#1356 – Rijnsburgse Boys : de Uien

Les oignons. Sur la côte hollandaise, 66 000 âmes résident paisiblement dans la ville de Katwijk. Ville moyenne des Pays-Bas, elle compte tout de même 3 clubs évoluant en troisième division (VV Katwijk, Quick Boys et Rijnsburgse Boys) et deux (FC Rijnvogels, Valken ’68) dans la division inférieure. Rijnsburgse Boys vit un peu dans l’ombre de la féroce rivalité que se vouent VV Katwijk et Quick Boys. Il représente le village de Rijnsburg, qui a été absorbé par Katwijk. La réputation de Rijnsburg provient de ses cultures de bulbes à fleurs et la présence d’une plateforme de Royal FloraHolland, la coopérative de producteurs de fleurs et la plus importante des maisons de vente de fleurs aux enchères au monde. La culture et le commerce des fleurs remontent à Charlemagne (vers 800), époque à laquelle fut introduit le lys de la Madone. Vers 1400, on cultivait déjà des roses à l’abbaye de Rijnsburg. 

La fondation de l’abbaye de Rijnsburg, vers 1125, encouragea justement le développement de l’horticulture mais également l’agriculture. Parmi les cultures les plus répandues, l’oignon constitua un des produits les plus exportés de Rijnsburg au XVIème et XVIIème siècle. Très réputés à l’étranger et bons, les oignons devinrent le surnom des habitants de Rijnsburg. L’oignon de Rijnsburg est aujourd’hui encore une variété, rond et jaune pâle.

Cela n’apparaît pas comme un surnom flatteur. Pourtant, le club se l’est approprié car l’oignon est une plante robuste, saine et qui fleurit magnifiquement. En dégageant un gaz irritant lorsqu’il est coupé, l’oignon apparaît résistant. Finalement, pour le club, ces valeurs collaient bien à son équipe.

#1355 – Fluminense : Tricolor

Le tricolore. Le maillot comme l’écusson de Fluminense se distinguent par leur mélange de 3 couleurs, qui les ont souvent fait élire comme les plus beaux du monde. Les fameuses trois couleurs sont le vert, le blanc et le grenat. Pourtant, à la fondation du club en 1902, sa tenue se composait d’un maillot blanc et gris associé à un short blanc. L’écusson reprenait également ses couleurs sur lesquelles était apposées en rouge les lettres FFC. Toutefois, cette équipement avec ces couleurs était difficile à trouver même lorsque le président Oscar Cox avec son ami Mário Rocha se rendirent à Londres où se trouvaient les principaux équipementiers. Résultats, les deux membres tombèrent sous le charme d’un maillot aux couleurs vert, grenat et blanc. Le 15 juillet 1904, lors d’une assemblée générale, une lettre envoyée d’Angleterre par Oscar Cox et Mário Rocha décrivant leur trouvaille convainquit les membres d’adopter ces nouvelles couleurs. Fluminense porta pour la première fois son maillot tricolor lors d’une victoire 7 buts à 1 contre Rio Cricket le 7 mai 1905.

En 1940, le parolier Lamartine Babo (avec le chef d’orchestre Lyrio Panicali) composa un nouvel hymne pour le Fluminense, qu’il appela « Marcha Popular« . Et dans les 3 dernières strophes, il donna une raison à chacune des couleurs. Tout d’abord, la première phrase clame « Sou tricolor de coração » (Je suis tricolore dans l’âme). Puis, la 3ème strophe déclare que « Vence o Fluminense/Com o verde da esperança » (Fluminense gagne/Avec le vert de l’espoir). La 4ème « Vence o Fluminense/Com o sangue do encarnado » (Fluminense gagne/Avec le sang du rouge). Enfin, le 5ème et dernier « Vence o Fluminense/Usando a fidalguia/Branco é paz e harmonia » (Fluminense gagne/En utilisant la noblesse/Le blanc est la paix et l’harmonie).

Ce surnom est décliné en Tricolor carioca, Máquina Tricolor (la machine tricolore) et Tricolor de Laranjeiras (Laranjeiras étant le nom du quartier d’origine de Fluminense).

