#526 – AC Monza : Biancorossi

Les blancs et rouges, couleurs du club. En 1912, la fusion de plusieurs clubs de sport donna naissance au Monza FC. Le club jouait alors avec des maillots aux couleurs blanches et bleues. A la fin des années 20 (saison 1928-1929) ou au début des années 30 (saison 1932-1933), le club changea de couleurs pour celles devenues traditionnelles aujourd’hui, blanc et rouge. Les raisons de ces choix, soit au moment de la fondation, soit lors du changement, ne sont pas documentées et sont donc inconnues. Mais, il est possible d’avancer une théorie. Tout d’abord, j’en écarte une. Le club résultant de la fusion de plusieurs associations, le bleu et blanc auraient pu être la conjugaison des couleurs des anciens clubs. Mais, il est peu probable que deux couleurs suffirent pour symboliser les différents clubs. Les couleurs bleus et blanches proviendraient, à mon sens, de celles des armes de la ville. Suite à une fusion, retenir les couleurs de la ville qui était le point commun des différents clubs serait justifié. Le changement vers le rouge et blanc s’expliquerait aussi au travers de la bannière de la cité lombarde. Cette dernière affiche les armes bleues et blanches de la ville sur un fond composé d’une bande rouge et d’une bande blanche. L’origine de ces différentes couleurs sont peut-être à trouver dans le premier sceau connu de la cité (XIIIème siècle) : un croissant de lune rouge avec un demi-cercle blanc en dessous, sur un fond bleu. Selon les historiens, la lune est un symbole du pouvoir impérial, reflété dans le soleil blanc qui fait référence au pouvoir papal.

#523 – Club Bolívar : los Celestes

Les bleus ciels. Le 12 avril 1925, un groupe de jeunes fonda un nouveau club sportif dans la capital de La Paz. Créé l’année du centenaire du pays, les membres fondateurs voulaient donner un nom hispanique au club, contrairement aux autres clubs boliviens de l’époque qui avaient adopté des noms britanniques (The Strongest, Always Ready, Blooming …). Ils l’appelèrent ainsi Bolívar en l’honneur du grand libérateur sud-américain Simón Bolívar. Pour le choix des couleurs, ils optèrent pour l’originalité avec du bleu clair, peu répandue à l’époque. Elle reflétait la couleur du ciel au dessus de La Paz. Capitale la plus haute du monde, elle connaît des hivers particulièrement secs et ensoleillés.

#518 – Polonia Varsovie : Czarne koszule

Les chemises noires. Club historique du football polonais (même s’il évolue aujourd’hui dans les bas-fonds), les joueurs du Polonia porte un maillot intégralement noir. La question du choix de la couleur des vêtements a donné lieu à plusieurs théories. Tout d’abord, entre la création du club en 1911 et 1913, le club évolua avec un maillot rayé noir et blanc. Les raisons de ce mariage de deux couleurs sont inconnues. La fondation du club résultant de l’union de deux clubs scolaires, peut-être que chaque couleur représentait un des lycées. Au début de l’année 1913, le club changea son équipement pour une tenue intégralement noire. Il y a d’abord l’explication patriotique. De la fin de l’épopée napoléonienne (1815) jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale, la Pologne fut niée comme entité nationale et écartelée entre ces trois grands voisins : la Russie à l’Est, la Prusse à l’Ouest et l’Empire Austro-Hongrois au Sud. Ainsi, la direction du club voulait signifier par ce maillot noir la tristesse du peuple polonais d’être divisée. Cette version peut se trouver conforter par le nom du club. Polonia est le nom latin de la Pologne et en 1911, donner au club un tel nom était un acte de patriotisme et de courage. Malgré cela, il semble que cette version soit fantasmé et que la réalité soit moins romantique. Le responsable des fournitures du club, un certain Mück, ne parvenait pas à dénicher des maillots rayés noirs et blancs et se tourna donc vers le kit le plus simple à trouver, un maillot intégralement noir. Ce choix par défaut présentait aussi un autre avantage : ces vêtements se salissaient peu en jouant sur le terrain boueux où évoluait le club (Agrykola). Le premier match avec ce nouvel équipement fut joué le 23 février 1913 face au Korona. Polonia remporta alors une première victoire face à ce rival (4-0). A compter de 1920, le surnom des chemises noires apparut.

