#1402 – CD Maldonado : Verdirrojo

Les vert et rouge. Aujourd’hui, direction l’Uruguay. Loin de l’hégémonie écrasante des géants de Montevideo (Peñarol et Nacional), nous partons sur la côte pour découvrir une institution fascinante : le Club Deportivo Maldonado. En 1928, les Jeux Olympiques se déroulaient à Amsterdam et le tournoi de football représentait, en l’absence de Coupe du Monde, le titre le plus important du ballon rond. Après avoir éliminé les Pays-Bas, pays organisateur, l’Allemagne et l’Italie, déjà deux mastodontes, l’Uruguay remportait la médaille d’or face aux Argentins. Dans l’euphorie de cette victoire, une bande d’amis passionnés décide de fonder une équipe dans la ville de Maldonado. Le 25 août 1928. le club du Batacazo FC vit le jour. Les fondateurs hésitèrent pour le nom avec “Honor y Patria” (Honneur et Patrie), “Nacional del Este”, “Jefatura » (Chef), « Peñarol del Este » (Peñarol de l’Est), “2do. Atlético”, “Casa García” et “Por si pega” (Au cas où). Finalement, la majorité vota pour Batacazo, un terme en espagnol que l’on pourrait traduire par « le coup d’éclat » ou « l’immense surprise ». Puis, en 1932, la direction décida de le rebaptiser Deportivo Maldonado afin de représenter la ville au championnat départemental.

Pour le choix des couleurs, une légende romantique a longtemps circulé, s’ancrant profondément dans la culture populaire locale. Le Rouge aurait été choisi pour représenter le sang, le courage inébranlable et la passion ardente des joueurs sur le terrain. Le Vert aurait été une référence à la nature environnante, et plus spécifiquement aux célèbres pins qui peuplent la région côtière de Maldonado et de Punta del Este. L’explication est belle et s’intègre à merveille dans le folklore mystique du football sud-américain. Mais la réalité historique serait tout autre. L’un des pères fondateurs du club, Juan Delfino, démentit ce beau mythe. Interrogé des années plus tard sur la signification de la tunique rayée vert et rouge, il expliqua que les fondateurs trouvaient tout simplement que le rouge et le vert s’associaient bien et que ces deux teintes leur plaisaient. Pas de grande symbolique cachée ou d’hommage à la flore locale : juste le choix purement esthétique d’une bande de jeunes qui voulaient avoir de l’allure sur le terrain.

#1398 – Genoa CFC : I Rossoblù

Les rouge et bleu. Le maillot domicile du Genoa est l’un des rares à résister aux vandales du marketing qui, sur l’autel de l’argent, ont sacrifié les tradition de Barcelone ou de la Juve. Outre l’agréable mariage des couleurs, il se distingue en étant séparé en deux. Du côté droit, du rouge plus ou moins foncé. A gauche, du bleu marine. Et ce choix remonte au début du XXème siècle. Pourtant, le Genoa CFC fut fondé en 1893 et constitue le plus ancien club de football d’Italie encore en activité. Alors dans quelles couleurs évoluaient les premières équipes du club et pourquoi avoir opté pour ces teintes rouge et bleu.

L’histoire de la fondation du Genoa épouse l’essor du football à travers l’Europe comme en Amérique du Sud. À la fin du XIXème siècle, le port de Gênes demeurait l’un des carrefours commerciaux les plus importants d’Europe. Ainsi, la ville ligurienne accueillait alors de très nombreux diplomates, marchands, ingénieurs et marins du monde entier et en particulier de la Grande-Bretagne, la principale puissance. Ces nombreux britanniques importèrent leur mode de vie et en particulier les nouveaux sports qui naquirent en Grande-Bretagne sur les 50 dernières années. Ils fondèrent ainsi des associations où ils pouvaient se regrouper et les pratiquer. Le 7 septembre 1893, plusieurs de ces expatriés dont notamment Sir Charles Payton, le consul britannique ainsi que les hommes d’affaires Charles de Grave Sells, George Blake, George Fawcus et Henry De Thierry, se retrouvèrent au consulat britannique pour fonder le Genoa Cricket and Athletic Club. Comme son nom l’indique, le football n’était pas prioritaire. Les membres se réunissaient principalement pour faire du water polo et surtout jouer au cricket. Outre la pratique de sports anglo-saxons, l’adhesion au Genoa était exclusivement réservé aux citoyens britanniques. L’histoire bascule en 1896 avec l’arrivée à Gênes d’un médecin anglais passionné de sport, James Richardson Spensley. Non seulement, il ouvra le club aux sportifs italiens mais il structura aussi la section football.

