillot composé de rayures blanches et bleues verticales. Cette chemise, qui donna le surnom de rayé, est emblématique du club et aurait été portée dès les origines du club. En 1916, une entorse fut faite à la tradition en raison de problèmes d’approvisionnement liés à la Première Guerre Mondiale. Le club dut s’équiper de maillots toujours rayés bleus et blancs mais cette fois, les bandes étaient horizontales. Pourtant, certaines voix avancent que dans les premiers temps le maillot était intégralement noir, raison pour laquelle cette couleur réapparaîtrait parfois subtilement sur le kit d’Odense. Malheureusement, les raisons qui menèrent à ce choix de couleurs et à ces rayures ne sont pas connues.

On pourrait avancer que l’imagination des membres s’inspira des armoiries de la ville d’Odense. Les couleurs bleues et blanches y apparaissent, l’écu étant sur fond blanc et présentant un chevalier bleu avec un oriflamme de la même couleur. Ce blason se base sur un sceau de la ville daté de 1460.

Autre possibilité assez courante à l’époque, emprunter les couleurs et symboles d’une équipe anglaise. Odense BK étant fondé en 1887, le football anglais était alors dominant et influenceur. Or, de 1883 à 1892, les vainqueurs de la Coupe d’Angleterre, comme parfois les finalistes, possédaient des kits bleus et blancs, souvent à rayures, tels que Blackburn Rovers, West Bromwich Albion et Preston North End.

Néanmoins, 1887 fut l’unique année où le vainqueur jouait dans d’autres couleurs mais avec un maillot rayé (Aston Villa). En outre, Odense fut d’abord fondé en tant qu’association de cricket et la section football apparût seulement deux ans plus tard. Etonnant que les joueurs danois de cricket s’inspirassent de clubs de football. A moins que la théorie d’un maillot différent les premières années auquel se substitua le maillot rayé bleu et blanc quelques temps plus tard fusse vrai. Les joueurs de cricket auraient opté pour un premier maillot puis les footballeurs auraient imposé le célèbre kit, en l’honneur d’un club anglais. Simple supposition. Car on pourrait très bien mixer ces deux hypothèses. D’une part, les couleurs s’inspirèrent du blason de la ville. D’autre part, les rayures étaient à la mode à l’époque, la plupart des équipes anglaises précitées en ayant.

#752 – Club de Regatas Vasco da Gama : Camisas Negras

Les chemises noires. Le maillot de Vasco da Gama est sujet à quelques débats au Brésil. En effet, malgré les efforts des équipes de marketing pour réinventer les équipements chaque année, les grandes équipes conservent leur maillot principal, au moins pour ce qui est des couleurs (car même la Juventus ou le FC Barcelone ont dû sacrifier leurs célèbres rayures aux sirènes trompeuses du merchandising). Pour Vasco, le maillot principal peut-être noire avec une bande blanche ou blanc avec une bande noire, chacun étant aussi important. Pourtant, leur surnom rappelle un de leur premier kit qui était alors intégralement noir.

Les membres du Vasco da Gama, à sa fondation en 1898, ne pratiquaient que l’aviron et reprirent donc les principaux symboles de la mer pour leur nouveau club : un amiral portugais pour nom (cf #194), la croix du Christ comme écusson (symbole des navires portugais) et un maillot devant rappeler les grandes heures des navigateurs. Pour son président-fondateur, Francisco Gonçalves Couto Junior, qui proposa ses couleurs, le noir symbolisait les tempêtes maritimes, les mers inconnues et les marins morts lors des grandes expéditions. La bande diagonale blanche représentait la lumière et les routes ouvertes par les grands navigateurs portugais.

Pour autant, ce ne fut pas le premier maillot choisi par la section football. En effet, cette dernière naquit au sein du club en 1915 en absorbant un club existant, Lusitânia Futebol Clube. Ces membres voulurent certainement se distinguer des rameurs, tout en respectant les symboles du nouveau club, et optèrent pour un maillot noir, avec le col et les poignets blancs. Dans la foulée, l’équipe s’installa petit à petit dans le gratin footballistique en battant les équipes de Rio telles que Flamengo, Fluminense, América et Botafogo. L’apogée fut la victoire en 1923, premier championnat carioca remporté, avec onze victoires, deux nuls et une défaite. Les journalistes surnommèrent alors le club camisas negras, en l’honneur de leur maillot.

