#955 – Olympique de Béja : اللقالق

Les cigognes. Une belle cigogne s’envole sur le blason du club, que l’on retrouve également sur les armes de la ville de Béja. Par ailleurs, à l’entrée de la ville, en venant de Tunis, le visiteur ne peut pas éviter un important monument, représentant trois cigognes aux ailes entrelacées, gardant un épi de blé surmonté d’un grand nid. L’oiseau est le symbole de cette cité du nord-ouest de la Tunisie. Région verte, Béja était connu dès l’antiquité comme le grenier à blé de Rome en raison de l’abondance de ses cultures. Encore aujourd’hui, il s’agit de la région la plus fertile de Tunisie avec comme cultures principales, les céréales, la vigne et le sucre. En outre, la bonne pluviométrie en fait une zone naturellement irriguée, avec de nombreux mares, cours d’eau et oueds. Cet environnement est donc propice pour les oiseaux migrateurs tels que la cigogne afin de se reproduire. Au mois de février/mars, les males, en provenance d’Europe ou d’Afrique subsaharienne, construisent ou retrouvent leur nid à Béja et ses environs, suivis quelques semaines après par leurs females. Ils cherchent à faire leurs nids, à des fins de sécurité, en hauteur, sur les toits des bâtiments, des minarets ainsi que sur les poteaux électriques. Puis, ils s’accouplent (la female pond entre 2 et 5 oeufs) et élèvent leurs progénitures jusqu’à fin Septembre, moment où ils migrent de nouveau vers l’Europe ou l’Afrique subsaharienne. Les cultures et les cours d’eau de la région fournissent en abondance l’alimentation de cet oiseau carnivore (rongeurs, insectes, batraciens …).

Même si leur présence sur les poteaux électriques provoquent des pannes du réseau, les habitants de la région apprécient les cigognes. Ils sont connus localement sous le nom de Hajj Qassem ou Al-Balraj. La légende raconte que la cigogne était tout d’abord un homme pieux dénommé Hajj Qassem. Ce nom signifiait que lorsqu’il voyait des convois de pèlerins faisant le hajj, il les accompagnait et devenait intime avec eux. Faisant ses ablutions avec du lait, l’homme fut transformé par Dieu en cet oiseau aux plumes blanches et bouts noirs. Aujourd’hui, la population locale pense que l’absence de l’oiseau signifie qu’il s’agit de la période du hajj et que tous les oiseaux suivent les pèlerins. En revanche, les habitants de la région de Béja accueillent avec enthousiasme la venue des cigognes, qui est une message d’une bonne saison agricole. Plus basiquement, les cigognes sont un prédateur des nuisibles des cultures et les agriculteurs les protègent.

#947 – VfL Bochum : die Graue Maus

La souris grise. En allemand, l’expression graue maus caractérise une personne discrète, pudique, même un peu triste, généralement utilisée pour une femme. Dans le football, elle qualifie une équipe qui joue un football peu flamboyant (pour ne pas dire ennuyeux, sans ambition) et dont les résultats conduisent à évoluer dans le ventre mou du championnat. S’il s’agit d’une expression commune et utilisable pour toutes les équipes, elle est également aujourd’hui très attachée au club de football de Bochum, qui l’illustra dans les années 1970 et 1980.