L’histoire des couleurs du Genoa CFC est directement liée à ses origines britanniques. A sa création, ces membres britanniques évoluaient logiquement avec des maillots entièrement blancs, en hommage à la tenue de la sélection nationale anglaise. Le short et les chaussettes étaient noirs. Puis, en 1899, l’institution changea une première fois d’identité visuelle, en adoptant un maillot à rayures verticales blanches et bleues. Le choix du bleu symboliserait la mer, élément naturel important et historique de Gênes. Enfin, le 22 janvier 1901, la reine Victoria s’éteignait et son long règne marqua la montée en puissance et l’apogée de l’Empire Britannique. Un événement de cette ampleur ne pouvait laisser indifférents les membres du jeune club ligure attaché à ses racines britanniques. Les Génois Paolo Rossi et Giovanni Bocciardo et le Suisse Edoardo Pasteu proposèrent de retenir les couleurs de l’Union Jack, bleu foncé et rouge. La proposition fut approuvée par une majorité (5 voix contre 4) au détriment de la proposition du membre gallois Howard Passadoro qui avait proposé un kit bleu avec des bords blancs. Le maillot devenait rouge grenat et bleu foncé disposés en quatre quartiers, le blanc relégué uniquement aux revers. Depuis, il n’a jamais été modifié.

#1395 – Hapoël Kfar Saba : הירוקים מהשרון

Les verts de Sharon. Sharon ne fait pas référence à l’ancien militaire et premier ministre israélien (2001-2006) mais à la région du centre de la côte israélienne dont la capitale est Netanya. Habité par plus de 100 000 personnes, Kfar Saba se situe dans le sud de cette région et son club de l’Hapoël joue en vert. Cela pourrait paraître anodin mais ce choix de couleur est révolutionnaire pour un club appartenant au mouvement Hapoël.

En Israël, le sport a historiquement été pensé comme un outil de construction de la nation et de la société. Ainsi, le mouvement sportif fut encadré au sein des organisations politiques, qui fit de ses clubs des vitrines sportives et politiques. Le premier qui apparut fut le Maccabi qui représentait les classes bourgeoises à tendance centre droit et dont les équipes sportives revêtaient des maillots bleu et jaune. Plus à droite, le Beitar était le mouvement des nationalistes qui enfanta historiquement des groupes paramilitaires comme l’Irgoun. Les joueurs des clubs Beitar portaient des maillots noir et jaune. Enfin, en 1926, le Histadrout, le puissant syndicat des travailleurs juifs, ancré à gauche, fonda le mouvement sportif Hapoël. Il fut créé en opposition directe au Maccabi, jugé trop bourgeois et élitiste. Le but était de proposer un sport pour le peuple, basé sur l’égalitarisme et la camaraderie plutôt que sur la compétition à outrance. Hapoël, qui signifie « le travailleur » en hébreu, portait donc des valeurs de gauche et son symbolisme s’y accrochait. Ainsi, son emblème originel (un athlète au cœur d’une faucille et d’un marteau) et sa couleur rouge rappellent ses racines marxistes et socialistes. Aujourd’hui, tous les clubs du mouvement Hapoël reprend ces symboles (qui sont réglementaires) sauf 4 clubs : Hapoël Petah Tikva et Hapoël Ironi Kiryat Shmona en bleu et blanc, Hapoël Holon en violet et jaune et donc Hapoël Kfar Saba.

