#180 – FAR Rabat : les Militaires

Il n’est pas difficile de comprendre d’où provient de ce surnom. En effet, FAR signifie Forces Armées Royales et le vrai nom du club est Association sportive des Forces armées royales. En 1955, le Maroc mit fin au protectorat français et en 1956, le royaume instaura les Forces Armées Royales. Moulay Hassan, futur Roi Hassan II et alors Prince Héritier, était également Chef des Forces Armées Royales. En 1958, il décida de créer un club omnisports au sein de l’armée en commençant par la section football. Certainement que le cadre de l’armée permettait d’offrir une structure développée à ce club. Ce dernier devait également fédérer et proposer une association sportive aux troupes. Aujourd’hui, le club est l’un des plus titrés du pays, compte 12 sections sportives et est toujours lié aux Forces Armées Royales.

#179 – Club Bolívar : la Academia, la Academia Paceña

L’académie. A la fin des années 1930 et dans les années 40, l’équipe du Club Bolívar connut son âge d’or de l’époque amateur et devint une référence du football bolivien, en développant un beau style de jeu, fluide, avec un certain touché de balle. Cette équipe était dirigée par des joueurs tels que son canonnier Mario Alborta, Walter Saavedra, Rojas, Romero, Cabro Plaza, Beriche Rengel, K’ullu Baldellón, Guardiaco Molina, Gutiérrez et Garzón. Les résultats s’en ressentirent puisque, dans le championnat amateur de La Paz, le Bolívar fut vice-champion en 1938, puis champion pendant quatre années consécutives entre 1939 et 1942. Il finit vice-champion également en 1943, en 1945, en 1946 et en 1947. Lors d’un match, en admirant un magnifiquement enchainement de passes courtes et précises entre des joueurs de Bolívar, qui ressemblait à un véritable ballet, un spectateur enthousiaste cria depuis les travées du stade « ¡está jugando la Academia! » (l’Académie joue). Ce cri devint le ralliement des fans qui exprimait ainsi la supériorité de leur club, donnant des leçons de football à leurs adversaires.

Ce surnom a pu continuer car le club se targue d’avoir pendant ses 100 ans d’histoire former des footballeurs remarquables comme les attaquants Víctor Agustín Ugarte, surnommé el Maestro (le Maître) et reconnu comme le meilleur joueur bolivien de tous les temps, Ramiro Blacut (également surnommé el Maestro) et le milieu Carlos Aragonés entre autres.

Le surnom devient parfois la Academia Paceña pour faire référence à la ville où se situe le club, La Paz.

#178 – America FC : Sangue

Le sang, rappelant ainsi la couleur rouge du maillot du club. Fondé le 18 septembre 1904, les dirigeants du club optèrent d’abord pour un maillot intégralement noir. Puis, en 1906, en raison de difficulté d’approvisionnement, le maillot devint noir et rouge. Enfin, en 1908, João Evangelista Belfort Duarte qui était joueur de l’America (et qui deviendra capitaine (1911), entraîneur, directeur général du football et trésorier du club) suggéra de porter un maillot rouge, à l’image du club d’Associação Atlética Mackenzie College, que l’America avait récemment affronté lors d’un match amical. Belfort Duarte avait été l’un des fondateurs de l’Associação Atlética Mackenzie College, premier club de football formé par des Brésiliens.

#177 – CA Banfield : el Taladro

La perceuse. Fin 1938, le club était au bord de la disparition : quasiment plus d’équipe, peu de partenaires, résident de seconde division. Un groupe de socios de Banfield proposa alors à l’homme d’affaires Florencio Sola de prendre la présidence du club. Pour affronter le championnat de deuxième division de 1939, il obtint le transfert de nombreux joueurs qui étaient remplaçants en première division. Cette équipe devint champion et, par conséquent, fut promu en première division. En 1940, Florencio Sola renouvela complètement son équipe et signa des joueurs tels que Rafael Sanz, Eduardo Silvera, Juan Bautista Busuzzo, Alfredo De Terán, Armando Farro et d’autres. L’équipe fit une campagne surprenante et inhabituelle pour un promu, en finissant à la dixième place, avec de belles prestations tels que des victoires 7 à 3 à Atlanta, 6 à 1 à Tigre, 5 à 0 à Newells et Lanús (en plus des victoires face aux mastodontes d’Independiente et de River). En raison de ces victoires prolifiques, le journal, « El Pampero », baptisa l’équipe du surnom de la perceuse, pour souligner la manière dont les attaquants de Banfield perçaient les défenses et les buts adverses.