Ville de la région industrielle de la Ruhr, qui compte près de 5 200 000 d’habitants concentrés sur plusieurs cités, le club de football de Bochum est coincé footballistiquement entre Dortmund, avec son Borussia, et Gelsenkirchen, et son Schalke 04. Difficile alors d’exister entre ces deux géants historiques du football allemand. Pourtant, entre 1971 et 1993, Bochum fut un membre sans discontinuité de l’élite allemande. Mais, cette présence ne se caractérisa pas des résultats étincelants. En effet, plus que d’évoluer dans le ventre mou du championnat, Bochum fleurta plusieurs fois avec la relégation. Le meilleur classement durant cette période fut une 8ème place en 1978-1979. Sur ces 22 saisons d’affilée en Bundesliga, Bochum conclut 15 fois son exercice dans la seconde partie du classement dont 10 fois au-delà de la 14ème place. A partir de la saison 1986-1987, le club ne connut que le bas du classement. En 1990, le VfL termina la saison à la 16ème place et fut donc contraint de joueur une confrontation de barrage face au 1.FC Sarrebruck. Bochum remporta le match aller à Sarrebruck grace à un penalty (victoire 1-0). Au retour, à domicile, Bochum fit seulement match nul (1-1). A force d’évoluer sur le fil du rasoir, Bochum chuta finalement lors de l’exercice 1992-1993, après avoir fréquenté la zone de relégation depuis la 9ème journée (et même la dernière place lors de 12 journées en cumulé).

Durant ces 22 saisons, l’équilibre financier du club était également fragile et pour boucler son budget, le club se séparait de ses meilleurs éléments à l’intersaison. Sur le plan de jeu, son style n’était pas flamboyant mais il semble un peu sévère de le juger comme ennuyeux. En tout cas, ce débat anime les supporteurs du club et les journalistes. Certains avancent qu’à défaut de génie, les joueurs étaient tenaces sur le terrain et qu’ils pouvaient parfois titiller les « gros chats » du championnat. Pour d’autres, il était assommant de fréquenter les travées du Vonovia-Ruhrstadion.

#946 – CA Aldosivi : el Tiburón

Le requin, qui, dans un style simplifié, trône fièrement sur la gauche du blason. Ce club argentin de Mar el Plata a une connexion particulière avec la France. Le gouvernement argentin lança le 12 décembre 1909 un appel d’offres pour la construction d’un port à Mar del Plata et, le 26 novembre 1910, ce fut la solution des ingénieurs entrepreneurs français Allard, Dolfus, Sillard et Wirriot qui remporta ce concours. Leurs ouvriers décidèrent de créer un club de football pour s’adonner à leur nouveau loisir. Pour le nom de leur association, ils prirent les premières lettres de leur employeur ALlard, DOlfus, SIllard et WIrriot.

Le surnom du club est tiré à la fois de la situation géographique de la ville de Mar el Plata ainsi qu’au tempérament prétendu ou réel de l’équipe. Située sur la côte Atlantique, au bord de la Mer d’Argentine, Mar el Plata est un important port et une station balnéaire renommée. L’objectif initial de ce port était d’exporter la production des riches plaines fertiles de l’intérieur du pays vers les pays consommateurs européens. Aujourd’hui, il est principalement tourné vers les activités de pêche (en 2007, 44 000 tonnes de poissons transitaient dans le port) tandis que le transport de céréales et l’importation de pétrole demeurent des activités secondaires. Le tourisme s’est également développé. Ainsi, le port accueille une réplique de la grotte de Lourdes. Surtout, une réserve d’otaries, située sur une plage de la côte intérieure de la digue sud, abrite une colonie de 800 spécimens mâles. Le conseil municipal déclara l’animal « monument historique » de Mar del Plata. Mais, pour représenter le lien de la ville, de son club de foot avec la mer, l’otarie apparaissait peut-être trop gentil. Ce fut donc un autre animal maritime et endémique qui inspira le surnom, le requin. En effet, en Mer d’Argentine, il existe une trentaines d’espèces de requins, présents à la fois sur les côtes, en pleine mer et dans les profondeurs. Beaucoup d’entre eux sont migrateurs. Les plus communs sont le requin épineux et la roussette, qui peut atteindre un mètre et demi. Les plus grands sont le requin cuivre, requin-taureau ou le requin plat-nez, avec environ 3 mètres de long.

Le surnom apparût en 1975 quand le club remporta 3 titres consécutifs dans la ligue régionale (1973, 1974 et 1975) et joua ces 3 mêmes saisons en première division. Lors de cette dernière saison, il remporta même un match face à Boca Junior, 2 buts à 1. Le surnom devait donc se rapporter au port mais surtout le requin est le roi des mers (comme le lion l’est sur terre). Or, l’équipe semblait dévorer ses adversaires comme le requin.

