#65 – AS Roma : Lupa

La louve. La référence est évidente à la fois car il s’agit du symbole du club qui apparaît sur son écusson et souvent dans ses produits dérivés. Egalement car le mythe de Romulus et Remus est l’identité de la ville éternelle et connu par beaucoup. Ces jumeaux, fils du dieu Mars et de la vestale Rhéa Silvia, sont connus pour être les fondateurs de Rome. Nouveau-nés, ils furent abandonnés à la demande de leur oncle sur le Tibre et recueillis par une louve qui les allaitèrent. Par la suite, les jumeaux se vengèrent de leur oncle, fondèrent Rome mais la volonté de gouverner la ville entraîna le fratricide de Remus par Romulus. Depuis l’Antiquité, l’image des jumeaux allaités par une louve est un symbole de la ville de Rome et depuis de l’AS Roma.

En 1927, l’AS Roma naquit de la fusion de trois clubs de football romain (Fortitudo Pro Roma, Alba Audace et Roman). L’objectif était de créer un grand club portant haut les couleurs de la capitale afin de s’opposer aux clubs du nord du pays. Pour conserver la base de supporteurs des 3 clubs comme élargir l’audience à toute la ville, les fondateurs comprirent que la symbolique allait jouer un rôle crucial. Tout d’abord, le choix simple de retenir le nom de la ville comme nom du club. Puis, le choix des couleurs en se référant aux bannières de l’Empire Romain et du Capitole (cf. #980). Il était donc logique que la louve du Capitole soit adoptée comme symbole du club et complète son identité. Paradoxalement, elle n’apparut sur le maillot du club et son écusson qu’un demi-siècle après la fondation. Au cours des premières années, aucun blason se présentait sur le maillot. Puis, au milieu des années 1930, un premier écusson formé des initiales du nom du club « ASR » au sein d’un cercle s’installa sur la tunique. Puis, il disparut de nouveau pour revenir sporadiquement en 1953 et au début des années 1960. Finalement, en 1978, Dino Viola prit la direction du club et s’intéressa immédiatement à développer les revenus du merchandising. Ainsi, pour se distinguer, la louve s’imposa à cette époque dans le blason comme sur le maillot. Encore que ce n’était pas vraiment une louve et encore moins dans sa position d’allaitement actuelle et classique. En effet, il s’agissait d’une tête de loup, affectueusement appelé Lupetto, créé par le graphiste milanais Piero Gratton (1939-2020). A cette époque, la stylisation des emblèmes du club étaient à la mode parmi les clubs italiens (diavoletto du Milan, le taureau du Torino ou l’aigle de la Lazio). Cette tête demeura jusqu’au milieu des années 1990 avant que la louve capitoline se dévoila sur le maillot à l’été 1997.

Seulement si le terme Lupa signifie louve en italien, en latin il a le même sens que celui de prostituée. Or, une des légendes raconte que les jumeaux furent recueillis par un berger du nom de Faustulus et sa femme, Larentia, prostituée. En jouant sur le double sens du mot, d’autres auteurs auraient détourné la légende pour y intégrer une louve, dont la symbolique est plus puissante que celle d’une prostitué. Officiellement, le surnom de l’AS Roma provient de l’animal. Si vous n’aimez pas le club, vous pouvez en changer le sens.

#60 – SS Lazio : Biancocelesti, Biancazzurri

Les blancs et bleus ciels, couleurs du club de la Lazio. Contrairement à d’autres clubs, la Lazio n’a jamais changé de couleurs depuis sa fondation en 1900. A cette date, Luigi Bigiarelli, un jeune romain, qui revient de la bataille d’Adua (1896), se consacrait aux mouvements sportifs italiens naissant. Abandonnant la vie mondaine, il participait avec son frère aux différentes courses sportives (course d’endurance ou de vitesse, natation, gymnastique, régate) et voulait absolument fonder un club de course à pied car il le considérait comme le véritable sport moderne. Souhaitant participer au Giro di Castel Giubileo (un semi-marathon de l’époque) prévu le 21 avril 1900 auquel seuls les athlètes inscrits dans les clubs officiels pouvaient participer, il décida de fonder son propre club avec son frère et des amis. Ainsi, le 9 janvier 1900, sur la Piazza della Libertà à Rome, ils fondèrent la Società Podistica Lazio. Pour les couleurs, ce sportif émérite choisit de rendre hommage à l’esprit olympique, ressuscité depuis en 1896, et au pays qui l’inventa, la Grèce. Le blanc et bleu ciel fut donc retenu.