#176 – Djurgårdens IF : Järnkaminerna

Les poêles en fonte. Le surnom remonte au second age d’or du club, dans les années 50. A compter de 1920 et pendant 35 ans, le club faisait l’ascenseur entre la seconde division et l’Allsvenskan, l’élite du football suédois. Au passage, l’équipe subissait, lors de la saison 1945-1946, la plus grosse défaite de tous les temps dans l’Allsvenskan contre l’IFK Norrköping (11 buts à 1).

En 1954, la direction nomma comme entraineur, le sino-anglais Franck Soo (qui exerçait depuis deux ans en Suède). Sous son impulsion, le club retrouva son lustre d’antan. Pour cela, Franck Soo développa un style de jeu rugueux et physique, basé sur des entraînements physiques rigoureux. Ainsi, le club remporta le championnat de Suède en 1955, avec le plus grand nombre de victoires (14), le plus petit nombre de défaite (3), la meilleure attaque (53) et la meilleure défense (27). Franck Soo ne resta qu’une saison à la tête de l’équipe mais son jeu s’imposa au club pour la décennie, avec son joueur emblématique Gösta « Knivsta » Sandberg. Djurgårdens rajouta ainsi 3 nouveaux titres de champion en 1959, 1964 et 1966. Ce jeu physique, dur fut symbolisé par ce surnom de poêle en fonte (cet ustensile de cuisine était si dur et faisait mal quand on se cognait avec). Cette image collait bien également avec les couleurs du club. L’équipe arborait un maillot rayé bleu foncé et rouge foncé. Le bleu rappelait la fonte, tandis que le rouge la lueur du feu.

#175 – Heart of Midlothian FC : Jam Tarts

Les tartes à la confiture. Comme pour l’autre club de la ville, Hibernian, le surnom provient d’un jeu de mot en argot d’ouvriers londoniens (rhyming slang). En effet, jam tart rime avec Heart. Le jeu de mot consiste à remplacer un mot par une phrase ou un mot, sans rapport avec le mot mais ayant la même sonorité que ce dernier. Le surnom serait apparu après la première guerre mondiale. En novembre 1914, alors que Heart of Midlothian menait confortablement le championnat d’Ecosse, 16 joueurs rejoignirent l’armée et s’engagèrent pour combattre en France. Ces joueurs-soldats faisaient partie du Bataillon McCrae du 16ème Régiment Royal (Royal Scots) ou du Bataillon Provost du 1er Régiment Royal. En revenant au pays à la fin de la guerre, ils ramenèrent avec eux cet argot.

