#1390 – Anagennisi Arta FC : Μαύρη Θύελλα

La tempête noire. Le surnom fait référence au maillot rayé blanc et noir du club de la région d’Épire, au Nord de la Grèce. Le premier club à s’établir dans la ville d’Arta fut l’AO Panambrakikos en 1926 dont les couleurs étaient le bleu et le blanc. Il représentait les habitants de la ville. En 1949, un nouveau club apparaît sous le nom de l’AO Aetos Artas. Avec ses maillots vert et blanc, il était le club des anciens habitants des montagnes environnantes qui avaient migré en ville suite à la guerre civile. Enfin, en 1950, les supporters de l’Olympiacos Le Pirée à Arta fondèrent leur propre équipe dénommée Olympiacos Artas et évoluant évidemment en rouge et blanc.

A la fin des années 1950 et au début des années 1960, le football professionnel grec connut une mutation importante. En 1959, le premier championnat nationale à poule unique vit le jour. Puis, la fédération remodela la seconde division et en 1962, 60 clubs réparties en 4 groupes la composèrent, chaque premier des poules s’affrontant en play-off pour déterminer les équipes promues dans l’élite. Ce mouvement incita les petites cités où de nombreux clubs existaient à unir ces différentes forces pour créer des champions locaux en mesure de rivaliser au niveau national. L’idée de fusionner Panambrakikos, Aetos et Olympiacos germa en 1958 et se concrétisa en 1960. La nouvelle équipe d’Anagennisi Artas afficha sur son blason le célèbre pont de la ville qui enjambe le fleuve Árachthos. Pour les couleurs, la direction choisit le blanc, teinte commune au 3 anciennes équipes, et le noir, qui ne correspondait à aucun des 3 clubs (ou alors le mélange du rouge, bleu et vert des 3 fondateurs).

#1389 – Club América : los Cremas, los Azulcremas

Les crèmes, les bleus et crèmes. Les joueurs du club mexicain évoluent avec un maillot principalement jaune et bleu. Mais, par le passé, si le bleu était déjà présent sur la tenue, la couleur crème remplaçait le jaune. Ce choix original et reconnaissable est aussi ancien que la fondation du club. Au début de l’année 1916, le football se répandit dans les écoles jésuites et maristes de Mexico et, dans l’école Mascarones, un groupe de garçons d’à peine treize ans, mené par Rafael Garza Gutiérrez et Germán Núñez Cortina, décida de former une équipe avec les meilleurs joueurs de l’établissement. A la première réunion de l’équipe, Rafael Garza Gutiérrez se pointa équipé d’une chemise crème, un short bleu marine et des chaussettes bleues. Il avait prit quelques vêtements dans l’armoire de son père et confectionna cette tenue. Le short était un pantalon bleu marine qu’il avait raccourci à hauteur des genoux. La chemise était celle du collège Mascarones. Elle était à la base jaune pâle mais avec les lavages avait altéré sa teinte qui avait tourné couleur crème. Ce kit plut aux autres membres qui trouvaient également qu’il les distinguait des autres équipes. En outre, il rappelait leur lien avec le collège Mascarones et présentait enfin l’avantage de reposer sur des tissus peu onéreux pour l’époque. Les joueurs firent leurs premières rencontres avec cette tenue et, même lors de la fusion ultérieure avec le collège mariste de La Perpetua, les nouveaux membres acceptèrent de conserver ces couleurs.

Le premier changement important intervint lors de la saison 1953-1954 avec l’installation définitive des chaussettes crèmes. Lors de la saison 1967-1968, la couleur jaune fut utilisée officiellement sur le maillot pour la première fois de l’histoire. Puis, le jaune déteignit sur les chaussettes lors de l’exercice 1970-1971. A la fin de la décennie, le rouge fit quelques apparitions au niveau du col. Enfin, en 1982-1983, un dernier changement intervint qui allait rendre le maillot encore plus distinctif : un scapulaire bleu marine avec des rappels de rouge. Le scapulaire évolua pour parfois représenter les plumes d’un aigle.