Néanmoins, une autre version avance que les premières couleurs du club furent le noir et blanc. A partir de 1904, le club utilisa le blanc et le bleu clair. Les deux couleurs auraient été choisies par le joueur-entraîneur Sante Ancherani car elles lui apparaissaient douces et élégantes. Le président du club, Fortunato Ballerini, adopta définitivement ces couleurs qui permettaient aussi de rendre hommage aux couleurs du drapeau du Royaume de Grèce, berceau des Jeux Olympiques.

#59 – Ascoli Calcio FC : Picchio

Picchio est le nom italien de l’oiseau pic (pivert). Selon la littérature romaine (Strabon, Pline l’ancien), les Sabins, peuple antique, fondèrent la ville d’Ascoli. Peut-être poussé par une famine ou un autre malheur, ce peuple, originaire de l’Osco-Umbri, fit une migration (ver sacrum ou printemps sacré) pour trouver des terres plus accueillantes. Dans cette quête dédiée à un dieu (principalement Mars, Jupiter ou Apollon), le peuple était guidé par un animal sacré (loup, taureau, aigle …). Le nom de cet animal servait à baptiser la nouvelle communauté ainsi formée. Ainsi les Sabins furent guider par un pic, oiseau consacré à Mars et qui représentait le roi Picus. Ce dernier se posa sur leur enseigne quand ils s’établirent pour fonder Asculum (l’ancêtre d’Ascoli). L’oiseau devint leur emblème. Les Sabins s’associèrent à d’autres population sur place pour donner naissance à un nouveau peuple, les Picènes, nom dérivant du pic. Quand à leur ville Asculum, pour la distinguer d’une homonyme, elle fut nommée Asculum Picénum, donnant le nom actuel de la ville, Ascoli Piceno.

#37 – Torino FC : I Granata

Les grenats. Ce surnom fait référence à la couleur des maillots du club. Plusieurs histoires, dont on ne sait pas laquelle est vrai, expliquent ce choix de couleur. Au départ, le club fut issu de la fusion de deux autres, International Torino et FC Torinese, dont les couleurs étaient le jaune et le noir. Sauf que ces couleurs rappelaient celles des armes de la famille des Habsbourg et du Saint-Empire Germanique, ennemie de la famille de Savoie qui règnait sur l’Italie. Le club opta alors pour le grenat.

L’histoire la plus largement acceptée est qu’elle fut adoptée en l’honneur du duc Victor-Amédée II de Savoie, qui, après avoir libéré Turin des Français en 1706, choisit cette couleur en référence au mouchoir ensanglanté du messager tué chargé de délivrer la nouvelle de la victoire. D’autres témoignages, jugés moins fiables, parlent d’un hommage au fondateur suisse du club, Alfredo Dick, fan de l’équipe genevoise du Servette qui évoluait en grenat. La couleur aurait pu aussi être adoptée en référence à celle de l’Internazionale Torino qui la porta à ses début, en l’honneur du club anglais de Sheffield FC, le plus ancien club de football du monde. Il est aussi possible que ce choix du grenat fut le fruit du hasard. En effet, le club aurait initialement choisi des maillots rouges mais, à la suite de lavages répétés, ces derniers seraient devenus grenats.

