#1139 – NK Domžale : Ravbarji

Le surnom est souvent traduit par les brigands, les voleurs. Il est vrai qu’en Slovène le terme signifie des voleurs. Mais, pour l’origine du surnom du club de Domžale, il faut avant tout se reporter à une famille noble célèbre de la ville, dont le nom signifie voleur. A Gorjuša, près de la ville de Domžale, se trouve le chateau de Krumperk. Des sources mentionnent un manoir dès 1338 qui fut la possession de la famille Krumperk, puis de la famille Rusbach, qui le vendit enfin au Zellenperger au XVème siècle. A la fin du XVIème siècle, la famille Zellenperger s’éteignit et le château passa par héritage à la maison Ravbar (Rauber en Allemand). Originaire de Kravjek en Carinthie vers 1400, cette dernière famille s’appelait à l’origine Engelšalk. En l’échange de cadeaux et de services rendus au prince de Carinthie, ils auraient eut droit à piller et voler. Voler se disant rauben en allemand, cela leur resta comme nom. Aux XVème et XVIème siècles, elle comptait parmi les familles les plus remarquables de Slovénie et ses membres reçurent le titre de baron en 1516.

L’un des personnages illustres de la famille fut le Baron Adam Ravbar. Vers 1580, il fit des travaux et donna au manoir sa conception et son style renaissance actuel. En 1590, le baron fut élu commandant de la cavalerie de Carniole, une des régions historiques de la Slovénie actuel. A cette époque, les ottomans occupaient déjà depuis un siècle les Balkans et la Bosnie et leurs incursions dans les régions adjacentes (Croatie, Slovénie, Autriche) étaient fréquentes. En 1593, l’armée ottomane conquit plusieurs territoires et se présentait devant la ville de Sisak en Croatie qui constituait le dernier obstacle à la prise de Zagreb, et surtout à l’invasion de l’Europe centrale et occidentale. Adam Ravbar partit au combat avec 200 cavaliers du Duché de Carniole et se joignit aux troupes croates, de Carinthie, d’Autriche et de Styrie. Le 22 juin 1593, les troupes ottomanes, au nombre de près de 20 000 soldats, subirent une sévère défaite à Sisak et leur chef, Beylerbey Telli Hasan Pacha, y mourut. Adam Ravbar s’illustra comme un fin stratège et un ardent combattant durant cette bataille. Depuis, héros légendaire et national, il est loué dans une chanson folklorique slovène et représente une fierté de la ville de Domžale.

#1138 – Manisa FK : Tarzan

Le personnage de l’écrivain américain Edgar Burroughs s’est installé en Turquie dans la ville de Manisa et inspira un surnom à l’ensemble des équipes sportives de la cité. Né en 1899 à Bagdad ou à Samarra, Ahmet bin Carlak rejoignit, après la Première Guerre mondiale, le rang des insurgés turques et combattit lors de la guerre d’indépendance à Antep, Smyrne et Kilis. Après la guerre, Carlak se fixa à Manisa, qui avait été dévastée par un incendie provoqué par l’armée grecque en retraite, et se fixa pour objectif de reboiser la région, plantant et cultivant à lui seul de nombreux arbres sur le mont Sipylos. Vivant comme un ermite sur le mont, son surnom était alors Hacı (le pélerin) et son apparence se modifia : il laissa pousser sa barbe et ses cheveux et s’habillait uniquement en short. Durant les 40 années suivantes, il habitait très modestement dans une petite cabane sur le mont qu’il appela Topkale (château du canon), en raison d’un vieux canon dont il se servait quotidiennement pour signaler midi en tirant un coup de feu. Il se rendait régulièrement dans la ville de Manisa et servit parfois comme pompier ou jardinier. En 1934, suite à la projection du film « La Vengeance de Tarzan », avec Johnny Weissmuller, les habitants de la ville identifièrent Carlak au héros de la jungle et le surnommèrent Manisa Tarzanı (Tarzan de Manisa) en raison de son apparence (barbe, cheveu long et torse nu) et son mode de vie rudimentaire sur le mont. Ecologiste, il se servit de sa notoriété pour défendre les forêts autours de Manisa. Après un périple dans les Monts Taurus, à son retour à Manisa, il se rendit compte que la municipalité avait abattu des arbres en son absence. Il eut un choc cardiaque qui le conduisit à l’hôpital et il décéda le 31 mai 1963. Le lendemain, le quotidien national, Hürriyet, titra « Manisa’nın Tarzan’ı öldü » (Le Tarzan de Manisa est mort).