#1380 – Toronto FC : the Reds

Les rouges. Après 10 ans d’existence, la ligue américaine, MLS, s’ouvrit au Canada en intégrant Toronto, dont le projet de franchise était porté par la société Maple Leaf Sports & Entertainment, déjà actionnaire de l’équipe de Hockey des Maple Leaf. Dans cette aventure à la fois sportive et business, le choix du nom de la franchise et de ses couleurs relevaient avant tout d’une stratégie marketing. Résultat, en 2006, pour se garantir l’adhesion de futurs supporteurs, la direction du nouveau club lança une consultation pour trouver un nom parmi les propositions « Toronto Northmen », « Inter Toronto FC », « Toronto Reds » et « Toronto FC ». Comme il recueillit 40% des votes et qu’il reproduisait une tradition européenne, terre du football, la simplicité du nom Toronto FC fut retenue. Par ailleurs, comme le déclara Tom Anselmi, l’un des principaux dirigeants de Maple Leaf Sports & Entertainment, « the absence of a conventional sports nickname is deliberate. We wanted the whole city to feel ownership and we want to provide the opportunity for a meaningful nickname to emerge over time » (L’absence d’un surnom sportif conventionnel est délibérée. Nous voulions que toute la ville se sente concernée et nous souhaitions laisser la place à un surnom significatif qui émergera avec le temps).

Mais, finalement, à l’image de la direction concernant le nom de la franchise, les fans et la presse ne firent pas preuve d’imagination en appelant les joueurs du Toronto FC de la couleur principale de leur tunique, les reds. D’ailleurs, dans le choix de la couleur, MLSE demeura assez classique également. Première ville non-américaine à intégrer la MLS, l’équipe de Toronto opta pour le rouge et le blanc, mettant en valeur ses origines canadiennes. Car, basée sur le red ensign (pavillon rouge avec l’union jack dans le coin supérieur gauche), la première bannière canadienne affichait déjà principalement la couleur rouge. En 1921, le roi George V proclama le rouge et le blanc comme couleurs officielles du Canada (le rouge provenant de la croix de saint Georges et le blanc de l’emblème royal français depuis Charles VII). Enfin, les deux couleurs furent reprises définitivement en 1965 lors de l’adoption du drapeau actuel. Ce qui tombait bien, c’est que ces deux couleurs étaient également les principales du futur sponsor de l’équipe, la Banque de Montréal. Le hasard fait bien les choses …

#1376 – AS Génération Foot : les Grenats

En 2000, Mady Touré créa l’académie de football Génération Foot avec pour objectifs de former et valoriser les jeunes talents sénégalais. Lui-même avait tenté une aventure de footballeur professionnel en France dans des clubs des divisions inférieures mais pas couronnée de succès en raison de blessures. Il avait fini par devenir recruteur pour une agence après avoir été maçon. Rapidement, en 2003, pour se doter de moyens, Mady Touré signa un partenariat avec le FC Metz. En l’échange d’équipements et d’une aide financière, l’académie sénégalaise devint une passerelle vers le haut niveau européen, via le club mosellan qui avait une option sur au moins deux joueurs de Génération Foot chaque saison.

Le partenariat, renouvelé en 2010 puis en 2020 pour 10 ans, se révélera un véritable accord gagnant-gagnant. D’un côté, le FC Metz mettait la main sur des joueurs de gros calibres, le principal étant Sadio Mané (mais on peut également citer Ismaïla Sarr, Pape Matar Sarr, Diafra Sakho et Lamine Camara). De l’autre, Génération Foot trouvait les ressources financières pour construire des installations au niveau FIFA, comme son centre d’entrainement Amara Touré ou le lycée « Bernard Serin » (du nom du président du FC Metz). Tous ces investissements porteront leur fruit, le club gravissant les échelons du football nationale et remportant notamment 3 titres de champion. Aujourd’hui, le FC Metz est actionnaire à plus de 40 % de l’Académie Génération Foot.

