#1127 – PFC Litex Lovech : Oранжевите

Les oranges. Durant les années 1990 et 2000, le club de la ville de Lovech devint une place forte du football bulgare. Il remporta 4 championnats de Bulgarie (1997-1998, 1998-1999, 2009-2010 et 2010-2011) et 4 coupes nationales (2001, 2004, 2008 et 2009) et réussit même quelques exploits en coupe d’Europe. Mais, avant cette période dorée, malgré une fondation en 1921, la vie du club fut à la fois calme et mouvementée. Calme car le palmarès était vierge et le club végéta dans les divisions inférieures. Mouvementée car le club changea plusieurs fois de nom et de couleurs. De 1921 à 1957, le club se dénomma Hisarya, puis jusqu’en 1979 Karpachev et de 1979 à 1994 Osam (l’équipe évoluait alors en bleu et rouge). En 1994, le club trouva un nouveau sponsor, LEX, qui imposa son nom dans celui du club. Puis arriva Grisha Ganchev.

Oligarque originaire de Lovech, Grisha Ganchev fut un lutteur au lycée sportif avant de faire des études de commerce. Dans les années 1990, il lança son entreprise de négoce en produits pétroliers Литекс комерс (Litex commerce). Litex proviendrait du grec ancien et signifierait Lilas, la fleur étant un des symboles de la ville de Lovech. Prospérant dans le pétrole, Ganchev étendit ses activités à la production de sucre, d’électricité, au tourisme, à la construction et au transport, des milliers d’habitants de Lovech travaillant alors dans ses sociétés. Au point, que la ville de Lovech fut surnommée Ganchev City. Pour assoir son image, Ganchez racheta le club, dont il était supporteur, en 1996, après la déroute financière de son sponsor LEX, et mena deux politiques. D’une part, le club devint à l’image de son empire. Il prit le nom de Litex et opta pour les deux couleurs de l’entreprise, orange et vert. D’autre part, il entreprit un projet sportif ambitieux, en recrutant des joueurs connus et en dotant le club d’infrastructures de qualité. Mais, la belle aventure prit fin au milieu des années 2010. En 2015, Ganchev et ses ressources « infinies » abandonnèrent le Litex pour rejoindre le grand club de la capitale en perdition, le CSKA Sofia. A l’agonie financière, le club de Lovech arrêta sa participation à la première division en Décembre 2015. Le CSKA racheta la licence du club de Lovech et prit sa place au sein de l’élite. Lovech repartit quelques mois plus tard en 3ème division en fusionnant avec un petit club régional. Pas rancunier et surtout nostalgique de cette époque bénie, le club conserva les couleurs et le nom Litex.

#1126 – Örgryte IS : Lirarnas Lag

L’équipe des champions. Club omnisports (football, bowling , lutte , athlétisme et handball), Örgryte IS est l’un des plus titrés du pays (12 titres de champion) mais surtout le pionner du football en Suède. Le dimanche 4 décembre 1887, des jeunes lancèrent une initiative visant à fonder une association de patinage et créer une patinoire au Sud-Est de Göteborg (à Balders hage). Vers 1890, l’association s’ouvrit au football et finalement, l’ÖIS joua et remporta le premier match de football disputé sur le sol suédois en 1892 (1-0 contre Lyckans Soldater). Le club aime donc à dire qu’il a apprit à la Suède à jouer au football.

Alors que le club domina le football suédois avant la Seconde Guerre mondiale (11 titres de champion + 2 non officiels), l’ÖIS évoluait seulement en seconde division au cours des années 1940 et 1950. Mais, en 1956, le légendaire attaquant Gunnar Gren (agé de 36 ans), qui venait de passer 7 ans en Italie (AC Milan, Fiorentina et Genoa), rentra au pays et signa comme entraineur-joueur à Örgryte. Sous sa houlette et en prodiguant un jeu offensif basé sur les passes, les jeunes joueurs de l’équipe se révélèrent : l’ailier gauche Lennart Wing et les attaquants Rune Börjesson et Agne Simonsson. L’équipe échoua deux années de suite en finale d’accession à l’élite suédoise. Mais, après 19 ans d’absence, Örgryte retrouva la première division en 1959. L’équipe termina alors à la 4ème place mais enregistra une moyenne de 25 507 spectateurs, record d’affluence du football suédois qui tint jusqu’en 2015. Preuve que le football pratiqué était attrayant. Lors de cette saison, Rune Börjesson finit meilleur buteur avec 21 buts et Agne Simonsson termina 5ème au classement du ballon d’or FF et remporta le Guldbollen (meilleur football suédois). En 1960, Örgryte monta sur le podium à la 3ème place, Rune Börjesson étant encore meilleur buteur (24 buts). Gunnar Gren quitta le club en 1959, Agne Simonsson rejoignit le Real Madrid en 1961 et Rune Börjesson la Juventus en 1961. Malgré l’absence de titre, le club gagna le surnom de Lirarnas Lag lors de cette époque dorée.