La ville de Manisa rend hommage à Carlak. La semaine de l’environnement a été baptisée du nom de Manisa Tarzanı. A cette occasion, la municipalité décerne les « Prix Tarzan ». Une école primaire ainsi qu’un boulevard ont été nommés en l’honneur de Carlak. Dans le parc Fatih de Manisa, une statue représentant Carlak a été érigée. Enfin, à chaque anniversaire de sa mort, les autorités de Manisa le commémorent, l’honorant comme un précurseur de l’écologie turc.

#1137 – Recreativo de Huelva : el Decano

Le doyen. Le sens de ce surnom s’explique assez simplement. Le Recreativo est le club le plus ancien du football espagnol, avec en outre une activité ininterrompue depuis sa fondation. Comme dans beaucoup de pays et comme avec de nombreux clubs, l’expansion économique britannique au XIXème siècle favorisa le développement du sport. Les industriels britanniques exportèrent leurs capitaux et savoir-faire et immigrèrent à travers le monde. Dans leurs bagages, ils emmenèrent leur mode de vie et naturellement pour se divertir, les nouveaux sports qui émergeaient dans leur île.

Le boom économique lié à la Révolution Industrielle nécessita l’accès à d’importantes et nouvelles sources de matières premières. La région de Huelva était connue dès l’antiquité pour ses gisements de minéraux, qui en faisait à cette époque, l’une des grandes zones minières du monde romain. En 1873, les finances de la République espagnole, qui vient à peine d’être fondée, n’était pas flamboyante et cette dernière céda à un consortium d’investisseurs (britanniques et allemands) les réserves de cuivre, de pyrites et de chalcopyrite de la région de Huelva. Le consortium fonda alors la société britannique Rio Tinto Company Limited pour exploiter les mines. Le développement des mines (et des infrastructures associées – chemin de fer, port) engendra l’implantation d’une communauté britannique dans la ville de Huelva, qui chercha des loisirs pour ses temps libres. Résultat, le 18 décembre 1889, à l’initiative du médecin écossais William Alexander Mackay et avec le soutien de l’anglais Charles Adams et de l’entrepreneur allemand Wilhelm Sundheim, Huelva Recreation Club naquit et regroupait les travailleurs de la Rio Tinto pour pratiquer le football ou le cricket. Comme il n’existe pas de document permettant d’identifier un club ayant une date de fondation antérieure, le Recreativo de Huelva apparaît comme le premier club de football espagnol.

Ceci donne également lieu à un autre surnom, el abuelo (le grand-père), qui a été retenu pour le nom de la mascotte.

#1136 – Deportivo Saprissa : el Sapri, la S

Diminutif du nom du club Costa-Ricain. Le célèbre club naquit et réside dans la capitale du pays, San José. Le 16 juillet 1935, un groupe d’adolescents se réunit avec l’idée de créer une nouvelle équipe de football avec Roberto Fernández et Fausto Leiva, propriétaires d’un petit magasin de chaussures. Roberto Fernández décida de rechercher un partenaire de renom pour aider à faire grandir le club et le choix se porta sur Ricardo Saprissa, qui fut un mentor et un mécène pour le club. Notamment, il fournit les première tenues du club (cf. #282).