Mais, peut-être pas uniquement car Vasco était également le porte-étendard des classes populaires, laborieuses et colorées du Nord de Rio. Alors que le football était réservé à une élite blanche qui vivait dans les quartiers Sud et étaient représentaient par Flamengo, Fluminense et Botafogo (América était du nord mais était le club des élites de Tijuca), Vasco était le premier club à puiser ses membres et ses supporteurs parmi les populations défavorisées et généralement métissées. Alors quand Vasco gagna ce premier championnat pour sa première participation, vexés, les grands clubs du Sud se retirèrent du championnat en 1924 pour créer une ligue concurrente. Mais, en 1925, face aux succès et à la popularité du Vasco, ils reculèrent et acceptèrent d’affronter de nouveau les pauvres mulâtres du Vasco. Ainsi, dans cette société raciste, cette épisode contribua à élargir l’accès de ce sport d’élite aux noirs et aux pauvres et marqua un tournant dans l’ère du professionnalisme dans le football brésilien. Aujourd’hui, cette réciprocité entre le maillot blanc et le maillot noir serait aussi le symbole de l’égalité des races prônées par le club.

#725 – FC Lugano : V bianche

Le V blanc. Le club du Tessin, région italophone de la Suisse, fut fondé le 28 juillet 1908, avec comme président, Er­ne­sto Cor­si­ni. Comme beaucoup de clubs à cette époque, les premières années d’existence virent quelques changement dans les équipements. Initialement intégralement blanc, le maillot afficha par la suite un col et le bout des manches bleus. Puis, des rayures jaunes et noires firent leur apparition. Enfin, le 14 novembre 1916, il fut décidé que les couleurs sociales seraient le noir et le blanc, couleurs qui accompagnèrent le club tout au long de son histoire. Le maillot fut alors intégralement noir avec le col et le logo blanc jusqu’en dans les années 1930. A cette époque, le club céda à la mode du scapulaire. Ainsi, toujours noir, le maillot fut alors baré d’un scapulaire blanc (le scapulaire représentant un V) dans sa partie supérieure. Difficile de savoir d’où provient cette mode qui inspirèrent plusieurs clubs à l’époque. Très présent au sein des clubs de Rugby à XIII, on sait que Manchester porta un maillot avec un scapulaire en 1909 puis de 1922 à 1927, ce qui inspira les écossais d’Airdrieonians (cf #657). Bordeaux adopta son célèbre scapulaire en 1938 (cf #44). Le SC Fives (ancêtre du LOSC) arborait aussi cet élèment tout comme les italiens de Brescia qui le portaient dès les années 1920 (cf #325). En Argentine, le scapulaire fit également son apparition sur le maillot de Vélez Sarsfield en 1933. Alors que cet élèment va disparaître à partir des années 1960 dans la plupart des clubs, Lugano fut un des seuls (avec Bordeaux ou Vélez Sarsfield) à le conserver et à en faire un marqueur d’identité. Il faut noter que lorsqu’il apparut sur le maillot du club suisse dans les années 1930, celui-ci commenca alors à connaître ses premiers succès (dont la Coupe de Suisse en 1931 et le Championnat en 1938). Il disparaitra dans les années 1970 où les meilleurs de club furent souvent réduits à leur plus simple expression. Mais, il réapparut de manière sporadique dans les années 1980 et 1990. Le club du Tessin fit faillite en avril 2003 en raison de graves problèmes financiers. La saison suivante, il fut refondé mais repartit en deuxième ligue interrégionale (soit le cinquième niveau suisse), avec son équipe des moins de 21 ans. Pour retrouver le haut niveau, le nouveau club fusionna le 30 juin 2004 avec un club de la banlieu, le FC Malcantone Agno, qui venait de monter en seconde division. Mais, cette renaissance et cette fusion dilua l’identité du club historique et ne convainquit donc par les supporteurs qui boudait les travées du stade. Pour retrouver un peu de lustre et du soutien, le 4 juin 2008, l’année du centenaire du club historique, le conseil d’administration réadopta le nom FC Lugano et reprit les symboles associés (couleurs, maillot avec scapulaire, blason …). Le scapulaire fut même intégré dans le blason du club pendant quelques années.