#1354 – Tokyo Verdy : ヴェルディ

Verdy. Pour de nombreuses équipes de football japonaise, leurs noms se composent d’un mot-valise à l’origine européenne et Tokyo ne fait pas exception. Verdy provient du portugais verde et signifie la couleur verte. Assez logique pour une équipe portant des maillots verts.

La médaille de bronze obtenue par l’équipe nationale japonaise aux Jeux Olympiques de 1968 à Mexico engendra une vague d’intérêt pour le football au pays du soleil levant. En 1969, le groupe de media Yomiuri et le groupe télévisuel NTV s’associèrent pour fonder le Yomiuri Football Club, avec l’objectif d’en faire une association moteur du football professionnel. De 1978 à la création de la J-League en 1992, Yomiuri s’imposa comme une puissance dominante de l’île. Lorsque la J-League émergea, sa volonté était de rapprocher les clubs de leurs bases de fans et cela passait par un changement de nom des équipes. D’une part, les clubs devaient prendre le nom de leurs villes de résidence. D’autre part, elles devaient exclure les noms d’entreprise de leur dénomination. Ainsi, Yomiuri FC devint le Kawasaki Verde (le club déménagea dans la capitale au début des années 2000).

Si le célèbre attaquant brésilo-japonais Ruy Ramos qui évolua à Verdy de 1977 à 1996 aimait à déclarer « 俺の体には緑の血が流れてるんだヨ!」と言うくらい » (j’ai du sang vert qui traverse tout mon corps), le maillot du Verdy ne fut pas toujours vert. De 1969 à 1978 (date de la première promotion en première division), les joueurs portaient un maillot bleu. Puis, la couleur verte commença à s’imprimer sur la tenue. Toutefois, à l’époque, les clubs adoptèrent une certaine liberté avec leur équipement. Ainsi, jusqu’en 1981, Yomiuri FC évoluait avec des maillot verts mais également avec des chemises à rayure verticale bleu et rouge. Puis, en 1982, les joueurs portèrent régulièrement un maillot rayé noir et bleu ciel, similaire à celui du Grêmio Porto Alegre. Mais, plus populaire au sein des joueurs et des fans, le vert s’imposa définitivement en 1984.

D’où vient ce vert ? Selon certains, la couleur fut proposée par l’entraineur George Yonashiro qui œuvra de 1972 à 1989 à Yomiuri. Né à São Paulo, il appréciait l’équipe brésilienne de Palmeiras. Toutefois, d’autres avancent que l’équipe qui inspira Yomiuri FC fut Saint-Etienne. Un de ses joueurs, Toshifumi Tonami, était un passionné de maillot d’équipe européenne et il commanda le maillot vert à col bleu-blanc-rouge de Saint-Etienne. Ce dernier fut répliqué à l’identique par Yomiura FC.

#1353 – América Cali : el Pentacampeón

Le quintuple champion. Au début des années 1980, l’América débuta son incroyable voyage vers les titres et les records, qui en fait aujourd’hui l’un des plus grands de Colombie. Fin 1978, l’expérimenté Docteur Gabriel Ochoa Uribe (7 titres de champion remportés entre 1959 et 1972 avec Millonarios et Santa Fe) remplaça l’entraîneur uruguayen Víctor Pignanelli. Partisan d’un football défensif, Uribe construisit l’équipe autour d’une défense solide et d’un jeu fermé, surtout quand son équipe menait. Après avoir laissé son rival du Deportivo Cali remporter le tournoi Apertura, l’équipe conquit son premier titre national en 1979. En 1980, América recruta le gardien uruguayen Ladislao Mazurkiewicz et l’attaquant argentin Carlos Miori et atteignit les demi-finales de la Copa Libertadores. La saison suivante, l’argentin Julio César Falcioni remplaça Mazurkiewicz et l’argentin Roque Alfaro renforça le milieu de terrain. L’América remporta pour la première fois le tournoi Apertura.

