#170 – NAC Breda : de Ratten

Les rats. Le surnom du club néerlandais provient du surnom d’un joueur et dirigeant du club, Antonius « Rat » Verlegh, qui fut l’une des pierres angulaires du club pendant près de 40 ans. Né en 1896, Antonius fonda son premier club à l’age de 10 ans avec des amis. Ils fabriquèrent leur propre ballon et les but avec les moyens du bord et jouèrent les mercredi et samedi après-midi. Sa vitesse et son agilité avec le ballon conduisirent ses amis et adversaires à surnommer Antonius, le Rat. Deux ans plus tard, Rat Verlegh rejoignit le club de NOAD, prédécesseur du NAC. Puis, en 1912, quand le NAC fut créé suite à la fusion du NOAD avec ADVENDO, Rat Verlegh en devint un joueur et un membre influent. Sur le terrain, le joueur fut l’un des artisans du seul titre remarquable du club, le championnat des Pays-Bas en 1921 et arrêta sa carrière le 10 octobre 1931, après 19 ans au NAC. Dans les bureaux, il fut un dirigeant important pendant 40 ans. Le conseil d’administration lui offrit un siège déjà quand il était joueur. Puis, il cumula ses fonctions de dirigeants du NAC avec celles au sein de la fédération néerlandaise. Il fut aussi un entraîneur et le rédacteur en chef du journal du club. Il décéda en 1960. Aujourd’hui, il est impossible de parler du NAC sans évoquer Rat Verlegh. En 2006, le stade du club fut ainsi renommé Rat Verlegh.

#169 – Genoa CFC : il Grifone

Le griffon. Cet animal fantastique apparaît sur le blason du club mais pas seulement. Il est avant tout le symbole de la ville de Gènes, connue comme la Cité du Griffon. Sur les armoiries de la ville, deux griffons entourent un écu où figure la croix de Saint Georges.

En 1139, lorsque la République de Gênes fut autorisée à battre monnaie, le griffon apparait sur l’avers d’un des sous-multiples du denier. Puis, en 1580, les armoiries de la ville de Gênes commencèrent à être représentées dans des livres et elles étaient soutenues par deux griffons se faisant face à face. Selon certaines études, ces deux griffons symbolisaient la protection, pour l’un, de la maison d’Autriche et, pour l’autre, celle de l’Espagne. Le griffon est un animal fabuleux à corps, pattes postérieures et queue de lion et tête, ailes et serres d’aigle. Il est souvent utilisé dans les emblèmes héraldiques car il unit en un seul être les symbolismes de l’aigle, maître des cieux, et du lion, roi des animaux de la terre. Dans les armoiries de Gênes, les griffons symbolisent la force, la vigilance, la victoire sur les forces du mal. Les deux animaux sont devenus les protecteurs de la ville.

Une petite anecdote concernant ces deux griffons. Aujourd’hui, celui de l’écusson du club comme ceux des armoiries affichent des queues tournées vers l’exterieur. Ce détail paraît insignifiant et pourtant … Après le congrès de Vienne en 1815, Gênes, qui avait été annexé à l’Empire Français en 1805, se retrouva intégré au Royaume de Sardaigne, alors dépendant de la Maison de Savoie. Les queues des griffons furent alors modifiées pour se glisser entre les jambes, comme un signe de soumission à son nouveau maître. Le 20 juillet 2000, la Mairie de Gênes a restauré les anciennes armoiries, en ramenant les queues des deux griffons vers le haut. Il semblerait en réalité que dans de nombreuses représentations précédent 1815, les griffons avaient déjà les queues pointées vers le bas et placées entre leurs pattes.

Le Genoa fut fondé en 1893 par la communauté britannique de la ville. Un des membres du club, Aristide Parodi, proposa, lors d’une réunion le 15 février 1910, de renforcer les liens entre le club et la cité italienne en insérant dans son blason les armoiries de la ville, ie deux Griffons soutenant l’écu avec la croix de Saint-George. Mariage parfait entre les célèbres griffons génois et la croix de Saint-George, symbole de l’Angleterre. Mais, le blason était en quelque sorte confidentiel puisqu’il apparaissait seulement sur les cartes des membres. A la fin des années 1920, le choix fut fait finalement de modifier le blason en insérant un seul griffon or dans un écu rouge et bleu, bordé d’or et fermé au sommet par la croix rouge. Ce blason apparut pour la première sur les maillots du club lors de la saison 1937-1938.

