#1147 – Envigado FC : el Equipo Naranja, la Naranja Mecánica

L’équipe orange, l’orange mécanique. Basée dans la ville d’Envigado, l’équipe a vu évoluer dans ses rangs, Juan Fernando Quintero et Fredy Guarín, bien connus des pelouses de L1. Surtout, il est le club formateur de James Rodríguez qui, âgé d’à peine 16 ans, sauva son équipe de la déroute financière en l’aidant à remonter immédiatement en première division colombienne.

L’équipe évolue dans des maillots oranges, accompagnés de parements blancs et/ou verts, en fonction des saisons. L’orange et le vert proviennent directement des couleurs du drapeau de la ville d’Envigado. La municipalité adopta le drapeau de la cité, composé de 3 bandes horizontales (2 oranges et une verte au milieu), en Novembre 1982. La couleur orange exprime la puissance, le dynamisme et le progrès. Tandis que le vert souligne le caractère antioqueñidad de la ville, ie les liens forts entre les habitants d’Envigado et le département d’Antioquia où se situe Envigado. Le drapeau du département se teint d’une bande blanche (supérieure) et une verte (inférieure). Il trouve ses origines à l’époque de l’indépendance de la Colombie en 1810 lorsque le récent gouvernement de Santa Fe de Antioquia opta pour un drapeau blanc et vert qui s’inspirait des couleurs des armoiries de l’université d’Antioquia (fondée en 1803 à Medellín). Puis, de 1811 à 1816, l’Etat Libre d’Antioquia reprit la même bannière. Selon la version officielle du gouvernement d’Antioquia, la couleur blanche symbolise la pureté, l’intégrité, l’obéissance, l’éloquence et le triomphe. La couleur verte représente les montagnes du département, l’espoir, l’abondance, la foi, le service et le respect.

#1146 – Zalaegerszeg TE : Zété

Tout simplement les initiales du nom du club prononcé localement. A l’Ouest de la Hongrie, sur les deux rives de la rivière Zala, à environ 60 km des frontières autrichienne, slovène et croate, la cité de Zalaegerszeg se dresse depuis le XIIIème siècle, la première mention écrite remontant à 1247 sous le nom d’Egurscug et en 1293 sous le nom d’Egerszeg. Le football s’installa à Zalaegerszeg en 1912 lorsque un match opposa une sélection locale à celle de la ville voisine de Vasvár. La sélection de Zalaegerszeg le perdit 4 buts à 2. D’autres matchs furent organisés par la suite. Mais, il fallut attendre 1920 pour que le club de gymnastique ouvrit officiellement une section football. Zalaegerszeg TE était né, TE signifiant Torna Egylet, soit club de gymnastique. Le club s’arrêta avec la Seconde Guerre mondiale en 1939 et ce fut seulement en 1957 qu’il renaquit, suite à la fusion de deux clubs, Ruhagyár Zalaegerszeg et Zalaegerszeg Petőfi. En 2002, le club connaît son apogée en remportant pour la première fois de son histoire le championnat de Hongrie. Dans la foulée, l’équipe élimina les croates du NK Zagreb au second tour de qualification pour la ligue des champions. Puis, au tour suivant, ils affrontèrent Manchester United, représenté par Beckham, Keane, van Nistelrooy, Solskjær, Blanc et Giggs. Le 14 août 2002 au stade Ferenc Puskás de Budapest, Zété parvint à l’exploit de battre les anglais 1 but à zéro. Certes, au match retour, Manchester affligea une correction (5-0) mais les hongrois avaient fait durer le plaisir suite à leur titre.