1982 marqua le début de la suprématie de l’América sur le football colombien. Avec l’intégration du jeune attaquant Antony de Ávila, l’América fut sacré champion national pour la deuxième fois de son histoire et, pour la première fois en Colombie, l’équipe remporta tous les tournois (Apertura, Finalización et Finale octogonale). En 1983, l’América recruta l’attaquant Willington Ortiz et l’équipe remporta son deuxième titre consécutif. L’année suivante, l’équipe se consolida avec les offensifs péruviens César Cueto et Guillermo La Rosa tandis qu’Álex Escobar fit ses débuts en équipe première. Nouveau sacre national, avec la victoire dans tous les tournois une nouvelle fois ainsi qu’une série de 23 matchs sans défaite. En 1985, América engagea les internationaux Ricardo Gareca (Argentine) et Roberto Cabañas (Paraguay) et l’équipe gagna son 4ème titre national consécutif. Pour la première fois de son histoire, América atteignit la finale de la Copa Libertadores mais la perdit face à Argentinos Juniors. En 1986, l’América fut une nouvelle fois champion, ravissant son 5ème titre consécutif au nez et à la barbe de son rival du Deportivo. Face à River Plate, l’équipe perdit sa deuxième finale de Libertadores. Si sa suprématie nationale s’arrêta sur ce 5ème titre (devenant le premier et l’unique Pentacampeón de Colombie), América atteignit sa 3ème finale consécutive de Copa Libertadores en 1987, face à l’uruguayen Peñarol, mais sans plus de succès.

#1352 – Calcio Padoue : Biancoscudati

Le bouclier blanc. Le 29 Janvier 1910, au sein d’un club nautique créé 5 ans plus tôt, l’équipe de Padoue vit le jour, avec le baron Giorgio Treves de’ Bonfili comme président et le marquis Giuseppe Corradi comme vice-président. Le baron déclara « I colori saranno quelli della città di Padova: il bianco e il rosso » (Les couleurs seront celles de la ville de Padoue : blanc et rouge). Le 20 février 1910, l’AC Padova disputait son premier match officiel contre l’Hellas Vérone et la rencontre se solda par un score nul et vierge. Le maillot porté par les onze joueurs ce jour-là était donc blanc et rouge (une partie rouge à gauche ou à droite selon les joueurs et l’autre partie blanche, à la façon de Blackburn). Puis, l’activité s’interrompit brusquement pour reprendre à partir le 25 novembre 1912. Le nom de l’association demeura. En revanche, jusqu’en 1920, les joueurs portèrent un maillot rayé noir et blanc. Cependant, il fut décidé de revenir aux origines et, à partir de la saison 1920-1921, Padoue se présenta sur le terrain avec un maillot blanc bordé de rouge sur les manches. La véritable nouveauté du maillot fut l’apparition de l’écusson du club : un blason en forme de bouclier intégrant à gauche la croix rouge sur fond blanc (armoiries de la ville) et à droite le nom du club en blanc sur un fond rouge. La tenue traditionnelle du club était alors née et son surnom avec.

Même si le maillot évolua au fil des années dans la présentation des couleurs rouges et blanches (maillot blanc avec quelques liserés rouges, maillot rouge à manches blanches …), un détail immuable demeura sur la poitrine des joueurs, le blason-bouclier qui ne variait pas. Le maillot des saisons 1972-1973 et 1973-1974 laissèrent les supporteurs bouches bées puisque pour la première fois depuis 1920, l’écusson disparut du maillot. Pour le plus grand bonheur des fans, il revint la saison suivante pour ne plus quitter le maillot. À partir de la saison 1990-1991 et jusqu’au début des années 2000, sous la présidence de Marino Puggina, le blason en forme de bouclier évolua vers une forme plus carré. Avec l’arrivée d’Alberto Mazzocco à la présidence en 2000, Padoue lança un sondage d’opinion auprès de ses supporters dans les pages du quotidien « Il Mattino di Padova » concernant l’écusson à adopter. Le résultat fut sans appel : les fans demandèrent le rétablissement du blason original.