#36 – Juventus Turin : Zebre

Plus rarement utilisé que d’autres surnoms, cet animal n’en est pas moins un symbole du club. Evidemment, Turin ne constitue pas une zone d’habitation du zèbre et ce surnom doit à la couleur et au motif du pelage de l’animal (des rayures noires et blanches) similaires au maillot du club italien. Ce fameux maillot rayé noir et blanc n’a pas été adopté immédiatement par le club. Les premières couleurs du club fut le rose et noir. Aujourd’hui, la couleur rose est devenu à la mode mais à l’époque, ce choix constituait plus qu’une singularité. En réalité, les contraintes financières s’imposèrent aux fondateurs qui durent choisir le tissu le moins onéreux, le vichy rose. Mais la mauvaise qualité des maillots fit qu’au fil des rencontres, le rose devient blanchâtre. En outre, le rose atteignait la virilité du club et de ses joueurs. En 1903, insatisfaits, les dirigeants décidèrent de changer de couleur.

Là, les versions diffèrent. Une légende raconte qu’ils commandèrent à leur fournisseur anglais des maillots rouges semblables à ceux du club de Nottingham Forets, et par malheur, une erreur fit qu’on leur livra des maillots rayés blancs et noirs, de l’autre club de la ville, Notts County. A la réception de la commande, les turinois ne furent pas ravis mais, comme le premier match de championnat était proche, il était trop tard pour les renvoyer.

L’autre version repose sur John Savage, un négociant en gros de produits textiles à Turin et joueur de football. Après avoir joué pour le Torino, il rejoignit la Juventus en 1901. Originaire de Nottingham, John Savage fournit les nouveaux maillots au club, en prenant ceux de son équipe de cœur, Notts County. Ses nouvelles couleurs furent perçues comme un symbole de « simplicité, d’austérité, d’agressivité et surtout, de pouvoir ».

L’association du Zèbre avec le club apparut en 1928. Le 10 octobre 1928, l’hebdomadaire « Guerin Sportivo » sortit dans les kiosques avec en une, un article se proposant de décrire l’héraldisme des équipes de football italiennes. L’humoriste et illustrateur Carlo « Carlin » Bergoglio avait décidé d’associer aux principales équipes un animal qui devait être leur mascotte. Pour la Juve, le choix fut le Zèbre, pour son pelage donc.

#14 – SSC Naples : Partenopei

Les Parthénopéens, en référence à la sirène de la mythologie grecque Parthénope. Comme beaucoup de ville méditerranéenne, les origines de Naples sont à puiser dans la Grèce antique. Au cours du VIIème siècle avant J.-C., une colonie fut fondée conjointement par des grecs de Cumes et des réfugiées de Samos et prît le nom de Parthénope. La ville fut établie sur la colline Pizzofalcone et connut un développement important. Au point, qu’une nouvelle colonie fut démarrée au VIème siècle un peu plus loin dans la baie. Parthénope fut renommée Paléopolis (Vieille Ville) tandis que la nouvelle colonie devint Néapolis (Nouvelle Ville). Néapolis donna plus tard le nom Naples et les deux colonies, réunies, se fondèrent dans la ville de Naples.

Parthénope, qui signifie jeune fille dans le sens de vierge en grec, est, dans la mythologie grecque une des sirènes qui s’éprît d’Ulysse. Mais, ce dernier et ses compagnons se bouchèrent les oreilles pour échapper aux sirènes. Déçue, humiliée, Parthénope et ses deux sœurs, Leucosie et Ligie se jetèrent à la mer. Parthénope échoua près de Naples.