#1145 – Melbourne Victory FC : Big V

Le grand V. Au début des années 2000, la ligue professionnelle de football, la NSL, connaissait un fort déclin avec la baisse des revenus du sponsoring et la fuite des meilleurs joueurs à l’étranger. La fédération australienne chercha alors à réorganiser le football professionnel dans le pays, en créant une nouvelle ligue (mais cette fois fermée), la A-League. La capitale de l’Etat de Victoria, 2ème agglomération urbaine du pays, ne pouvait pas ne pas être représentée et ce fut le projet porté par le consortium de Geoff Lord qui fut choisi. La nouvelle franchise prit le nom de Victory en l’honneur de l’Etat, ce nom étant en plus évocateur pour un club de sport. L’Etat avait été nommée ainsi en l’honneur de la célèbre Reine de Grande-Bretagne Victoria, en 1856.

La référence ne s’arrêta pas là et le symbolisme du club se reposa également sur d’autres images de l’Etat. La couleur bleu rappelait celle du blason de Victoria. Les armes, octroyées par le Roi de Grande-Bretagne Georges V en 1910, montrent sur un champ bleu, cinq étoiles d’argent (blanche) disposées pour représenter le Croix du Sud. Les armoiries dérivent directement du drapeau de l’Etat qui flotta pour la première fois en 1870. Ce dernier est une adaptation du Blue Ensign (pavillon bleu), un drapeau bleu avec, dans le coin supérieur gauche, l’Union Jack. Il est utilisé par la marine britannique, qui fut modifiée et adoptée par certaines organisations ou certains territoires liés du Commonweatlth. 

Le club de football s’inspira également d’une autre référence sportive de l’Etat, l’équipe de football australien (un sport autochtone proche du rugby, avec un peu plus de violence et de jeu au pied). Cette équipe représentait l’Etat de Victoria jusqu’en 1999 dans les compétitions interétatiques australiennes qu’elle domina pendant près de 100 ans. De 1899 à 1979, l’équipe de Victoria remporta 74 matchs sur 98 contre l’Australie du Sud et 50 sur 62 contre l’Australie de l’Ouest. L’équipe de l’Etat porta dès ses débuts vers 1870 régulièrement un maillot bleu marine et en 1908, un grand « V » blanc, initiale du nom de l’Etat, apparut pour la première fois sur la poitrine. Ce grand « V » blanc constitua l’identité et le synonyme de l’équipe et lui donna son surnom, big V. Pendant quelques saisons dans les années 1920, le V fut remplacé par un scapulaire blanc. A compter de la saison 2007, Melbourne Victory adopta le scapulaire blanc sur son maillot et son blason, renforçant son identité. Naturellement, le surnom big V s’imposa pour l’équipe de football, espérant récupérer le prestige de sa grande cousine.

#1144 – Motor Lublin : Motorowcy

Les hommes des moteurs. Je vous accorde que le nom du club est assez explicite pour comprendre le surnom de l’équipe. Tout a commencé en 1950 quand plusieurs ouvriers employés à la construction de l’usine de construction automobile de Lublin, Fabryka Samochodów Ciężarowych (FSC), fondèrent le club en remplacement d’un ancien club dénommé Metalowca Lublin. Au départ, le club prit le nom Stal Lublin (Stal signifiant Acier, en référence au prédécesseur Metalowca, qui était lié à l’usine métallurgique de la ville). En 1952, la société FSC intégra le club dans son giron et le nom du club devint Stal FSC. Enfin, le Stal FSC changea de nom pour Robotniczy Klub Sportowy Motor Lublin en 1957.