#174 – AS St Etienne : les Verts

Le club stéphanois a acquis sa popularité grâce à ses campagnes européennes des seventies (en particulier celle de la saison 1976 qui les verra prendre une bain de foule lors de la descente des Champs-Elysées alors qu’il venait de perdre la finale de la C1 face au Bayern Munich), et à une chanson « Qui c’est les plus forts ?… Évidemment c’est les Verts », sorti en 1976 et chanté par Jacques Monty. Car le club est reconnu parmi tous par ses maillots intégralement verts, une couleur assez peu portée par les équipes françaises. Est-ce la couleur du gazon qui inspira le club pour le choix du vert ? Oui et Non. Si la fondation du club remonte officiellement à 1933, le club puise ses origines dans l’équipe corporatiste de la grande enseigne de distribution, Casino. Le fondateur du groupe, Geoffroy Guichard, naquit au sein d’une famille d’épicier à St Etienne. En 1889, il s’allia à son cousin par alliance Paul Perrachon qui dirigeait depuis dix ans une épicerie installée dans l’ancien Casino Lyrique de Saint-Etienne. Ce Casino Lyrique était un cabaret aux mœurs légères, ce qui entraîna sa fermeture en 1858. L’espace rouvrit en 1860 mais pour accueillir une épicerie de détail. Le propriétaire, M. Bréchaud, conserva le nom de « Casino » pour son magasin (une notoriété facile à gagner auprès des clients), comme le feront les suivants, parmi lesquels la famille Perrachon et Geoffroy Guichard. Ce dernier racheta les parts de son cousin par alliance en 1892 puis fonda en 1898 la société des magasins Guichard-Perrachon, à l’origine du Groupe Casino. L’établissement se développa rapidement, comptant déjà 100 succursales dans toute la région en 1904. Comme souvent à cette époque, l’entreprise accompagna ses employés dans la vie courante via des oeuvres sociales et sportives. En 1904, les employés de Casino bénéficièrent d’une caisse de prévoyance et d’assurance décès, puis d’un service médical et pharmaceutique en 1905, de primes aux familles nombreuses et à la naissance en 1910 ou encore d’allocations familiales et d’une participation aux résultats à partir de 1916. En 1912, Casino créa également une association sportive (l’Amicale des employés de la Société des magasins Casino), qui lança une section football en juillet 1919. Réservée aux employés de Casino, cette dernière changea plusieurs fois de nom jusqu’à se fondre en 1933 dans le nouveau club professionnel créé à St Etienne, l’ASSE. Fortement affilié et soutenu par le groupe Casino, le nouveau club adopta les couleurs de l’enseigne, le vert. Pourquoi Geoffroy Guichard et Casino choisirent le vert comme couleur des magasins ? Le bâtiment du Casino Lyrique qui devint le siège du groupe était situé au 5 rue des Jardins. Or, les Jardins firent penser à la verdure, donc au vert.

#173 – Trabzonspor FT : Bordo-Mavililer

Les bordeaux et bleu. Ce jeu de couleurs n’est pas forcément répandu sauf en Angleterre où Aston Villa, West Ham, Burnley et Scunthorpe United arborent ces étonnantes teintes. Et ce n’est pas le fruit du hasard si le club turc s’inspire de ces clubs pour son maillot.

Trabzon fut l’une des premières villes d’Anatolie à rencontrer le football en raison de sa position qui en faisait le centre névralgique des échanges commerciaux de l’Empire Ottoman en Mer Noire. Au delà des flux de marchandises, la culture des autres régions irriguaient également la cité pontique. et favorisait également les échanges. Réservé au départ aux populations étrangères de la ville, le football s’invita aussi chez les autochtones et en 1911, le premier club de turques fut fondé sous le nom d’İdmanyurdu. S’en suivirent de nombreux autres comme İdmanocağı, İdmangücü, Necmiati, Birlikspor, Karadenizgücü, Doğanspor, Yolspor, Martıspor, Erdoğdu Gençlik. Deux émergèrent et nourrissaient une rivalité acharnée : İdmanocağı et İdmangücü. Les derbys entre les jaune et rouge d’İdmanocağı et les vert et blanc d’İdmangücü animaient la ville et était comparable à celui de Galatasaray-Fenerbahçe.

Plus tard, en pleine structuration du football turc (création du championnat de première division en 1959 et de seconde division en 1963), les autorités du football ainsi que celles de la municipalité poussèrent pour que les différentes « petites » équipes locales réunirent leurs forces pour fonder une nouvelle place forte. Mais, les instances firent face au refus des deux principaux clubs (İdmanocağı et İdmangücü) pour qui ils étaient impensables de s’unir au regard de leur antagonisme. Finalement, les 3 clubs amateurs d’İdmangücü, Karadenizgücü et Martıspor fusionnèrent le 21 juin 1966 pour donner vie à Trabzonspor. Les couleurs initiales étaient le rouge et le blanc. Inquiet de voir son vieil ennemi se renforcer, İdmanocağı déposa une plainte auprès de la justice qui lui donna raison. Trabzonspor première version disparaissait. Après de nombreuses tractations et pressions des autorités, İdmanocağı se joignit à l’initiative et Trabzonspor seconde version naquit définitivement le 2 août 1967.