Avec un tel partenariat, Génération Foot a naturellement calqué son image sur celle de son grand frère. Ainsi, l’écusson comme les maillots de l’équipe devinrent grenat, la couleur du club mosellan (cf. #144).

#1368 – JK Nõmme Kalju : Roosad Pantrid

Les panthères roses. Fondé en 1923 par les lutteurs Aleksander Šneider et Mart Liiv, Nõmme Kalju est l’un des plus anciens clubs de football d’Estonie. Actif jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le club disparut avec l’avénement du régime soviétique. Puis, Värner Lootsmann, un homme politique de Nõmme, Uno Piir, un des entraîneurs les plus célèbres d’Estonie, et Anton Siht insufflèrent une nouvelle vie au club en 1997. Puis, en 2002, Kuno Tehva, entrepreneur dans le divertissement et les lubrifiants, accéda à la présidence du club avec la volonté de faire de Nõmme Kalju un club professionnel en mesure de remporter le titre de champion. Et cette volonté de réussite sportive s’accompagnait pour Tehva d’une politique marketing active, à l’image des autres clubs européen mais encore bien novateur pour le football estonien.

Recrutement d’un entraineur (Fredo Getúlio Aurelio) et de joueurs brésiliens (Felipe Nunes , Alan Arruda), campagne publicitaire décalée et massive, Kuno Tehva mit d’importants moyens innovants pour l’Estonie afin de rendre, selon ses dires, son équipe glamour. Cette stratégie se diffusa aussi sur les maillots. Evoluant dans des couleurs sombres (noir et blanc), Tehva introduisit une troisième couleur plus original et glamour, le rose. En 2007, les joueurs portèrent ainsi un maillot rose. Voyant cette tenue, Rootsi Kunn, célèbre supporter du FC Flora, surnomma les joueurs de Nõmme Kalju les Roosad Pantrid. Pas du tout fâché, les supporters de Kalju adoptèrent ce surnom. Depuis, la panthère rose est devenu la mascotte du club et le principal groupe de supporteurs du club se nomme également ainsi.

#1362 – SFK Etar Veliko Tarnovo : Болярите

Les boyards. Je vous rassure tout de suite, le célèbre fort de Charente-Maritime n’a pas déménagé en Bulgarie et ne fait qu’entamer une cure de jouvence (travaux de restauration et de protection qui dureront de 2025 à 2028). Les boyards du club de Veliko Tarnovo font ici référence à un titre héréditaire médiéval, porté par la plus haute strate de l’aristocratie féodale des Balkans entre le Xème et le XVIIème siècle.

Etar, du nom slave de la rivière Yantra qui serpente près de Veliko Tarnovo et qui signifie « eau vive », connut une histoire mouvementée, à l’image de nombreux clubs d’un ancien pays communiste. Tout débuta le 24 avril 1924, suite à l’unification de 4 clubs de Veliko Tarnovo (Slava, Phoeni, Victoria et Bulgaria). Le club ressuscita 12 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale puis réalisa quelques coups d’éclat en Coupe et au sein de l’élite. En 2002, le club disparut mais renaquit un an après sous le nom de Etar 1924. Nouvelle faillite en 2012 et nouvelle renaissance en 2013 sous le nom actuel. Mais, si l’histoire fut accidentée ces dernières années, la tradition de porter un maillot violet perdura, et le surnom avec.