Les armoiries de la ville présente donc cette croix rouge sur fond blanc. Leurs origines sont difficiles à établir bien qu’elles semblent apparaître au XIIème siècle. A cette époque, le pape et le Saint-Empire romain germanique connurent un différend sur la nomination des évêques et des abbés puis sur la succession au titre d’Empereur. Les cités-États d’Italie centrale et du Nord se divisèrent alors entre les factions rivales des guelfes et des gibelins qui défendaient respectivement les intérêts du pape et du Saint-Empire. Commune indépendante, Padoue rejoignit la ligue lombarde, une association de cités italiennes qui soutenait le partie guelfe et qui affronta l’Empereur Frédéric Barberousse qui cherchait à les soumettre. En 1167, lors du serment de Pontida, la Ligue adopta comme symbole l’emblème de Milan, une croix rouge sur fond blanc (la croix de Saint-Georges) qui fut brandit triomphalement lors de la victoire de Legnano le 29 mai 1176. Padoue l’aurait donc adopté à partir de cette date comme armoiries.

Depuis, on y trouve plein de symbolisme. Le rouge représenterait la couleur du sang versé par les Padouans lors des nombreuses batailles pour défendre la ville. Le blanc symboliserait la pureté, la foi et la justice. Enfin la croix, symbole chrétien, rappellerait que Padoue était l’une des villes italiennes qui soutenaient les campagnes religieuses. Pour d’autres, la croix collerait à la géographie du centre-ville, qui fut modelé par les routes perpendiculars romaines (Le Cardo maximus (du Nord au Sud) et le Decumanus maximus (d’Ouest en Est)).

#1351 – USL Dunkerque : les Maritimes

Bordé par la Mer du Nord, Dunkerque entretien une relation plus qu’étroite avec la mer. La 5ème ville du Nord bénéficie d’une longue facade maritime de 35 km qui en fait une cité maritime et portuaire ainsi qu’une station balnéaire. Tout débuta en l’an 800 avec la fondation d’un petit village de pêcheurs dans une crique naturelle. Puis, comme dans toute la Mer du Nord et de la Baltique, le développement de la pêche au hareng supporta la croissance de la ville. Au milieu du XVIème siècle, à la croisée de l’Angleterre, la France et les Provinces-Unies, le port de la ville profita des échanges commerciaux entre les 3 pays mais ses bateaux et son territoire agitaient également la convoitise des ces 3 nations et de leurs corsaires. Définitivement acquise par la France le 27 octobre 1662, Louis XIV fit aménager par Vauban la ville et son port, qui devient le plus grand port de guerre du royaume.

Stratégiquement situé à l’entrée du Détroit du Pas-de-Calais, qui constitue un piège naturel, de par les bancs de sables, pour les bateaux de commerce, Dunkerque poursuivit son développement avec les courses, dont le corsaire Jean Bart en fut le plus célèbre représentant, puis en devenant une des plaques tournantes du smogglage (contrebande). Au XIXème siècle, le port se modernisa, étant alors dédié aussi bien à la pêche qu’au trafic de marchandises. Les pêcheurs dunkerquois se détournèrent du hareng, suite au blocage hollandais en Mer du Nord, pour aller en Atlantique Nord (vers l’Islande) pêcher la morue, lors de grandes campagnes qui duraient 6 mois (Mars à Septembre) et dans des conditions difficiles et dangereuses. A cette même période, les longues plages de sable bordées de dunes permirent le développement de la station balnéaire de Malo-les-Bains. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande détruisît les infrastructures portuaires mais le port fut remis à flot le 7 août 1946. Dès 1951, il retrouvait son trafic d’avant-guerre. A la fin des années 60, le port ouvrit une deuxième voie à l’Ouest, à 20 km de la ville.

