#340 – CA Newell’s Old Boys : Rojinegros

Les rouges et noires. Le club qui rapatria Diego Maradona après ces derniers déboires européens et qui lui permit de participer à la Coupe du Monde 1994. Des anciens étudiants du Colegio Comercial Anglicano Argentino qui souhaitaient poursuivre le football qu’ils apprirent au collège fondèrent le club en 1903. Le directeur de l’école, l’immigrant anglais, Isaac Newell, avaient importé le football à Rosario. En son honneur, le club prit son nom. Les couleurs du club furent également influencées par la famille Newell, dont le fils, Claudio Lorenzo Newell, faisait parti des membres fondateurs. Le rouge représentait la couleur du drapeau anglais, patrie de Isaac Newell, tandis que le noir, la couleur du drapeau allemand, les parents de sa femme, Katherine Gertrude Dodd, étant allemand.

#328 – Hertha Berlin SC : die Alte Dame

La vieille dame. Fondé le 25 juillet 1892, le club berlinois ne revendique pas le titre de doyen du football allemand avec ce surnom. Ce dernier titre est en réalité endossé par un autre club de la capital, le BFC Germania, fondé en 1888 (bien que cela soit contesté par le Hambourg SV qui est né officiellement en 1887). Le surnom est en fait lié au nom du club, Hertha, prénom féminin. En 1892, les nouveaux clubs de football allemand avaient généralement des noms plus nationalistes comme « Borussia », « Alemannia » ou « Germania » . Mais, pourquoi prendre un prénom féminin comme nom ? Les membres fondateurs, les frères Lindner (Fritz et Max) ainsi que les frères Lorenz (Otto et Willi) s’étaient réunis pour créer une association de football. Au moment de choisir le nom, Fritz raconta son voyage en bateau à vapeur sur l’Oberspree qu’il venait d’effectuer avec son père. Ce bateau à vapeur avaient deux cheminées, peintes en bleu et blanc (futurs couleurs du club), et se nommait « Hertha » . Son armateur l’avait ainsi dénommé en 1886 en hommage à sa fille, Hertha Zwerner. A partir de 1880, ce prénom figurait dans la liste des dix prénoms de filles les plus courants et ce jusqu’en 1920. Mais, après, il devint un prénom désuet et donc porté par des vieilles dames. Le bateau à vapeur a quant à lui continué à naviguer jusqu’en 2010.

#311 – FC Schalke 04 : Schalker Kreisel

La toupie de Schalke. En 1920, deux frères allemands Fred et Hans Ballmann furent expulsés d’Angleterre vers l’Allemagne et atterrirent à Schalke, après avoir rencontré un des membres du club lors de leur internement pendant la Première Guerre Mondiale. N’ayant quasiment vécu qu’en Angleterre (même si la famille était originaire de Dortmund, la ville rivale), tous deux ne parlaient pratiquement pas l’allemand. En revanche, ils apprirent à jouer au football dans la patrie de ce sport. Ils importèrent ainsi dans l’équipe de Schalke le style de jeu inventé par les écossais, fait de passes courtes et de mouvements des joueurs, inconnu alors en Allemagne. Les joueurs couraient ainsi librement créant des espaces et des opportunités, et se passaient rapidement la balle de manière transversale ou latérale. Les mouvements des joueurs et de la balle qui tournaient donnait l’impression d’une toupie. Le maître à jouer de Schalke, Hans Bornemann, résuma plus tard le principe du jeu: « Nicht der, der im Ballbesitz ist, bestimmt das Spiel, sondern die, die sich freilaufen, zwingen zum Abspiel » (Ce n’est pas celui qui a le ballon qui détermine le jeu, mais ceux qui courent librement qui font le jeu). Le Schalker Kreisel était né. Encore fallait-il des joueurs capables de le développer. Ce fut le cas avec Fritz Szepan et Ernst Kuzorra. Nés tous les deux à Schalke et plus tard beaux-frères, ils sublimèrent le Schalker Kreisel. Face à ce style de jeu, les équipes allemandes utilisaient la tactique du Scottish Furche (le sillon écossais) qui consistaient en une organisation pyramidale : 2 défenseurs, 3 milieux amenant la balle de l’arrière vers l’avant et une attaque de 5 joueurs à plat. Ces deux styles s’opposèrent mais le Schalker Kreisel donna le tournis aux équipes adverses, transformant Schalke d’une association locale en une machine de guerre. A partir de 1926, Schalke se qualifia constamment au championnat ouest-allemand et conquit ses premiers titres nationaux, champion ouest-allemand en 1929, 1930, 1932 et 1933.