#168 – NK Zagreb : Pjesnici

Les poètes. Les joueurs du NK Zagreb n’ont pas la réputation d’être des esthètes, des amateurs du beau jeu, même lorsqu’ils furent les premiers à briser l’hégémonie du Dynamo Zagreb et d’Hadjuk Split dans le championnat croate (saison 2001-02). L’explication est beaucoup basique. Le club évolue au stade Kranjčevićeva, situé dans la rue Kranjčevićeva dans le quartier de Trešnjevka. Construit en 1921 et avec 8.850 places, il est le deuxième plus grand stade de la ville après le stade Maksimir. Son nom, qui fut donné après la seconde guerre mondiale, rend hommage à Silvije Strahimir Kranjčević (1865-1908) qui était un poète croate. Son oeuvre fut en rupture avec les mouvements romantiques de l’époque et apparut « cosmique ». Il fut un observateur et un défenseur des malheurs du peuple croate, avec une approche nationaliste différente de ses contemporains. Il est un des grands poètes croates. À Zagreb, une statue en son honneur a été érigé devant la Faculté de philosophie. Son personnage figure sur un timbre émis par la poste croate dans la série « Croates célèbres », en 2008.

#167 – CSKA Sofia : Армейците

Les militaires. Si le club fut fondé en 1948, ses origines remontent au début des années 1920. Au printemps 1919, un groupe de sportifs se réunirent avec plusieurs officiers actifs et réservistes pour créer l’OSK Sofia (Club des officiers) dans le but d’unir les officiers sur des terrains de sport. En octobre 1923, en raison du besoin de trouver des infrastructures, les clubs de football Athletic Sofia (fondé en 1910) et Slava Sofia (fondé en 1916) fusionnèrent avec l’OSK pour former l’AS-23, abréviation du Club sportifs des officiers Athletic Slava. Ce nouveau club demeura sous le patronage du ministère de la Guerre, qui fournissait les équipements. Le 9 novembre 1944, avec le soutien et à l’initiative de Mihail Mihaylov, comptable au ministère de la Guerre et membre dirigeant du club du Shipka Sofia, un accord fut signé pour fusionner 3 clubs, l’AS-23, le Shipka ainsi que le Spartak pour donner naissance au Chavdar Sofia. Le général Vladimir Stoychev fut mis à sa tête. Malgré ces fusions, le club déclina et fut relégué à l’issue de la saison 1947. En 1948, Mihail Mihaylov œuvra de nouveau pour revigorer le club en le faisant fusionner avec le club de la Maison Centrale des Troupes (une infrastructure sportive de l’Armée au centre de Sofia). Cette fusion fut vue avec bienveillance avec l’avènement du communisme, le rattachement des équipes sportives à des administrations ou des syndicats étant encouragé. A partir de là, le nouveau club dénommé CDV Sofia se confondit de plus en plus avec l’armée. Le club fusionna encore avec d’autre et changea plusieurs fois de nom (Централен дом на народната войска (Maison centrale des troupes populaires), Отбор на софийския гарнизон (Equipe de la Garnison de Sofia), Централен дом на народната армия (Maison centrale de l’armée populaire)). En 1963, le club s’associa avec une autre équipe et donna naissance au ЦСКА Червено знаме (CSKA Drapeau Rouge). Le nouveau club fut détaché de la maison centrale des troupes pour venir directement dans le giron du Ministère de la Défense. CSKA signifie alors Club sportif central de l’armée. Avec l’effondrement du communisme, le club sort du giron de l’Armée et devient un club sportif privé. Mais son long passé avec l’Armée se matérialise encore dans son surnom.

#166 – Orlando Pirates FC : Buccaneers, Bucs

Les boucaniers. A l’origine, le boucanier était un chasseur d’animaux sauvages qui fumait la viande par un procédé appelé boucanage et faisait du commerce avec les peaux. Ils occupaient des terres sur l’île d’Hispaniola qui était sous domination Espagnol (aujourd’hui Haïti et la République Dominicaine). La raréfaction du gibier dans les îles ainsi que la tentative des espagnols d’évincer les boucaniers leur firent rejoindre une confrérie de flibustier, les « Frères de la Côte ». Cette organisation de pirates sillonnait la mer des Caraïbes et s’attaquaient aux navires et aux villes côtières espagnoles. Le surnom est donc une référence directe au nom du club.

Mais pourquoi s’appelait Pirates ? Le club fut fondé en 1937 au sein d’une association sportive dénommée Orlando Boys Club. En 1939, la section football décida de se séparer des Boys Club. Vers 1940, un des membres importants, Andrew Bassie suggéra le nom du nouveau club. Il s’inspira d’un film qui fit succès à la même époque à sa sortie, « l’Aigle des mers » avec Errol Flynn. Le film racontait les aventures d’un corsaire du XVIème siècle qui chercha à faire échouer l’invasion de l’Angleterre par la flotte espagnole. Si le film faisait certainement un parallèle entre cet événement et la bataille d’Angleterre et la lutte pour la liberté, il se pouvait aussi qu’il trouve un écho particulier au sein de la communauté noire d’Afrique du Sud (Orlando Pirates est le club de Soweto) qui évoluait déjà dans une société inégalitaire et allait bientôt connaître l’apartheid (1948). Le club fut donc surnommé amapirate (les pirates en zoulou).