Avant la Seconde Guerre mondiale, des investissements furent réalisés dans le quartier Tatary de Lublin pour établir une usine de la société Lilpop, Rau i Loewenstein afin produire des composants pour voitures et camions sous licence de l’américain Chevrolet. Mais, la guerre mit un terme à ce projet. En 1945, la reprise de l’activité fut envisagée par les nouvelles autorités communistes et en 1950, la construction de l’usine fut entreprise, avec l’aide du grand frère soviétique. Le constructeur soviétique GAZ forma d’ailleurs les premiers employés de l’usine. Le 7 novembre 1951, le premier GAZ 51 (dénommé pour la Pologne, Lublin 51) sortit des chaînes de montage. L’installation de l’usine eut un impact fort dans la ville de Lublin, qui était en reconstruction. Le développement des quartiers résidentiels voisins de Tatary et Bronowice étaient directement liés à la croissance de l’usine. De nouvelles voies routières furent également établies pour faciliter la circulation vers le site industriel. En quelques années, ce dernier devint le plus grand établissement de la région de Lublin et, dans les années 1970, le FSC représentait l’un des plus grands centres automobiles de Pologne. L’usine produisait des camions, voitures et véhicules blindés de transport de troupes. A la fin des années 1970, la société employait environ 11 à 12 000 personnes et le pic fut atteint en 1981 avec 14 000 collaborateurs. Le produit star de FSC à Lublin fut la camionette Zuk. En 1972, 110 000 Żuks avaient été produits, dont 40 000 étaient exportés vers 16 pays. L’apogée de la production fut atteint en 1977, avec 250 000 camionettes, dont 85 000 étaient exportées. En 1976, le département des véhicules utilitaires représentait 50 % de la production de l’usine. Avec la fin du communisme, la production déclina et en 1995, le coréen Daewoo racheta l’usine. Il fit faillite en 2001 et le repreneur revendit par morceau l’usine. Aujourd’hui, après plusieurs changements de propriétaire, l’usine ne fabrique plus que les tracteurs Ursus et les utilitaires Honker.

Le bouquetin qui apparaissait sur le logo de FSC se retrouve sur le blason du club.

#1143 – Ismaily SC : الدراويش

Les derviches. Fondé en 1921 sous le nom de Renaissance de la Jeunesse Egyptienne, le club devint ensuite le Club Ismaïl, du nom du Khédive Ismaïl Pacha. En 1947, le nom fut de nouveau changé pour définitivement devenir Ismaily, du nom de la cité d’Ismaïlia. Le surnom de derviches est certainement l’un des plus célèbres pour le 3ème plus grand club égyptien. Il fait référence à la famille درويش (Darwish) qui dans les années 1960 et 1970, évoluèrent pour Ismaily. Les principaux membres comprenaient Bijou, Amin (dit Mimi) et Hassan. A cette fratrie s’ajoutait également un autre homonyme Mostafa Darwish. Tous participèrent à l’âge d’or du club, qui se conclut par le premier titre de champion d’Egypte du club lors de la saison 1966-1967 (alors que le championnat avait jusque là était remporté que par des clubs du Caire et d’Alexandrie) et surtout la première victoire d’un club égyptien et arabe en coupe d’Afrique des clubs champion en 1969 (empêchant alors le TP Mazembe de réaliser un triplé historique). Les plus célèbres Darwish, Mini et Hassan, étaient des défenseurs élégants et il n’étaient pas rare que, par leurs jeux et leurs dribbles, les Darwish fissent tourner leurs adversaires comme des toupies. A l’image des danseurs derviches. Le journaliste sportif Naguib Al-Mestakawi, qui donnait souvent des surnoms, le fit pour Ismaily en faisant la comparaison entre les Darwish et les derviches.

Les derviches sont des ascètes, membres d’une fraternité soufie. Le nom derviche dériverait du mot perse در (dar – la porte) et signifie « celui qui ouvre la porte » . Mais, il pourrait descendre d’un mot proto-iranien comme drigu- qui désigne un nécessiteux, un mendiant. Les derviches mendiaient en allant de maison en maison et l’abandon des besoins matériels comme les valeurs d’amour et de service sont les bases de leur spiritualité pour atteindre Dieu. Ils sont particulièrement connus en Occident au travers d’une attraction touristique en Turquie, les derviches tournants. Ces derniers, appartenant à l’ordre de Mevlevi, fondé au XIIIème siècle par Jalal al-Din Rumi à Konya, dansent en tournoyant, avec leurs jupes qui se soulèvent, lors d’une cérémonie formelle connue sous le nom de Samā‘. Danse extatique, elle s’accompagne d’une récitation d’une prière islamique dévotionnelle. En Égypte, la pratique du tournoiement soufique est connue sous le nom de التنورة (el-tanoura).