En effet, la couleur violette a longtemps était difficile à produire car rare à l’état naturel. Durant l’antiquité et des siècles encore après, la teinture pourpre était vendue principalement dans la cité de Tyr (aujourd’hui au Liban) et produite à partir d’un escargot de mer, le murex épineux, qui était extrêmement rare et qui produisait peu de mucus. Les tissus de cette couleur étaient donc chers et plutôt réserver à la noblesse. Et les boyards comme tout riche aristocrate européen appréciaient ces tissus pourpres. D’ailleurs, lors de fouille dans l’Eglise des Saints-Quarante-Martyrs à Veliko Tarnovo, qui abrite les sépultures de dignitaires bulgares, des vêtements violets furent découverts.

En Bulgarie, les boyards furent des aristocrates, au départ de simples chefs militaires qui acquirent un pouvoir et des richesses importants. Les boyards bénéficiaient de nombreux privilèges et occupaient les plus hautes fonctions administratives et militaires. D’ailleurs, sous les Premier (681–1018) et Second Empires (1185–1396) bulgares, le souverain bulgare était conseillé par un cercle restreint de boyards. De manière générale, ils concentrèrent un grand pouvoir entre leurs mains, ce qui conduisit à de fréquentes conspirations contre le souverain ou à la sécession de régions entières de l’État. Le titre de boyard fut aboli et les privilèges supprimés après la conquête de la Bulgarie par l’Empire ottoman.

#1360 – Paphos FC : γαλάζιους

Les Bleus. Le club du richissime anglo-russe Roman Dubov a arraché son ticket pour la Ligue des Champions 2025-2026, devenant le 3ème club chypriote à réaliser cet exploit. En remportant la coupe nationale en 2024 puis le titre de champion de Chypre en 2025, Paphos FC a donc atteint l’objectif fixer par ses fondateurs … il y a seulement 11 ans. Une décennie en arrière, la petite ville côtière comptait deux clubs professionnels : l’AE Paphos et l’AEK Kouklia. Mais, ces derniers se débattaient avec des problèmes financiers et ne parvenaient pas à se maintenir au haut niveau. D’où l’idée de fusionner les deux clubs pour se renforcer le 9 Juin 2014. L’AEK, le club des expatriés grecs d’Asie Mineure, évoluait logiquement en noir et jaune (cf. #234) et absorbait formellement l’AE. Mais, le nouveau club opta pour les couleurs de l’AE, le bleu et le blanc (même si le jaune apparait sur l’écusson).

L’AE résultait déjà d’une fusion opérée au début du XXIème siècle avec la même finalité. En 2000, afin de devenir la place forte du football de Pharos, les clubs de APOP (fondé en 1953) et Evagoras (fondé en 1961), qui oscillaient entre la seconde et la première division du pays, unirent leur force. Les deux clubs évoluaient en bleu et blanc (Evagoras jouait en vert et blanc de sa fondation jusqu’en 1962 puis en bleu et blanc), ce qui facilita donc le choix pour la nouvelle association de l’AE.

Ces couleurs bleus et le blanches, qui se sont transmises de club en club, pourraient symboliser l’héritage maritime de la ville côtière et le ciel clair de Chypre. Situé sur la côté ouest de l’île, Pharos constituait à partir du Moyen Âge, le port occidental de Chypre. Mais, l’émergence de Nicosie et du port de Larnaca lui fit perdre son importance. Après l’invasion turque de Chypre en 1974, l’activité économique a connu une forte croissance dans tous les secteurs, notamment le tourisme. La municipalité, 4ème ville du pays, est devenue aujourd’hui une station balnéaire prisée des touristes et son port de pêche connait un regain d’activité.