Le petit village de Kfar Saba fut fondée en 1898 mais, ses premières années furent difficiles et la culture des amendes demeurait l’activité principale. Il fallut attendre les années 1920 pour que le village et la population juive prissent son essor, s’appuyant sur le développement des vergers d’agrumes (en particulier le citron et l’orange) qui devinrent la richesse de la région. De nombreux ouvriers agricoles, pour certains syndiqué au sein de l’Histadrout, émigrèrent alors dans le village et en 1928, le club de l’Hapoël vit le jour comme une réponse de la population ouvrière au seul club de la ville, le Maccabi. Mais, l’économie de la ville dépendant grandement de ses vergers, les fondateurs de l’Hapoël favorisèrent le vert pour rappeler les arbres et l’agriculture plutôt que la couleur traditionnel du mouvement sportif de gauche. Le blason reprenait tout de même l’athlète au cœur d’une faucille et d’un marteau.

#1392 – Treaty United FC : Super Blues

Les super bleus. Etonnamment le surnom fait référence à la couleur bleu alors que l’écusson du club est rouge et blanc. En outre, l’équipe porte un drole de nom puisqu’il n’y a pas de ville qui s’appelle Treaty en Irlande. Tout ceci s’explique dans la naissance de l’association en 2020. Remontons tout d’abord aux années 1930. Alors que les habitants de Limerick découvrait le football, le club du Limerick FC vit le jour en 1937. Au fil des années, il s’imposa dans le paysage sportif irlandais, remportant 2 championnats d’Irlande (1959-1960 et 1979-190), 2 coupes d’Irlande (1970-1971 et 1981-1982) et 3 coupes de la ligue (1975–1976, 1992–1993 et 2001–2002). Durant ces premières saisons, Limerick évoluait avec les couleurs de la ville, soit un maillot rayé rouge et blanc accompagné d’un short blanc. Mais, en 1941, lorsque l’équipe de Waterford se retira du championnat, Limerick racheta leurs maillots bleus. Puis quarante ans après, avec son changement de nom en Limerick City, le club modifia ses couleurs de bleu à jaune et vert. Enfin, en 1989, le club reprit son nom d’origine, Limerick FC, ainsi que ses couleurs bleu et blanc

Malheureusement, l’arrivée dans le nouveau millénaire marqua le début de la fin. En 2006, Limerick FC échoua à obtenir la licence nécessaire à son maintien dans la ligue irlandaise. Un consortium d’entreprenuers locaux reprit le flambeau en créant l’association sportive Limerick 37. Néanmoins, deux ans plus tard, après s’être réapproprié le nom historique, le nouveau club fit face à de graves difficultés financières. Un homme d’affaires de Limerick, Pat O’Sullivan, sauva le club de la faillite en 2009 mais 10 ans plus tard, après des successions de descente et de montée entre la première et la seconde division, il souhaita vendre ses parts. Le club connut encore des problèmes financiers et fut placée en redressement judiciaire. En Décembre 2019, la procédure était un échec, le club affichant des dettes d’environ 490 000 €, et début 2020, il disparut définitivement.

Le football étant bien ancré dans la région, dès 2020, un nouveau projet émergea pour maintenir la ville dans la ligue irlandaise. Le nouveau club devait s’appelait Limerick United, mais la direction de Limerick FC menaça de poursuites judiciaires car ce dernier avait déjà utilisé ce nom par le passé. Le choix se porta alors sur Treaty United car la cité de Limerick est surnommé le Treaty County (Comté du Traité). En effet, le 13 Octobre 1691, un traité entre le nouveau roi d’Angleterre Guillaume III d’Orange et son prédécesseur Jacques II fut signé à Limerick et garantissait au Catholique une certaine liberté de culte. Pour ses couleurs, le club choisit de reprendre les teintes de la première équipe senior du comté, le rouge et le blanc. Finalement, en 2024, après un accord, le club annonça qu’il abandonnait les rayures rouges et blanches au profit du bleu et blanc, couleurs associées au football du comté depuis les années 1940. Avec ce changement de couleurs, il reprit également le surnom du Limerick FC, Super Blues.

