#543 – UR La Louvière Centre : les Loups

L’animal apparaît sur le blason du club et provient directement des armes de la ville, et surtout du nom de la ville. Les armoiries de la ville, qui furent autorisées par un arrêté royal datant du 5 mars 1954, reprend le blason de la célèbre abbaye d’Aulne, sur lequel a été rajouté une louve. Justement l’abbaye d’Aulne possédait des terres importantes qui correspondaient au territoire actuel de la ville et qui était dénommées, dans les chartes du XIIème siècle, en roman, menaulu ou meneilut (ce qui signifie le repère du loup). Ceci paraît logique car ce territoire était constituée de bois, où des loups devaient vivre. Le nom se transforma en latin en luperia en 1157 puis lovaria en 1168, gardant toujours le lien avec le loup. Puis, en 1217, le nom fut retraduit en lovière, puis le lovière en 1284. Enfin, le nom définitif de La Louvière apparût, pour nommer une ferme (La Grande Louvière, dont la Chapelle est encore visible).

Au centre de la ville, sur la place de la louve, se dresse depuis 1953 une statue, réalisée par l’artiste Alphonse Darville, d’une louve, ressemblant à la louve capitoline, avec ses mamelles. Elle rappelle la légende des loups. Selon cette histoire, une louve aurait allaité un enfant dans la région.

#539 – FC Libourne : les Pingouins

Un beau pingouin s’affiche sur l’écusson du club mais son apparition comme emblème demeure une inconnue. Heureusement les versions ne manquent pas. D’ailleurs, ce pingouin serait en réalité un manchot, ce qui expliquerait la première version. Dans le pays du rugby, une querelle de bars ou de clochers devaient certainement s’inviter dans ces légendes. Les rugbymen, qui utilisaient leurs mains pour tater le ballon, surnommaient les footballeurs les manchots car ces derniers ne se servaient que de leurs pieds. Les footballeurs auraient alors eu suffisamment d’auto-dérision pour prendre l’animal comme symbole. Cette version ne plait pas à tout le monde et d’autres préfèrent avancer une filiation avec le Racing Club de France. En 1936, peu de temps après sa création, les membres fondateurs voulaient placer le club sous d’heureux auspices. A cette époque, le Racing Club de France était un club dominant du football français et qui venait de réussir l’exploit de faire le doublé Coupe-Championnat. Résultat, les dirigeants sollicitèrent le parrainage du club francilien et l’obtinrent. L’emblème du Racing était un pingouin que le club girondin reprit donc à son compte. Comme « jamais 2 sans 3 », une troisième version fit son apparition. Au tout début, le club évoluait sur un terrain qui était un vrai champ de patates. Lors d’un jour d’hiver, en découvrant le terrain gelé, les adversaires auraient dit « Mais sur cette banquise, on va jouer contre des pingouins ! ». L’animal serait resté.

#538 – FC Winterthour : die Löwen

Les lions. Le club suisse possède un écusson avec deux lions rouges, qui est une copie quasi-exacte des armoires de la ville de Winterthour. Ces armes remontent au XIIIème siècle et proviennent d’une importante famille noble régnant sur la région à cette époque, la Maison de Kybourg. Au Xème siècle, les Udalrichingers, dont les représentants étaient également connus sous le nom de comtes de Winterthour, dominaient la ville. Au XIème siècle, la cité fut apportée en dot lors du mariage de Hartmann I von Dillingen et Adelheid, la fille du dernier seigneur de la ville, Adalbert II von Winterthur, qui créa une nouvelle branche à la Maison de Dillingen, les Kybourg. Winterthour devint alors la capitale du nouveau Comté de Kybourg et les Kybourg sont considérés comme les fondateurs de la cité.

La Maison de Kybourg avaient des armoiries composés de deux lions et d’une barre en diagonale les séparant. Ce sont ces armes qui furent reprises par Winterthour dès 1252, peu de temps avant l’extinction de la Maison de Kybourg. La présence des lions sur les armes des Kybourg s’explique probablement par l’union des deux familles, celle des seigneurs de Winterthour (Adelheid, la fille d’Adalbert) et de celle de Dillingen (Hartmann I von Dillingen). Ces deux familles avaient des lions dans leurs armoiries (Les comtes de Dillingen affichaient sur leur arme 4 lions ors sur fond bleu). Les armoiries de Kybourg ont servi de base à de nombreux blasons de localités suisses, telles que le canton de Thurgovie et les villes Diessenhofen, Andelfingen, Kybourg et donc Winterthour.

