#808 – UD Almería : los Indálicos

Rien d’indélicat dans ce surnom qui fait référence à l’un des symboles les plus connus de la ville d’Almería, de sa province et de ses habitants. Les joueurs comme les supporteurs du club sont connus sous ce surnom. Il trouve son origine dans une peinture rupestre de la fin du néolithique (en particulier de l’âge du cuivre) qui représente une figure humaine aux bras tendus avec un arc qui rejoint les deux mains. Situé dans l’abri des Ruches (abrigo de las Colmenas) et dans la grotte des Panneaux (cueva de los Letreros) dans le parc naturel de la Sierra de María-Los Vélez, ce dessin porte le nom d’Indalo, terme qui proviendrait des mots indal eccius de la langue ibère qui signifient « messager des dieux ». D’ailleurs, bien que les scientifiques ne se soient définitivement pas encore accordés sur sa signification, plusieurs théories avancent que cette peinture est une représentation d’une divinité. L’étude du dessin montre que la figure représente simplement un homme pointant son arc vers un oiseau qui vole au-dessus de lui.

Pour les habitants de la région d’Almería, il fut considéré comme un symbole de bonne chance pendant des siècles. Puis, à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, le peintre et sculpteur almérien Jesús de Perceval et le groupe de sept lancèrent un mouvement artistique remettant en valeur l’héritage culturel de la région d’Almería, singulier du reste du pays et qui puise ces origines dans les cultures méditerranéennes et ibères de l’époque du néolithique. Le mouvement prit comme symbole l’Indalo, représentatif de cette culture particulière, et s’appela Movimiento indaliano. Ils voyaient dans ce dessin un homme ancestral tenant un arc-en-ciel et symbolisant un pacte entre les hommes et les dieux pour prévenir les inondations futures. En tout cas, l’image de l’Indalo changea pour les habitants et devint le symbole le plus représentatif d’Almería. Aujourd’hui, l’Indalo est devenu une partie de l’identité de la ville d’Almeria, étant présent dans d’innombrables logos, noms d’entreprises, marques et magasins. Il en est évidement de même avec le blason du club, couronné par un Indalo.

#787 – Hércules Alicante CF : Blanquiazules

Les blanc et bleu. Cette année, le club fête dignement son centenaire, enflamant les débats entre historiens. En effet, si l’enregistrement officiel fut effectué en 1922, certains estiment que le club d’Alicante entamait ses premiers pas doucement dès 1919 (voire 1914). Le club commença son activité en portant des chemises rayées rouges et blanches accompagnées d’un short noir et de chaussettes à l’image du maillot. L’explication du choix est inconnue mais la ressemblance avec les maillots de l’Athletic Bilbao et de l’Atlético de Madrid, clubs bien établis et bénéficiant d’une certaines réputation, n’est peut-être pas un hasard. Hércules évolua avec ce kit jusqu’en 1928 où la direction prit la décision d’opter pour des maillots rayés bleus et blancs. Alors pourquoi ?