Né au Salvador en 1901, Saprissa fut un sportif et un entrepreneur naturalisé costaricain. Dans sa jeunesse, il pratiqua plusieurs sports, se distinguant comme joueur de tennis, même s’il était également fan de baseball, de football et de hockey sur gazon. Il se fitd’abord remarquer au baseball et devient rapidement l’un des meilleurs joueurs de tennis d’Amérique centrale. Dans le football, il joua pour les équipes salvadoriennes comme le Club Marathón ou l’Olimpíc. Sa famille étant originaire de Barcelone, il émigra au début des années 1920 dans la capitale catalane. En 1924, il fit parti de la délégation espagnole de tennis qui participa aux Jeux Olympiques de Paris, devenant ainsi le premier Centraméricain à participer aux JO. Le football lui donna sa popularité. En 1922, il intégra les rangs de l’Espanyol de Barcelone. En raison de son origine salvadorienne, il fut le premier joueur étranger à jouer dans la ligue espagnole. Il joua pour le club catalan jusqu’en 1932. Son frère Rogelio le convainquit de le rejoindre à San José, au Costa Rica, pour l’aider à créer une entreprise textile, Ricardo Saprissa ayant fait des études d’ingénieur textile en Espagne. Il continua à œuvrer dans le domaine sportif au Costa-Ricain. Il représenta au tennis le Costa Rica aux IVème Jeux d’Amérique centrale et fut également directeur technique de l’équipe de football du pays. Il joua également quelques match pour l’Orión FC. Entrepreneur, il devint une personne respectée dans l’environnement sportif costaricain. Après avoir soutenu la création du club et aidé à la détection de jeunes talents, il en devint président entre 1948 et 1981.

Le logo du club se résume à un « S », initiale du nom du club, qui s’affiche sur le maillot des joueurs et qui donna le surnom « la S » .

#1135 – DC United : Black and Red

Les noir et rouge, couleurs identifiées de l’équipe de la capitale des Etats-Unis. United faisait parti des 10 nouvelles franchises de la saison inaugurale de la MLS et participa au premier match de la ligue le 6 avril 1996 contre les San Jose Clash (devenu depuis San Jose Earthquakes). Même si le club n’est plus aussi dominant, il constitue une des références de la MLS avec 4 titres de champion, 4 coupes nationales et 1 Coupe des champions de la CONCACAF (la première remportée par un club américain).

Le processus de création du club remonte à 1994. Le nom s’inspirait directement des clubs anglais de Manchester, Newcastle et Leeds, alors au firmament et qui représentaient la culture footballistique, mais le terme United traduisait également la volonté d’unir les fans derrière cette nouvelle bannière sportive. Les couleurs et le logo de l’équipe furent annoncés en octobre 1995, lors d’une présentation à New York. La direction opta pour le noir et le blanc, avec des accents rouges qui venaient soulignaient les deux premières. Outre le mariage parfait de ces trois teintes qui caractérisaient l’unité, elles avaient pour vocation de supporter le symbolisme de l’aigle aux ailes déployées choisi pour apparaitre sur le logo : puissance, passion, intensité et liberté.

Le rouge et le blanc proviennent directement du drapeau du District of Columbia. Il se compose de trois étoiles rouges au-dessus de deux bandes rouges horizontales sur fond blanc, qui correspond simplement aux armoiries de la famille Washington, dont était issu George Washington, premier président des Etats-Unis et qui donna son nom à la capitale américaine. Le District adopta les armes de cette famille dans sa bannière en 1938. La famille Washington trouve ses racines en Angleterre au XIIIème siècle dans le comté de Durham. Les premières armes représentaient un lion rampant en 1203. Des armoiries ressemblantes à celles d’aujourd’hui furent enregistrées la première fois en 1346 (les couleurs étaient alors inversées). À la fin du XIVème siècle, la conception actuelle apparut. On retrouve les armoiries de la famille et donc le drapeau du District of Columbia sur le blason du club de foot.

#1134 – Le Puy Football : les Ponots

Avec l’élimination en quart de finale de Coupe de France lors de la saison 2023-2024, le surnom du club auvergnat a refait surface en une des quotidiens nationaux. Mais, le terme est souvent utilisé par la presse locale même s’il s’agit en réalité du gentilé des habitants du Puy en Velay. L’étymologie de puy provient du latin podium qui désignait un soubassement, lui-même dérivant du grec ancien πόδιον – podon – qui signifiait petit pied (ποδός – podos – le pied en grec). Dès l’Antiquité, le plateau où se situe la ville, au pied du rocher Corneille (un résidu volcanique haut de 132 mètres), était connu sous le nom de podium (qui désignait alors une petite proéminence). Jusqu’au XIIème siècle, ce qui était au départ un nom commun pour désigner la ville devint son nom propre. Puis, le mot podium se transforma en Poï puis en Puy sous l’Ancien Régime. Pour le gentilé, de podium dériva le terme podot qui se transforma au fil du temps en ponot.