#1125 – Étoile Sportive du Sahel : الحمراء

Le rouge. Fondé le 11 mai 1925 dans le lycée franco-tunisien et reconnu par les autorités françaises le 11 juillet 1925, le club de Sousse qui est devenu une icone nationale s’inscrivit d’abord dans le mouvement des nationalistes sahéliens (par opposition aux clubs de Sousse qui regroupaient d’autres communautés : Patriote de Sousse pour les Français, Savoya qui réunissait les Italiens, Red Star pour les Maltais et Maccabi qui regroupait les joueurs de confession israélite). Résultat, le choix fut fait de retenir les couleurs du drapeau de la Tunisie, rouge et blanc.

Suite à la défaite de la flotte ottomane, qui comportait plusieurs navires tunisiens, face à une alliance franco-russo-britannique à la bataille navale de Navarin le 20 Octobre 1827,  Hussein II, Bey de Tunis, décida la création d’un drapeau à destination des bateaux tunisiens, pour les distinguer des autres flottes. Plusieurs pays de la Méditerranée, vassale de l’Empire Ottoman, utilisaient alors un drapeau à dominante rouge s’inspirant du drapeau de la Sublime Porte. Ainsi, la Tunisie étant elle-même un vassale de l’Empire Ottoman, le choix du drapeau se porta en 1831 sur un étendard rouge et comportant, en son milieu, un disque blanc où figure un croissant et une étoile à cinq branches rouges. Depuis cette date, le drapeau tunisien a subi peu de modification. Il y a différentes interprétations sur la symbolique attachée à ce drapeau. Il est communément admis que la couleur rouge exprimerait le sang des martyrs tombés durant la conquête par les Ottomans en 1574. Même couleur qui pour d’autres serait soit le symbole de la résistance contre la suprématie turque (sic), soit elle propagerait la lumière sur le monde musulman. Le blanc symboliserait la paix tandis que le cercle de cette couleur évoquerait le soleil. Le croissant et l’étoile à 5 branches, vieux symboles associés depuis l’Antiquité et devenus aujourd’hui une des images largement répandues du monde musulman, étaient à l’époque présent sur l’étendard de l’Empire Ottoman. La Tunisie le reprit à son compte, le croissant incarnant l’unité de tous les musulmans et les branches de l’étoile les 5 piliers de l’islam. Mais, le croissant pourrait également apporter la chance ou désigner le dernier croissant de Lune, qui marque la fin du mois du ramadan. Il n’empêche que si la Tunisie s’inspira des symboles de l’Empire Ottoman, le croissant et le soleil étaient déjà utilisés par la Carthage Punique (814 av. J.-C. – 146 av. J.-C.), et finalement, ce ne serait qu’un retour aux sources.

#1124 – 1. FC Sarrebruck : die Molschder

Ceux de Malstatt. La ville comme le club, frontaliers de l’hexagone, ont un lien avec la France. En effet, pendant un an (1948-1949), alors que la région de la Sarre était sous protectorat français depuis 1947 (et jusqu’en 1956) suite à la Seconde guerre mondiale, le FC Sarrebruck affrontait « secrètement » les clubs français de seconde division sans que son affiliation à la FFF fusse accepté. Il parvint même à remporter ce championnat de manière officieuse. Mais, finalement, à l’issu des atermoiements des clubs français à ouvertement jouer contre un club allemand et donc à accepter sa promotion dans l’élite française, le FC Saarebruck réintégra le système allemand en 1951. Mais, son surnom est purement local et même attaché au dialecte de la région.