#1390 – Anagennisi Arta FC : Μαύρη Θύελλα

La tempête noire. Le surnom fait référence au maillot rayé blanc et noir du club de la région d’Épire, au Nord de la Grèce. Le premier club à s’établir dans la ville d’Arta fut l’AO Panambrakikos en 1926 dont les couleurs étaient le bleu et le blanc. Il représentait les habitants de la ville. En 1949, un nouveau club apparaît sous le nom de l’AO Aetos Artas. Avec ses maillots vert et blanc, il était le club des anciens habitants des montagnes environnantes qui avaient migré en ville suite à la guerre civile. Enfin, en 1950, les supporters de l’Olympiacos Le Pirée à Arta fondèrent leur propre équipe dénommée Olympiacos Artas et évoluant évidemment en rouge et blanc.

A la fin des années 1950 et au début des années 1960, le football professionnel grec connut une mutation importante. En 1959, le premier championnat nationale à poule unique vit le jour. Puis, la fédération remodela la seconde division et en 1962, 60 clubs réparties en 4 groupes la composèrent, chaque premier des poules s’affrontant en play-off pour déterminer les équipes promues dans l’élite. Ce mouvement incita les petites cités où de nombreux clubs existaient à unir ces différentes forces pour créer des champions locaux en mesure de rivaliser au niveau national. L’idée de fusionner Panambrakikos, Aetos et Olympiacos germa en 1958 et se concrétisa en 1960. La nouvelle équipe d’Anagennisi Artas afficha sur son blason le célèbre pont de la ville qui enjambe le fleuve Árachthos. Pour les couleurs, la direction choisit le blanc, teinte commune au 3 anciennes équipes, et le noir, qui ne correspondait à aucun des 3 clubs (ou alors le mélange du rouge, bleu et vert des 3 fondateurs).

#1389 – Club América : los Cremas, los Azulcremas

Les crèmes, les bleus et crèmes. Les joueurs du club mexicain évoluent avec un maillot principalement jaune et bleu. Mais, par le passé, si le bleu était déjà présent sur la tenue, la couleur crème remplaçait le jaune. Ce choix original et reconnaissable est aussi ancien que la fondation du club. Au début de l’année 1916, le football se répandit dans les écoles jésuites et maristes de Mexico et, dans l’école Mascarones, un groupe de garçons d’à peine treize ans, mené par Rafael Garza Gutiérrez et Germán Núñez Cortina, décida de former une équipe avec les meilleurs joueurs de l’établissement. A la première réunion de l’équipe, Rafael Garza Gutiérrez se pointa équipé d’une chemise crème, un short bleu marine et des chaussettes bleues. Il avait prit quelques vêtements dans l’armoire de son père et confectionna cette tenue. Le short était un pantalon bleu marine qu’il avait raccourci à hauteur des genoux. La chemise était celle du collège Mascarones. Elle était à la base jaune pâle mais avec les lavages avait altéré sa teinte qui avait tourné couleur crème. Ce kit plut aux autres membres qui trouvaient également qu’il les distinguait des autres équipes. En outre, il rappelait leur lien avec le collège Mascarones et présentait enfin l’avantage de reposer sur des tissus peu onéreux pour l’époque. Les joueurs firent leurs premières rencontres avec cette tenue et, même lors de la fusion ultérieure avec le collège mariste de La Perpetua, les nouveaux membres acceptèrent de conserver ces couleurs.

Le premier changement important intervint lors de la saison 1953-1954 avec l’installation définitive des chaussettes crèmes. Lors de la saison 1967-1968, la couleur jaune fut utilisée officiellement sur le maillot pour la première fois de l’histoire. Puis, le jaune déteignit sur les chaussettes lors de l’exercice 1970-1971. A la fin de la décennie, le rouge fit quelques apparitions au niveau du col. Enfin, en 1982-1983, un dernier changement intervint qui allait rendre le maillot encore plus distinctif : un scapulaire bleu marine avec des rappels de rouge. Le scapulaire évolua pour parfois représenter les plumes d’un aigle.