#516 – CA Tigre : los Matadores

Les tueurs. Deux origines sont avancées pour expliquer ce surnom. La première fait référence à l’une des plus belles saisons du club en première division en 1955. Le CA Tigre termina à la 6ème place derrière les 4 grands (River, Racing, Boca et Independiente) et Lanús. Lors des matchs retours, le club réussit à marquer 29 buts, meilleur attaque du championnat devant celle d’Independiente. A l’issu des matchs allers, le club n’avait trouvé les filets adverses que 17 fois. L’attaque de feu était alors composé de Tucho Méndez, de Carlos Lacasia et du franco-argentin Héctor de Bourgoing. Cette performance fit écrire au journaliste Osvaldo Ardizzone dans le magazine El Gráfico que la CA Tigre était une équipe de tueurs. D’autres préfèrent associer la naissance de ce surnom avec le changement du design du maillot du club au début des années 1970. En effet, à cette époque, le club opta pour un nouveau maillot aux couleurs historiques rouge et bleu mais avec des rayures verticales. Il ressemblait alors à celui classique du CA San Lorenzo de Almagro. Or, ce dernier avait récemment gagné son surnom los matadores depuis ces épopées de 1968. Le CA Tigre hérita alors du même surnom. Il se serait définitivement installé après la victoire en championnat en 1979 qui offrit l’accession du club en Première Division.

#514 – Cardiff City FC : the Bluebirds

Les oiseaux bleus. Formé sous le nom de Riverside FC en 1899, le nouveau club de football avait pour objectif d’occuper les joueurs de cricket du Riverside Cricket Club en hiver. Ces derniers portaient un kit de couleurs marron et orange. En 1905, la direction demanda de changer le nom du club en Cardiff City suite à l’octroi du statut de ville à Cardiff. La fédération du Pays de Galles n’accéda pas à la requête car elle estimait que le club évoluait dans des ligues trop mineures pour bénéficier d’un titre aussi prestigieux. Trois ans plus tard, alors que le club participait à la Ligue amateur du sud du Pays de Galles, la fédération céda et Cardiff City naquit. Pour des raisons inconnues, le club changea ses couleurs et opta pour le bleu. La même année, une pièce de théâtre « The Bluebird of Happiness » (L’oiseau bleu du bonheur) de l’écrivain belge Maurice Maeterlinck fut présentée à Cardiff. Elle connut un grand succès auprès des habitants de Cardiff. Ces derniers firent le lien entre la nouvelle couleur du club avec le titre de cette pièce et affublèrent le club du surnom de bluebirds. En 1959, l’oiseau bleu apparut sur le maillot du club et s’inscrivit dans le blason.

#504 – Club Santos Laguna : Verdiblancos, Albiverdes

Ces deux termes se réfèrent aux couleurs du club, vert et blanc (dans ce sens pour le premier mot, dans le sens inverse pour l’autre). Après la disparition du CF Torreón en 1974 et du CF Laguna en 1978, la région de Laguna resta sans équipe de football professionnelle pour les représenter au niveau national pendant 5 ans. En 1982, le club de Tuberos de Veracruz, qui évoluait en 2ème Division, disparut. Il céda sa licence à l’Instituto Mexicano del Seguro Social (IMSS – Institut Mexicain de Sécurité Sociale), qui fonda un nouveau club et le transféra à d’autres propriétaires en 1983, pour créer, dans la ville de Torreón, le Club Santos Laguna. Fondé en 1943, cet organisme public se consacre à la fourniture de services de santé et de sécurité sociale. Ainsi, dans ses premières années, l’IMSS se concentra à construire des hôpitaux. Puis au début des années 50, le concept de sécurité sociale s’élargit et les missions furent étendues afin de promouvoir la santé et faire atteindre un meilleur niveau de vie à ses assurés. L’organisme réalisa alors un grand nombre d’investissements en commençant par construire des logements bon marché et salubres. Au sein de ces immeubles, l’IMSS y développa des gymnases, restaurants et espaces de divertissement afin d’y créer un lieu de vie. Puis, l’autorité publique s’investit dans le sport, vecteur de bien-être et de santé. L’institut créa des écoles de football pour les jeunes puis au début des années 70, il organisait et sponsorisait plusieurs tournois de football dans tout le pays. A la fin des années 70 et au début des 80, l’IMSS franchit une étape supplémentaire en acquérant et créant 7 clubs de football dont Atlante, Oaxtepec et Santos Laguna. Les clubs créés reprirent les couleurs de l’IMSS, le vert et le blanc. En 1983, à sa fondation, le club évoluait en vert uniquement puis à partir de 1986, il adopta la tunique rayée verte et blanche. Aujourd’hui, le club donne une signification à ses couleurs. Le vert représente la vie, la naissance. La région de Laguna est désertique et le club en vert symbolise la vie. Le blanc est synonyme de paix, d’humilité et d’amour. Selon le club, associée au vert, la couleur génère confiance et empathie des fans.