Un autre surnom utilisé en référence à cet esprit est sea robbers (les voleurs des mers).

#165 – CDC Atlético Nacional : el Verde, el Verde y Blanco

Le vert, le vert et blanc. Ces deux couleurs sont celles du club colombien, ayant l’un des plus beaux palmarès du pays. Né en 1947, le club opta pour les couleurs vertes et blanches, celles qui apparaissent sur le drapeau du département d’Antioquia. Le club représente la ville de Medellín, qui est la capital du département d’Antioquia. Ce drapeau remonte à l’indépendance du pays en 1810. Les couleurs choisit faisaient référence à celles de l’Université d’Antioquia, fondée quelques années plus tôt, en 1803. Mais également aux couleurs de la province de Carthagène lorsqu’elle déclara son indépendance de l’Espagne en 1811. Le drapeau est composé de deux bandes horizontales, une blanche en haut et une verte en bas, de largeur égale. Selon la version officielle, la couleur blanche symbolise la pureté, l’intégrité, l’obéissance, l’éloquence et le triomphe. Le blanc rappèle aussi pour le club la couleur de la fleur du Pourpier, une plante endémique de la régio, qui donna également un autre surnom au club. La couleur verte représente les montagnes du département, l’espoir, l’abondance, la foi, le service et le respect. Pour unifier le département, Medellín retiendra également le même drapeau, en rajoutant ses armoiries au centre. D’autres surnom ont dévié de ceux-ci, en particulier el verde de la montaña (le vert de la montagne). Le département d’Antioquia est traversé par deux chaînes de la cordillère des Andes, les chaînes de montagnes occidentale et centrale, qui atteignent plus de 4.000 mètres. Pour cette raison, Medellín est appelée « la capitale de la montagne ». Le club est également surnommé el Verde Paisa, le paisa vert. Paisa est à la fois le nom de la région nord-est de Colombie, englobant plusieurs départements dont celui d’Antioquia, ainsi que les habitants de cette région. Paisa est un apocope du mot espagnol  Paisano, qui signifie paysan (la région étant une important aire de production agricole du pays, notamment le café). Dans certains pays d’Amérique du sud (Panamá, Equateur, Venezuela), le terme est un synonyme de Colombien.

#164 – Club Bruges KV : les Gazelles

Ce surnom est surtout utilisé par les francophones. Il fait référence aux premières années du Club, au début du XXème siècle. Après quelques fusions, absorptions, scissions, le club trouva de la stabilité à partir de 1902. Commença alors une période dorée pour le club même s’il fallut attendre près de 20 ans pour remporter le premier titre (Championnat de Belgique en 1920). Jusqu’au début de la première guerre mondiale, le club termina 8 saisons consécutives sur le podium, dont 3 fois fois vice-champion (1906, 1910 et 1911) et 5 fois troisième. Le titre de 1910 lui échappa lors d’un test-match décisif face à l’Union Saint-Gilloise. En 1911, le club échoua d’un point derrière leurs rivaux du Cercle Bruges. Cette équipe qui fit connaître ses premières heures de gloire au Club Bruges était emmené par un trio de joueurs offensifs, Charles Cambier, Hector Goetinck et Robert De Veen. Les 3 joueurs étaient nés à Bruges et les deux premiers furent toujours fidèles au club, jouant même respectivement jusqu’à 41 et 42 ans. Charles Cambier fut considéré comme le meilleur joueur belge d’avant-guerre. Leur renommé dépassa les frontières en portant la tunique des diables rouges. Ces deux joueurs étaient notamment connus pour leur pointe de vitesse et furent surnommés les Gazelles.

La gazelle est l’un des rares animaux à pouvoir rivaliser avec le guépard, l’animal le plus rapide sur terre (en pointe à 120 km/h). En effet, la gazelle cours en moyenne à 80 km/h sur des distances de 20 km. Elle peut faire des pointes à quasiment 100 km/h. Parmi la famille des gazelles, le springbok et l’antilope se distinguent avec des pointes à 110/115 km/h.

#163 – FC Red Bull Salzburg : die Bullen

Les taureaux. Fondé en 1933, l’Austria Salzbourg, qui connaîtra ses heures de gloires entre 1993 et 1997 (le club remporta ses 3 premiers titres nationaux (1994, 1995, 1997), 3 super coupes (1994, 1995, 1997) et surtout atteignit une finale de Coupe de l’UEFA (1994)), fut racheté par le groupe de boisson énergisante, Red Bull. Ce dernier fut créé en 1984 par Dietrich Mateschitz et Chaleo Yoovidhya. Son siège social se situe à Fuschl am See, dans le land de Salzbourg en Autriche.