#1380 – Toronto FC : the Reds

Les rouges. Après 10 ans d’existence, la ligue américaine, MLS, s’ouvrit au Canada en intégrant Toronto, dont le projet de franchise était porté par la société Maple Leaf Sports & Entertainment, déjà actionnaire de l’équipe de Hockey des Maple Leaf. Dans cette aventure à la fois sportive et business, le choix du nom de la franchise et de ses couleurs relevaient avant tout d’une stratégie marketing. Résultat, en 2006, pour se garantir l’adhesion de futurs supporteurs, la direction du nouveau club lança une consultation pour trouver un nom parmi les propositions « Toronto Northmen », « Inter Toronto FC », « Toronto Reds » et « Toronto FC ». Comme il recueillit 40% des votes et qu’il reproduisait une tradition européenne, terre du football, la simplicité du nom Toronto FC fut retenue. Par ailleurs, comme le déclara Tom Anselmi, l’un des principaux dirigeants de Maple Leaf Sports & Entertainment, « the absence of a conventional sports nickname is deliberate. We wanted the whole city to feel ownership and we want to provide the opportunity for a meaningful nickname to emerge over time » (L’absence d’un surnom sportif conventionnel est délibérée. Nous voulions que toute la ville se sente concernée et nous souhaitions laisser la place à un surnom significatif qui émergera avec le temps).

Mais, finalement, à l’image de la direction concernant le nom de la franchise, les fans et la presse ne firent pas preuve d’imagination en appelant les joueurs du Toronto FC de la couleur principale de leur tunique, les reds. D’ailleurs, dans le choix de la couleur, MLSE demeura assez classique également. Première ville non-américaine à intégrer la MLS, l’équipe de Toronto opta pour le rouge et le blanc, mettant en valeur ses origines canadiennes. Car, basée sur le red ensign (pavillon rouge avec l’union jack dans le coin supérieur gauche), la première bannière canadienne affichait déjà principalement la couleur rouge. En 1921, le roi George V proclama le rouge et le blanc comme couleurs officielles du Canada (le rouge provenant de la croix de saint Georges et le blanc de l’emblème royal français depuis Charles VII). Enfin, les deux couleurs furent reprises définitivement en 1965 lors de l’adoption du drapeau actuel. Ce qui tombait bien, c’est que ces deux couleurs étaient également les principales du futur sponsor de l’équipe, la Banque de Montréal. Le hasard fait bien les choses …

#1376 – AS Génération Foot : les Grenats

En 2000, Mady Touré créa l’académie de football Génération Foot avec pour objectifs de former et valoriser les jeunes talents sénégalais. Lui-même avait tenté une aventure de footballeur professionnel en France dans des clubs des divisions inférieures mais pas couronnée de succès en raison de blessures. Il avait fini par devenir recruteur pour une agence après avoir été maçon. Rapidement, en 2003, pour se doter de moyens, Mady Touré signa un partenariat avec le FC Metz. En l’échange d’équipements et d’une aide financière, l’académie sénégalaise devint une passerelle vers le haut niveau européen, via le club mosellan qui avait une option sur au moins deux joueurs de Génération Foot chaque saison.

Le partenariat, renouvelé en 2010 puis en 2020 pour 10 ans, se révélera un véritable accord gagnant-gagnant. D’un côté, le FC Metz mettait la main sur des joueurs de gros calibres, le principal étant Sadio Mané (mais on peut également citer Ismaïla Sarr, Pape Matar Sarr, Diafra Sakho et Lamine Camara). De l’autre, Génération Foot trouvait les ressources financières pour construire des installations au niveau FIFA, comme son centre d’entrainement Amara Touré ou le lycée « Bernard Serin » (du nom du président du FC Metz). Tous ces investissements porteront leur fruit, le club gravissant les échelons du football nationale et remportant notamment 3 titres de champion. Aujourd’hui, le FC Metz est actionnaire à plus de 40 % de l’Académie Génération Foot.

Avec un tel partenariat, Génération Foot a naturellement calqué son image sur celle de son grand frère. Ainsi, l’écusson comme les maillots de l’équipe devinrent grenat, la couleur du club mosellan (cf. #144).