#670 – FBC Melgar : el Dominó

Le domino. Résident dans la ville d’Arequipa, ce club, fondé en 1915, tient une place particulière dans le football péruvien. Perché à 2 335 mètres d’altitude, au pieds de volcan, dans les Andes péruviennes, il est le seul club de l’intérieur du pays à avoir remporté le championnat du Pérou, face aux géants de Lima, et même par deux fois (1981 et 2015) et a même glané en 1971 une Coupe du Pérou. Le club arbore un maillot singulier au Pérou, séparant par son milieu une partie noire et une partie rouge. (similaire au maillot des Blackburn Rovers). Certes, au fil de son histoire, il y eut quelques entailles à ce traditionnel équipement mais il demeure le modèle, le symbole du club. La référence au célèbre jeu de chiffre serait à chercher du côté du maillot. Bien qu’il n’existe pas de version officielle, il semblerait que ces maillots rappelaient les pièces du domino, noires et partagées en leur milieu (pour avoir deux chiffres).

#657 – Airdrieonians FC : the Diamonds

Les diamants. Il n’existe pas de centre diamantaire à Airdrie et le club ne connut pas de période dorée qui aurait consacré des joueurs comme des joyaux. L’origine de ce surnom est beaucoup plus simple. Tout d’abord, il faut savoir que le club d’Airdrieonians actuel fut fondé en 2002 afin de poursuivre l’oeuvre de la précédente association du même nom qui fit faillite le 1er mai 2002. Cette banqueroute survint après la construction et le déménagement de l’équipe vers le stade d’Excelsior en 1998. En effet, suite à la vente du stade de Broomfield par le club en 1994, le conseil d’administration du club géra mal le projet de la nouvelle enceinte, difficulté accentuée par les retards du conseil de la région de North Lanarkshire pour accorder le permis de construire. Ces retards et mauvaise gestion mirent à mal ses finances. La direction du club ne put alors investir dans une équipe compétitive ce qui eut un impact sur la qualité du jeu proposé et au final sur la fréquentation du stade. Les revenus fondèrent et en 2000 le club fut placé sous contrôle judiciaire jusqu’à sa liquidation officielle en 2002. Un comptable du nom de Ballantyne porta alors un projet de rachat du club de Clydebank, qui après approbation de la ligue écossaise, changea de nom pour Airdrie United et déménagea à Airdrie. Clydebank jouait avec un maillot blanc incluant une frange diagonale rouge. Les couleurs étaient donc les mêmes que l’ancien Airdrieonians mais le maillot de ce dernier avait une singularité connue. En effet, il affichait un scapulaire sur le devant et l’arrière du maillot, les deux se rejoignant au niveau des épaules. Cette figure ressemblait à un diamant, ce qui donna le surnom the diamonds au club. Afin de s’identifier au club disparut et permettre une continuité historique, Airdrie United reprit cette originalité sur son maillot et donc se vit également affublé du surnom de the diamonds. Mais d’où vient cette originalité ? Une chose est sure. Le premier maillot à intégrer ce diamant remonte à 1912. De 1878 (date de création du club) jusqu’en 1885, Airdrieonians évolua avec un maillot bleu et blanc rayé verticalement. Puis de 1885 à 1912, le maillot passa au rouge et blanc tout en étant toujours rayé (alternant au fil des années des bandes verticales ou horizontales). Le choix de ce double scapulaire est inconnu mais certains avancent que le club se serait inspiré de Manchester United qui porta des maillots similaires (dans la même répartition des couleurs) lors de la finale de la FA Cup anglaise en 1909 (remportée face à Bristol City). Toutefois, ce n’était pas le maillot habituel et Manchester l’abandonna pendant quelques années avant. Mais, de 1922 à 1927, Manchester reporta ce maillot comme tenue à domicile. Or, de 1921 à 1926, le manager de l’équipe était l’écossais John Chapman, qui fut auparavant le manager d’Airdrieonians pendant 11 ans. En effet, ce dernier convainquit Manchester de revenir au maillot de la finale de FA Cup de 1909, qui était aussi celui de son ancien club.

#500 – West Bromwich Albion FC : Baggies

Il s’agit bien du short large et long, qui fut à que le club a pour surnom. A la mode chez les adolescents dans les années 1990, ce n’est pas ce phénomène à l’origine de ce sobriquet. Mais, la véritable source est inconnue et plusieurs histoires existent.

La première version fait référence aux recettes du club et à leur transport. A la fin du XIXème siècle, son stade de The Hawthorns comptait deux entrées, une derrière chaque but. Les jours de matchs, le personnel du stade partaient des guichets avec la recette et traversaient le stade, escortés par des policiers, jusqu’au niveau de la ligne médiane où se trouvait un petit bureau sous la tribune. La recette, issue de la vente des billets d’entrée, s’élevait à des montant importants et était transporté dans de grands sacs en tissu. En passant devant les tribunes, les supporteurs prenaient l’habitude de crier « Here come the bag men ! » (eh ! les hommes aux sacs) et, ce rituel deviendra avec le temps « Here come the baggies ! » .