Situé dans la partie sud-est du Massif central, le paysage du Puy a été façonné par les volcans. L’altitude moyenne de la ville est de 750 mètres, avec un dénivelé de près de 300 mètres. La ville se loge entre deux necks, résidus de cheminée volcanique. D’un côté, le Rocher Corneille où trône en son sommet une statue de Notre-Dame-de-France. De l’autre côté, dans la localité voisine d’Aiguilhe, le Rocher d’Aiguilhe, haut de 82 mètres, où se dresse l’église dédiée à Saint Michel. Il semble que les Celtes déjà vouait un culte sur la colline, où plus tard Le Puy se bâtirait, à Adidon, dieu des sommets et des sources. Tout ramène donc à l’éminence, au mont, dont le terme Puy dérive et que le retrouve sous une forme stylisée dans le logo du club.

#1133 – Berekum Chelsea FC : the Blues

Les bleus. Au Ghana, Berekum Chelsea a su rapidement se faire une place parmi l’élite footballistique du pays, au point d’être champion du Ghana lors de la saison 2010-2011, soit à peine 11 ans après sa naissance. En 2000, sous le nom de Semereka FC, le club de Berekum fut fondé par Emmanuel Kyeremeh et Obed Nana Nketiah. En 2004, ces deux propriétaires décidèrent de changer le nom du club et de surfer sur la vague de popularité des anglais de Chelsea au Ghana, les propriétaires eux-mêmes étant supporteurs du club londonien. En effet, à cette époque, le Ghana comptait dans ses rangs un formidable footballeur, Michael Essien. Il évoluait alors dans le milieu de l’équipe magique de l’Olympique Lyonnais mais était courtisé par le Chelsea de Roman Abramovitch. En 2005, le milliardaire russe aligna les euros (38 millions précisément) pour attirer le ghanéen dans son équipe. Avec ce transfert, outre le gain sportif évident (le club remporta la première ligue des champions de son histoire en 2012), Chelsea gagna immédiatement en popularité au Ghana.

Semereka FC devint donc le Berekum Chelsea FC et son blason se rapprocha fortement de celui de Chelsea, à l’animal près (le lion de Chelsea fut remplacé par un aigle). Evidemment, le club opta également pour les couleurs des londoniens, le bleu (cf. #210).

#1132 – Rio Ave FC : Rioavistas

L’origine de ce surnom est assez simple puisqu’il dérive directement du nom du club. Ce qui est plus original, c’est que le club réside dans une ville qui se nomme Vila do Conde. Donc rien à voir avec son patronyme. Le club a tout simplement prit le nom de la rivière Rio Ave, qui coule à Vila do Conde. L’histoire de cette ville, à la longue histoire (première mention en 953), a toujours été étroitement liée à l’Océan Atlantique et surtout au fleuve Rio Ave. Située sur la rive nord de l’embouchure de ce dernier, Vila do Conde est une terre de pêcheurs, un port actif, un centre industriel et surtout une des stations balnéaires les plus prisées du pays. Avant l’époque des découvertes, Rio était un village de pêcheurs. Puis, au XVIème siècle, de par sa situation géographique sur la côte et avec l’activité économique débordante liée aux grandes Découvertes, Vila do Conde attint son apogée commerciale et maritime. Son port et ses douanes constituaient un important entrepôt commercial pour les denrées venant des nouvelles terres. En outre, ses chantiers de construction navale devinrent réputées et une de ses activités principales. Aujourd’hui, la ville est appréciée pour ses grandes plages. Les plages de Vila do Conde s’étendent quasiment sur 18 kilomètres jusqu’à l’embouchure du Rio Ave. La Plage de Caxinas est privilégiée par les pêcheurs tandis que la Plage de Turismo par sa proximité avec le centre urbain est très courue. La Plage Bleue demeure la plus recherchée par les surfeurs.

#1131 – OH Louvain : les Universitaires

En 2002, 3 clubs de la région de Louvain s’unirent pour donner naissance au OH Louvain. Il y avait le Zwarte Duivels Oud-Heverlee (fondé en 1957), le Daring Club Louvain (fondé en 1945) et le Stade Louvain (fondé en 1903). Les couleurs du nouveau club, blanc, noir, rouge et vert, reprenaient tout simplement les teintes des 3 clubs fondateurs. Pour le surnom, les initiales du club, OHL, s’imposèrent et continuent d’être utilisées. Mais, la ville de Louvain est également connu pour sa fameuse université, dont le stade du club, se situe en bordure de la cité universitaire de Louvain.