#531 – FC Lahti : Mustat kuhnurit

Les bourdons noires. Le kit (maillot, short et chaussette) intégralement noir que porte les joueurs contribua à la naissance de ce surnom. En 1996, deux clubs de Lahti, FC Kuusysin et Reipas Lahti, évoluaient respectivement en première et seconde division. Toutefois, ils connaissaient des difficultés financières et, poussés par le Maire de la ville et la communauté des affaires, ils fusionnèrent pour donner naissance au FC Lahti. Le choix de la couleur noire, qui constitue aujourd’hui encore un marqueur fort du club, fut plébiscité par les fans. En revanche, le bourdon n’est pas uniquement noir et l’association avec cette insecte résulte d’un journaliste, qui voulait qualifier la vie du club. En effet, les bourdons mâles (aussi bien les faux bourdons que les bourdons) ont une fonction limitée au sein de la ruche. Alors que les femelles travaillent, les bourdons mâles flânent pour uniquement réussir un accouplement à la fin du printemps. Ainsi, le journaliste-écrivain, Kalle Veirto, dans ses articles au début des années 2000 dans le quotidien Etelä-Suomen Sanom, surnomma les joueurs, les bourdons. En effet, le comportement du club faisait penser à cet insecte. Le FC Lahti débutait les saisons difficilement, mais améliorait son jeu et ses résultats au fur et à mesure que le temps se réchauffait (la compétition se déroule l’été d’avril à octobre). Cette moquerie devint rapidement un symbole pour le club. En 2013, le chanteur Konsta Hietanen, ancien joueur des équipes de jeune, avec le groupe Osmo’s Cosmos, reprit ce symbole en sortant une chanson « Kuhnurit saalistaa » (La chasse aux bourdons) ainsi qu’un dessin de bourdons.

#528 – SC Bastia : i Lioni di Furiani

Les lions de Furiani. Ce surnom donna naissance à une mascotte. Arpentant le terrain comme mascotte dans les années 90, le lion disparut dans les années 2000 pour enfin revenir de nouveau comme mascotte en 2012, sous le nom de Pistellu. Son origine n’est pas connu mais il semble que dans les années 60 et 70, ce surnom n’était pas utilisé. Il serait né lors de l’épopée européenne du club lors de la saison 1977-1978. La saison précédente, l’équipe bastiaise termina à la 3ème place du championnat, obtenant le droit de disputer la Coupe de l’UEFA. Meilleure attaque du championnat (82 buts), l’équipe reposait également sur son solide libéro, Charles Orlanducci, surnommé le Lion de Vescovato. Natif de Vescovato, Orlanducci réalisait de grande chevauché, ses longs cheveux donnant l’effet d’une crinière. Sa rudesse et son courage n’était pas non plus étranger à ce surnom. Avec le meneur Claude Papi, ils étaient les symboles corses de l’équipe bastiaise, au milieu de joueurs étrangers (Johnny Rep, Abdelkrim Merry) et continentaux (Félix Lacuesta, Jean-François Larios et François Félix). Avec son stade bucolique de Furiani, Bastia réalisa une superbe campagne en atteignant la finale face au PSV Eindhoven. Certes, l’équipe fut défaite en finale mais elle réussit l’exploit d’enchainer 7 victoires d’affilée auparavant face à des bastions européens tels que le Sporting Portugal, Newcastle et le Torino (qui était invaincu sur son terrain depuis 2 ans). La 7ème victoire fut  un cinglant 7-2 affligé au Carl Zeiss Iéna. Son jeu offensif (avec de longues courses agressives ou des une-deux), sa détermination, son courage, son capitaine surnommé le lion, l’équipe fut surnommé par la presse les lions. A l’issue de la demi-finale, Onze Mondial fit sa une avec l’équipe bastiaise et le titre « Les lions en finale ». Puis, lors de finale aller, « Les Lions sont lâchés » titra France Football. Surtout, le journaliste corse, Victor Sinet publia un livre sous le nom « Les lions de Furiani » qui entérina le surnom. Aujourd’hui, le club estime que ce symbole véhicule les valeurs du club : identité, force, combativité et respect.