#1142 – CA Barracas Central : el Guapo

Le beau gosse. Situé dans le quartier de Barracas à Buenos Aires, ce club possède une longue histoire puisqu’il a été fondé le 5 avril 1904. Il est né la même année que River Plate, Ferro Carril Oeste et Atlanta et un an avant Independiente et Boca Juniors. Entre 1920 et 1930, Barracas jouait dans la catégorie la plus élevée du football argentin. Lorsque le professionnalisme fut établi en 1931, il fit le choix de rester du côté amateur et participa aux tournois de la Fédération Argentine de Football (AFA). En 1932, il obtient la deuxième place du championnat amateur. Mais, les tournois professionnels et amateurs fusionnèrent en 1934 et Barracas rejoignit la deuxième division dont il fut relégué en 1941. Puis, il s’enfonça pendant de nombreuses années dans les profondeurs des ligues argentines. En 2001, Claudio Tapia prit la présidence de ce petit club de quartier qui zonait en 4ème division et qui était couvert de dettes. Après quelques investissements, Barracas Central grimpa de 3 divisions en une décennie et revint jouer parmi l’élite après 87 ans d’absence.

Pour en revenir à la fondation du club, un garçon de 20 ans s’appellant Silvero Ángel Gardella, plus connu sous le sobriquet de Saquito, convainquit les jeunes de son quartier à créer une association de football. Dans la cuisine de sa maison du 2745 de l’avenue Suárez, le rêve prit forme. Pour le nom, les fondateurs hésitèrent entre « Estrella del Sud » , « Estrella de Barracas » et retinrent finalement « Barracas Central del Sud » . Les couleurs du maillot (rouge et blanc) et les rayures s’inspirèrent de celles d’un autre club, Alumni Athletic Club. Le premier espace de jeu fut le terrain vague, propriété du père de Saquito, et la cuisine faisait office de club-house. Né en 1884, Saquito était un homme mince, d’environ 1,70 m, aux cheveux bruns avec une moustache. Son sobriquet indiquait qu’il portait toujours un sac. Il était connu pour être élégant et sa belle apparence donna le surnom de guapo au club.

#1141 – Reading FC : the Royals

Les royaux. Pour un club certes historique (fondation le 25 Décembre 1871) mais au palmarès réduit, le surnom semble très pompeux. En réalité, il provient de la situation du comté de Berkshire où est localisée la ville de Reading. En 1958, la Reine Elisabeth II accorda au comté le titre royal, en raison des relations entre la région et la monarchie, et des lettres patentes ont confirmé ce statut en 1974.

Tout d’abord, le Berkshire abrite le chateau de Windsor (situé à 30 km à l’Est de Reading) où la Reine Elisabeth II (tout comme son fils maintenant) passait régulièrement ses week-end et congés. Plus ancien et plus grand château occupé au monde (52 000 m2 et plus de 1 000 pièces), il est la résidence des monarques britanniques depuis près de 1 000 ans. Sa chapelle St George a également accueilli de grands événements officiels comme une quinzaine de mariages. Une tradition inaugurée par le mariage d’Edward VII et de la princesse Alexandra de Danemark, en 1863, et suivie par les mariages des nombreux enfants de la reine Victoria, celui du Prince Harry et de Meghan Markle en 2018 tout comme celui du prince Charles avec Camilla en 2005. A l’inverse, le chateau abrite plusieurs lieux de sépulture royale comme le mausolée de Frogmore où sont enterrés la Reine Victoria et le Prince Albert. La chapelle Saint-Georges est aussi la dernière demeure de plusieurs monarques britanniques, dont le Roi Henri VIII et le Roi George VI. La Reine Elizabeth II et le Prince Phillip reposent également à Windsor.

Ensuite, située au cœur de Reading, l’abbaye royale fut pendant longtemps l’un des centres de pèlerinage de l’Angleterre médiévale et l’une des maisons religieuses les plus riches et les plus importantes. Entretenant des relations multiples et fortes avec le pouvoir royal, elle accueillait la tombe du Roi Henri Ier.