Les origines du FC Saarebruck remontent au début du XXème siècle. En 1903, quelques passionnés de football se rencontrèrent dans un restaurant avec l’idée de créer un club de football. Ce fut fait le 18 avril 1903 en affiliant cette section au club omnisport du TV 1876 Malstatt, qui existait depuis 1876. A cette époque, Malstatt, dont la première mention remonte à 930, était une ville indépendante, qui s’était unie en 1874 avec la cité voisine de Burbach. Le nom de la ville de Malstatt provient d’un lieu de justice qui y était établi (en allemand ancien, mahal désignait une assemblée publique judiciaire, où l’on discutait des lois et où l’on tranchait les litiges en plein air). En dialecte locale, le nom de la ville se dit Mòòlschd, d’où le dérivé Molschder qui est devenu le surnom du club. Puis, le 1er avril 1909, les municipalités de Sarrebruck, Saint-Jean et Malstatt-Burbach fusionnèrent pour donner naissance à une Sarrebruck élargie, comptant 105 000 habitants. Malstatt devint alors un quartier de cette nouvelle cité.

#1123 – Macarthur FC : the Bulls

Les taureaux. La grande ville de Sydney comprend deux franchises en A-League. Depuis 2018, profitant du projet d’extension de la ligue, deux clubs, United for Macarthur et South West Sydney FC, s’unirent pour présenter un projet d’une nouvelle franchise, avec la volonté de représenter les quartiers du Sud-Ouest de Sydney. Le 15 mai 2019, la nouvelle entité annonça son nom, son logo et ses couleurs. Le club prit le nom de Macarthur FC, les couleurs noir et ocre et fut surnommé les Bulls, une tête de taureau apparaissant sur son blason.

Souhaitant s’ancrer dans sa zone de chalandise (le Sud-Ouest de Sydney), le club puisa dans les vieilles histoires de la région pour déterminer son symbolisme. Dans le pays aborigène des Dharawals, où se situe le club, l’ocre était utilisée pour les peintures, les dessins et les pochoirs à main sur les surfaces rocheuses. Le nom MacArthur provient directement de celui qui colonisa ses terres au XIXème siècle, le britannique John Macarthur, considéré comme le père de l’industrie lainière australienne. Or, MacArthur participa également à cette histoire de taureaux dans la région, origine du surnom. En 1788, les colons de Sydney importèrent du Cap un troupeau de vaches et de taureaux. 5 mois après leur débarquement, 2 taureaux et 4 vaches s’échappèrent de la colonie. En 1795, les autorités constatèrent que des bovins sauvages prospéraient au Sud-Ouest de Sydney, région qu’ils appelèrent alors Cowpastures (pâturages de vache). En 1801, le bétail sauvage comptait entre 500 et 600 têtes. En 1803, pour protéger le bétail sauvage, une autorisation du gouvernement était nécessaire pour entrer dans les Cowpastures et le bétail devint la propriété du gouvernement. Résultat, un an plus tard, on dénombrait entre 3 000 et 5 000 bovins sauvages dans les Cowpastures, avec une exploitation mesurée de cette ressource. Mais, bien alimentées en eau par la rivière Nepean, ces terres constituaient de beaux pâturages et attirèrent les convoitises de John Macarthur qui souhaitait lancer son élevage de moutons et sa production de laine. Il obtient 5 000 acres de terres. A partir de 1815, le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud mena une politique pour réduire le troupeau sauvage de bovins. En 1824, le bétail, qui avait été en grande partie apprivoisé, fut déplacé afin que John Macarthur puisse prendre possession de 10 400 acres de terre supplémentaire. Et les moutons remplacèrent les taureaux et les vaches … jusqu’au moment de réapparaître avec le club de football.

#1122 – Deportivo Pereira : el Grande Matecaña

Le grand matecaña. Le club émergea d’une bagarre. Au début des années 1940, la rivalité des deux clubs de la ville de Pereira, Vidriocol (l’équipe des classes populaires de Pereira) et Otún (l’équipe des classes aisées de la ville), se traduisait par des affrontements excessifs sur le terrain. A l’issu d’une nouvelle altercation lors d’un derby en Février 1944, plusieurs personnes, soutenues par le capitaine de Police, proposèrent de créer un nouveau club, ce qui fut fait le 12 février 1944. 78 ans plus tard, le club de la province de Risaralda remporta le titre de champion de Colombie, avec une équipe composée uniquement de joueurs colombiens. Un véritable exploit.

Il est difficile de dire pourquoi le club a hérité de ce surnom. Matecaña, que l’on peut traduire par « tueur de cannes à sucre », est le nom de l’aéroport de la ville. Il fut construit sur l’ancien hippodrome qui portait déjà ce nom. Ces terrains se dénommaient déjà ainsi au milieu du XIXème siècle, ce qui laisse supposé qu’il y avait une exploitation de cannes à sucre à cette époque. De par sa construction difficile et les services rendues, l’aéroport constitue une fierté pour les habitants de la ville et son nom est utilisé parfois comme un gentilé.