Aujourd’hui, si le requin apparaît sur l’écusson, le club possède également une réplique de requin de 20 mètres de long qui se ballade sur le terrain à chaque match à domicile. En outre, en 2015, l’équipementier du club sortit un maillot gris, avec pour motif, la peau d’un requin.

#921 – Santos FC : o Leão do Mar

Le lion de mer, plus communément appelé l’otarie. Pelé nous a quitté. Le Roi est mort. L’adage voudrait que l’on rajoute « Vive le Roi ». Sauf que son successeur n’est pas encore connu. Il ne suffit pas de s’afficher en photo avec Pelé et de croire sur parole un entourage et une bande de journalistes complaisants pour se réclamer de son héritage. Revenons à notre histoire de surnom. Celui-ci provient de l’un des hymnes du club. J’écris l’un car il existe deux hymnes pour Santos : l’officiel et l’officieux.

En 1955, un an avant que le Roi Pelé intègre les rangs de l’équipe professionnelle, Santos réalisa l’exploit de remporter le championnat de São Paulo. D’une part, peu d’équipe n’appartenant pas à la mégalopole de São Paulo parvenait alors à remporter le championnat de l’Etat. Sur les 53 premières éditions du championnat (sachant qu’il y a eu des saisons où deux ligues coexistaient), seuls deux avaient été remportés par des équipes situées hors des murs de São Paulo (dont une fois Santos en 1935). D’autre part, la victoire de 1955 mettait fin à une disette de succès pour Santos de 20 ans dans le championnat pauliste. Son attaquant Emmanuele Del Vecchio devenait meilleur buteur de la compétition avec 23 buts. Pour célébrer ce titre, une chanson fut commandée. Mangeri Neto écrivit les paroles et la musique fut composée par Mangeri Sobrinho. Elle s’intitula « Leão do Mar » ou « a marchinha Leão do Mar » (la marche du lion de mer).

Agora quem dá bola é o Santos / Maintenant Santos contrôle le ballon
O Santos é o novo campeão / Santos est le nouveau champion
Glorioso alvinegro praiano / Glorieux alvinegro praiano
Campeão absoluto desse ano / Le champion absolu de cette année

Santos, Santos sempre Santos / Santos, Santos toujours Santos
Dentro ou fora do alçapão / Que ce soit à la maison ou à l’extérieur
Jogue o que jogar / Peu importe comment tu joues
És o leão do mar / Tu es le lion de la mer
Salve o nosso campeão / Saluez notre champion

Le choix de cet animal n’est pas documenté mais l’explication la plus logique apparaît être celle-ci. Imposant, dominant, conquérant, le lion est le roi des animaux. L’équipe de Santos devait renvoyer alors cette image d’avoir dominé le championnat et d’être un lion. Or, la ville de Santos a un lien important avec la mer (#142). Donc son lion ne pouvait pas être celui de la savane mais celui de la mer. Cet hymne commença à résonner dans le stade quand deux ans plus tard, en 1957, une autre chanson apparut. Dénommée « Sou Alvinegro da Vila Belmiro » (Je suis Alvinegro de Vila Belmiro), elle fut écrite par Carlos Henrique Paganetto Roma (un ancien conseiller du club issu d’une famille étroitement liée à l’histoire de Santos. Son père, Modesto Roma, et son frère, Modesto Roma Júnior, furent présidents du club, respectivement entre 1975 et 1978 et entre 2015 et 2017) et fut approuvée le 11 juillet 1996 comme hymne officiel du club (13 ans après les décès de son créateur). Néanmoins, la chanson « Leão do Mar » avait déjà conquis le cœur de nombreux supporteurs, pour qui elle rappelait le premier succès qui allait en annoncer d’autres avec le Roi Pelé. Aujourd’hui, si « Sou Alvinegro da Vila Belmiro » est joué dans le stade avant les matchs de Santos, la foule scande encore « Leão do Mar » dans les travées. Certains médias l’utilisent également lors des retransmissions des matchs pour accompagner un but de Santos. Et quand en Septembre, en pleine convalescence, la fille du Roi Pelé donna des nouvelles de son paternel, ce fut un post où on entendait le Roi chantait l’hymne traditionnel, « Leão do Mar » .