Le groupe autrichien poursuit une politique de mécénat et de sponsoring sportif important, au cœur de sa stratégie de communication et de marketing. En 2012, il est associée à environ 500 athlètes et 600 manifestations sportives. Il compte notamment deux écuries de formule 1 (Red Bull Racing et Alpha Tauri). Dans le football, Red Bull commença par racheter le club de Salzbourg et depuis, acquit ou créa 6 autres clubs à travers 3 continents (New York Red Bulls, Red Bull Brasil, Red Bull Bragantino, RB Leipzig, Red Bull Ghana et FC Liefering). Comme le déclarait Dietrich Mateschitz, son implication dans le sport devait être total, Red Bull ne pouvant être un simple sponsor. En outre, placée au cœur de la stratégie marketing, cet investissement ne pouvait se limiter à simplement apparaître sur le maillot des équipes. Ainsi, pour Salzbourg, suite au rachat, Red Bull fit table rase de toute la symbolique de l’Austria. Adieu nom, blason et couleurs. Le club fut renommé « FC Red Bull Salzbourg » et son logo comme ses couleurs furent modifiés afin de copier ceux de la marque. Les deux taureaux s’affrontant, logo de la marque, apparurent alors sur l’écusson du club. Le surnom vient naturellement en s’inspirant lui aussi de la marque de boisson, Red Bull signifiant taureau rouge.

La présence de ces taureaux sur le logo de la marque depuis ses débuts provient de la symbolique de la boisson populaire thaïlandaise, qui portait le nom de Krating Daeng (taureau rouge) et dont s’était inspiré Red Bull. Tout d’abord, les deux boissons énergisantes se basent notamment sur la taurine, un acide aminé découvert dans la bile de taureau. En outre, s’agissant d’une boisson énergisante, le taureau exprimait leur vitalité et leur force. Enfin, sponsor des boxeurs de Muy Thaï, la société thaïlandaise avait opté pour deux taureaux qui s’affrontent pour représenter leur boisson.

#162 – Borussia Mönchengladbach : die Fohlen

Les poulains. La Bundesliga avait à peine 2 ans quand elle vit débarquer en 1965 onze fougueux et jeunes joueurs venant de Rhénanie-du-Nord. Un an plus tôt, l’entraîneur Hennes Weisweiler prit la tête de l’équipe. Le club avait peu de moyens et ne pouvait ni se permettre de conserver ses meilleures éléments, ni recruter des stars. Hennes Weisweiler décida de promouvoir ou recruter de jeunes joueurs, tels que Werner Waddey (18 ans), Bernd Rupp (21 ans), Jupp Heynckes (19 ans), Günter Netzer (19 ans) et Herbert Laume (20 ans). Il présenta ainsi la plus jeune équipe du championnat (avec une moyenne d’age de 21 ans). En outre, il instaura un système de jeu très offensif basé sur une circulation rapide du ballon, des changements de rythmes constants, des mouvements incessants, une recherche frénétique du but adverse tout en laissant une grande liberté aux joueurs. Ce football rapide et intense donna des résultats immédiatement avec de larges victoires (7-3 lors de la 3ème journée contre Westfalia Herne, 10-1 lors de la 5ème journée face au STV Horst-Emscher) et conquit les spectateurs. Mais également la presse. Le rédacteur en chef du quotidien régional, Rheinische Post, Wilhelm August Hurtmanns surnomma les jeunes fougueux joueurs de Weisweiler les poulains. Les années suivantes (et surtout la décennie 70) virent ces fameux poulains briser l’hégémonie du Bayern et conquérir 5 titres de champion d’Allemagne, 1 coupe d’Allemagne, 2 coupes de l’UEFA et une finale perdue de la coupe des clubs champions.

#161 – CD Universidad Católica : los Cruzados

Les croisés. Le club est rattaché à l’Université Catholique de Santiago. Pour cette raison, les symboles du club ont été choisis en lien avec la religion. Ainsi, l’écusson du club se présente sous la forme d’un triangle, avec une croix bleu, sur fond blanc avec les initiales du nom du club en rouge. Le blanc symbolise la pureté immaculée, la vertu et la morale tandis que la croix de couleur bleue représente Jésus-Christ et son royaume céleste. Enfin, les initiales en rouge rappelle le sang divin qui rachète l’homme. Naturellement, avec la présence de cette croix, le surnom de croisé vint. En outre, avec cette forme triangulaire, il y a une référence claire aux bannières des chevaliers croisés, guerriers des croisades. D’où le surnom dévie aussi en cruzados caballeros (les chevaliers croisés). En 1988, le club en joua en faisant intervenir un chevalier lors de l’inauguration du stade San Carlos de Apoquindo.