#1189 – Audax Club Sportivo Italiano : los Itálicos

Les Italiens. Le club de Santiago du Chili représente la communauté italienne depuis ses origines. Quand on parle d’immigration italienne en Amérique du Sud, on pense naturellement à l’Argentine où plus de trois millions d’Italiens émigrèrent en près d’un siècle (entre 1857 et 1940), soit 10% de l’immigration italienne dans le monde. Elle laissa une trace indélébile dans le pays des gauchos. En 2011, plus de 25 millions des Argentins (soit 62,5 % de la population) avaient des origines italiennes. Le football n’y échappa pas (Boca Junior #1, River Plate #900, CS Independiente Rivadavia #1171). Mais, au tournant du XIXème et XXème siècle, l’Argentine ne fut pas la seule terre d’accueil et des italiens se retrouvèrent aux Etats-Unis et dans tous les pays d’Amérique du Sud.

Au Chili, l’immigration démarra timidement puisque le recensement de 1854 établissait qu’il y avait seulement 406 résidents italiens dans le pays. Mais, avec l’industrialisation du Chili et les difficultés économiques et politique de l’Italie, l’immigration italienne s’accéléra fortement entre 1880 et 1930 et le recensement de 1920 dénombrait alors 12 342 italiens au Chili, le chiffre le plus élevé jusqu’à présent, faisant de la colonie italienne la deuxième plus importante après la communauté espagnole. Comme pour l’Argentine, l’Etat Chilien favorisa cette immigration en allant faire directement sa promotion en Europe même (avec l’Agencia General de Colonización de Chile en Europa). Aujourd’hui, en fonction des études, les descendants d’immigrés italiens représenteraient entre 150 000 et 600 000 chiliens.

Originaires principalement du nord de l’Italie (Ligurie et Piémont), les immigrés italiens se répartirent dans tout le pays, à hauteur de 80% dans les zones urbaines, comme Valparaíso et Santiago, et dans les zones agricoles de Capitán Pastene, Parral et La Serena. A Santiago, les italiens vivaient principalement dans le quartier Barrio Italia (ou aussi connu sous le nom de Barrio Santa Isabel). Bien intégrés dans la population et constituant des piliers du développement économique et social du pays, les immigrés italiens fondèrent aussi de solides réseaux sociaux entre eux, servant à créer de la solidarité et à défendre leur identité et leur culture. En 1910, la communauté italienne offrit la statue Monumento al Genio de la Libertad pour célébrer le centenaire du Chili qui fut érigée sur la Plaza Baquedano à Santiago. La même année, 3 de ses membres, Alberto Caffi, Ruggero Cozzi et Amato Ruggieri, décidèrent de créer une institution sportives qui les représenterait. La symbolique du club s’attacha donc à se concentrer sur le rappel des liens avec l’Italie. Le premier écusson présentait une croix blanche sur un champ rouge, qui était l’écu de la Maison de Savoie, qui régnait sur l’Italie depuis son unification. Elle fut remplacée dans les années 1950 par une roue cycliste intégrant en son centre le tricolore italien (vert, blanc et rouge). Pour le maillot, le choix se porta sur le vert, accompagné d’un short blanc, s’inspirant du drapeau italien. En 2020, pour commémorer les 110 ans de la fondation du club, un maillot bleu a été porté par les joueurs, en hommage aux couleurs représentatives de la Maison de Savoie, qui inspira l’uniforme de l’équipe nationale italienne.

#1188 – CD Morón : el Gallo, Gallito

Le coq. Avec près de 100 000 habitants, la cité de Morón s’inscrit dans le Grand Buenos Aires et se fait connaître populairement comme « la capitale de l’ouest » de Buenos Aires. Elle est également fortement identifiée avec la figure du coq. Mais, contrairement à de nombreuses autres histoires de symbole, ce n’est pas la ville qui a influencé le club de football mais l’inverse. En effet, en 1957, après 10 ans d’existence, un coq fit son apparition sur le maillot du club. En 1959, un coq comme mascotte fut apporté sur le terrain. Puis, en 1962, le club l’adopta officiellement comme symbole dans ses statuts. 