#920 – América FC : Coelho, Coelhão

Le lapin. Mascotte du club, il est apparut pour la même raison que le coq de l’Atlético Mineiro (cf. #24) et le renard de Cruzeiro (#78). En effet, en 1945, Álvares da Silva, secrétaire du quotidien Folha de Minas, qui délivrait l’une des pages sportives les plus importantes et dynamiques de la presse du Minas Gerais à cette époque, décida d’imiter son confrère de Rio de Janeiro, Jornal dos Sports, qui avait décidé quelques années auparavant de personnaliser les équipes cariocas au travers de personnages de bande dessiné. Flamengo était Popeye, Fluminense était Pó-de-arroz, Vasco était Almirante, Botafogo était Donald Duck et America était le Diable. Álvares da Silva confia à Fernando Pierucetti (mieux connu sous le pseudonyme de Mangabeira), professeur de dessin et illustrateur du supplément littéraire et de la page pour enfants du journal, la réalisation de ces mascottes qui devaient puiser leur source dans l’univers des fables d’Ésope et de La Fontaine, mais en utilisant des animaux de la faune brésilienne. Pierucetti dessina alors la mascotte des 3 grands clubs de la ville : Atlético, Cruzeiro et América.

S’il put choisir les animaux pour l’Atlético et de Cruzeiro, le symbole pour l’América lui fut imposé. Le directeur du journal avait convaincu Mangabeira d’adopter le canard, sous les traits du plus célèbre : Donald Duck (Pato Donald au Brésil). D’une part, Donald apparaissait comme un personnage colérique et contestataire. Il était le seul club du Minas Gerais à s’être ouvertement et de manière véhémente opposé à la professionnalisation du football en 1933. Même si le club s’y résolut, la direction du club bataillait régulièrement avec la ligue sur ce sujet et d’autres. D’ailleurs, l’América avait quelque fois sollicité les tribunaux afin de régler ses différents avec la ligue, voire même demander l’annulation de matchs. D’autre part, Donald Duck était un personnage de l’univers Disney et donc américain. Or, l’América fut fondée le 30 avril 1912 par un groupe d’élèves du Gymnasium Anglo-Mineiro, une école primaire et secondaire où les cours étaient dispensés en anglais par des professeurs majoritairement nord-américains. Les fondateurs avaient une certaine admiration pour les Etats-Unis et le nom du club, même s’il avait été tiré au sort selon la légende, marquer tout de même cette passion. Ainsi, Donald Duck affronta donc le coq et le renard dans les caricatures de Mangabeira. Mais, les supporteurs de l’América ne furent pas séduit par ce parallèle et après quelques mois, Mangabeira réalisa un dessin de Donald se suicidant avec, en arrière-plan, la présence d’un lapin qui regardait la scène avec un air ironique. Il s’agissait de la première apparition de la nouvelle mascotte pour l’América. Pourquoi avoir choisi le lapin ? L’inspiration pour le choix des animaux est venue, en grande partie, d’éléments qui faisaient déjà partie de l’image des clubs. D’une part, dans les années 1940, América comptait parmi ses directeurs un certain nombre à s’appeler Coelho. D’autre part, l’animal correspondait bien au caractère gentil, doux de l’équipe et ses supporteurs (caractère dénommé fagueira en portugais-brésilien). Mangabeira déclara ainsi « coelho é um bicho que dorme de olho aberto, assim como o time do América dentro de campo e alguns dirigentes que o clube tinha e que mudaram a história da equipe » (Le lapin est un animal qui dort les yeux ouverts, tout comme l’équipe d’América sur le terrain et certains managers du club qui ont changé l’histoire de l’équipe) et « o América era um clube aceso, sempre pronto para o que desse e viesse. Ao mesmo tempo, era um clube de torcida fina. Um coelho, não é ?” (L’América était un club animé, toujours prêt à tout. En même temps, c’était un club de bons supporters. Un lapin, n’est-ce pas ?). Le lapin était donc certes intelligent mais avant tout un peu trop doux. Un animal aux antipodes de l’esprit du canard.

