#1406 – Göztepe SK : Göz Göz

Le football turque ne se résume évidemment pas aux bouillonnants clubs stambouliotes et ses 3 géans (). Partons plutôt sur la côte égéenne, dans la magnifique ville d’Izmir, pour plonger dans l’antre de l’un des clubs les plus passionnés et volcaniques du pays : le Göztepe Spor Kulübü. Si vous vous rendez dans le stade Gürsel Aksel, vous entendrez ses fervents supporters (le célèbre groupe Yalı) entonnés ce cri de ralliement qui résonne comme un tambour de guerre : « Göz ! Göz ! Göztepe ! ».

Bien entendu que le surnom fait référence au nom du club. Göztepe est tout simplement le nom du quartier d’Izmir où le club fut fondé en 1925. En turc, göz signifie littéralement « Œil«  et tepe se traduit par « Colline » ou « Sommet ». Göztepe signifie donc « La colline de l’œil » car ce quartier surélevé offre une vue panoramique imprenable sur le golfe d’Izmir. Sous l’Empire ottoman, la colline accueillait d’ailleurs un poste de guet où des sentinelles scrutaient l’horizon maritime pour protéger la ville. Les habitants de Göztepe aime aussi rappeler que la colline de Susuzde, point névralgique et culminant du quartier de Göztepe possèderait naturellement la forme d’un œil géant lorsqu’on l’observe depuis le ciel (ou sur une carte).

Mais pourquoi le répéter deux fois pour en faire un surnom ? Comme tout connaisseur de sport que vous êtes, vous savez que l’ambiance dans les stades turcs est plus que chaude et repose énormément sur des chants scandés de manière très percussive, presque militaire, par les supporteurs. Répéter la première syllabe d’un nom est une technique classique pour créer un cri de ralliement intimidant, facile à hurler à pleins poumons par des dizaines de milliers de personnes. Le « Göz Göz » est donc né dans les tribunes et apparaît comme une abréviation affectueuse et rythmique pour donner un impact maximal aux chants des supporteurs. En outre, l’histoire de ce surnom se lit en miroir de celui de son immense rival local le club de Karşıyaka (situé de l’autre côté de la baie d’Izmir). Leur opposition est féroce et fameuse (leur derby avait donné lieu à un record d’affluence pour un match de deuxième division, avec plus de 80 000 spectateurs en 1981). Les supporters de Karşıyaka ont eux aussi adopté un surnom basé sur la répétition, Kaf Sin Kaf ou Kaf Kaf (cf. #1095).

#405 – Göztepe SK : Tam 35

Exactement 35. Exactement 35 quoi ? 35 titres. Non. Même si le club fut la première équipe turc à atteindre la demi-finale d’une Coupe d’Europe en 1969, son palmarès stagne avec seulement 2 titres significatifs (2 Coupe de Turquie). 35 ans d’existence ? Non encore. Fondé en 1925, le club n’est pas le plus vieux de la ville d’Izmir où il réside mais il approche petit à petit de son centenaire. Ce surnom fait référence au numéro attribué à Izmir pour les plaques d’immatriculation, le 35. En 1962, de nouvelles plaques furent établies, composées de 2 chiffres, 2 lettres et enfin 2 à 4 chiffres. Les deux premiers chiffres se rattachaient à la province où le véhicule avait été immatriculé. Ainsi, un numéro fut attribué à chacune des 81 provinces. Izmir hérita du 35. Néanmoins, les habitants du quartier de Karşıyak prétendaient que leur quartier était une ville voire un district. Il s’attribuèrent alors un numéro fictif, le 35 et demi, pour leur plaque d’immatriculation. Or, ce quartier est représenté par le club de football de Karşıyaka SK, le rival de Göztepe. Pour agacer leurs supporteurs, ceux de Göztepe revendiquèrent leur appartenance à la ville voire même la confusion totale de leur club avec la ville. Ils étaient donc exactement le 35.