#296 – 1. FSV Mayence 05 : der Karnevalsverein

Le club du carnaval. Dans le Nord de l’Europe (Belgique, Allemagne, Nord de la France), la tradition des carnaval est profondément ancrée et donne lieu à des fêtes populaires et incroyables encore aujourd’hui. La ville de Mayence accueille un important carnaval qui en fait la réputation dans toute l’Europe. Si la tradition remonte au XVème siècle, la version actuelle a été relancée en 1837-1838, grâce aux échanges économiques avec Cologne, qui avait déjà réformé son carnaval en 1823. Nikolaus Krieger, un artisan de Mayence, constitua pour la première fois en 1837 le premier défilé du carnaval de Mayence, dénommé le Krähwinkler Landsturm. Encouragé par ce succès, plusieurs habitants supportés par Johann Maria Kertell, un grossiste mayençais membre du conseil municipal et du parlement, fondèrent l’association pour le carnaval et organisèrent un cortège masqué le lundi du Carnaval (26 février 1838). 

Chaque année, le 11 novembre à 11 heures 11, le carnaval débute avec la lecture des 11 lois par le Maire de la ville depuis le grand balcon du Palais Ostein. Mais le carnaval débute vraiment qu’au Nouvel An et dure ensuite jusqu’au début du carême (soit près de 3 mois). Il se tient principalement les week-ends et l’apogée a lieu pendant les 4 jours gras précédant le mercredi des Cendres. Le plus important défilé est celui du Lundi des Roses ou Rosenmontag, qui rassemble près de 500 000 personnes dans les rues. Il demeure l’un des 3 principaux en Allemagne et le cortège réunit 8 800 personnes et 139 chariots (d’une longueur d’environ 8,5 kilomètres). D’autres défilés se déroulent en plus du Rosenmontag dans les quartiers de la ville. Tout commence le 1er janvier avec le défilé du nouvel an de la Garde dans la vieille ville de Mayence. Le samedi précédent le Lundi des Roses, le deuxième plus grand défilé du carnaval, le défilé des jeunes masqués, se tint. Le dimanche, le « défilé de la joie de vivre de Finther » et celui de Bretzenheim réunissent près de 50 000 spectateurs. Enfin, la saison des défilés se clôturent à Mardi Gras avec le Kappenfahrt de la vieille ville de Mayence.

La couverture médiatique du carnaval est importante. Dès 1854, des journaux d’autres villes allemandes (tel que Leipzig) faisait un reportage sur le carnaval. En 1910, le premier film du défilé fut réalisé. La première retransmission en direct à la radio eut lieu dans les années 1920. Depuis 1954, le carnaval est retransmis à la télévision et rassemblait plus de 3 millions de téléspectateurs dans les années 2000.

#277 – Bayer Leverkusen : Pillendreher

Pilulier. Le club est également connu sous Pillenklub, le club des pilules. Et ces pilules ne cherchent pas à cacher (désolé pour le jeu de mot) le lien du club avec le groupe chimique Bayer. En février 1903, Wilhelm Hauschild adressa une lettre signée par 170 collaborateurs du groupe Bayer à la direction de l’entreprise, leur demandant de fonder son propre club sportif. Il fallut attendre le 1er juillet 1904 pour que le Turn- und Spielverein 1904 der Farbenfabrik vormals Friedrich Bayer Co. Leverkusen soit fondé. Enfin, le 31 mai 1907, le club se dota d’une section football qui deviendra plus tard le Bayer Leverkusen 04.

Aujourd’hui encore, le club appartient à 100% à l’entreprise Bayer AG et jusque dans les années 1970, la majorité des joueurs étaient encore employés dans l’usine. Et comme le note, Rüdiger Vollborn, l’ancien gardien ayant évolué de 1983 à 1999 au Bayer, « l’association et l’usine ne font qu’un tout comme la ville et l’usine ne font qu’un ». Car Bayer s’installa dans un village en 1895 qui, accompagnant le développement du siège et de l’usine de Bayer, devint la ville de Leverkusen en 1930. Débutant dans les colorants et la peinture, l’entreprise connut une croissance dans les produits pharmaceutique, notamment en déposant le brevet et la marque Aspirin, en 1899. Aujourd’hui, les activités de Bayer s’articulent autour des divisions Pharmaceuticals (médicaments de prescription), Consumer Health (médicaments en vente libre), Crop Science (produits phytosanitaires), et Animal Health (produits vétérinaires).