#918 – Çaykur Rizespor : Atmacalar

Les éperviers. Au bord de la Mer Noire, entre Trabzon et la frontière géorgienne, la ville de Rize s’étale. Ville coincée entre la mer et les montagnes, les activités économiques se concentrent sur l’agriculture, particulièrement le thé noir. L’entreprise publique Çaykur, dont le siège est à Rize, organise la culture et la production dans cette région et constitue la plus grande et la plus importante entreprise de l’industrie turque du thé (avec 47 usines dont 33 à Rize). En 1991, le club de football, fondé en 1953, fut absorbé par Çaykur, qui devint le sponsor du club. Après la promotion de Çaykur Rizespor dans l’élite turque lors de la saison 2013-2014, deux groupes de supporters dénommés Göçebe (les nomades) et Derebeyler, décidèrent de s’unir sous le nom d’Atmacalar (les éperviers). Les deux groupes comptaient ensemble environ 1 500 fans et par ce mouvement espéraient convaincre les 6 à 7 autres groupes de supporteurs à les rejoindre, afin de mieux soutenir leur club. Göçebe avait pour symbole l’épervier et il fut reprit pour la nouvelle association de fans. Au côté du thé dont des feuilles ornent le blason depuis la création du club, Çaykur Rizespor choisit également à cette époque l’épervier comme symbole et surnom.

L’élevage de faucons (dont l’éperviers est une sous-famille) pratiqué dans la région de Rize remonte à l’Antiquité et se perpétue encore aujourd’hui comme une tradition (qui s’étend même au-delà de la frontière géorgienne). L’épervier sert à la chasse (connue sous le nom de Atmacacılık), en particulier de la caille. Située sur l’importante route de migration entre l’Eurasie et l’Afrique, le ciel de Rize est témoin de mouvements d’innombrables faucons, descendant vers le sud, entre Août et fin Octobre puis remontant vers le nord entre Avril et Juin. Après le 15 août, les habitants de la région partent en congé sans solde des usines où ils travaillent pour s’installer dans les montages environnantes et capturer des faucons qui seront éduqués pour la chasse. Cette tradition ancestrale est bien répandue dans la région et connue dans toute la Turquie. Les faucons sont divisés en trois groupes principaux selon la couleur (noir, rouge et jaune) et la forme de leurs plumes. Les rouges sont d’habiles chasseurs tandis que les jaunes apparaissent comme les plus nobles. Cette dépendance des habitants de la région à l’égard de l’épervier et leur amour sincère pour lui ont fait l’objet de nombreuses chansons folkloriques et de poèmes. On raconte même que les gens pleurent pendant des jours lorsque leur faucon meurt.

#912 – HNK Gorica : Bikovi

Les taureaux. Le HNK Gorica est la 4ème génération de club à représenter la ville de Velika Gorica, située au sud de Zagreb. Les précurseurs du football à Velika Gorica étaient SK Olimpijski et HŠK Turopoljac, qui ont fait leurs premiers pas en 1920. Après la Seconde Guerre mondiale, Olimpijski et Turopoljec fusionnèrent dans une nouvelle association baptisée Radnik. Après avoir représenté la ville dans l’élite croate, Radnik fut relégué en 1995 et un long processus de déclassement débuta. En 2009, pour éviter la faillite, Radnik fusionna avec le club du village voisin, le NK Polet. Ainsi naquit le HNK Gorica, premier club à porter dans son intitulé le nom de la ville de Velika Gorica. Afin d’être le futur représentant de la cité, HNK reprit ses principaux symboles. Ainsi, le club utilise les trois couleurs de base du drapeau (rouge, noir et blanc) de Velika Gorica. Du côté du blason du club, il s’agit d’un bouclier rouge, avec une bande noire en bas et trois étoiles dorées au dessus. A l’intérieur de l’écu se situe un taureau rampant tenant un ballon de football. Les étoiles comme le taureau sont identiques à ceux apparaissant dans les armoiries de la ville.