Quand au club, son équipe joua dans le stade « El fortín de Libaré » (aujourd’hui nommé Mora Mora) jusqu’en 1971. Il ne semble pas que le stade ait été construit sur un ancien champs de cannes à sucre. Donc le terme Matecaña fut certainement retenu dans le surnom comme un synonyme de Pereira. Pour le terme Grande, il symbolise peut-être le fait que « El fortín de Libaré » (le fort de Libaré) était un lieu imprenable où le club réalisa de grands exploits. Après un match mémorable, le Deportivo tint en échec (4 buts partout après avoir mené) le Millonarios de Di Stéfano le 23 Juillet 1953. Le club enregistra dans cette enceinte la victoire 9 à 0 contre Huracán en 1951 et la victoire historique 6 à 0 sur l’Atlético Nacional en 1962. L’autre surnom de la même trempe est la Furia Matecaña (la fureur matecaña).

#1121 – Plymouth Argyle FC : the Pilgrims

Les pèlerins. Le club puise ses racines en 1886 avec son prédécesseur, le Argyle Football Club, mais sa fondation date exactement de 1897. Il réside dans la ville de Plymouth, comté du Devon, dans l’extreme Sud-Ouest de l’Angleterre. A l’embouchure de deux fleuves, proche de la Manche, dans une baie formant un port naturel, Plymouth s’est naturellement développé avec les activités maritimes. Aujourd’hui, elle abrite la plus grande base navale de la flotte britannique (HMNB Devonport), des chantiers navals et des ferries pour l’Europe Continentale. Mais, jusqu’au XVIIème siècle, Plymouth était un port commercial important, notamment soutenu par l’exportation de laine, où s’établirent de riches négociants maritimes, tels que John Hawkins, marchand d’esclave, et le célèbre corsaire Francis Drake, maire de la cité de 1581 à 1582.

Surtout, la ville vit partir en 1620 les Pilgrims Fathers (Pères Pèlerins) pour le Nouveau Monde. En 1534, le Roi d’Angleterre, Henri VIII, fonda sa propre religion protestante, l’Anglicanisme (ou Eglise d’Angleterre), en raison de ses désaccords politiques avec le Pape. En 1558 et 1559, la Reine Élisabeth I imposa la religion anglicane aux anglais. Dans une Europe au proie aux réflexions et à la pureté religieuses depuis l’avènement du protestantisme, des congrégations contestèrent naturellement cette Eglise d’Angleterre, bâtie sur des motifs bancales. En 1592, une loi fut votée pour lutter contre les mouvements religieux dissidents. En 1606, le récent nouvel archevêque de York, Tobias Matthew, entama une purge de son diocèse des influences religieuses non conformes. Logiquement, certains séparatistes se sentirent persécuter et vers 1607-1608, immigrèrent aux Pays-Bas pour retrouver une liberté de culte. Mais, après 10 ans, les difficultés à refaire sa vie dans un pays à la culture et langue différentes s’accentuèrent et poussèrent cette congrégation à envisager un départ vers les colonies britanniques du Nouveau Monde. Ils négocièrent avec les autorités coloniales britanniques et obtinrent une concession de terres en Nouvelle-Angleterre. En 1620, la communauté vivant au Pays-Bas rejoignit d’autres colons à Plymouth, et après quelques péripéties, s’élancèrent depuis ce port vers les Amériques sur le bateau Mayflower. La centaine de passagers accostèrent dans le Massachusetts le 26 Novembre 1620 et établirent une nouvelle ville du nom de Plymouth, en l’honneur de leur port de départ.

On retrouve le Mayflower sur l’écusson du club, depuis les années 1960. Auparavant, son blason représentait les armoiries de la ville, quatre tourelles noires (les fortifications de la ville) et la croix de Saint-André en vert (à qui l’église de la ville est dédiée) .