#517 – Kawasaki Frontale : イルカ

Les dauphins. Contrairement à ce que son nom laisse penser, le club n’était pas lié au constructeur de moto mais à l’entreprise d’électronique et de services informatiques, Fujitsu. Comme pour les autres clubs japonais, Kawasaki resta dans le giron de l’entreprise jusqu’à la restructuration des championnats professionnels japonais dans les années 1990. Cette séparation nécessita de construire une nouvelle identité. Le club opta donc pour un nouveau nom « Frontale », de nouvelles couleurs bleu ciel, noir et blanc (qui résulta d’un partenariat avec le club brésilien du Grêmio Porto Alegre) ainsi qu’une nouvelle mascotte, un dauphin. Ce mammifère marin devait exprimer la rapidité et la convivialité de Frontale. Il créait aussi un lien avec la ville de Kawasaki qui est une ville balnéaire, située à l’embouchure du fleuve Tama, sur la baie de Tokyo. Enfin, le dauphin est souvent un symbole d’intelligence. Ce qui donna peut-être l’idée au club de donner une signification supplémentaire à cette mascotte. En effet, le club estime que ce dauphin symbolise la sagesse de donner naissance à une technologie de pointe. Peut-être un rappel de l’entreprise qui donna naissance au club.

#514 – Cardiff City FC : the Bluebirds

Les oiseaux bleus. Formé sous le nom de Riverside FC en 1899, le nouveau club de football avait pour objectif d’occuper les joueurs de cricket du Riverside Cricket Club en hiver. Ces derniers portaient un kit de couleurs marron et orange. En 1905, la direction demanda de changer le nom du club en Cardiff City suite à l’octroi du statut de ville à Cardiff. La fédération du Pays de Galles n’accéda pas à la requête car elle estimait que le club évoluait dans des ligues trop mineures pour bénéficier d’un titre aussi prestigieux. Trois ans plus tard, alors que le club participait à la Ligue amateur du sud du Pays de Galles, la fédération céda et Cardiff City naquit. Pour des raisons inconnues, le club changea ses couleurs et opta pour le bleu. La même année, une pièce de théâtre « The Bluebird of Happiness » (L’oiseau bleu du bonheur) de l’écrivain belge Maurice Maeterlinck fut présentée à Cardiff. Elle connut un grand succès auprès des habitants de Cardiff. Ces derniers firent le lien entre la nouvelle couleur du club avec le titre de cette pièce et affublèrent le club du surnom de bluebirds. En 1959, l’oiseau bleu apparut sur le maillot du club et s’inscrivit dans le blason.

#511 – Charlton Athletic FC : the Addicks

Le mot n’a pas de signification et il y a un certain nombre de rumeurs et de suggestions sur la façon dont ce surnom est né. Il y a tout d’abord la version officielle qui est aussi la plus connue. Dans les premières années du club, au début du XXème siècle, Arthur Bryan tenait une poissonnerie dans la rue East Street où le club avait été fondé. Il devint un des premiers sponsors de la jeune association en fournissant des repas aux joueurs de Charlton et à ceux de l’équipe adverse. Ces collations étaient composées de haddock et de chips (le fameux fish and chips). Avec la prononciation du sud de Londres, le haddock était devenu addick. La légende rajoute que Arthur Bryan détenait une échoppe-restaurant dans le stade du club, The Valley, en 1919, et, entretenait sa réputation en se promenant dans les travées avec un bâton sur lequel était cloué un haddock. Ce lien avec l’aiglefin paraît probable car dans le journal « Kentish Independent » paraissait des dessins humoristique sur l’équipe. Le tout premier dessin du 31 octobre 1908 dénomma l’équipe les haddocks. En 1910, le surnom changea pour les termes Addicks et Haddick.

Malgré tout, d’autres histoires sont parfois évoqués pour éclairer ce surnom. L’explication la plus simple est que « Addick » est juste dérivé du nom du club, « Athletic » , semblable aux surnoms des clubs de Oldham et Wigan appelés les « Latics » comme diminutif d’ « Athletic » .

Il a également été suggéré que « Addick » proviendrait de la devise de la famille Spencer Percival, Addique, qui signifie « Prêt » en vieux français normand. Cette famille, qui détenait le titre de Comte d’Egmont, possédait un manoir à Charlton, le Charlton House.