Le taureau de Velika Gorica est une référence à Turopolje. Cette dernière est une région traditionnelle de Croatie dont Velika Gorica est la plus grande ville ainsi que le centre administratif. Selon l’opinion la plus répandue, Turopolje signifierait « les terres de tur », tur étant un vieux mot slave qui faisait référence à un bovin sauvage (soit un bison d’Europe, soit un auroch). Il s’agissait probablement plus d’un auroch, une espèce de bovidé, ancêtre des races actuelles de bovins domestiques. Le terme auroch a des origines celtique ou germanique, issu de ûro (moyen allemand ûr(e), vieil anglais ūr, vieux norrois úrr, latin urus) qui signifie vraisemblablement « celui qui répand sa semence humide », sur la base d’un vieux thème indo-européen ūr désignant l’humidité et la pluie fine (le mot urine dérive également de ce terme). En effet, ce bétail était un symbole de fertilité (car il permettait de labourer les champs) et un représentant du dieu soleil. En raison de la chasse et de la réduction de leur habitat, les aurochs disparurent d’Europe au XVIème siècle tandis que le dernier spécimen du bison d’Europe fut enregistré vers 1800 dans la région. Certainement par simplification sur les armoiries, ce bovin fut finalement remplacé par le taureau.

#906 – Salon Palloilijat : Joutsen

Les cygnes. Bleu et blanc, l’écusson de ce club finlandais présente un magnifique cygne nageant sur l’eau. Fondé en 1956, les fondateurs reprirent la plupart des attributs des armoiries de la ville de Salo où il résidait : le cygne ainsi que les couleurs bleu et blanche. Les armoiries originales de la cité furent adoptées le 24 septembre 1949 et étaient basées sur une œuvre de l’artiste Johan Jacob Ahrenberg réalisée en 1902. Elles se décrivaient comme suit : « Dans l’écu bleu, un cygne d’argent nageant sur une ligne ondulée d’or et au-dessus de lui un lis d’argent ; dans le coin gauche, un bras armé tenant un pistolet. L’écu est surmonté d’une couronne ducale. ». La présence du cygne avait pour symbolique de rappeler que la ville de Salo est traversée par la rivière Uskelanjoki.

Toutefois, si vous effectuez quelques recherches, vous me retorquerez, à raison, que les armes de Salo ne ressemble pas du tout à cette description. En effet, depuis 2008, Salo a participé à la plus importante fusion de communes finlandaises avec 9 autres cités et un nouveau blason a été mis en place. Autant dire que cela suscita de l’émoi parmi les habitants et en 2018, une nouvelle tentative fut menée en vain pour rétablir les armes avec le cygne.