Une autre histoire se concentre sur les accoutrements des supporteurs du club. La ville de West Bromwich se situe dans le Black Country, cette région industrielle du centre de l’Angleterre. Riche de nombreux minerais (charbon, fer …), les mines y fleurirent puis les industries lourdes de transformation (sidérurgie, métallurgie, aciéries). Dans les hauts fourneaux, les ouvriers y travaillant portaient des vêtements robustes, en moleskine, et larges pour résister aux durs labeurs et à la chaleur. Ou alors, selon d’autres, les vêtements étaient réalisés dans un tissu nommé duck. De couleur claire au départ, le vêtement s’assombrissait au fil des lavages. Pour les réparer, une pièce blanche en duck étaient rajoutée. Ceci donnait un effet volumineux au pantalon, qui donnait l’apparence de sacs de farine. Le surnom baggies serait donc né de ces vêtements amples.

Certains avancent que le terme fut attribué par les supporteurs rivaux d’Aston Villa. Quand ceux d’Albion se déplaçaient dans le stade des Villans, en nombre et avec ces vêtements, ils étaient accueillis par des cris « Here come the Baggies of Bromwich » . Enfin, la version la moins connue se reporte aux shorts des joueurs de football. Ces derniers étaient amples et auraient donc influer sur le surnom.

#327 – Club Universitario de Deportes : los Cremas

Les crèmes. Le club péruvien n’a pas acquis l’un des plus beau palmarès du pays en étant gentil, une crème. Il ne fut pas non plus fondé en 1924 par la confrérie des pâtissiers de Lima. Ce surnom fait référence à la couleur particulière du maillot : crème. Cette couleur est en effet plutôt rare dans le football et au départ, le club opta pour une couleur plus classique. Jusqu’en 1932, le maillot était intégralement blanc avec un U rouge encerclé, pour écusson sur la poitrine. La légende veut qu’en 1932, l’équipe allait disputer un match mais elle n’avait pas son uniforme. En effet, ce dernier avait été envoyé à la blanchisserie et n’était pas encore revenu. La direction mit alors la pression sur la blanchisserie pour récupérer au plus vite les maillots. Sous la pression, les laveurs n’enlevèrent pas les écussons rouges des maillots blanc. Le rouge délava sur le maillot, lui donnant cette couleur crème particulière. Dans l’impossibilité de trouver un nouveau kit, les joueurs se présentèrent avec ce maillot crème et gagnèrent le match. Les succès s’enchaînèrent et par superstition, il ne fut plus question de racheter un jeu de maillot blanc. Une autre histoire, moins répandue, raconte que le fabricant se trompa en envoyant des maillots de couleur crème. Quoiqu’il en soit, la crème a pris et n’est pas prête de tourner.

#325 – Brescia Calcio : Rondinelle

Les petites hirondelles. Alors qu’un lion figure sur le blason du club, un autre animal s’est invité comme surnom, l’hirondelle. Alors, comment cela-a-t-il pu arriver ? L’origine de ce surnom semble remonter aux années 1920. Lors d’un match entre Brescia et le Torino, où l’équipe lombarde dominait (3-1), un fan de Brescia connu sous le nom de Bogia s’exclama « Mais vardì…. i somea ‘na team de rondéne qui va zo a becàga i coregn del tòr ! » (Regardez … ils ressemblent à un troupeau d’hirondelles descendant pour picorer les cornes du taureau !). La similitude séduisit et le surnom fut lancé. Pourquoi comparer les joueurs à des hirondelles ? Brescia est un des rares clubs à arborer un scapulaire (comme Bordeaux et Velez) qui de loin ressemble à une hirondelle stylisée. Il apparût pour la première fois lors de ce fameux match contre le Torino. Le club venait de déménager dans un nouveau stade, stadium di Viale Piave, qui appartenait à la congrégation de l’Oratoire de San Filippo Neri, dite « des Pères de la Paix ». Pour occuper le stade de manière perpétuelle et gratuite, le club reprit le scapulaire sur son maillot du club avec qui il venait de fusionner et qui était une émanation de la congrégation, le Voluntas Pace. Ce dernier avait un scapulaire qui symbolisait le V de son nom.