#1120 – Botafogo FR : o Glorioso

Le glorieux. La direction comme les supporteurs du club n’hésitent pas à dire de leur club « tu és o glorioso » (tu es le glorieux). Au début du XXème siècle, le football brésilien était déchiré entre les différents championnats des Etats et aucune compétition brésilienne au niveau nationale avait émergé. Créé en 1906, celui de Rio de Janeiro (le championnat carioca) s’installa rapidement comme une des références du pays. Botafogo inscrit son nom pour la première fois au palmarès de la compétition lors de la saison 1910 (le titre de champion de 1907 est historiquement le premier de Botafogo mais il fut attribué en 1996 après près de 90 ans d’un combat juridique. Botafogo avait terminé cette édition premier ex-aequo avec Fluminense et les deux équipes n’étaient pas parvenues à se départager. Ayant un meilleur goal-average, Fluminense se déclara champion). La victoire de 1910 donna naissance au surnom qui l’accompagne encore aujourd’hui o glorioso.

L’équipe débuta le championnat par une défaite face à l’America (4-1) mais redressa rapidement la barre en enchainant 4 victoires (25 buts marqués pour seulement 2 encaissés) qui lui permit de prendre la tête (à égalité avec America et Fluminense) à l’issu des matchs aller. Pour les matchs retour, l’équipe enregistra 3 nouvelles victoires écrasantes face à Rio Cricket (5-0), Riachuelo (15-1) et l’America (3-1). Avec cette série impressionnante, le club recevait déjà des félicitations d’admirateurs et de rivaux via des télégrammes adressés o glorioso. L’avant-dernier match face à son rival de Fluminense faisait office de finale. En cas de victoire, Botafogo qui devançait d’un point au classement Flu aurait été mathématiquement champion. En cas de match nul, le dernier match des Alvinegro contre Haddock Lobo apparaissait comme une formalité, offrant alors le titre. Dans son enceinte, le Dimanche 25 septembre 1910, Botafogo écrasa Fluminense 6 buts à 1, s’adjugeant le titre par une victoire symbolique. Comme prévu, le dernier match se transforma en récital (11 buts à 0). La presse subjuguait par ce nouveau style de jeu offensif et dynamique (qui permit à Botafogo de marquer 66 buts en 10 matchs) adopta aussi ce surnom flatteur et certains journalistes considérèrent que la victoire de Botafogo contre Fluminense contribua à populariser le football parmi les habitants.

Un an auparavant, le Dimanche 30 mai 1909, Botafogo avec des joueurs comme Flávio Ramos, Dinorah, Coggin, Lulú Rocha, Rolando de Lamare et Gilbert Hime marqua déjà les esprits en remportant un match face Mangueira sur un score fleuve : 24 à 0. Le match s’étant joué sur 80 minutes, cela signifiait un but toutes les 3 minutes. Botafogo avait montré l’image d’une machine sans pitié, avec des passes et tirs efficaces et précis. Cette déroute constitue encore aujourd’hui le record de la plus large victoire lors d’une compétition brésilienne.

#1119 – Greenock Morton FC : the Ton

Très simple de deviner que ce surnom est le diminutif du nom du club. Avec l’accent local, Morton se prononce Mon Eh ‘Ton et donna donc le surnom. Le club réside dans la ville de Greenock, dans le comté d’Inverclyde. Si le club évolue en seconde division écossaise, il ne bénéficie pas d’une grande aura. Outre son titre en coupe d’Ecosse en 1922, Morton est connu pour détenir le record du plus grand nombre de promotions et de relégations de l’élite (10 promotions et 10 relégations). Et pourtant, avec 150 ans d’histoire, il apparaît comme un des doyens du football écossais.

Au début des années 1870, de nombreuses équipes de football se formèrent en Écosse et l’intérêt pour le football gagna également la ville de Greenock où divers groupes de jeunes commencèrent à former leurs propres équipes. Puis, en 1874, Robert Aitken, John Barrie, James Farrell, Matthew Park et Alexander Ramsay convoquèrent une réunion pour fonder le club. Les premiers mots du procès-verbal de cette réunion inaugurale furent « that this club be called Morton Football Club » (que ce club s’appelle Morton Football Club). Ce n’est que pour son 120ème anniversaire que le club adossa le nom de la ville au sien.

L’opinion générale est que le club fut nommé Morton en raison d’un lotissement de maisons, dénommé Morton Terrace, où vivaient certains des joueurs et où se situaient le terrain boueux qui leur servait de stade. Aujourd’hui, si ce lotissement n’existe plus, il correspond à Octavia Cottages, sur Crawford Street, non loin du stade actuel de l’équipe, Cappielow Park. Toutefois, certains pensent que le club fut nommé directement en l’honneur de l’influent entrepreneur James Morton (1822-1890), constructeur local et prévôt (maire) de Greenock de 1868 à 1871, qui devint l’un des premiers mécènes du Morton Football Club.