Par fierté pour le club à la popularité importante, la municipalité adopta également l’animal. Ainsi, en 1963, elle fit hérisser une statue du coq sur la Plaza San Martín, œuvre du sculpteur Amado Armas. En 1968, elle établit le prix du Gallo de Morón (le coq de Morón), une statuette qui distingue des personnes ou des institutions aux réalisations en faveur du bien-être social ou en soutien à l’art ou la science.

Mais, d’où vient cette idée du coq ? Pour beaucoup, le nom de la ville en serait à l’origine car la cité argentine s’appelle comme une ville andalouse, Morón de la Frontera, dont sa renommée dépasse ses frontières grâce à un coq. Selon la légende, vers 1500, deux clans de la ville andalouse se disputait et un conciliateur, dénommé Don Juan Esquivel, fut nommé par la cour pour régler le différent. Déclarant régulièrement que « no cantaba otro gallo en el sitio que él cantaba » (aucun autre coq n’a chanté à l’endroit où il chantait), ses bravades et son arrogance épuisèrent la patience des habitants de Morón de la Frontera qui le surnommèrent el gallo. Ces derniers s’unirent pour le mettre nu et lui infliger une raclée. Le juge Esquivel partit en hurlant qu’il ne reviendrait jamais dans la ville. De cette histoire, un proverbe espagnol naquit « Anda que te vas quedando como el Gallo de Morón sin plumas y cacareando  » (Allez, tu restes comme le coq de Morón sans plumes, ni chant) qui s’utilisent pour caractériser une personne qui se retrouve sans argent et qui crie ou proteste. Or, ce coq s’imposa à Morón de la Frontera mais également dans les autres villes du monde se dénommant Morón (Morón à Cuba, Morón au Venezuela et Morón à Haïti).

Seulement, pour les argentins, l’image renvoyée par le coq de Morón de la Frontera n’est pas valorisante car il est déplumé et pleutre. Donc une autre histoire tente d’expliquer l’origine de ce coq. A l’époque coloniale, les combats de coq avaient les faveurs des paysans du coin et les coqs du Morón argentin avaient une certaine réputation. D’ailleurs, d’autres rajoutent qu’un grand-père des frères Cadó (qui participèrent à la fondation du club) élevaient des coqs de combat en provenance d’Uruguay. Ce coq plus combatif et fier trouve naturellement un meilleur écho auprès des fans.

#1187 – FC Machida Zelvia : Zelvia

L’aventure du football dans la ville de Machida, l’une des principales villes de le banlieue de la capitale japonaise, débuta dans les écoles de la cité en 1977. Les professeurs des écoles primaires enseignaient le football aux élèves, estimant que ce sport était un bon moyen de développer le sens de l’équilibre des enfants. Une sélection des meilleures scolaires fut réunit sous l’égide d’un nouveau club, appelé Machida FC. Le club adulte vit le jour plus tard en 1989 sous le nom du FC Machida Top. En 1997, le club attint le sommet de la pyramide amateur de la ligue tokyoïte et, en prévision de l’accession à la Première Division de la Ligue de Tokyo, il changea de nom pour FC Machida Zelvia.