Le Berkshire héberge aussi le réputé collège d’Eton fondé en 1440 et où les progénitures de toute l’élite britannique se retrouvent. Evidemment de nombreux membres de la famille royale fréquentèrent cette institution, dont Harry et William. En outre, en juin, la course de chevaux de renommée mondiale, la Royal Ascot, se passe à l’hippodrome d’Ascot, dans le Berkshire. L’événement est suivi par des membres de la famille royale, qui arrivent en calèches et regardent les courses depuis la loge royale.

Enfin, des évènements politiques majeures s’y déroulèrent. En 1215, à Runnymede, le Roi Jean sans terre dut se résoudre à signer avec ses barons la Magna Carta, une charte qui limitait le pouvoir du monarque et établissait l’État de droit. En 1957, un mémorial fut érigé à Runnymede, à 500 mètres de l’endroit où cette charte aurait été négociée.

#1140 – FC Vaduz : Fürstenverein

Le club princier. Bordé par la Suisse et l’Autriche, en plein cœur des Alpes, le Liechtenstein est le quatrième plus petit pays d’Europe, avec une superficie d’environ 160 km2 et une population d’environ trente-neuf mille habitants. Ayant un des PIB par habitant les plus élevés au monde, ce petit état indépendant est une principauté depuis le XVIIIème siècle et le FC Vaduz est son symbole footballistique. Province romaine, un peuple germanique, les Alamans, envahirent la région au Vème siècle, qui sous le règne de Charlemagne, devint le comté de Vaduz. Puis, le Saint-Empire Germanique et la maison des Habsbourg prit un contrôle direct sur la région jusqu’en 1699.

Originaire de Basse-Autriche, la maison de Liechtenstein étendit ses possessions au fil des années, principalement en Moravie, en Basse-Autriche, en Silésie et en Styrie. Mais elle demeurait toujours inféodée à des seigneurs, membres de différentes branches des Habsbourg, ce qui ne permettait pas à la dynastie du Liechtenstein d’obtenir un siège à la diète impériale, le Reichstag. La famille cherchait alors des terres à acquérir qui ne dépendaient pas d’un seigneur. En 1608, en raison de son ralliement et de ses conseils, Charles Ier du Liechtenstein fut nommé Fürst (prince) par l’Empereur romain germanique Matthias Ier de Habsbourg. Son petit-fils, Jean-Adam Ier, fut autorisé à acheter la seigneurie de Schellenberg et le comté de Vaduz respectivement en 1699 et 1712. Puis, en 1719, l’empereur germanique Charles VI unifia les deux territoires et les éleva au rang de principauté d’Empire sous le nom de Liechtenstein. Enfin, en 1862, le Liechtenstein devint un État indépendant lorsque le prince Jean II promulgua une constitution instaurant une monarchie constitutionnelle.

#1139 – NK Domžale : Ravbarji

Le surnom est souvent traduit par les brigands, les voleurs. Il est vrai qu’en Slovène le terme signifie des voleurs. Mais, pour l’origine du surnom du club de Domžale, il faut avant tout se reporter à une famille noble célèbre de la ville, dont le nom signifie voleur. A Gorjuša, près de la ville de Domžale, se trouve le chateau de Krumperk. Des sources mentionnent un manoir dès 1338 qui fut la possession de la famille Krumperk, puis de la famille Rusbach, qui le vendit enfin au Zellenperger au XVème siècle. A la fin du XVIème siècle, la famille Zellenperger s’éteignit et le château passa par héritage à la maison Ravbar (Rauber en Allemand). Originaire de Kravjek en Carinthie vers 1400, cette dernière famille s’appelait à l’origine Engelšalk. En l’échange de cadeaux et de services rendus au prince de Carinthie, ils auraient eut droit à piller et voler. Voler se disant rauben en allemand, cela leur resta comme nom. Aux XVème et XVIème siècles, elle comptait parmi les familles les plus remarquables de Slovénie et ses membres reçurent le titre de baron en 1516.