Enfin, dernière histoire mais qui semble relever certainement plus d’une image sublimée par les supporteurs. En effet, les fans du club seraient tellement passionnés qu’ils suivaient le club n’importe où et par n’importe quel temps. En anglais, ils aurait été qualifiés de addicts (addict, fanatique).

Quelque soit la version exacte, le terme fut beaucoup utilisé les premières années. Puis, d’autres surnoms prirent le dessus, rendant Addick désuet. Finalement, dans les années 1980, à la demande du public, ce surnom fut rétabli et les autres alternatifs ne furent plus utilisés.

#498 – Estudiantes de La Plata : el León

Le lion. Ce pseudonyme est dérivé directement de la mascotte du club mais son origine est incertaine. Il existe trois théories sur la provenance de ce surnom. La première légende mentionne un supporteur du club du nom de Manuel León Santillan. Sous la dictature militaire, il fut enlevé, assassiné et jeté dans le Rio de la Plata par la police, en raison d’un règlement de compte. En l’honneur de ce supporteur, son nom Léon (Lion en espagnol) fut repris comme surnom et mascotte. Une autre hypothèse se réfère au trois Copa Libertadores remportées (1968, 1969 et 1970). L’équipe, emmenée par ‘Bruja’ Verón, Carlos Bilardo et Osvaldo Zubeldia, se battait comme un lion pour remporter ses matchs et titres. Ce fut le cas notamment lors de la finale de la Coupe Intercontinale en 1968 face au Manchester United de Georges Best. Au match aller, Estudiantes gagna 1 but à 0 à domicile. Puis, résista au match retour en faisant un nul 1 partout. Enfin, pour la troisième histoire, plusieurs fans disent que le surnom provient de la rivalité avec l’autre club important de la ville, le Gimnasia y Esgrima de La Plata. Ce dernier avait le surnom de Lobo (le loup – cf article #312). Les supporteurs d’Estudiantes souhaitaient donc être représentés par un animal plus fort et majestueux que le loup, animal régant de la forêt (bosque en espagnol, le nom du stade de Gimnasia y Esgrima). Le seul digne était le lion, roi de la jungle et des animaux.

#494 – AA Ponte Preta : Macacas

Les macaques. Le surnom ne paraît pas flatteur et pourtant il est porté avec fierté par le club et ses supporteurs. En fait, le club choisit volontairement ce singe comme mascotte, qui donna naissance au surnom. D’une part, il permit de se distinguer des autres mascottes habituelles qui reprenaient des animaux inspirant la puissance, tels que le lion et le tigre. D’autre part, cette mascotte était aussi un moyen de se moquer du racisme des adversaires. Club doyen du Brésil avec sa fondation en 1900, il est également celui qui a favorisé l’intégration des noirs dans le football. Au début du XXème siècle, le football était monopolisé par l’élite blanche, souvent récemment immigrée d’Europe. Leurs clubs avaient des règles qui interdisaient explicitement la présence de noirs. Ponte Preta était fondé par des étudiants qui jouaient dans un terrain vague avec des balles de chiffon. Parmi eux, Miguel do Carmo, un homme noir, né en 1885, 3 ans avant l’abolition de l’esclavage au Brésil. Fondateur, il fut surtout le premier footballeur noir au sein d’un club. Il évolué à Ponte Preta jusqu’en 1904 au moment de son transfert à Jundiaí. Comme la couleur de la peau n’était pas un élément différenciant pour le club, des historiens supposent que d’autres joueurs du club en 1900 étaient également noirs. En outre, le quartier de Ponte Preta où le club naquit était composé d’ouvriers et de cheminots, dont une grande partie étaient noirs. Ainsi, sur le terrain comme dans son stade, les noirs, mulâtres et blancs se côtoyaient sans distinction. Le club Ponte Preta joua un rôle fondamental dans l’affirmation de la démocratie raciale (une théorie qui défendait l’idée que le Brésil aurait échappé au problème des préjugés raciaux) qui marqua l’histoire brésilienne au début du XXème siècle. Mais, le racisme était bel et bien réel à cette époque. En effet, l’équipe était harcelé en raison de la forte présence de noirs et de mulâtres dans l’équipe et parmi les fans. Dans les stades où Ponte Preta se déplaçait, ses joueurs étaient régulièrement reçus par des cris de singes et de macaques. C’est ainsi que le club opta pour le singe comme symbole.