Le club créa un mot valise rassemblant les deux principaux symboles de la cité de Machida. D’un côté, l’arbre dénommé zelkova. De l’autre, la fleur salvia. Depuis le 15 juin 1972, ces deux éléments de la flore sont devenus des symboles officiels de Machida. Originaire du Japon, le zelkova (aussi connu sous le nom de keyaki (欅)) est un arbre majestueux pouvant atteindre 30 mètres de hauteur, caractérisé par un tronc court et un faisceau de branches formant une tête large et ronde. Sa croissance rapide avec ses branches s’étendant vers le ciel collait bien alors à l’image que voulait donner la municipalité à sa cité en pleine croissance. L’arbre est particulièrement populaire au Japon, où il orne de nombreux parcs et avenues, et notamment à Machida. Originaire du Brésil et venue au Japon en 1895, la salvia (ou sauge rouge, connu sous le nom de Higoromosou (緋衣草)) se caractérise par des fleurs rouges vives, donnant une apparence énergique qui représente la jeunesse et la vitalité de la ville. On retrouve cette fleur dans de nombreux parterres dans toute la ville et est très appréciée des citoyens.

#1186 – 1. FC Nuremberg : der Altmeister

Le vieux maître. Depuis quelques décennies, dans la Bundesliga, le Bayern Munich concoure quasiment sans rival. Certes, le Bayer a réussi une superbe saison 2023-2024 et remporté avec brio le championnat allemand. Dortmund titille régulièrement l’arrière-train du club bavarois. Mais, fondamentalement, le Bayern demeure le maître de l’Allemagne et possède un palmarès à faire pâlir bien des clubs européens (33 Championnats d’Allemagne (record national, dont 32 à l’ère Bundesliga et 11 d’affilé), 20 Coupes d’Allemagne (record national), 10 Super Coupes d’Allemagne (oui encore record national) et 6 Coupes de la Ligue (faut-il préciser qu’il possède le record national)). Bien que le Bayern remporta quelques titres avant la Seconde Guerre mondiale, son hégémonie démarra à la fin des années 1960. Auparavant, le club dominant se trouvait également en Bavière mais à Nuremberg.

Fondé en mai 1900 par 18 lycéens en tant que club de rugby, le FC Nuremberg se concentra rapidement sur le football et se constitua un palmarès (ponctué par 3 titres de champion de Bavière et 2 titres de Champion d’Allemagne du Sud) et une certaine réputation avant le déclenchement des hostilités de la Première Guerre mondiale. Mais, la période faste du club bavarois débuta au début des années 1920 et s’étendit jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale. Entre juillet 1918 et février 1922, l’équipe resta invaincue lors de 104 matches officiels. En 1919, à son jeu déjà développé, le club ajouta une touche raffinée hongroise, avec l’ailier gauche Péter Szabó et l’avant-centre Alfréd Spezi Schaffer. Puis, en 1921, en provenance du rival du SpVgg Fürth, Hans Sutor renforça l’équipe, alors portée par le milieu Hans Kalb et le gardien Heinrich Stuhlfauth. Le titres s’enchainèrent : champion d’Allemagne en 1920, 1921, 1924, 1925, 1927 et 1936 (et vice-champion en 1934 et 1937), vainqueur de la coupe d’Allemagne en 1935 et 1939 auxquels s’ajoutèrent de nombreux championnat et ligues régionaux. Cette décennie des années 1920 marqua l’histoire du club comme le football allemand. En remportant 5 des 9 championnats en jeu sur cette période, le FC Nuremberg était le maître du football allemand. Dans cette décennie, Nuremberg fournit parfois la moitié de l’équipe nationale allemande. Seuls le rival du SpVgg Fürth et l’équipe d’Hambourg SV réussirent à se hisser quelque fois au niveau du club bavarois dans la lutte pour le championnat allemand.

#1185 – Levante UD : los Granotas

Ce terme pourrait laisser penser qu’il dérive de la couleur grenat, que le maillot du club associe avec du bleu, à l’image du FC Barcelone. Mais, il n’en est rien, le surnom provenant du règne animal. En valencien, le mot granota désigne les grenouilles. Il n’est pas rare aujourd’hui de voir dans l’enceinte de « Ciutat de Valencia » des Kermits la grenouille accompagnés les fans de Levante.