Pendant les premières années d’existence du club, une autre association attirait toute la lumière d’Alicante, le Club Natación Alicante. Concentré au départ sur la natation, ce club se développa et devint omnisport, avec notamment une section football. Ses joueurs évoluaient en bleu et blanc. Son ascension fut fulgurante, avec en apogée la saison 1923-1924. Lors de cette année, l’équipe de football du club de natation jouait dans la catégorie régionale la plus élevée (Groupe A) et parvint à remporter le championnat, devenant le premier club d’Alicante à gagner ce titre régional. Mais, sa chute fut tout aussi rapide. Le 28 avril 1927, face à des difficultés économiques et au refus de la Federación Levantina de les admettre en raison d’incidents qui se déroulèrent lors d’un match, le Club Natación Alicante disparut. Club historique d’Alicante et l’un des plus aimés, il laissa un vide qui fut comblé par Hércules, les deux rivaux s’affrontant régulièrement par le passé. Le 4 novembre 1928, lors du premier match de championnat de deuxième catégorie contre Albacete, Hércules joua ce match dans l’enceinte du Campo de La Florida, ancienne antre des nageurs, et décida donc de changer son kit rouge et blanc pour le bleu et blanc en mémoire du club de natation d’Alicante. Par ce geste, Hércules s’inscrivait comme l’héritier du club de natation, espérant bénéficier de sa réputation et de sa popularité. En outre, ce match fut l’occasion également de rendre hommage à José Muñoz Gómis, un professeur de gymnastique et premier promoteur du football à Alicante. Il créa le premier terrain de football d’Alicante qu’il inaugura le 5 avril 1903 en faisant s’affronter deux équipes, dénommée Blanco (blanc) et Azul (bleu), couleurs de la ville d’Alicante. Double raison pour désormais porter ces couleurs. Dans un communiqué de presse daté du 31 octobre 1928, il était indiqué : « la activa directiva « herculana » acordó anoche dedicar el encuentro entre « herculanos » y « albacetenses » a nuestro querido don José. Muy de veras celebramos este acuerdo, así como el de cambiar los colores del « jersey », hoy rojiblanco por los gloriosos colores del antiguo Club Natación Alicante. En el partido homenaje a José Muñoz, los « equipiers » del Hércules saldrán luciendo la camiseta blanquiazul, colores que un día llegaron a ostentar el preciado título de campeones de levante. Esta modificación de cambiar los colores, de ello estamos plenamente convencidos, será recibida con muestras de simpatía por los aficionados alicantinos. » (le conseil d’administration de la « herculana » a accepté hier soir de dédier le match entre « herculanos » et « albacetenses » à notre cher Don José. Nous nous félicitons de cet accord, ainsi que de celui qui consiste à changer les couleurs du maillot, aujourd’hui rouge et blanc, pour les couleurs glorieuses de l’ancien club de natation d’Alicante. Pour ce match d’hommage à José Muñoz, les « équipiers » d’Hercules porteront le maillot bleu et blanc, couleurs qui ont autrefois porté le titre très prisé de champions de Levante. Nous sommes pleinement convaincus que ce changement de couleurs sera accueilli avec sympathie par les supporteurs d’Alicante).

Le drapeau d’Alicante se découpe en deux morceaux égaux avec l’écusson de la ville en son milieu. A gauche, une bande blanche. A droite, une bande bleue. Un arrêté royal du 30 juillet 1845 établissa des pavillons nautiques permettant d’identifier les navires en fonction de leur province maritime d’attache. Ainsi, le ministère de la Marine attribua à la province d’Alicante un drapeau blanc et bleu séparé verticalement. Finalement, le 31 octobre 1857, ce système fut aboli mais, passé dans les usages, il perdura jusqu’au XXème siècle. Même les bateaux de pécheurs qui n’avaient pas à l’utiliser en 1845 arborer ce pavillon. Le 1er février 1893, le conseil municipal d’Alicante adopta ce drapeau comme celui officiel de la ville.

#764 – Real Oviedo : los Carbayones

Surnom du club, il s’agit surtout du gentilé des habitants d’Oviedo. Il provient de deux éléments typiques de la région d’Oviedo. Tout d’abord, Carbayón était le nom en asturien (Oviedo étant la capitale de la principauté, de la communauté autonome et de la province des Asturies) d’un chêne centenaire qui se trouvait dans la Calle de Uría, principale artère d’Oviedo ouverte en 1874. Cet arbre, qui atteignaient une hauteur de 30 mètres, dont la cime mesurait 38 mètres de circonférence et agé d’environ 500 ans, était devenu un lieu de loisirs et de promenade pour les habitants d’Oviedo. Mais, il fut abbatu en 1879 car des vers l’avaient colonisé. Une plaque commémorative rappelle aujourd’hui l’emplacement de cet arbre légendaire.

Mais, le Carbayón est aussi une patisserie d’Oviedo, créée dans la première moitié du XXème siècle. Entre 1920 et 1923, José de Blas, propriétaire de la confiserie Camilo de Blas, demanda à son maître boulanger, José Gutiérrez, de confectionner une friandise représentant Oviedo. Il créa une patisserie à base d’une pâte feuilletée renfermant un mélange d’œuf, d’amandes moulues, de cognac ou de vin doux et de sucre, recouverte d’un sirop fait d’eau, de jus de citron, de sucre et de cannelle. Il fut dévoilé lors de la première foire commerciale des Asturies qui se tenait à Gijón en 1924. Comme il devait être symbolique de la région, son nom aurait été tiré de l’arbre.