#13 – Inter Milan : il Biscione

Il Biscione signifie la Vouivre, un animal mythologique prenant la forme d’une vipère/couleuvre, parfois ailée. Il est souvent confondu avec un Dragon. Cet animal est l’emblème du club car celui de la ville de Milan. A Milan, il apparaît généralement en train de manger un homme ou un enfant. Le mot biscione (bisson en patois milanais) est le masculin de biscia, qui signifie couleuvre. L’origine remonte au XIIIème siècle et à la puissante famille Visconti, dont les armes affichent une Vouivre. Dans le « Purgatoire » de la « Divine Comédie », Dante Alighieri présentait la Vouivre comme l’étendard de la famille milanaise Visconti. Plusieurs origines sont évoquées. Une légende veut qu’Ottone Visconti, alors commandant dans la croisade de 1099, adopta ce symbole après l’avoir vu sur l’étendard d’un Sarrasin qu’il avait vaincu lors du siège de Jérusalem. Dans la même veine, Boniface, alors seigneur de Pavie et mari de la fille du Duc de Milan partit en guerre contre les Sarrasins. Son fils se vit avalé par un énorme biscione. A son retour, Boniface retrouva la créature, la tua et lui fit recracher son fils miraculeusement encore vivant. Une autre légende veut qu’un membre de la famille Visconti, Uberto, tua un serpent qui terrorisait les habitants. Au final lorsque la famille prît le pouvoir de la ville en 1277, la Vouivre devint aussi l’emblème de Milan. Aujourd’hui, l’animal mythique s’affiche un peu partout dans la ville (sur les murs du Duomo, à la gare Centrale, à l’église Sant’Ambrogio ou encore celle de Sant’Eustorgio). Certaines entreprises milanaises comme l’automobile Alfa Romeo, ou la holding de la famille Berlusconi, Fininvest, l’adoptèrent également dans leurs logos.

L’association avec le club de l’Inter apparut en 1928. Le 10 octobre 1928, l’hebdomadaire Guerin Sportivo sorta dans les kiosques avec en une, un article se proposant de décrire l’héraldisme des équipes de football italiennes. L’humoriste et illustrateur Carlo ‘Carlin’ Bergoglio avait décidé d’associer aux principales équipes un animal qui devait être leur mascotte. Pour l’Inter, le choix fut fait de la vouivre.

Un excellent article sur les fondamentaux de l’Inter sur le footichiste.

#3 – AC Milan : Rossoneri

Les rouges et noires. Les couleurs du club constituent assez naturellement un des surnoms, particulièrement en Italie. C’est le cas de l’AC Milan, Rossoneri signifiant les rouges et noires. Pourquoi le club évolue-t-il dans ces couleurs ? L’adoption des couleurs rouge et noir fut la volonté d’Herbert Kilpin, fondateur, joueur et premier président du club. Il déclara que « le rouge pour rappeler le diable, le noir pour inspirer la peur » et « le Milan sera comme un incendie sous un ciel orageux ! » .

A la fin des années 1980 et début des années 1990, emmené par une pléiade de stars (en particulier son trio néerlandais Van Basten, Gullit et Rijkaard), Milan apparaissait comme la plus grande équipe d’Europe voire du Monde. Les finales de Coupes d’Europe (finale de C1 en 1989, 1990, 1993, 1994, 1995) s’enchainèrent et quelques trophées supplémentaires vinrent enrichir un peu plus la vitrine déjà bien remplie du club. Une légende raconta à l’époque que Milan abandonnait son éternel maillot rayé noir et rouge lors des finales pour enfiler sa chemise secondaire intégralement blanche par superstition. Il est vrai que la première finale européenne de Milan en 1958 fut perdue face au grand Real en portant son maillot traditionnel. En 1963, face au Benfica qui conserva sa tunique rouge, Milan dut se résoudre à porter son maillot blanc mais avec à la clé sa première victoire dans l’épreuve reine. De cette histoire serait née la fameuse légende. L’histoire se confirma en 1989 et 1990 lors des deux nouvelles victoires en C1 respectivement face au Steaua Bucarest et au Benfica, Milan arborant son kit intégralement blanc. De même en 1994 lors de cette grande victoire face à Barcelone. D’ailleurs en 1993, Marseille remporta le match en finale alors que Milan jouait en noir et rouge. Mais, il faut tordre la réalité des faits pour croire en cette légende. En effet, en 1969, Milan remporta sa 2ème C1 avec son maillot traditionnel tout comme lors de la finale de Coupe des Coupes un an auparavant. Enfin, en 1995, la défaite face à l’Ajax en finale de C1 se fit en maillot blanc.