Pratiqué dès 1903 dans la ville de Valence, le football s’organisa dans la région en 1909, lors de la création de la Fédération valencienne de football. Lors de cette même année, deux clubs virent également le jour : Levante FC et le Gimnástica FC. Ces deux associations représentaient deux quartiers différents et ne s’adressaient pas aux mêmes classes sociales. Levante FC s’établissait à Cabañal-Cañamelar, le quartier de pêcheurs, au bord des plages. Il jouait ses matchs sur un terrain en face de la plage de « Las Arenas ». Le terme Levante faisait allusion au vent venant de l’est (du levant) qui entre dans la ville de Valence par cette plage. Gimnástica était une émanation du Patronato de la Juventud Obrera, un établissement d’enseignement catholique créé en 1883 et qui cherchaient à contrecarrer les mouvements socialistes et libéraux émergents en attirant les classes populaires vers des associations catholiques sportives et culturelles.

Les deux clubs furent naturellement rivaux mais, après la guerre civile espagnole, en 1939 ils finirent par unir leurs forces, sous le nom de l’Union Sportive Levante-Gimnástica et, deux ans plus tard, pour l’actuel Levante UD. Le Levante FC légua son nom ainsi que nombre de ses joueurs. Gimnástica donna ses couleurs et son terrain de jeu. Ce dernier se situait sur le lit de la rivière Turia, qui abritait un grand nombre de grenouilles. Le pseudonyme ne tarda pas à apparaître (d’ailleurs, il est probable que le surnom fut déjà attribué à Gimnástica).

Le sobriquet fut vite détourné par le rival du Valence CF en sapos, ce qui signifie les crapauds. Pour autant, il est toujours un motif de fierté pour les supporteurs et un symbole identitaire du club. Outre la grenouille qui apparaît sur de nombreux produits dérivés, le vert habilla parfois la tenue de l’équipe.

#1184 – Stellenbosch FC : Stellies

Diminutif du nom du club, également celui de la ville de Stellenbosch. Située le long des rives de la rivière Eerste, au pied de la montagne de Stellenbosch, la cité est séparée de 50 km du Cap et représente une destination touristique populaire. En effet, ayant été fondé en 1679, elle constitue la deuxième ville la plus ancienne d’Afrique du Sud et a conservé une architecture historique, typique des colonies hollandaises du Sud du Pays. En outre, elle bénéficie d’une position centrale dans cette région viticole. La ville abrite également une Université, l’une des plus anciennes universités d’Afrique du Sud.

La Vereenigde Oostindische Compagnie, Compagnie néerlandaise des Indes Orientales, fonda la ville du Cap en 1652. En 1679, elle confia à Simon van der Stel, un marchand qui était marié à la fille d’un des fondateurs de la Compagnie, la gestion de la cité, afin de la rendre prospère. La ville du Cap se limitait à près de 800 personnes et n’occupait pas un grand espace. La politique de van der Stel se focalisa alors sur l’extension territoriale de la colonie pour trouver de nouvelles terres agricoles vivrières (afin de rendre la ville autosuffisante pour sa nourriture) ainsi que du minerais (afin de l’exporter et rapatrier des richesses). Début novembre 1679, soit moins de 3 semaines après son arrivée au Cap, van der Stel entreprit avec des membres du Conseil politique un voyage aux Hottentots-Hollande (aujourd’hui connu sous le nom de Somerset West). Au cours du voyage, il décida d’établir une nouvelle colonie le long de la rivière Eerste. De nombreux grands arbres se situaient à cet endroit et il décida de nommer l’endroit d’après son nom, Stellenbosch, qui signifie littéralement « la forêt de (Van der) Stel » . Cette nouvelle colonie se développa très rapidement. Elle devint une collectivité locale indépendante en 1682, peuplée de 40 familles en 1684, et siège de la magistrature contrôlant 25 000 km² en 1685.