#734 – Grenade CF : los Nazaríes

Les nasrides. Grenade, ville d’Andalousie, fut influencé par les Carthaginois et les Romains mais, sans aucun doute que c’est l’occupation musulmane au Moyen-Âge qui façonna la cité et sa culture. Tout débuta avec la dynastie Berbère des Zirides qui constitua le taïfa puis le Royaume de Grenade entre 1012 et 1090. Puis les Almoravides, autre dynastie berbère, conquièrent al-Andalus, les régions espagnoles sous domination berbère, et y rattachèrent le Royaume de Grenade. D’autres dynasties berbères se succèderent jusqu’à l’arrivée d’une famille arabe du nom des Nasrides. Instauré en 1238 par l’émir arabe Mohammed ben Nazar, elle reconstitua le royaume de Grenade. Il fut le dernier bastion musulman à tomber ((avec la chute de Grenade) sous le joug catholique en 1492 lors de la reconquista. Durant ces deux siècles, Grenade connut un âge d’or avec les Nasrides. Mohammed ben Nazar construisit une résidence fortifiée qui par suite d’embellissement devint le célèbre palais de l’Alhambra, un des des plus hauts-lieux de la ville et de l’architecture hispano-mauresque. D’autres palais ou monuments furent également édifiés dans la ville tels que les thermes el bañuelo, le caravansérail el corral del Carbón et le palais de Dar al-Horra. Au delà de cette architecture flamboyante et raffinée, la ville connut une prospérité économique et le règne des Nasrides favorisa le rayonnement culturel et spirituel de la ville (les poètes Ibn al-Yayyab et Ibn Zamrak, le philosophe Lissan-Edine Ibn al-Khatib) comme la coexistence des communautés (notamment juives et musulmanes), ce qui contribua à forger la légende dorée d’Al-Andalus.

#703 – CD Tenerife : los Chicharreros

Le terme est dérivé du poisson Chicharro qui est le mot insulaire pour désigner une sorte de maquereau. Rien de plus normal pour une équipe qui représente l’île de Tenerife d’avoir pour surnom un poisson. En réalité, ce surnom est devenu depuis le XIXème siècle une sorte de gentilé des habitants de Santa Cruz de Tenerife, qui leur fut attribué péjorativement par ceux vivant dans la ville voisine de San Cristóbal de La Laguna. Au XIXème siècle, San Cristóbal de La Laguna était la capitale de l’île de Tenerife et des Canaries. A l’inverse, Santa Cruz de Tenerife demeurait un petit port où les habitants étaient de modeste condition. Pour vivre, ces derniers péchaient et se nourrissaient principalement de chicharros, une sorte de maquereau, un poisson bon marché. Par décret royal du 28 août 1803, le roi Charles IV accorda au modeste port le droit d’établir son propre conseil municipal, ce qui signifiait son émancipation administrative de la municipalité de San Cristóbal de La Laguna. La rivalité entre les deux cités commença à augmenter. Les habitants hautins de la capitale s’amusaient alors à dénigrer ceux du petit port en les appelant chicharrero. Seulement, une étape décisive fut franchie sous le règne de Ferdinand VII. En 1833, Santa Cruz accéda au statut de capital de la nouvelle province des Canaries, au dépend des villes de San Cristóbal de La Laguna et de Las Palmas. Cette reconnaissance dopa la fierté des habitants de la ville qui transformèrent cette moquerie en une identité. Depuis, chicharrero est donc le gentilé de Santa Cruz qui s’est même étendu à tous les insulaires de Tenerife. Le dictionnaire de l’Académie Royale espagnole considère chicharrero comme un adjectif familier, dont le sens est équivalent à celui de tinerfeño (adjectif qui qualifie les habitants de Tenerife). Pour la petite histoire, la population de San Cristóbal de La Laguna ne lâcha pas le morceau et, à la fin du XXème siècle, trouvèrent un nouveau surnom péjoratif, rambleros. Ce dernier fait référence à la vie nocturne agitée, animée dans la nouvelle capitale et ses ramblas où les discothèques pullulent (l’Avenida de las Asuncionistas, la Rambla Pulido et la partie supérieure de la Calle Ramón y Cajal).

#679 – CD Mirandés : los Jabatos

Les marcassins. Fondé en 1927, ce club familial espagnol, souvent petit poucet de la Coupe d’Espagne, réside dans la ville de Miranda de Ebro. Ville de 35 000 habitants, Miranda de Ebro est une ville anonyme et froide du nord de l’Espagne, rattachée à la province de Burgos et à la communauté de Castilla León mais qui historiquement appartient au Royaume de Navarre et se sent basque (Vitoria est à seulement 30 km).