#1368 – JK Nõmme Kalju : Roosad Pantrid

Les panthères roses. Fondé en 1923 par les lutteurs Aleksander Šneider et Mart Liiv, Nõmme Kalju est l’un des plus anciens clubs de football d’Estonie. Actif jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le club disparut avec l’avénement du régime soviétique. Puis, Värner Lootsmann, un homme politique de Nõmme, Uno Piir, un des entraîneurs les plus célèbres d’Estonie, et Anton Siht insufflèrent une nouvelle vie au club en 1997. Puis, en 2002, Kuno Tehva, entrepreneur dans le divertissement et les lubrifiants, accéda à la présidence du club avec la volonté de faire de Nõmme Kalju un club professionnel en mesure de remporter le titre de champion. Et cette volonté de réussite sportive s’accompagnait pour Tehva d’une politique marketing active, à l’image des autres clubs européen mais encore bien novateur pour le football estonien.

Recrutement d’un entraineur (Fredo Getúlio Aurelio) et de joueurs brésiliens (Felipe Nunes , Alan Arruda), campagne publicitaire décalée et massive, Kuno Tehva mit d’importants moyens innovants pour l’Estonie afin de rendre, selon ses dires, son équipe glamour. Cette stratégie se diffusa aussi sur les maillots. Evoluant dans des couleurs sombres (noir et blanc), Tehva introduisit une troisième couleur plus original et glamour, le rose. En 2007, les joueurs portèrent ainsi un maillot rose. Voyant cette tenue, Rootsi Kunn, célèbre supporter du FC Flora, surnomma les joueurs de Nõmme Kalju les Roosad Pantrid. Pas du tout fâché, les supporters de Kalju adoptèrent ce surnom. Depuis, la panthère rose est devenu la mascotte du club et le principal groupe de supporteurs du club se nomme également ainsi.

#1362 – SFK Etar Veliko Tarnovo : Болярите

Les boyards. Je vous rassure tout de suite, le célèbre fort de Charente-Maritime n’a pas déménagé en Bulgarie et ne fait qu’entamer une cure de jouvence (travaux de restauration et de protection qui dureront de 2025 à 2028). Les boyards du club de Veliko Tarnovo font ici référence à un titre héréditaire médiéval, porté par la plus haute strate de l’aristocratie féodale des Balkans entre le Xème et le XVIIème siècle.

Etar, du nom slave de la rivière Yantra qui serpente près de Veliko Tarnovo et qui signifie « eau vive », connut une histoire mouvementée, à l’image de nombreux clubs d’un ancien pays communiste. Tout débuta le 24 avril 1924, suite à l’unification de 4 clubs de Veliko Tarnovo (Slava, Phoeni, Victoria et Bulgaria). Le club ressuscita 12 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale puis réalisa quelques coups d’éclat en Coupe et au sein de l’élite. En 2002, le club disparut mais renaquit un an après sous le nom de Etar 1924. Nouvelle faillite en 2012 et nouvelle renaissance en 2013 sous le nom actuel. Mais, si l’histoire fut accidentée ces dernières années, la tradition de porter un maillot violet perdura, et le surnom avec.

En effet, la couleur violette a longtemps était difficile à produire car rare à l’état naturel. Durant l’antiquité et des siècles encore après, la teinture pourpre était vendue principalement dans la cité de Tyr (aujourd’hui au Liban) et produite à partir d’un escargot de mer, le murex épineux, qui était extrêmement rare et qui produisait peu de mucus. Les tissus de cette couleur étaient donc chers et plutôt réserver à la noblesse. Et les boyards comme tout riche aristocrate européen appréciaient ces tissus pourpres. D’ailleurs, lors de fouille dans l’Eglise des Saints-Quarante-Martyrs à Veliko Tarnovo, qui abrite les sépultures de dignitaires bulgares, des vêtements violets furent découverts.

En Bulgarie, les boyards furent des aristocrates, au départ de simples chefs militaires qui acquirent un pouvoir et des richesses importants. Les boyards bénéficiaient de nombreux privilèges et occupaient les plus hautes fonctions administratives et militaires. D’ailleurs, sous les Premier (681–1018) et Second Empires (1185–1396) bulgares, le souverain bulgare était conseillé par un cercle restreint de boyards. De manière générale, ils concentrèrent un grand pouvoir entre leurs mains, ce qui conduisit à de fréquentes conspirations contre le souverain ou à la sécession de régions entières de l’État. Le titre de boyard fut aboli et les privilèges supprimés après la conquête de la Bulgarie par l’Empire ottoman.