Aujourd’hui, il s’impose comme un acteur clé de la façade maritime européenne (7ème port du Range nord européen qui s’étend du Havre à Hambourg et 3ème port français). S’étendant sur 17 km et 7 000 hectares, il comprend 2 entrées : l’une à l’Est, la plus ancienne, limitée aux navires de 14,2 mètres de tirant d’eau (le Port Est), l’autre à l’Ouest qui permet d’accueillir des navires jusqu’à 22 mètres de tirant d’eau (le Port Ouest). Dunkerque est le premier port français pour l’importation de fruits et légumes en conteneurs, avec un produit vedette, la banane. Il est aussi le 1er port français d’importation des minerais et de charbon et 2ème port français pour les échanges avec la Grande-Bretagne.

Avec une telle influence, le club reprît les codes marins comme la devise « contre vents et marées » ou ses couleurs bleues et blanches (comme la ville). Le dauphin sur l’écusson du club provient des armes de la ville. Mais, la présence du cétacé ne rappelle pas le lien de la cité avec la mer mais honore le Dauphin, le fils du Roi Louis XIV, qui était né un an avant l’acquisition par le Roi de France de Dunkerque.

#1350 – The Strongest : el Derribador de Campeones

Le destructeur de champions. Dans les années 1940, le football bolivien demeurait en retard par rapport à ses voisins. Un championnat national professionnel existait depuis 1931 en Argentine, 1932 pour l’Uruguay, 1933 au Chili et 1935 pour le Paraguay. Au Brésil, l’immensité du pays et sa pauvreté ne favorisèrent pas l’émergence d’une ligue nationale mais les championnats régionaux étaient forts et les clubs adoptèrent le professionnalisme en 1937. En Bolivie, la situation était bien différente avec des ligues régionales ou interrégionales amateures (le premier championnat national ne verra le jour qu’en 1950) et toutes les régions du pays ne comptaient pas de fédération pouvant organiser une compétition (la fédération du département de Pando ne verra le jour qu’en 1997 !). Ceci ne concourrait pas à faire croître les clubs du pays.

Le 9 novembre 1941, le club argentin d’Independiente arriva à La Paz pour disputer un match amical face à The Strongest. L’équipe argentine venait de terminer une série de 15 matchs sans défaite et affichait deux titres de champion d’Argentine conquis en 1938 et 1939. L’équipe comptait dans ses rangs les piliers de l’équipe nationale argentine, Vicente de la Mata, José Battagliero et Juan Maril, et surtout le paraguayen star, Arsenio Erico, meilleur buteur du championnat argentin en 1937, 1938 et 1939 (130 buts en 96 matchs). The Strongest paraissait à côté un petit poucet mais devant 25 000 spectateurs et avec 5 attaquants, l’équipe bolivienne délivra une prestation légendaire et remporta le match 3 buts à 1. Avec cette victoire, le club bolivien reçut le surnom de Derribador de Campeones par la presse et les supporters. Car ce succès ne fut pas sans lendemain. Pendant toute l’année qui suivit, d’autres champions nationaux ou équipes renommées comme Universitario de Lima (champion du Pérou en 1939 et 1941), Wanderers (Chili), Cerro Porteño (triple champions du Paraguay en 1939, 1940 et 1941) et Nacional (champion du Paraguay en 1942), Banfield et Estudiantes de la Plata (Argentine).

L’histoire remonte à mathusalem et pourtant le surnom est toujours utilisé. Car, le club s’est forgé un grand prestige en remportant des matchs contre des équipes de renom et à chaque victoire, il est ressorti par la presse et les supporteurs.

#1349 – Ulsan HD : 철퇴

Le marteau de fer. Au départ de la saison 2009, une page se tournait pour l’équipe coréenne. L’entraîneur d’Ulsan Kim Jung-nam, qui avait dirigé l’équipe pendant huit ans, avait démissionné et la direction venait de nommer Kim Ho-kon, qui n’avait principalement connu que des expériences en tant qu’assistant pour les équipes nationales coréennes. Après le départ de certains titulaires, l’équipe apparaissait affaibli et les résultats s’en suivirent. A l’aurée de la saison 2011, un nouveau mouvement de transferts affecta l’équipe avec les départs des défenseurs internationaux Yoo Kyoung-youl et Oh Beom-seok mais les arrivées des expérimentés internationaux Seol Ki-hyeon (milieu), Kwak Tae-hwi et Song Chong-gug (défenseurs) compensèrent.