Outre être un nœud ferroviaire qui permit le développement industriel, la région de Miranda de Ebro est aussi connue pour les sangliers qui peuplent ses montagnes boisées et sont devenus son symbole. Animal sauvage, le sanglier compense sa petite taille en faisant de preuve de robustesse et de bravoure face aux dangers. Forcément, ces qualités séduisirent la direction du club et ses supporteurs qui souhaitaient que l’équipe défendent les mêmes valeurs (l’esprit de lutte, de courage et de sacrifice). En 1972, Alejandro Almarcha et Melquiades Mariñán conçurent un sanglier comme mascotte du club, qu’ils surnommèrent el Jabato et qui depuis vient animer les mi-temps des matchs au stade du club.

#661 – RCD Majorque : los Bermellones

Les vermillons. Le RCD Majorque évolue dans un maillot rouge foncé depuis 1922. Tout d’abord, revenons à la création du club. Le 27 février 1916, Adolfo Vázquez Humasqué, Antonio Moner, Rafael González, Alberto Elvira, Joaquín Mascaró et Fernando Pinillos, convinrent de fonder une association de football qu’ils dénommèrent Alfonso XIII FBC. Alfonso XIII était le nom du monarque espagnol qui régnait alors. Les fondateurs devaient donc être royalistes. Ce choix ne fut pas vain car dès le 28 juin de la même année, le roi Alfonso XIII honora la nouvelle équipe du titre de société royale. Jusqu’en 1922, les joueurs portaient un maillot, un pantalon et des chaussettes noirs. En 1922, Adolfo Vázquez Humasqué, un des principaux fondateurs et premier président du club, donna au club un équipement composé d’un maillot rouge et un short bleu, similaire à l’équipe de football espagnol. Outre le nom, ce choix renforçait encore le lien avec l’Espagne et sa monarchie.

Pourquoi ne pas avoir fait ce choix dès la création du club ? Tout simplement car l’équipe nationale d’Espagne naquit en 1920 afin de représenter le pays au Jeux Olympiques d’Anvers. Le maillot fut choisie par le président de l’époque du Comité olympique espagnol, Gonzalo Figueroa y Torres. Il opta pour un maillot rouge avec un lion rampant jaune comme blason. Le président du Comité olympique voulait un maillot aux couleurs du drapeau espagnol, rouge et jaune. Toutefois, il ne retint pas l’idée d’un maillot à 3 bandes comme le drapeau et préféra un lion rampant de couleur jaune. Cette figure héraldique apparaissait sur les armes du Roi Alfonso XIII et représentait les Pays-Bas des Habsbourg, qui dépendait de la couronne espagnole du XVème au XVIIIème siècle. Or, ce lion rampant, intégré dans le blason des Pays-Bas des Habsbourg, provenait des armes d’une des provinces des Pays-Bas, le Duché de Brabant, qui étaient noir avec un lion jaune. Et quelle ville se situait dans ce duché ? Anvers. Ainsi, l’Espagne se présentait avec des maillots aux couleurs nationales mais qui avait un lien avec la ville où se déroulait les Jeux Olympiques. En 1921, la sélection espagnole porta un maillot blanc mais redevint l’année suivante au rouge, période où Majorque l’adopta.

#620 – CA Osasuna Pampelune : los Rojillos

Les petits rouges (Gorritxoak en basque). La naissance du club souffre de quelques incertitudes mais tous s’accordent à penser que le CA Osasuna résulte de la fusion de deux clubs, Sportiva Foot-ball Club et New Club, en 1920. Concernant le premier jeu de maillot, certains avancent qu’il était blanc, accompagné d’un short noir, comme ceux du Sportiva FC (probablement que par manque de moyen, le nouveau club reprit l’équipement de l’ancienne équipe). Mais, dès l’année suivante, le blanc aurait été remplacé par le rouge. D’autres affirment que le club a toujours évolué depuis ses débuts avec un maillot rouge et un short bleu. En tout cas, depuis longtemps, les statuts du club ont fixés ces dernières comme les couleurs officielles. Ce choix, qui s’affiche naturellement aussi sur l’écusson du club, pourraient venir des couleurs des armes de la ville, qui représentent un lion blanc sur fond bleu et une bordure rouge portant les chaînes des armoiries du Royaume de Navarre. Ce blason fut codifié pour la première fois en 1923.