#1183 – Vila Nova FC : o Tigre

Le tigre. En 1943, le colonel, Francisco Ferraz de Lima, fonda la club avec le soutien de Gercina Borges, épouse de Pedro Ludovico, sénateur et gouverneur de l’Etat de Goiás, et du prêtre Giuseppe Balestiere. Ce dernier avait depuis plusieurs années œuvré dans le développement d’activités sportives et culturelles pour la communauté du quartier de Vila Nova. Notamment, en 1938, le prêtre avait créé l’Associação Mariana, un club de football amateur, qui fut la base du Vila Nova FC. En raison d’une crise financière, le nouveau club changea de nom en 1946 pour Operário Futebol Clube. Puis, en 1949, il se dénomma Araguaia et en 1950, il prît le nom de Fênix Futebol Clube. Finalement, en 1955, le club redevint définitivement le Vila Nova Futebol Clube.

Certains avancent que la création du tigre viendrait de l’illustrateur Fernando Pierucetti (mieux connu sous le pseudonyme de Mangabeira). En effet, dans les années 1940, ce dernier, sous l’impulsion de Álvares da Silva, secrétaire du quotidien Folha de Minas, qui avait décidé d’imiter son confrère de Rio de Janeiro, Jornal dos Sports, qui avait quelques années auparavant personnalisé les équipes cariocas au travers de personnages de bande dessiné (Flamengo <=> Popeye, Fluminense <=> Pó-de-arroz #79, Vasco <=> Almirante #194, Botafogo <=> Donald Duck et America <=> Diable), réalisa plusieurs caricatures des équipes de l’Etat du Minas Gerais. Ces illustrations devaient puiser leur source dans l’univers des fables d’Ésope et de La Fontaine, mais en utilisant des animaux de la faune brésilienne (América FC <=> Lapin #920, Cruzeiro <=> Renard #78  et Atlético Mineiro <=> Coq #24). Mais, je pense que pour Vila Nova FC, le tigre ne provient pas de Pierucetti. En effet, le Vila Nova ne réside pas dans l’Etat du Minas Gerais (Or Pierucetti avait croqué des animaux uniquement pour les clubs de cet Etat) et qu’il s’agirait plutôt d’une confusion avec le club de Villa Nova AC (Villa avec 2 l). En effet, ce dernier est basé à Nova Lima dans l’État du Minas Gerais et a pour surnom Leão do Bonfim. Or, ce lion avait effectivement été dessiné par Pierucetti.

Donc l’origine du Tigre pour le Vila Nova FC n’est pas claire. Aujourd’hui, le symbolisme du tigre est un témoignage des valeurs du club, force et passion et permet d’inciter les joueurs à faire preuve de courage, d’agressivité et de détermination. D’ailleurs, il pourrait symboliser la ténacité du prêtre Giuseppe Balestiere qui se battit pour créer un club de football et le soutînt durant de nombreuses années. Ce surnom s’est vu accolé aussi le nom du quartier d’où est originaire le club, Tigre da Vila Famosa, ainsi que le diminutif, Tigrão.

#1182 – Garbarnia Cracovie : Garbarze

Les tanneurs. Le football est un des sports les plus populaires de la seconde ville de Pologne et compte à ce titre plusieurs clubs, dont les célèbres Wisła (13 fois champion de Pologne) et le KS (5 fois champion). Mais, au milieu de ces deux mastodontes, le Garbania s’est fait aussi une place dans le cœur des habitants de la ville en remportant le titre national. Une seule fois en 1931. La performance s’explique par la mutation du club en 1924, 3 ans après sa création.