L’un des personnages illustres de la famille fut le Baron Adam Ravbar. Vers 1580, il fit des travaux et donna au manoir sa conception et son style renaissance actuel. En 1590, le baron fut élu commandant de la cavalerie de Carniole, une des régions historiques de la Slovénie actuel. A cette époque, les ottomans occupaient déjà depuis un siècle les Balkans et la Bosnie et leurs incursions dans les régions adjacentes (Croatie, Slovénie, Autriche) étaient fréquentes. En 1593, l’armée ottomane conquit plusieurs territoires et se présentait devant la ville de Sisak en Croatie qui constituait le dernier obstacle à la prise de Zagreb, et surtout à l’invasion de l’Europe centrale et occidentale. Adam Ravbar partit au combat avec 200 cavaliers du Duché de Carniole et se joignit aux troupes croates, de Carinthie, d’Autriche et de Styrie. Le 22 juin 1593, les troupes ottomanes, au nombre de près de 20 000 soldats, subirent une sévère défaite à Sisak et leur chef, Beylerbey Telli Hasan Pacha, y mourut. Adam Ravbar s’illustra comme un fin stratège et un ardent combattant durant cette bataille. Depuis, héros légendaire et national, il est loué dans une chanson folklorique slovène et représente une fierté de la ville de Domžale.

#1138 – Manisa FK : Tarzan

Le personnage de l’écrivain américain Edgar Burroughs s’est installé en Turquie dans la ville de Manisa et inspira un surnom à l’ensemble des équipes sportives de la cité. Né en 1899 à Bagdad ou à Samarra, Ahmet bin Carlak rejoignit, après la Première Guerre mondiale, le rang des insurgés turques et combattit lors de la guerre d’indépendance à Antep, Smyrne et Kilis. Après la guerre, Carlak se fixa à Manisa, qui avait été dévastée par un incendie provoqué par l’armée grecque en retraite, et se fixa pour objectif de reboiser la région, plantant et cultivant à lui seul de nombreux arbres sur le mont Sipylos. Vivant comme un ermite sur le mont, son surnom était alors Hacı (le pélerin) et son apparence se modifia : il laissa pousser sa barbe et ses cheveux et s’habillait uniquement en short. Durant les 40 années suivantes, il habitait très modestement dans une petite cabane sur le mont qu’il appela Topkale (château du canon), en raison d’un vieux canon dont il se servait quotidiennement pour signaler midi en tirant un coup de feu. Il se rendait régulièrement dans la ville de Manisa et servit parfois comme pompier ou jardinier. En 1934, suite à la projection du film « La Vengeance de Tarzan », avec Johnny Weissmuller, les habitants de la ville identifièrent Carlak au héros de la jungle et le surnommèrent Manisa Tarzanı (Tarzan de Manisa) en raison de son apparence (barbe, cheveu long et torse nu) et son mode de vie rudimentaire sur le mont. Ecologiste, il se servit de sa notoriété pour défendre les forêts autours de Manisa. Après un périple dans les Monts Taurus, à son retour à Manisa, il se rendit compte que la municipalité avait abattu des arbres en son absence. Il eut un choc cardiaque qui le conduisit à l’hôpital et il décéda le 31 mai 1963. Le lendemain, le quotidien national, Hürriyet, titra « Manisa’nın Tarzan’ı öldü » (Le Tarzan de Manisa est mort).

La ville de Manisa rend hommage à Carlak. La semaine de l’environnement a été baptisée du nom de Manisa Tarzanı. A cette occasion, la municipalité décerne les « Prix Tarzan ». Une école primaire ainsi qu’un boulevard ont été nommés en l’honneur de Carlak. Dans le parc Fatih de Manisa, une statue représentant Carlak a été érigée. Enfin, à chaque anniversaire de sa mort, les autorités de Manisa le commémorent, l’honorant comme un précurseur de l’écologie turc.