A compter du Xème siècle, autour du village originelle romain nommée Navarreria, habités par des basques, s’établissait un premier bourg, San Cernin, occupé par des francs. Au XIIème siècle, un autre bourg franc, San Nicolas, apparût. Bien que sous l’autorité de l’évêque, chaque bourg avait sa propre administration et ses privilèges. Cette organisation donna donc lieu à de nombreux et réguliers désaccords et heurts entre voisins. Finalement, le 8 Septembre 1423, afin de régler définitivement les différends, le Roi Charles III le Noble signa un traité, Privilegio de la Unión, qui regroupait les 3 bourgs en une commune, unie sous un seul blason, une seule bannière, une seule fiscalité et un seul régent. En outre, les murs d’enceinte de 3 bourgs devaient être abattus pour permettre l’édification d’une seule barrière extérieure. Ce traité, en son article 15, dotait la ville de ses premières armoiries encore utilisées aujourd’hui.

#557 – Albacete Balompié : el Queso Mecánico

Le fromage mécanique. Au début de la saison 1989-1990, le club évoluait encore en seconde division et nomma à la tête de l’équipe première un jeune entraineur de 29 ans, Benito Floro. Dès sa seconde saison, Floro réussit à terminer premier de son groupe et fit accéder Albacete Balompié à la première division, grace à un style de jeu brillant et offensif. Après cette montée, l’entraîneur et son équipe obtinrent l’un des meilleurs résultats sportifs de l’histoire du club, en étant la révélation de la saison et en terminant à la 7ème place – à un point seulement de participer à la Coupe de l’UEFA. Durant cette saison, l’équipe enchaîna 15 matchs consécutifs sans défaite. Le club demeura 5 saisons en première division mais le travail de Benito Floro fut remarqué et il rejoint dès 1992 le grand Real Madrid.

Le succès et le jeu développé par l’équipe eurent un grand écho et un fort impact médiatique dans l’Espagne des années 1990. Benito Floro promut un jeu offensif tout en reposant sur un bloc solide et solidaire. Il innova également avec le recours à de psychologues pour motiver l’équipe. Cette dernière fut ainsi comparée aux Pays-Bas de Johan Cruyff, connus sous le nom d’Orange mécanique et qui pratiquait le fameux « football total » (en raison de la mécanique lié au football total, de la couleur orange du maillot et de la sortie en 1971 du film de Stanley Kubrick). Albacete hérita alors du surnom de queso mecánico, la région d’Albacete étant productrice du fameux fromage espagnol, le Manchego.

#527 – CD Leganés : los Pepineros

Le terme dérive de pepino qui signifie « concombre » ou « cornichon » . Ce pseudonyme original remonte à l’époque où Leganés était une ville agricole, avec de nombreuses cultures et fermes. Pendant des siècles, les jardins maraîchers de la ville, située à une quinzaine de kilomètre de Madrid, alimentèrent les marchés centraux de Madrid. A cette époque, Leganés comptait environ six mille habitants, la plupart travailleurs agricoles, et le concombre/cornichon était le produit phare de la région. Pourtant, ce n’était pas le légume le plus cultivé. Contrairement aux autres villes de la banlieue madrilène qui avait une spécialité (Pozuelo pour les laitues, Humanes pour les choux-fleurs, Fuenlabrada pour les carottes, Tolède pour les choux rouges), les cultures maraîchères étaient diversifiées et florissantes à Leganés avec des blettes, des épinards, des choux, des poireaux et des laitues. Pourtant, le cornichon fit la réputation de la ville grace à Felipe IV, monarque espagnol du XVIIème siècle. En effet, selon la légende, son médecin parcourait les marchés de Madrid pour trouver des concombres de Leganés car le Roi appréciait ces derniers qui étaient très doux et ne le rendaient pas malade.

Mais, l’expansion de Madrid, dans les années 1960 et 1970, transforma Leganés en une ville dortoir. La population de la ville fut multiplié par 10 en dix ans, comptant aujourd’hui environ cent quatre-vingt-dix mille habitants. Le premier immeuble d’habitation à grande hauteur fut construit en 1961. Cette explosion démographique fut la plus importante de toute l’Espagne au cours des 100 dernières années. Elle devint aussi un centre industriel avec des usines du laboratoire pharmaceutique Roche, de Tapon Corona (production de capsules d’embouteillage), du fabricant d’ascenseur Otis et le constructeur de camion RVI. La tradition agricole n’a donc pas survécu à ce développement. 160 hectares étaient encore consacrés aux concombres en 1987 mais ce chiffre tombait à 60 en 2014. Mais ses habitants maintiennent fièrement le surnom de pepineros, qui est utilisé pour tout ce qui touche à la ville, comme l’équipe de football ou son stade.