A l’image d’autres entreprises (Fiat avec la Juventus, Philips avec le PSV), le rôle paternaliste était assumé et Bayer voyait donc en la création d’un club sportif une façon de renforcer le lien entre les collaborateurs et la société, d’assurer une mission sociale et culturelle. Ainsi, l’entreprise Bayer est encore identifiée comme Mutter Bayer (la mère Bayer) par les habitants de Leverkusen et les supporteurs du club. Dans les années 80, Vollborn estime que 7 spectateurs sur 10 étaient des employés de Bayer. Aujourd’hui, le taux est certes un peu plus bas, mais seulement un peu.

#267 – FC Sankt Pauli : Freibeuter der Liga

Les pirates de la ligue. Le club allemand est basé dans le quartier éponyme, situé à Hambourg. Ville hanséatique et riche, Hambourg fut exposé à la piraterie et en particulier au pirate allemande Klaus Störtebeker. Ce dernier sévit sur la mer Baltique et sur la mer du Nord au XVème siècle. Hambourg lança une expédition menée par Simon d’Utrecht qui captura Störtebeker et le fit exécuter en 1401.

La drapeau pirate resurgit bien plus tard dans le quartier de Sankt Pauli et particulièrement dans la rue Hafenstraße, où à partir du début des années 1980, un vent de liberté naquit et où des squats apparurent. Ces derniers sont devenus un lieu de folklore et ont été même légalisés. Mais, l’initiative la plus probable qui fit adopter le drapeau pirate par les supporteurs du club revint à Doc Mabuse, chanteur d’un groupe punk hambourgeois. Selon la légende, il subtilisa le drapeau à un manège situé au Dom, la foire de Hambourg, avant de se rendre au stade du club, le Millerntor-Stadion. Depuis, les supporteurs ont adoptés cet emblème et le club habille ces poteaux de corner avec cet étendard.

#246 – Hambourg SV : Rothosen

Les pantalons rouges. La particularité du club est de porter des maillots blancs avec des shorts rouges (d’où le surnom) alors que les couleurs de son écusson sont le bleu, le noir et le blanc. Cette multitude de couleurs résulte de la naissance du club. Le HSV naquit le 1er Juillet 1919 de la fusion de 3 clubs plus anciens : SC Germania 1887, Hamburger FC 1888 et FC Falke 1906. Comme dans beaucoup de fusion, le choix des symboles (couleurs, blason …) du nouveau club était un élément important pour la suite de l’aventure. Les symboles d’un club prendraient-ils le pas sur les autres ? Fusionner les symboles des 3 clubs ? Ou alors faire table rase du passer et doter le nouveau club de symboles neufs ?

Le choix des membres fondateurs fut un entre-deux. D’une part, ils décidèrent de donner au blason du club les couleurs des 3 anciens clubs (SC Germania 1887 (bleu et noir), Hamburger FC 1888 (bleu foncé et blanc) et FC Falke 1906 (bleu et blanc)). D’autre part, pour les combinaisons portées par les joueurs, ils décidèrent de rendre hommage à leur ville, Hambourg, et optèrent pour les couleurs de la ville, le rouge (pour le short) et le blanc (pour le maillot). Ces deux couleurs municipales reprenaient celles de la Ligue Hanséatique. Cette association réunissait des villes de commerce souvent portuaires (mer et fleuve), principalement situées au nord de l’Europe (et particulièrement en Allemagne). Ces cités se caractérisaient donc par leur forte activité marchande ainsi que leurs flottes de navires qui permettaient les échanges. Ces derniers arboraient des fanions qui étaient souvent rouge et blanc, certainement car ces couleurs se distinguaient bien en Mer.