Tout commença à l’automne 1921 lorsque des ouvriers de l’usine de tannage, Polskich Zakładów Garbarskich, fondèrent un club de football sous le nom de KS Lauda. Probablement que le terme Lauda provenait du latin laudo qui signifie louer, glorifier. En donnant ce nom au club, les fondateurs souhaitaient peut-être louer et souligner leur attachement à Ludwinów, commune rurale située sur la rive droite de la Vistule qui fut rattachée à Cracovie en 1910 et où se situait leur usine. Puis, en 1924, le club reçut le soutien financier de Polskie Zakłady Garbarskie, entrainant alors le changement du nom en KS Garbarnia (Garbarnia signifie tannerie). Les apports de ce riche mécène se firent immédiatement sentir, avec la construction d’un stade situé devant l’entrée de l’usine. 5 ans plus tard, Garbarnia accéda à la première division et finit vice-champion. 2 ans plus tard, le titre était acquis.

L’histoire de la tannerie à Cracovie remonte à 1885, lorsque les frères Jan et Kazimierz Dłużyński commencèrent la production dans une usine appelée « Bracia Dłużyńscy garbarnia w Ludwinowie p. Podgórze » . En 1904, Jan, l’apporteur de fonds, entre les deux frères, quitta l’entreprise et celle-ci commença à manquer de capitaux pour moderniser son outil de production. En 1910, la tannerie fut rachetée par un industriel de la tannerie, Michał Rabiński. La tannerie de Ludwinów fut reprise en 1917 par différents investisseurs et prit le nom de Polskie Zakłady Garbarskie. Elle débuta alors son fort développement. En 1919, 66 ouvriers y travaillaient, en 1920 déjà 155 et en 1922, 180. A cette époque, 3 tonnes de cuir étaient produites quotidiennement. L’entreprise disposait de sa propre écorcherie, de ses propres moyens de transport et même d’un corps de pompiers et d’un service d’ambulance. En 1928, l’usine comptait 260 ouvriers et produisait 1595 tonnes de cuir de semelle, 285 tonnes de cuir de marque et 20 tonnes de youfte, pour un chiffre d’affaires de 20 millions de zlotys. Avec la crise de 1929, la déchéance de l’usine débuta et finalement en 1938, la Polskie Zakłady Barbarskie arrêta la production et tous les employés furent licenciés. Après la guerre, toutes les tanneries de Cracovie furent nationalisées par les autorités communistes et regroupées au sein d’une seule organisation. L’ancienne tannerie de Ludwinów reprit alors sa production.

#1181 – SVV Scheveningen : de Schollekoppen

Les têtes de plie. Evidemment, vous aurez compris que ce surnom n’est pas flatteur. Il n’est pas un juron qui compare la tête des habitants de Scheveningen à un mille-feuille. Ici, le sobriquet rappelle l’histoire et l’économie florissante que fut la pêche pour ce quartier de La Haye puisque la plie est le nom vernaculaire désignant généralement des poissons plats. Evidemment, les habitants de La Haye l’attribuèrent avec dédain à ceux de Scheveningen mais ces derniers se l’approprièrent avec fierté.

Les premières mentions de ce village apparaissent au XIIIème siècle et à cette époque, le hameau se développait en particulier sur de jeunes dunes, le long de la côte de la mer du Nord. Avec une mer à proximité et abondante en poissons, une demande importante liée au développement de la cour comtale dans l’ancien La Haye ainsi que des terres où l’élevage et l’agriculture étaient pratiquement impossibles, Scheveningen se tourna rapidement vers la pêche malgré l’absence de port. Ainsi, les bateaux pêchaient non loin de la côte, s’amarraient sur la plage et se concentraient sur la capture de poissons plats ou ronds (plie, limandre, sole, églefin, raie, morue …). Au XVIème siècle, la plie constituait la principale ressource et produit d’exportation de la ville.