#903 – Cosenza Calcio : Lupi della Sila

Les loups de la Sila. L’équipe calabraise a pris pour symbole et donc surnom l’un des animaux emblématiques de ses environs. Sur les 40 ans dernières années, l’écusson du club a évidemment évolué mais une tête de loup, généralement gueule ouverte, est demeurée une constante. L’origine de sa présence n’est pas à cherchée du côté des armes de la ville mais plutôt vers le plateau de la Sila. Ce dernier est un vaste plateau des Apennins calabrais, qui s’étend sur 150 000 hectares à travers les provinces de Cosenza, Crotone et Catanzaro. Paysage caractéristique de la région connu dans toute l’Italie, ce plateau accueille des lacs et de grandes forets de conifères et de feuillus et son sommet s’élève à 1 928 mètres. En hiver, recouvert de neige, son apparence approche des grandes étendues scandinaves. Considérée comme l’un des plus sauvages d’Italie, le territoire silane abrite une riche flore et faune. La faune est constituée des animaux typiques des régions des Apennins (cerf, chevreuil, sanglier, buse, chouette, épervier …). Mais, l’un des animaux emblèmes de la Sila est le loup des Apennins, qui habitent la région depuis longtemps, malgré les persécutions, la disparition de son habitat et la raréfaction de ses proies. Au bord de l’asphyxie dans les années 1970, la population de loups est désormais protégée par la loi et renforcée par quelques réintroductions. Aujourd’hui, il y a 3 meutes de loups recensées, composées de 3 à 4 individus chacune, pour un total d’environ 15 à 20 spécimens dans tout la Sila. Ils constituent aujourd’hui le principal prédateur des forêts calabraises. En 1997, le parc national du Sila fut créé sur 73 000 hectares et prit comme symbole le loup.

Pour le club, le loup s’est immiscé dans tous ses symboles. Ainsi, l’hymne historique de Cosenza est Lupi alè (Les loups, Allez), une chanson écrite en 1988 et interprétée par le chanteur de musique populaire Tonino Lombardi. Evidemment, depuis 2009, la mascotte de Cosenza est Denis, un loup, qui porte l’uniforme classique rouge et bleu. En 2013, pendant une courte période, avant les matchs à domicile, un chien-loup tchécoslovaque, avec une écharpe rouge et bleue autour du cou, faisait une apparition dans le virage sud du stade San Vito, occupé par les groupes d’ultras. Sa présence était considérée comme de bon augure.

#901 – Caïman de Douala : Bana Ba Ngando

Les enfants des caïmans, en langue douala. Les origines sont confuses mais, selon le club, il aurait été fondé vers 1927, sous le nom de Lune de Douala. Le club est celui de la communauté akwa de l’ethnie douala, peuple vivant au Cameroun, autour de la ville de Douala. Dans cette cité, la Lune coexistait avec le club du Léopard, fondé vers 1924, et l’Oryx Club, créé en 1927. Toutefois, une rivalité forte naquit entre la Lune et les Léopards. Dans les années 1960 ou 1970, la Lune perdit une rencontre face aux Léopards. Ce fut la défaite de trop pour les dirigeants qui prirent plusieurs décisions. La première fut de recruter des joueurs au-delà du quartier akwa et de puiser dans le réservoir de Yaoundé ou des autres villes du littoral. L’autre mesure était d’abandonner le nom du club, Lune. En effet, face aux Léopards qui pouvaient inspirer la peur car leur emblème était un félin, le symbole de la Lune pouvait paraître fade et la direction estimait qu’il fallait que les adversaires pensent que l’équipe de la Lune puisait sa force dans un animal mystique. Or, la communauté akwa vouait un culte à l’eau, ce qui avait des années auparavant introduit la tradition de baignade nocturnes des joueurs dans le fleuve Wouri (fleuve dont l’estuaire est situé à Douala) pour y trouver force et courage avant les matchs. Résultat, le caïman apparaissait comme l’emblème le plus légitime.

Une autre légende accompagne le club. En effet, l’expression « Caïman à 6 h » est souvent utilisée. Près de l’enceintre du club, aujourd’hui stade Mbappè Leppé, se trouve la cathédrale St Pierre et St Paul de Bonadibong. A six heures le matin et à six heures le soir, les cloches de l’église sonnent. Lorsque le club jouait un match en fin de journée et était mené au score, les supporteurs tendaient l’oreille vers 18h. Dès que les cloches résonnaient, le public explosait et se mettait alors à chanter. Ses chants et musiques transcendaient les joueurs des caïmans sur le terrain qui parvenaient alors à renverser le sens du match. L’effet psychologique était important sur les adversaires puisque cette légende les tétanisait à l’approche de l’heure fatidique.