#1399 – Vitória Guimarães : os Afonsinhos

En portugais, le suffixe -inho est un diminutif affectueux. D’où os afonsinhos se traduit littéralement par « Les petits Afonso » ou « Les fils d’Afonso ». Ce surnom rappelle le lien entre la ville et le premier roi du Portugal, Dom Afonso Henriques. L’ombre de ce roi plane sur tout le club. Sa statue, située dans un des parcs de la cité (Paço dos Duques de Bragança) inspira dans les années 1930 le blason du club. L’enceinte de 30 000 places du Vitória se nomme D. Afonso Henriques et sa mascotte est le chevalier Super Afonso.

Si, la région où se situe Guimarães est habitée en permanence depuis au moins la fin du Chalcolithique, la cité va connaître son essor à compter de 1128 lorsque certains des principaux événements politiques et militaires qui allaient mener à l’indépendance et à la naissance du Portugal s’y déroulèrent. Au début du XIIème siècle, le Portugal n’était pas un pays, mais un simple comté (le Comté de Portucale) vassal du puissant Royaume de León (en Espagne). À la mort de son père, le jeune Afonso vit sa mère, la comtesse Thérèse de León, s’allier avec des nobles galiciens, menaçant l’autonomie du comté. En 1128, Afonso prit les armes contre sa propre mère et remporta la bataille de São Mamede (près de Guimarães). Ce fut le premier pas vers l’indépendance du Portugal. Guimarães est donc historiquement associée au premier Roi du Portugal et à sa conquête de l’indépendance et des terres du Portugal. Elle est connue comme le « berceau de la nation portugaise ». D’ailleurs, pour le rappeler aux habitants comme aux visiteurs, dans l’une des tours de l’ancienne muraille de la ville, il est inscrit « Aqui nasceu Portugal » (Ici est né le Portugal).

Il faut savoir qu’au sein du club, le terme os afonsinhos désigne aussi l’école de football et l’académie des jeunes du Vitória de Guimarães. Lorsqu’on parle des afonsinhos, on désigne donc aussi bien les jeunes talents formés au club que les joueurs de l’équipe première.

#1398 – Genoa CFC : I Rossoblù

Les rouge et bleu. Le maillot domicile du Genoa est l’un des rares à résister aux vandales du marketing qui, sur l’autel de l’argent, ont sacrifié les tradition de Barcelone ou de la Juve. Outre l’agréable mariage des couleurs, il se distingue en étant séparé en deux. Du côté droit, du rouge plus ou moins foncé. A gauche, du bleu marine. Et ce choix remonte au début du XXème siècle. Pourtant, le Genoa CFC fut fondé en 1893 et constitue le plus ancien club de football d’Italie encore en activité. Alors dans quelles couleurs évoluaient les premières équipes du club et pourquoi avoir opté pour ces teintes rouge et bleu.

L’histoire de la fondation du Genoa épouse l’essor du football à travers l’Europe comme en Amérique du Sud. À la fin du XIXème siècle, le port de Gênes demeurait l’un des carrefours commerciaux les plus importants d’Europe. Ainsi, la ville ligurienne accueillait alors de très nombreux diplomates, marchands, ingénieurs et marins du monde entier et en particulier de la Grande-Bretagne, la principale puissance. Ces nombreux britanniques importèrent leur mode de vie et en particulier les nouveaux sports qui naquirent en Grande-Bretagne sur les 50 dernières années. Ils fondèrent ainsi des associations où ils pouvaient se regrouper et les pratiquer. Le 7 septembre 1893, plusieurs de ces expatriés dont notamment Sir Charles Payton, le consul britannique ainsi que les hommes d’affaires Charles de Grave Sells, George Blake, George Fawcus et Henry De Thierry, se retrouvèrent au consulat britannique pour fonder le Genoa Cricket and Athletic Club. Comme son nom l’indique, le football n’était pas prioritaire. Les membres se réunissaient principalement pour faire du water polo et surtout jouer au cricket. Outre la pratique de sports anglo-saxons, l’adhesion au Genoa était exclusivement réservé aux citoyens britanniques. L’histoire bascule en 1896 avec l’arrivée à Gênes d’un médecin anglais passionné de sport, James Richardson Spensley. Non seulement, il ouvra le club aux sportifs italiens mais il structura aussi la section football.

L’histoire des couleurs du Genoa CFC est directement liée à ses origines britanniques. A sa création, ces membres britanniques évoluaient logiquement avec des maillots entièrement blancs, en hommage à la tenue de la sélection nationale anglaise. Le short et les chaussettes étaient noirs. Puis, en 1899, l’institution changea une première fois d’identité visuelle, en adoptant un maillot à rayures verticales blanches et bleues. Le choix du bleu symboliserait la mer, élément naturel important et historique de Gênes. Enfin, le 22 janvier 1901, la reine Victoria s’éteignait et son long règne marqua la montée en puissance et l’apogée de l’Empire Britannique. Un événement de cette ampleur ne pouvait laisser indifférents les membres du jeune club ligure attaché à ses racines britanniques. Les Génois Paolo Rossi et Giovanni Bocciardo et le Suisse Edoardo Pasteu proposèrent de retenir les couleurs de l’Union Jack, bleu foncé et rouge. La proposition fut approuvée par une majorité (5 voix contre 4) au détriment de la proposition du membre gallois Howard Passadoro qui avait proposé un kit bleu avec des bords blancs. Le maillot devenait rouge grenat et bleu foncé disposés en quatre quartiers, le blanc relégué uniquement aux revers. Depuis, il n’a jamais été modifié.