Mais, l’origine du bleu et du blanc pourrait provenir de l’histoire récente de la ville. Outre la couleur, un autre élément se transmit au fil des fusions : le visage sur le blason du club. Il s’agit d’Evagoras Pallikarides, un militant grec-chypriote. Il apparut d’abord sur l’écusson de l’Evagoras (qui portait le nom du martyr) et fut conservé par l’AE puis le Pharos FC. Né à quelques kilomètres de Pharos, il était membre du mouvement indépendantiste EOKA. Il fut arrêté le 18 décembre 1956 alors qu’il transportait des armes et pendu le 27 février 1957, devenant le plus jeune combattant à être exécuté à Chypre. Son mouvement, EOKA, au-delà de l’indépendance, souhaitait comme beaucoup de grecs-chypriotes l’union avec la Grèce et donc reprit sur son drapeau les couleurs bleues et blanches (une croix blanche sur fond bleu). Le club Evagoras s’inspira de ces couleurs. Tout comme l’APOP dont plusieurs de ses fondateurs et sportifs étaient membres de l’EOKA (d’ailleurs Evagoras Pallikaridis était un athlète de l’APOP).

#1355 – Fluminense : Tricolor

Le tricolore. Le maillot comme l’écusson de Fluminense se distinguent par leur mélange de 3 couleurs, qui les ont souvent fait élire comme les plus beaux du monde. Les fameuses trois couleurs sont le vert, le blanc et le grenat. Pourtant, à la fondation du club en 1902, sa tenue se composait d’un maillot blanc et gris associé à un short blanc. L’écusson reprenait également ses couleurs sur lesquelles était apposées en rouge les lettres FFC. Toutefois, cette équipement avec ces couleurs était difficile à trouver même lorsque le président Oscar Cox avec son ami Mário Rocha se rendirent à Londres où se trouvaient les principaux équipementiers. Résultats, les deux membres tombèrent sous le charme d’un maillot aux couleurs vert, grenat et blanc. Le 15 juillet 1904, lors d’une assemblée générale, une lettre envoyée d’Angleterre par Oscar Cox et Mário Rocha décrivant leur trouvaille convainquit les membres d’adopter ces nouvelles couleurs. Fluminense porta pour la première fois son maillot tricolor lors d’une victoire 7 buts à 1 contre Rio Cricket le 7 mai 1905.

En 1940, le parolier Lamartine Babo (avec le chef d’orchestre Lyrio Panicali) composa un nouvel hymne pour le Fluminense, qu’il appela « Marcha Popular« . Et dans les 3 dernières strophes, il donna une raison à chacune des couleurs. Tout d’abord, la première phrase clame « Sou tricolor de coração » (Je suis tricolore dans l’âme). Puis, la 3ème strophe déclare que « Vence o Fluminense/Com o verde da esperança » (Fluminense gagne/Avec le vert de l’espoir). La 4ème « Vence o Fluminense/Com o sangue do encarnado » (Fluminense gagne/Avec le sang du rouge). Enfin, le 5ème et dernier « Vence o Fluminense/Usando a fidalguia/Branco é paz e harmonia » (Fluminense gagne/En utilisant la noblesse/Le blanc est la paix et l’harmonie).

Ce surnom est décliné en Tricolor carioca, Máquina Tricolor (la machine tricolore) et Tricolor de Laranjeiras (Laranjeiras étant le nom du quartier d’origine de Fluminense).

#1354 – Tokyo Verdy : ヴェルディ

Verdy. Pour de nombreuses équipes de football japonaise, leurs noms se composent d’un mot-valise à l’origine européenne et Tokyo ne fait pas exception. Verdy provient du portugais verde et signifie la couleur verte. Assez logique pour une équipe portant des maillots verts.

La médaille de bronze obtenue par l’équipe nationale japonaise aux Jeux Olympiques de 1968 à Mexico engendra une vague d’intérêt pour le football au pays du soleil levant. En 1969, le groupe de media Yomiuri et le groupe télévisuel NTV s’associèrent pour fonder le Yomiuri Football Club, avec l’objectif d’en faire une association moteur du football professionnel. De 1978 à la création de la J-League en 1992, Yomiuri s’imposa comme une puissance dominante de l’île. Lorsque la J-League émergea, sa volonté était de rapprocher les clubs de leurs bases de fans et cela passait par un changement de nom des équipes. D’une part, les clubs devaient prendre le nom de leurs villes de résidence. D’autre part, elles devaient exclure les noms d’entreprise de leur dénomination. Ainsi, Yomiuri FC devint le Kawasaki Verde (le club déménagea dans la capitale au début des années 2000).