Fondée par le duc Jean IV de Brabant, une première université exista entre 1425 et 1792. Elle ne résista pas à l’annexion du territoire à la France au XVIIIème siècle. Mais, pendant plus de 300 ans, elle fut un grand centre de connaissance et d’enseignement, notamment en étant le berceau et le bastion du Jansénisme. Puis, l’Université d’État de Louvain fut fondée le 6 octobre 1817 par le Roi Guillaume Ier, souverain du Royaume des Pays-Bas. Relevant de l’Etat, son enseignement était neutre. Elle ferma ses portes le 15 août 1835. Le 8 novembre 1834, une nouvelle université vit le jour à Malines avec l’appui des évêques de Belgique. Cette université avait pour objectif d’enseigner la doctrine du Saint-Siège. Elle déménagea en 1835 à Louvain et prit le nom Université Catholique de Louvain. Cette dernière existe encore même si en 1968, elle se sépara juridiquement en deux, sur fond d’affrontement linguistique. D’un côté, une entité néerlandophone (Katholieke Universiteit Leuven) dont les bâtiments sont à Louvain, et une entité francophone (UCLouvain), qui s’établit dans la localité wallonne Louvain-la-Neuve. En 2023, KUL comptait 65 631 étudiants et près de 23 000 professeurs, répartis sur 13 campus dans 10 villes de Flandre. De renommée internationale, elle est la plus grande université néerlandophone en Flandre et aux Pays-Bas. Elle a obtenu la 1ère place du classement Reuters 4 ans de suite (de 2016 à 2019) et est classée 87ème au classement de Shanghai en 2021, 70ème au classement mondial des universités QS en 2022 et 42ème au classement Times en 2022.

#1130 – Lima CFC : el Decano de América

Le doyen des Amériques. Plongé dans l’histoire de ce club péruvien, c’est revenir au source du football sud-américain. C’est décrire une histoire commune à de nombreux clubs d’Amérique Latine. Au XIXème siècle, le football moderne s’émancipa en Angleterre et se répandit rapidement chez ses voisins britanniques. Pour conquérir le reste de la planète, le football s’appuya sur la puissance du commerce anglais, qui inondait le monde de ses produits et ses inventions. Notamment, les ingénieurs et ouvriers anglais investirent l’Amérique du Sud pour poser les rails du réseau ferré et en profitèrent pour y exporter également leur culture et leur pratique sportive. Ce fut le cas pour un certain nombre de clubs comme le Peñarol en Uruguay (#62), le CA Douglas Haig (#1091) et le Ferro Carril Oeste en Argentine (#665).

Ce fut également le terreau du Lima Cricket and Football Club. En 1859, les anglais immigrés à Lima et Calla étaient près de 1 400 et travaillaient pour la plupart à la construction du chemin de fer. Ces derniers souhaitaient pratiquer les sports qu’ils connaissaient en Angleterre, comme le football, le rugby et le cricket, mais qui étaient inconnus au Pérou au milieu du XIXème siècle. Résultat, la communauté de Lima fonda son propre club le 9 septembre 1859 sous le nom de Lima Cricket Club. En 1885, il fusionna avec le Lima Lawn Tennis Club et se rebaptisa Lima Cricket and Tennis Club. Bien que ses membres pratiquaient le football depuis ses origines, le premier match de football enregistré eut lieu le 7 août 1892. Suite à cet événement, le club se dota officiellement d’une section football en 1893. En 1906, le nombre de pratiquants de football prenant de l’importance, le club adopta son nom actuel. Le plus important à noter est que l’histoire du club débuta en 1859. Or, sur le continent sud-américain, les clubs apparurent plutôt dans les années 1880-1890 (Gimnasia y Esgrima Buenos Aires en 1880, Quilmes et Gimnasia y Esgrima La Plata 1887, São Paulo AC 1888, Rosario Central en 1889, Albion FC et Peñarol en 1891, Santiago Wanderers en 1892, CR Flamengo et Banfield en 1895, Oruro Royal en 1896) et ainsi Lima CFC est le plus ancien des clubs d’Amérique Latine.