#1118 – Palerme FC : Rosanero

Le rose et le noir. Contrairement à d’autres, le club ne joue pas en rose pour avoir cédé aux sirènes du marketing. Palerme est l’un des rares clubs de football à avoir opté pour cette couleur si atypique, surtout au début du XXème siècle. Avec le soutien de la communauté britannique présente à Palerme, le club vit le jour officiellement le 1er novembre 1900 sous le nom Anglo-Palermitan Athletic and Foot-Ball Club, rebaptisé plus tard, en 1907, Palermo Foot-Ball Club. Les couleurs des premiers maillots du club étaient le bleu et le rouge. Certainement en hommage à cette communauté britannique.

Le rose et le noir apparurent en 1907 et ne quittèrent plus jamais le club. Il est souvent avancé que ce changement résultait d’un délavage. En effet, les tissus et leurs teintures n’étant pas d’une qualité exceptionnelle à cette époque, à force de les laver, le rouge déteignit en rose et le bleu en noir. D’autres clubs connurent la même mésaventure (cf. #1092, #848, #327, #247, #105, #103). Mais, il n’existe aucune certitude sur cette version et surtout une autre circule, avec des éléments de justification. Une lettre de 1905 adressée par le journaliste Giuseppe Airoldi à son ami Joshua Whitaker, membre de la famille Whitaker et dont le frère Joseph était président d’honneur du club, l’inviter à changer les couleurs du club pour le rosanero. Le contenu était le suivant : « Caro Giosuè, alcuni amici marinai mi hanno fatto osservare che i colori del Vostro Palermo sono sfruttati parecchio. Il Genova ha i Vostri, i nostri colori. Ieri, Michele Pojero era del parere di mister Blak e di Norman di cambiare il rosso e il blu in rosa e nero. Michele dice che i colori sono quelli dell’amaro e del dolce. I Vostri risultati sono alterni come un orologio svizzero. In avvenire, come raccontava Vincenzo Florio al circolo Sport Club di via Mariano Stabile, quando perdete potete bere sempre il suo amaro di colore nero, mentre il rosa potete assaporarlo nel liquore dolce. La mia salute non è più buona e i dolori della vecchiaia sono tanti, perciò affrettatevi a battere le prossime squadre. » (Cher Joshua, des amis marins m’ont fait remarquer que les couleurs de votre Palermo sont très utilisées. Gênes a vos couleurs, nos couleurs. Hier, Michele Pojero était d’accord avec l’entraîneur Blak et Norman pour remplacer le rouge et le bleu par du rose et du noir. Michele dit que les couleurs sont amères et douces. Vos résultats alternent comme une montre suisse. À l’avenir, comme l’a dit Vincenzo Florio au Sport Club de la Via Mariano Stabile, lorsque vous perdez, vous pouvez toujours boire son amer de couleur noir, tandis que le rose peut être dégusté dans la liqueur douce. Ma santé n’est plus bonne et les douleurs de la vieillesse sont nombreuses, alors dépêchez-vous de battre les prochaines équipes).

Nous comprenons que le choix se fit pour se distinguer d’autres équipes. En outre, ces deux couleurs mettaient en valeur des liqueurs dont la famille Whitaker était productrice en Sicile. Cette riche famille était originaire du Yorkshire et le père de Joshua et Joseph vint s’installer en Sicile au XIXème siècle pour aider son oncle Benjamin Ingham dans ses entreprises. Les deux parvinrent à monter une fructueuse entreprise, active dans la production de vin et de liqueur, la finance et le transport maritime entre autre. Etant donné sa puissance, la famille Whitaker, et en particulier Joseph, joua un rôle dans les premières années du club. Parmi les liqueurs produites, il existait un amaro (amer) de couleur noir ainsi qu’un rosolio, une liqueur de couleur rose plus sucrée.

Néanmoins, le changement ne se fit pas immédiatement. A cette époque, il était compliquer de se procurer des tissus de flanelle rose. Le président du club, Ignazio Majo Pagano, se tourna vers l’entreprise Gulì, qui commanda les tissus en Angleterre. Le 27 février 1907, le président Pagano décida, avec le consentement de l’assemblée des membres, d’abolir les chemises rouges et bleues suite à une suggestion de Giuseppe Airoldi et changea également le nom du club en Palerme FC.