À partir du milieu du XIXème siècle, suite à la levée de certaines restrictions de pêche, les pêcheurs de Scheveningen se tournèrent vers le hareng. En 1903, un port maritime fut ouvert et un second en 1931, ce qui permit un développement encore plus important de l’activité. Scheveningen demeura le lieu du hareng par excellence jusqu’à quelques décennies après la Seconde Guerre mondiale. L’activité de la pêche modela toute la ville et tout un environnement se développa dont les séchoirs à poisson, une criée aux poissons, des chantiers navals … . Au cours des années 1960, un tournant se produisit pour cette industrie si importante pour Scheveningen. En raison de la surpêche en mer du Nord, de la vétusté des navires de sa flotte et à l’évolution des techniques de pêche, il était nécessaire d’aller pêcher de plus en plus loin et avec des bateaux beaucoup plus modernes mais le manque de capitaux empêcha la transformation de l’activité à Scheveningen et le déclin s’enclencha. Aujourd’hui, la flotte de pêche de Scheveningen se compose d’une quinzaine de chalutiers et la ville est devenue une station balnéaire ainsi qu’un port de plaisance.

Pour la petite histoire, si le club bénéficie d’une petite notoriété car il navigue dans les plus hautes sphères amateurs des ligues hollandaises depuis des décennies, il fut surtout le club hollandais invité à participer à la première Coupe des Clubs Champions en 1955 par le journal l’Equipe. Mais, il déclina l’invitation et fut remplacé par le PSV.

#1180 – SK Dnipro-1 : чорно-жовті

Les noir et jaune. Pour un club relativement jeune (fondation le 29 novembre 2015), il s’est fait rapidement une place dans le paysage footballistique ukrainien. Vice-champion de division 3 lors de la saison 2017-2018. L’exercice suivant, le club remporta le titre de champion de division 2. Puis, en 2022-2023, il devint vice-champion de première division. Le club fut fondé à l’initiative de l’homme politique ukrainien Yury Bereza et de l’homme d’affaires Gennady Polonsky. Tout s’accéléra pour Dnipro-1 quand le club historique de la ville, le FK Dnipro, rencontra des difficultés financières qui engendrèrent une crise sportive. En 2019, après 100 ans d’existence et une finale de Ligue Europa en 2015, le FK Dnipro fit faillite et ce qui restait du club, principalement son académie de formation, rejoignit le Dnipro-1. L’ancien footballeur international Andriy Rusol, qui avait joué 8 ans pour le FK Dnipro, s’associa à cette nouvelle aventure. Le Dnipro-1 devenait ainsi le successeur du FK et le club numéro un de la ville. Pour autant, il ne reprit pas les symboles du FK et conserva les siens, dont ses couleurs noir et jaune.

Le fondateur Yury Bereza est un militaire, homme d’affaires et homme politique qui s’illustra lors de l’apparition des manifestions pro-russes en Ukraine et les premières insurrections dans le Donbass. En Avril 2014, les militants pro-russes organisèrent des référendums dans les régions de Louhansk et de Donetsk afin d’obtenir leur sécession de l’Ukraine et leur intégration dans le giron russe. L’Etat ukrainien et son armée étant en faillite financière et organisationnelle, le ministre de l’intérieur Arsen Avakov prit la décision de former des milices armées avec pour objectif de rétablir l’ordre dans les régions de l’Est. Le 14 avril 2014, le bataillon dénommé Dnipro-1 fut créé comme une force spéciale du Ministère de l’intérieur, avec le soutien financier de l’oligarque Ihor Kolomoïsky. Au printemps, le bataillon sévit dans les régions de Donetsk et de Dnipropetrovsk et participa à la libération de Marioupol en juin 2014. Son commandant d’alors était Yury Bereza. Soucieux de ses troupes (et de son image), il poussa à la fondation d’un club de football dont l’objectif principal était de réhabiliter et d’aider les militaires à travers le sport. La nouvelle association reprit le nom du bataillon, Dnipro-1, ainsi que son emblème intégralement noir, qui se compose du trident ukrainien (tryzoub). Mais si le noir et le jaune orangé sont les couleurs apparaissant sur le blason du club, l’équipe évolue dans des maillots bleu et jaune, les couleurs nationales.