Les pétroliers. Etonnant d’avoir ce surnom alors que le club fut créé en 1947 par les ouvriers de la centrale électrique. Cette dernière fut le sponsor principal du club ses premières années et le club se dénommait même Elektryczność Płock (Electricité Plock). Toutefois, rapidement (3 ans après la fondation), des fusions furent organisées avec d’autres clubs de la ville et, comme chacun avait son sponsor, il fut décidé d’opter pour un nom neutre, Wisła, qui est le nom polonais du fleuve Vistule qui arrose la ville de Płock. En 1959, les autorités polonaises décidèrent de construire à Płock, une ville pauvre d’à peine 42 000 habitants, une raffinerie. La position centrale de la ville dans le pays ainsi que la présence de la Vistule qui permettait d’assurer la logistique furent des avantages pour remporter cette usine. En outre, la Vistule offrait un débouché pour les eaux usées et la situation venteuse devait éviter à la population d’être asphyxiée par les émanations. Cette implantation transforma la ville qui doubla sa population en dix ans et devint le centre névralgique de la Pologne pour les activités pétrolières et dérivés (pétrochimie). Aujourd’hui, la raffinerie fait partie du groupe PKN Orlen, dont le siège est à Płock, principale société pétrolière d’Europe Centrale et plus grande entreprise d’Europe centrale et orientale. Avec une telle puissance, la raffinerie, dénommée alors Mazowieckie Zakłady Rafineryjne i Petrochemiczne, prit sous son patronage le club de football qui vivotait dans les championnats amateurs. Jusqu’en 2010, les successeurs de Mazowieckie Zakłady Rafineryjne i Petrochemiczne poursuivirent le sponsoring du Wisła (parfois en intégrant le nom du club), sans pour autant rencontrer de grands succès.
Catégorie : Pologne
#367 – Widzew Łódź : Czerwona Armia
L’armée rouge. Le club polonais joue en rouge depuis sa fondation. Le 24 janvier 1922, le Parti Socialiste Polonais fonda un nouveau club à Łódź, le Robotnicze Towarzystwo Sportowe Widzew Łódź (l’Association Sportive des Travailleurs Widzew Łódź), sur les ruines d’un club ouvriers créé en 1910, par des employés de l’usine textile Heinzel and Kunitzer Cotton Products, dans le quartier populaire de Widzew. La ville de Łódź était un grand centre de production textile entre le XIXème siècle et les années 1990, ce qui conduisit la population à passer de 13 000 habitants en 1840 à plus de 500 000 en 1913. Juste avant la Première Guerre mondiale, Łódź était devenue l’une des villes industrielles les plus densément peuplées au monde (avec 13 280 habitants par km). Les idées socialistes se diffusèrent donc rapidement et avec enthousiasme au sein de la classe ouvrière de la ville et le Parti Socialiste y développa un bassin d’adhérents importants. Avec ce club, il souhaitait « propager la culture physique et l’exercice corporel parmi les masses ouvrières ». Comme une émanation du Parti Socialiste, la couleur rouge s’imposa donc naturellement. D’autant plus que le précédent club ouvriers, qui s’arrêta avec la Première Guerre Mondiale, évoluait également en rouge. En 1913, le terme czerwoni (rouge) était déjà utilisé par la presse pour évoquer l’équipe de football de Widzew. En 1914, la presse locale qualifiait aussi les spectateurs du Widzew, les czerwonymi (les rouges), et parfois également les biało-czerwonymi (les blancs et rouges). Aujourd’hui, les termes de czerwona armia (l’armée rouge), czerwoni (les rouges) et czerwono-biało-czerwoni (les rouges-blancs-rouges) sont généralement utilisés come synonyme du Widzew Łódź.
#286 – Zagłębie Lubin : Miedziowi
Le cuivre. Les joueurs évoluent dans un maillot orangé qui peut évoquer la couleur du cuivre. Ce surnom comme ce maillot orange sont liés à l’une des principales activités économiques de la ville de Lubin : l’extraction minière de Cuivre. En 1957, la découverte de gisement de cuivre en Basse-Silésie conduisit à ouvrir deux mines importantes : une à Polkowice et une autre à Lubin. Lubin représente l’une des plus grandes réserves de cuivre et d’argent de Pologne avec des réserves estimées à 347 millions de tonnes de minerai en 2010. En 2018, la production annuelle était d’environ 7 millions de tonnes de minerai polymétallique (cuivre, argent, nickel, cobalt, molybdène) pour une surface minière de 158 km². Cette activité donna naissance en 1961 à la société dénommée KGHM, active encore aujourd’hui en Pologne mais également au Chili et en Amérique du Nord. Fondé en 1945, le club gagna avec l’arrivée de KGHM un nouveau riche sponsor qui aida au développement. Le club changea alors de nom d’abord pour Gornik (Mineur) puis Zagłębie (bassin minier). KGHM continue encore à être le principal sponsor du club.