#230 – VfB Stuttgart : die Schwaben

Les souabes. La ville de Stuttgart, qui compte plus de 600.000 habitants (tandis que la région métropolitaine de Stuttgart compte près de 6 millions de personnes), fait partie de la région de la Souabe. Il s’agit d’une région historique de l’Allemagne, comprise entre le Rhin qui la sépare à l’Ouest de l’Alsace, le lac de Constance au Sud qui fait office de frontière avec la Suisse, le Lech qui marque son territoire avec la Bavière à l’Est, et au Nord par la Franconie. Historiquement, elle constituait un des grands duchés du Saint-Empire romain germanique qui donna son nom au pays (puisqu’elle était aussi dénommé l’Alémanie). Son nom provient du peuple germain des Suèves et regroupe plus que l’aire géographique puisqu’il désigne également les habitants comme son dialecte. Même si la région s’est éclaté entre différents pays au fil des siècles et qu’elle ne constitue pas un Land, sa culture demeure forte. Fière de cette identité, Stuttgart se revendique comme Schwabenmetropole (métropole souabe).

#207 – BV 09 Borussia Dortmund : Schwarz-Gelben

Les noir et jaune. De la création du club en 1909 jusqu’en 1913, le Borussia ne portait pas les couleurs noirs et jaunes qui nous apparaissent traditionnelles aujourd’hui. Le club débuta son existence avec une tenue multicolore : maillot rayé bleu et blanc, ceinture rouge et pantalon noir. Il semble que les tenues étaient un héritage de la congrégation religieuse que fréquentait les membres avant la fondation du club. Une histoire raconte que cette étroite bande de tissu rouge, populaire auprès de diverses équipes sportives de l’époque, aurait pu être portée comme un symbole à la fois de solidarité avec le mouvement ouvrier et de résistance à l’Église. Il ne faut pas oublier que le club se créa suite à une opposition farouche avec l’aumônier de la congrégation (cf. #84).

Selon le récit de Maria Risse, épouse du co-fondateur Willi Jacobi, le kit original posa beaucoup de problèmes. Chaque fois qu’elle essayait de nettoyer les tenues, les couleurs bleu et blanc disparaissaient au lavage. De plus, les ceintures lâchement suspendues provoquaient souvent des bagarres pendant les matchs car elles s’emmêlaient ou volaient au-dessus de la tête des joueurs pendant qu’ils couraient. D’où il semblait inévitable de changer complètement de kit.

Le jour de la Saint-Valentin, le 14 février 1913, les membres de la direction du club optèrent pour un nouveau maillot. Ce dernier était jaune citron et arborant un « B » noir sur le côté gauche de la poitrine. Les raisons de ce choix de teintes sont inconnus. Mais une option possible pourrait être les couleurs des armes de la ville de Dortmund. Ces armes représentent un aigle impérial noir. Le champs (fond) des armes était habituellement représenté en argent (le blanc en héraldique). Toutefois, au début du XXème siècle, la couleur azur (bleu) était également utilisé avec un aigle noir ou blanc. Ceci pourrait expliquer les couleurs de la première tenue du club. En outre, dans un manuscrit du XVIIème siècle, le champ apparaît or, tout comme dans le blason officiel et actuel (mais qui passa de l’argent à or en 1946). Même si ce n’est pas la couleur traditionnelle, elle pouvait être connue des membres du club. Une autre option serait que le jaune rappelait la couleur des blouses de ses ouvriers-supporteurs tandis que le noir faisait référence à ses supporteurs-mineurs.

#198 – SV Werder Brême : die Werderaner

Le surnom est dérivé du nom du club, Werder, qui est un mot spécifique au région du Nord-Est de l’Allemagne pour désigner les îles fluviales (ou d’un lac). Le 4 février 1899, des écoliers de 16 ans issus de la classe moyenne fondèrent le club. Ils avaient remporté quelque temps avant un ballon de football dans une compétition de tir à la corde. Le club va évoluer dans les quartiers du sud de la ville (Huckelriede puis Peterswerder) qui se situent au bord de la Weser (la Visurge en français). Au XIXème siècle, plusieurs îles se situèrent sur la Weser mais après la forte crue de 1881, une nouvelle digue plus solide et plus droite fut construite en amont de la vieille ville de Brême, conduisant à assécher certaines terres qui vont unir les îles fluviales aux terres. Ainsi, le quartier de Peterswerder s’étendit et sur ces nouvelles terres, un complexe sportif fut construit en 1909, dont le terrain du Weserstadion où joue encore le Werder Brême.