#464 – Benevento Calcio : Stregoni

Les sorciers. Fondé en 1929, le club de la ville de Bénévent ne connut pas de grands succès pendant son histoire et dut réalisé plusieurs fusions et même renaître de ses cendres 4 fois (en 1938, 1962, 1990 et la dernière fois en 2005) pour enfin s’installer en Série A. Mais, ce n’est certainement pas le jeu de l’équipe qui ensorcela les adversaires, ni même sa capacité d’apparaître comme un Phénix. En réalité, la ville de Bénévent est connue pour être città delle streghe (la ville des sorcières) ou plus exactement janare (du nom des sorcières dans la culture populaire de la région de Bénévent).

Après la chute de Rome au Vème siècle, la Campanie où se situe Bénévent subit plusieurs assauts que ce soit des goths ou de l’Empire Byzantin. A la fin du VIème siècle, les Lombards, peuples scandinavo-germanique, envahît la quasi-totalité de la péninsule. Les habitants de Bénévent, qui étaient de confession catholique, virent alors ces barbares pratiquaient des rîtes païens liés au culte du dieu Wothan. Autour d’un noyer à l’extérieure de la ville, près de la rivière Sabato, des femmes hurlantes sautaient alors que des serpents pendaient à ses branches. D’autres fois, les guerriers lombards se tissaient ensemble dans des manèges équestres et des courses sauvages, en lançant des flèches sur une peau de chèvre suspendue au noyer. Bien que la pratique de ces cérémonies prît fin en raison de la conversion au christianisme des Lombards, sous leur chef Romuald II de Bénévent et la persévérance de l’évêque Barbat de Bénévent (qui d’ailleurs fit abattre le noyer), la terreur qu’elles suscitaient parmi les habitants, par ses apparences merveilleuses et démoniaques, fit la renommée de la ville.

La légende se répandît au-delà des limites de la ville dès le VIIIème siècle et à travers les âges, grâce au protomedico (agent public supervisant les médecins) Pietro Piperno dans son écrit De nuce maga beneventana. Ainsi, dans la littérature, elle apparût dans l’oeuvre de Dante, Il Fiore ainsi que dans le roman Il gobbo di Peretola de Francesco Redi ou encore dans les prêches de Bernardin de Sienne. Franz Xaver Süßmayr, élève de Mozart et Salieri, consacra un ballet au noyer dans Il noce di Benevento et Niccolò Paganini s’en inspira pour l’une de ses oeuvres les plus connues, Le Streghe (La danse des sorcières). Enfin, un délicieux ambassadeur dans le monde entretint la légende de Bénévent depuis 1860 : Strega, la liqueur créée par Giuseppe Alberti aux qualités et au goût enchanteur.


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