#272 – Śląsk Wrocław : Wojskowi
Les militaires. En 1946, l’École des officiers supérieurs du génie militaire déménagea de Przemyśl à Wrocław. Le 18 mars 1946, l’académie créa son club sportif, dénommé Pionier Wrocław (Pionnier, terme similaire à celui de sapeur). En 1947, l’École d’officier d’infanterie n°1 fut transférée de Cracovie à Wrocław et arriva avec son club de sports dénommé Podchorążak. Les deux associations fusionnèrent pour donner naissance au Śląsk Wrocław. Dans un premier temps, le club s’appela Legia Wrocław, Legia étant des troupes militaires polonaises de la première guerre mondiale (cf article #195). Puis jusqu’en 1997, le club se dénomma Wojskowy Klub Sportowy (Club Sportif Militaire). Après l’effondrement du régime communiste en 1989, le club devint un fardeau pour le Ministère des Armées. Puis, en 1997, le club se détacha définitivement de son passé militaire en supprimant la référence dans son nom et en quittant le département militaire.
#195 – Legia Varsovie : Legioniści
Les légionnaires. Sous l’ère communiste, les clubs sportifs de l’Est étaient souvent associés, sous le patronage voire des émanations des grands corps de l’administration (Armée, Police …) ou des syndicats d’ouvriers (ferroviaire, mineur …). Ce surnom fait donc référence au fait que le club était associé à l’armée polonaise. Mais surtout, cette association remontait avant la période communiste et puise ses origines dans la Première Guerre mondiale.
Au XIXème siècle et au début du XXème, la Pologne se trouvait diviser entre 3 nations : la Russie, la Prusse (puis Allemagne) et l’Empire Austro-Hongrois. Quand le conflit éclata en 1914, les habitants d’origine polonaises se retrouvèrent dans ces armées qui étaient opposées. D’un côté, l’Allemagne et l’Empire Austro-Hongrois. De l’autre, la triple alliance de la France, l’Angleterre et la Russie. Pour gagner leur indépendance, des polonais se réunirent en unités militaires, dénommés Légion, et se joignirent aux forces Austro-Hongroises contre les Russes. En 1915, pour occuper les hommes au front pendant les périodes de calme, des clubs de football se créèrent au sein des brigades polonaises et s’affrontaient. Le Legia fut l’un d’eux et donc fondé en 1916 au sein de la 3ème brigade des légions qui intégraient un grand nombre d’ancien footballeurs sous le nom de Drużyna Sportowa Legia (l’équipe sportive de la Légion).
Après la guerre, le club fut réanimé par les officiers du Château Royal, avec un statut plus ou moins militaire au fil des années. Le nom Légia (Légion) demeura. Avec l’avènement du communisme après la Seconde Guerre mondiale, le club fut rattaché officiellement à l’Armée Populaire Polonaise jusqu’en dans les années 90, où le club sera racheté par des investisseurs privés.
#171 – ŁKS Łódź : Rycerze Wiosny
Les chevaliers du printemps. Le 7 avril 1957, le ŁKS Łódź rencontra, dans le cadre du championnat de Pologne, le club du Górnik Zabrze, qui était en chemin pour remporter son premier titre, et livra un match épique. Au bout de 30 minutes de jeu, mené 1-0, le ŁKS Łódź perdit son joueur Stanisław Wlazły sur blessure. A 10 contre 11, les joueurs pouvaient être abattus. Au lieu de cela, 4 tirs bien dirigés de Stanisław Baran et un de Władysław Soporek permirent au club de renverser la vapeur et remportait le match 5-1. Le lendemain, le journaliste Jerzy Zmarzlik faisait titrer « Messieurs, chapeau ! Vous êtes les chevaliers du printemps. » dans le journal « Revue Sport ». Cette année-là, si le Górnik Zabrze fut tout de même sacré champion, le ŁKS Łódź remporta sa première coupe de Pologne. L’année d’après, le club gagne son premier titre de champion de Pologne.
