#1394 – Orlando City SC : the Lions

Les lions. L’équipe floridienne nourrit un projet ambitieux. Après avoir attiré dans ses filets, pour ses débuts en MLS, le talentueux brésilien Kaka, la direction actuelle vise notre grizou nationale. A l’heure d’écrire ces quelques lignes, les négociations étaient en cours pour arracher Griezmann à sa seconde maison, l’Atletico Madrid. Mais, revenons au surnom de cette franchise. Si le club a opté pour une dénomination dans la lignée des équipes européennes (SC pour Soccer Club), le roi des animaux aurait pu être le nom de la franchise (dans la tradition marketing des franchises US) vu comme il s’est imposé dans la culture du club. Il est son surnom comme sa mascotte et s’affiche fièrement sur son écusson.

En 2010, Phil Rawlins, membre du conseil d’administration du club anglais de Stoke City, acquit les droits de la franchise d’Orlando Pro Soccer en USL (United Soccer League – antichambre de la MLS). Ce projet, affilié aux Orlando Titans, un club de lacrosse, n’était jamais vraiment sorti des cartons. Rawlins transféra alors une autre de ses propriétés, les Austin Aztex, à Orlando pour constituer le nouveau club d’Orlando City SC, avec la volonté d’intégrer la MLS dans les 5 prochaines années.

Pour les attributs du nouveau club, la direction ne souhaita pas prolonger la symbolique aztèque, trop attaché à l’ancienne franchise située à Austin, et préféra se référer à une ancienne équipe de soccer d’Orlando : les Orlando Lions. Ayant existé entre 1985 à 1996, Orlando Lions avait marqué la culture locale en tentant d’implanter le football professionnel dans la ville de Floride. Ainsi, le blason de la nouvelle franchise affichait 3 têtes de lion rugissant. Outre le fait de relier la nouvelle entité à l’histoire footballistique de la ville, ces lions devaient symboliser la fierté et l’esprit d’équipe. En outre, comme le disait le communiqué de presse, « the three lion heads also represent the three facets of the game we love: defense, mid-field, and attack » (les trois têtes de lion représentent également les trois aspects du jeu que nous aimons : la défense, le milieu de terrain et l’attaque). En 2014, l’écusson fut relooké avant que le club n’intégrât la MLS. Des trois têtes, une seule survécut. Demeurant l’élément central du logo, elle symbolise la force et la fierté et reflète le succès d’Orlando City et sa détermination à affronter tous ses adversaires.

#1393 – Doncaster Rovers FC : the Vikings

Les vikings. Il ne s’agit pas du surnom le plus utilisé pour désigner le club du Yorkshire mais pourtant il est bien ancré dans son ADN. En effet, le blason arbore les couleurs du club, rouge et blanc, et représente un Viking doré avec son casque ailé et l’épée posée sur l’épaule. Et contrairement à la tendance générale, ce n’est pas le surnom qui est venu s’inscrire dans le blason mais l’écusson qui a inspiré le surnom. Après avoir affiché les initiales du club sur leurs maillots durant les 40 premières années d’existence, les joueurs portèrent l’écusson du club à compter des années 1950. Le blason du club était alors une copie des armoiries de la ville de Doncaster (deux lions tenant des roses du Yorkshire dans leur gueule, ainsi qu’un écu rouge figurant l’ancien château médiéval de Doncaster). Mais, alors que les résultats sportifs étaient décevants, le conseil municipal de Doncaster refusa aux Rovers l’autorisation d’utiliser leurs armoiries. Résultat, la direction du club partit à la recherche d’un nouvel écusson. Deux versions s’opposent pour expliquer l’apparition du Viking au début des années 1970.

D’un côté, certains avancent qu’un concours fut organisé pour trouver l’inspiration. Les vainqueurs furent un groupe d’étudiant qui proposèrent le viking. Mais d’où venait cette idée d’attribuer au club du Yorkshire l’image du guerrier scandinave ? Il se pourrait que le nom du club, Rovers, en soit à l’origine. En effet, Rover signifie un vagabond, dans le sens d’un voyageur sans but précis (wanderer, roamer), mais aussi un navigateur (seafarer). Et particulièrement le terme rover associé à sea (sea-rover) exprime un pirate. Or, les vikings étaient vus comme des audacieux vagabonds nordiques car, pendant des siècles, ils sillonnèrent les mers et pillèrent les riches terres du sud lors de raids. Autre explication possible : le Château de Conisbrough. Cette imposante fortification fut édifiée au XIème siècle par Guillaume de Warenne, beau-fils de Guillaume le Conquérant. Ces derniers, normands, avaient conquis l’Angleterre en 1066 et firent de Doncaster une place forte normande importante. Or, les normands étaient des vikings autorisés par le Roi Charles le Simple à s’installer en Normandie.

De l’autre côté, la légende raconte que l’entraîneur de l’équipe, Maurice Setters, cherchait un nouveau logo pour le club lorsqu’une publicité pour les voitures Rover attira son attention. Or, à compter de 1922, un guerrier scandinave ornait les bouchons de radiateur des modèles de la marque automobile britannique. Ainsi, Setters aurait conclu un accord avec le concessionnaire Rover local : en échange de voitures pour certains membres de l’équipe, l’emblème de Rover déteignait sur l’écusson du club.

Quoiqu’il en soit, le viking, apparu en 1972, ne demeura pas longtemps sur le maillot des joueurs. Dès 1979, il disparut au profit d’un écusson plus sobre. Mais, en 1982, le viking emblématique fit son retour pour le plus grand bonheur des supporteurs et ne déserta plus le blason du club depuis.