Selon une version, les moyens étaient alors limités et le club ne disposait pas de jeu de maillots. Les dirigeants du club décidèrent de contacter plusieurs formations anglaises pour obtenir un don de maillot. Aucun ne répondit … sauf Aston Villa qui envoya un jeu de ses maillots. Peut-être que le club de Birmingham se rappela qu’à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, les maillots anglais inspirèrent de nombreux et débutants clubs européens et certains héritèrent de don.

#172 – Leeds United FC : the Peacocks

Les paons. Les débuts du football furent difficiles dans la ville de Leeds où le rugby était roi. La première tentative se passa au sein du club de rugby de Holbeck où une section de football vit le jour. En 1897, le club d’Holbeck racheta un terrain situé au pied de Beeston Hill, sur la route principale de la ville voisine d’Elland, qui était la propriété d’une brasserie du nom de Bentley’s Brewery, l’une des plus importantes de Leeds. L’accord prévoyait que le terrain devait être réservé pour une durée de 7 ans à la pratique du football et que l’exploitation des buvettes soit concédée à Bentley’s. Surtout, ce terrain était connu sous le nom de Old Peacock Ground, du nom d’un pub local situé en face du terrain de jeu et qui appartenait à Bentley’s depuis 1878.

Ce pub existait depuis 1826 et s’appelait au départ The Peacock Inn. Puis, en 1842, un autre pub, dénommé New Peacock, s’installa un peu plus loin sur Elland Road. Comme il fallait se distinguer, The Peacock Inn, devint the Old Peacock. C’était le repère des travailleurs des industries environnantes mais il n’y avait pas encore de terrain de football. Quand elle deint la propriété de Bentleys, la brasserie fit aménager la parcelle adjacente pour y créer un terrain de sport. Naturellement, elle l’appela Old Peacock Ground, et la relation s’établit entre le pub et ce terrain.

Pendant un certain nombre d’année, le football se déroula donc à Old Peacock. Puis, quand le Holbeck disparu, Leeds City prit la relève du football dans la ville et reprit le terrain qui devint « Elland Road ». Leeds City laissa ultérieurement la place à Leeds United et le football prit son envol, tout en gardant son lieu d’expression, Elland Road. Pour rendre hommage au terrain qui malgré l’instabilité des clubs demeura le lieu des exploits du football, Leeds United hérita du précédent nom du stade comme surnom. Le club peut être fier d’avoir garder son stade malgré les turbulences. En 1978, l’écusson du club afficha même un paon.

Une autre version, peu connue et reconnue, indique que ce surnom fusse inspiré des premières couleurs du club qui était le bleu royal et le jaune, ce qui rappellerait un paon. Ces couleurs apparaissent encore aujourd’hui sur l’écusson du club et elles pourraient provenir de celles de la ville. Elles déteignirent aussi sur le pub qui existent encore aujourd’hui.

#171 – ŁKS Łódź : Rycerze Wiosny

Les chevaliers du printemps. Le 7 avril 1957, le ŁKS Łódź rencontra, dans le cadre du championnat de Pologne, le club du Górnik Zabrze, qui était en chemin pour remporter son premier titre, et livra un match épique. Au bout de 30 minutes de jeu, mené 1-0, le ŁKS Łódź perdit son joueur Stanisław Wlazły sur blessure. A 10 contre 11, les joueurs pouvaient être abattus. Au lieu de cela, 4 tirs bien dirigés de Stanisław Baran et un de Władysław Soporek permirent au club de renverser la vapeur et remportait le match 5-1. Le lendemain, le journaliste Jerzy Zmarzlik faisait titrer « Messieurs, chapeau ! Vous êtes les chevaliers du printemps. » dans le journal « Revue Sport ». Cette année-là, si le Górnik Zabrze fut tout de même sacré champion, le ŁKS Łódź remporta sa première coupe de Pologne. L’année d’après, le club gagne son premier titre de champion de Pologne.