#152 – Górnik Zabrze : Górnicy
Le surnom provient du nom du club puisque Górnik signifie Mineur et Górnicy est son pluriel. Après la Seconde Guerre mondiale, les installations étaient dévastées et les associations sportives disparues. Les polonais n’avaient donc plus de quoi se dépenser physiquement, ni se divertir. Certains se regroupèrent afin de recréer des structures à partir des ruines des anciennes et, dans cette Pologne communiste, ces nouvelles associations étaient nécessairement encadrées soit par les administrations régaliennes (Police, Armée), soit par les entreprises ou syndicat d’Etat (Chemin de fer). Zabrze se situe en Haute-Silesie, entre Katowice et Gliwice. Cette région concentrait alors une forte activité économique, avec de riches exploitation agricoles, d’abondants ressources minières (principalement le charbon) et une très grande concentration industrielle (sidérurgie, automobile). Au milieu des années 70, ce bassin houiller renfermait plus de 50 milliards de tonnes de charbons, fournissant alors plus de 140 Mt par an. La région était une agglomération à base minière comparable à celles de l’Europe occidentale, notamment la Ruhr, et de loin le premier bassin des pays de l’Europe socialiste (hors URSS). Sur 2 millions d’habitants, 10% était mineur. De nos jours, même si son âge d’or est derrière, la Haute-Silésie reste le premier centre d’extraction de charbon de l’Union Européenne. En 2014, 29 mines de charbon, dont la plupart de taille importante, sont encore en activité dans la région et emploient environ 65 000 mineurs. Le club du Górnik Zabrze vit donc le jour en 1948 sous le patronage des organisations syndicales de l’industrie minière et prit le nom de Górnik.
#93 – Lech Poznań : Kolejorz
Kolejorz signifie les cheminots en argot local. Le club fut créé en 1922 (bien qu’il y ait des thèses qui fait remonter les origines du club en 1920). Au bout de 8 années d’existence, le 1er mai 1930, la section militaire des Chemins de Fer Polonais devint le principal sponsor du club. Ce dernier changea donc logiquement de nom en devenant Sportowy Kolejowego Przysposobienia Wojskowego Poznań Dworzec (Club sportif du chemin de fer d’entraînement militaire Poznań Dworzec). Puis, après la guerre et l’avènement du communisme, le club resta attaché au Polskie Koleje Państwowe, la société ferroviaire polonaise, via le syndicat des cheminots (Związek Zawodowy Kolejarzy). En 1957, le nom du club fit apparaître pour la première fois le terme de Lech en lieu et place des références ferroviaires. Selon une légende de la mythologie slave, 3 chefs slaves, frères, dénommés Lech, Čech et Rus furent à l’origine de 3 nations et peuples, respectivement la Pologne, la Bohême (en gros la Tchéquie) et la Rithénie (Russie, Biélorussie et Ukraine). Toutefois, le club demeurait toujours dans le giron du monde ferroviaire polonais. Finalement, avec la chute du communisme à la fin des années 80, PKP n’avait plus les moyens d’entretenir le club et s’en désengagea en 1993. Malgré tout, le club est connu par tous les polonais comme le club des cheminots. Résultat, en 2006, le club se renomma Kolejowy Klub Sportowy Lech Poznań pour rappeler son passé ferroviaire.
#16 – Wisła Cracovie : Biała Gwiazda
Biała Gwiazda signifie l’Etoile blanche. Elle figure en bonne place sur le blason du club, en plein centre. Dans les premières années d’existence, après la fusion avec d’autres clubs, le Wisła Cracovie commanda de nouveaux maillots à un fabriquant berlinois. Ce maillot arborait sur la poitrine deux étoiles bleus. Mais, au fil des utilisations, une seule étoile persista et sa couleur virait au blanc. Depuis, le club est surnommé l’Etoile Blanche. Jusqu’à la fin des années 1990, le maillot affichait cette étoile blanche. La direction du club décida alors de la remplacer par l’écusson, qui comportait une étoile blanche, mais plus petite. Cette décision ne plut pas aux supporteurs. Lors du centenaire du club, l’étoile blanche réapparut sur le maillot et ne le quitta quasiment plus depuis.