Si le célèbre attaquant brésilo-japonais Ruy Ramos qui évolua à Verdy de 1977 à 1996 aimait à déclarer « 俺の体には緑の血が流れてるんだヨ!」と言うくらい » (j’ai du sang vert qui traverse tout mon corps), le maillot du Verdy ne fut pas toujours vert. De 1969 à 1978 (date de la première promotion en première division), les joueurs portaient un maillot bleu. Puis, la couleur verte commença à s’imprimer sur la tenue. Toutefois, à l’époque, les clubs adoptèrent une certaine liberté avec leur équipement. Ainsi, jusqu’en 1981, Yomiuri FC évoluait avec des maillot verts mais également avec des chemises à rayure verticale bleu et rouge. Puis, en 1982, les joueurs portèrent régulièrement un maillot rayé noir et bleu ciel, similaire à celui du Grêmio Porto Alegre. Mais, plus populaire au sein des joueurs et des fans, le vert s’imposa définitivement en 1984.

D’où vient ce vert ? Selon certains, la couleur fut proposée par l’entraineur George Yonashiro qui œuvra de 1972 à 1989 à Yomiuri. Né à São Paulo, il appréciait l’équipe brésilienne de Palmeiras. Toutefois, d’autres avancent que l’équipe qui inspira Yomiuri FC fut Saint-Etienne. Un de ses joueurs, Toshifumi Tonami, était un passionné de maillot d’équipe européenne et il commanda le maillot vert à col bleu-blanc-rouge de Saint-Etienne. Ce dernier fut répliqué à l’identique par Yomiura FC.

#1333 – CF Atlas : la Furia Rojinegra

La furie rouge et noire. Dans le football mexicain, Atlas a su se faire remarquer pour son style de jeu et en a gagné plusieurs surnoms (cf. articles #130 et #688) dont celui de la Furia. Mais, avant de s’atarder sur cette partie de ce surnom, attachons nous aux couleurs traditionnelles du club, Rojinegra, rouge et noir que l’équipe porte depuis sa fondation en 1916. A cette époque, un groupe de jeunes, issus de familles bourgeoises, constatant le déclin du football à Guadalajara, montèrent leur propre équipe sous le nom d’Atlas. Ces enfants de bonnes familles avaient découvert le football lors de leurs études en Europe. 4 des membres, qui étaient frères, Ernesto, Tomás, Rafael et Orendain Fernández del Valle, avaient étudié dans le Collège Ampleforth, dans le Yorkshire, au Nord-Est de l’Angleterre qui dépendait de l’abbaye bénédictine de Saint-Laurent d’Ampleforth. Les 4 frères proposèrent le noir et rouge qui devaient symboliser le martyr de Saint-Laurent, patron de l’école anglaise. Laurent de Rome dit Saint-Laurent était diacre du pape Sixte II et mourut en 258 à Rome en martyr, sur un grill. Ainsi, le noir représentait le martyr et le rouge le sang versé par lui.

En 1970-71, Atlas connut une de ses pires saisons dans l’élite, ne remportant que 5 de ses 34 matchs et étant relégué. Mais, après avoir survolé la seconde division la saison suivante, Atlas revint en première en 1972-1973. Sous l’impulsion de son défenseur, Alfredo Torres, Atlas réussit une saison remarquable pour un promu. L’équipe termina premier ex-quo du groupe 2, marquant 63 buts en 34 matchs. En demi-finale du championnat, Atlas perdit face à Cruz Azul, futur champion. Mais, tout au long de la saison, l’équipe démontra un jeu offensif, fait de vitesse et verticalité. Les supporteurs comparèrent ce style de jeu à une furie.