La mayonnaise mit un peu de temps à prendre. Jusqu’à la 17ème journée du championnat, le club oscilla entre la 7ème et la 15ème place (15 fois au-delà de la dixième place). Puis, l’équipe entreprit une remontée pour finalement terminer à la 6ème place, qualificative pour les play-off. Dans le tournoi final, Ulsan battit le FC Séoul (3 buts à 1), puis Suwon (sur pénalty), leurs rivaux du Pohang Steelers (1 but à 0) et atteignit donc la finale, perdue contre Jeonbuk. Cette saison permit à l’entraineur Kim Ho-kon d’installer sa tactique, basée sur une défense rigoureuse et un jeu de transition qui lançait des contre-attaques décisives. Dans un forum dédié au football, un message apparut en Avril 2011 sous le titre « 김호곤 축구는 무기로 치면 철퇴다 » (le football de Kim Ho-kon est comme un marteau) dans lequel l’internaute comparait les tactiques des équipes de football à des armes. Ainsi, les équipes qui pratiquaient principalement un jeu offensif court et rapide, telles que le FC Barcelone en Espagne, le Jeju FC, le FC Séoul et le Suwon Samsung en Corée du Sud, étaient comparées à des « 짧은 칼 » (courts couteaux). Ulsan produisait pour le rédacteur un football destructeur qui consistait à mener un jeu axé sur la défense grâce à une organisation solide, puis à asséner un coup de marteau pour marquer un but. Avec le parcours en championnat, cette comparaison se renforçât dans l’esprit des amateurs de football et le coach Kim Ho-kon fut surnommé « Hogerson », en référence à Ferguson, le célèbre entraîneur de Manchester United, et « 철퇴의 제왕 » (le roi du marteau de fer), en référence au « Seigneur des anneaux ».

La tactique trouva son couronnement lors de la saison 2012 où Ulsan se concentra sur la Ligue des champions de l’AFC. L’équipe se qualifia pour les huitièmes de finale de la compétition après être demeuré invaincu (4 victoires et 2 nuls) dans la phase de groupes. Puis, Ulsan enchaina 5 victoires consécutives pour atteindre la finale, qu’il remporta face à Al-Ahli 3 buts à 0. Ulsan gagna ainsi son premier trophée asiatique en étant invaincu (10 victoires et 2 nuls en 12 matchs).

#1348 – FC Schaffhouse : die Munotstädter

La ville du Munot. L’article précédent présentait le club danois de Hillerød Fodbold et expliquait que la présence d’un chateau royal important dans la ville avait conduit à son surnom. Nous retrouvons la même logique pour le club suisse du FC Schaffhouse, où la forteresse du Munot constitue incontestablement l’emblème de la cité.

Commune de 36 habitants, chef-lieu du canton éponyme, Schaffhouse garde la frontière Nord de la Suisse. Et justement, après son adhésion à la Confédération helvétique en 1501, et la révolution religieuse que la Réforme représenta en 1529, le besoin de renforcer les fortifications de la ville se fit de plus en plus pressant. Le conseil de la cité décida, le 6 novembre 1563, de construire la nouvelle forteresse d’artillerie. Sa construction, située sur les hauteur de la ville, nécessita de nombreux ouvriers (notamment les habitants de la cité lors des corvées) et dura de 1564 à 1589. La forteresse est constituée d’un bâtiment cylindrique de 50 mètres de diamètre et de 25 mètres de hauteur. Ses murs de 4 mètres de profondeur abrite notamment une imposante casemate. Enfin, une tour de 15 mètres de haut, couronnée d’un toit pointu, coiffe l’ensemble. Imposant bâtiment, l’achitecture employée reposait malheureusement sur des techniques obsoletes, notamment face au dernier progrès de l’artillerie (boulet en fonte). Résultat, dès son achèvement, son emploi militaire apparaissait limité et finalement, son édification semblait plus revêtir un rôle symbolique. De manière ironique ou prémonitoire, à son emplacement, dès le Moyen-Âge, se dressait des fortifications qui se dénommaient Annot en 1376 et Unot 1460, qui en moyen-haut-allemand signifiait « sans nécessité ».

Etant donné sa faible utilité militaire, le Munot fut petit à petit abandonné, servant de lieu de stockage et de carrière au début du XIXème siècle. En 1839, Johann Jacob Beck, professeur de dessin à l’école cantonale, fonda une association qui entreprît jusqu’en 1902, sa restauration et depuis, gère le site et les festivités associées. A compter de 1905, une colonie d’une douzaine de daims vit dans les douves. De la fin juin à la fin août, des traditionnels bals se tiennent sur la Zinnenplattform (le toit de la forteresse) et une fête des enfants, avec des feux d’artifice, s’y déroule également depuis 1940. Les « Opernspiele Munot », un festival d’opéra, jouissent d’une grande popularité depuis 2016. Les terrains avoisinants abritent à compter de 1913 le vignoble du Munot (49 ares de Pinot Noir et 27 ares de Tokay ou Pinot Gris) qui produit annuellement autour de 6 000 litres de Munötler. Enfin, le gardien du Munot réside dans la tour et sonne la légendaire cloche du Munot (Munotglöggli – fondue en 1589 et immortalisée dans une chanson populaire) tous les soirs à 21 heures.

#1347 – Hillerød Fodbold : Slotsbyens hold

L’équipe de la ville du château. Fondé en 1938, le club monta lentement mais surement des divisions locales à l’échelon national en 2017. Dénommé initialement Ullerød Gymnastik Forening, reflétant la résidence du club dans le district d’Ullerød dans la partie ouest de Hillerød et la principale activité sportive parmi ses membres (la Gymnastique), le club changea de nom pour l’actuel afin de mieux s’identifier à la ville.

Cité de 36 000 habitants, Hillerød est située au nord de la région du Zélande, à quelques encablures (30 km) de la capitale Copenhague. Bien qu’il y eut une présence humaine avant, les plus anciennes traces de l’existence du village d’Hillerødsholm remontent à 1275. Mais, en 1560, la ville prit son envol avec la transformation, par le Roi danois, Frédéric II, d’un manoir, construit sur un îlot dans une zone marécageuse entourée de forêts, en une résidence royale, baptisée Frederiksborg. Son fils, Christian IV, remania la majeure partie du château entre 1600 et 1625. Le palais devint un symbole fort du pouvoir, représentant la puissance de la monarchie absolue danoise (le Roi régnait alors sur de vastes étendues dont le Schleswig du Sud aujourd’hui allemand, la Norvège, le Sud de la Suède, l’Islande, les Îles Féroé ainsi que le Groenland). Les rois y résidaient et entre 1671 et 1840, ils furent couronnés dans l’église du château, qui est également la chapelle des ordres de chevalerie danois (l’Ordre de l’Éléphant et l’Ordre du Dannebrog).

Avec ses briques rouges, ses pignons, ses flèches et des détails en grès clair, le chateau est de style Renaissance néerlandaise. Le bâtiment principal se compose de trois grandes maisons de quatre étages : l’aile royale au milieu, l’aile de l’église à gauche et l’aile de la princesse à droite. Il subit plusieurs incendies (en 1692, 1733 et 1834) mais celui du 17 Décembre 1859 fut le plus dévastateur. Le bâtiment principal fut réduit en cendres en quelques heures et une grande partie des décorations intérieures et collections partirent en fumée. La destruction ayant été vécue comme une tragédie nationale, le chateau fut reconstruit à partir de plans et de représentations anciennes et ses appartements furent rouverts au public le 1er Février 1882 sous le nom de Musée national d’histoire danoise. Plus grand palais de la Scandinavie, il est souvent surnommé le « Versailles danois » et demeure l’une des attractions culturelles les plus visités du Danemark. De par sa situation reculée, la région attira peu la population danoise jusqu’à la construction du château. Puis, la ville de Hillerød devint fortement dépendante du château, son expansion économique suivant le développement de la résidence royale. Le château et son immense parc se situe désormais au centre de la ville.