#503 – RFC Liège : les Sang et Marine

Le surnom reprend les couleurs du club, rouge et bleu foncés. En 1892, comme dans beaucoup d’autres villes, les expatriés anglais à Liège importèrent le football et furent partie prenante à la création du premier club de la ville. Pour l’anecdote, le RFC Liège fut créé par les membres du club cycliste de Liège Cyclist’s Union, qui la même année, lança la Doyenne des Classiques, Liège-Bastogne-Liège. Lors du premier match officiel face au Bruxelles FA, les joueurs arboraient un maillot rayé jaune et noire. A l’automne suivant, une revanche contre le Bruxelles FA fut organisée. Cette fois, l’équipement des joueurs se composa d’un maillot aux couleurs rouge et bleu. Plusieurs joueurs de Liège étaient anglais et rapportèrent dans leur valises les couleurs de leur club de cœur, le rouge et le bleu de Dulwich Hamlet, une équipe du sud de Londres. Ce fut un succès avec une victoire 3 buts à 1. Aujourd’hui, le club de Dulwich, qui évolue entre la 6ème et 7ème division anglaise, porte un maillot bleu et rose.

#501 – Nacional Montevideo : los Tricolores

Les tricolores, le blason du club affichant les couleurs bleu, rouge et blanc. Le 14 mai 1899, joueurs et dirigeants de l’Uruguay Athletic Club et du Montevideo Football Club fusionnèrent pour donner naissance au Nacional. Premier club « créole » (ie de personnes nées en Uruguay et descendant des européens) d’Amérique du Sud, les fondateurs voulaient que le club soit le digne représentant du pays, qui avait à peine 70 ans d’existence. Ainsi, sur proposition de Dr Ernesto Caprario, les fondateurs dotèrent le club du nom de Nacional et, pour les couleurs, reprirent celles du drapeau d’Artigas. Cela tombait bien car Montevideo Football Club portait du rouge et Uruguay Athletic du bleu.

Le drapeau d’Artigas est l’un des symboles de l’Uruguay et la bannière des indépendantistes des années 1810-1820. En 1811, la population de l’Uruguay actuel (appelé alors Bandera Orientale) ainsi que de l’Argentine prirent les armes contre l’Espagne pour obtenir leur indépendance. Ces troupes étaient emmenées par José Gervasio Artigas, qui devint plus tard un héros national. A compter de 1815, ils adoptèrent un drapeau composé de bandes horizontales bleues, blanches et rouges (plus tard, les bandes rouges furent remplacées par une unique bande diagonale, barrant celles du haut et du bas bleues et celle du centre blanche). Artigas avait créé ce drapeau sur la base de celui de Manuel Belgrano (un des principaux leaders de la guerre d’Indépendance et le créateur du drapeau de l’Argentine), auquel il ajouta la couleur rouge symbolisant le sang versé pour l’indépendance.

Le club opta d’abord pour un maillot rouge, couleur du poncho national, avec un col et des poignets bleus. Puis, en 1902, le maillot blanc (qui perdure aujourd’hui) s’imposa, à la demande de la fédération, car le maillot rouge était trop similaire aux couleurs d’un autre club, Albion FC (mais également car le rouge des maillots s’estompait au fil des lavages et en outre, en 1900, Nacional absorba le club du Defensa Football Club qui évoluait en blanc). Ce maillot blanc fut toujours accompagné de parements rouge et bleu (soit au travers de la fameuse poche – cf #57 – soit le cols et/ou les poignets).

#497 – FCG Bordeaux : les Marines et Blancs

Le maillot bordelais arbore les couleurs marines et blancs, depuis quasiment la création de la section football. Après une première tentative échouée en 1910, la section football renaquit grâce à la fusion avec d’autres clubs de sports. Les Girondins absorbèrent notamment le club de l’Argus Sport qui transmit aux Girondins ses couleurs Marine et Blanc.

Elles peuvent être un rappel de la mer et son écume, la ville étant situé sur la Garonne et dont le port fut le principal en France sur l’Océan Atlantique. Mais aucune certitude à ce sujet.

Comme pour le scapulaire (cf article #44), certains avancent que le choix de ses couleurs fut réalisé pour honorer la Vierge Marie. En effet, la Vierge Marie est systématiquement représentée vêtue d’une robe bleue. Cette couleur est porteuse de nombreuse signification telle que la fidélité, la justice et la spiritualité. Dans l’ancien testament, le bleu représente la fidélité du peuple d’Israël à Dieu tout comme la Vierge Marie. L’étoffe qui recouvre l’Arche d’Alliance est bleue et pour rappeler que la Vierge Marie, en ayant porté Jésus Christ, est comme l’Arche, elle serait représentée avec des vêtements bleus.

Plus prosaïquement, à compter du XIIIème siècle, le bleu est la couleur des princes et nobles car le pigment bleu (dit de lapis-lazuli) était l’un des plus chers. Les tissus bleus démontraient donc la richesse et la noblesse de son porteur. L’Eglise se serait servie de cette riche symbolique pour désigner le caractère sacré de la Sainte Vierge.

Au final, les raisons réelles sont inconnues mais les supporteurs sont attachés à ces couleurs. Sous la direction d’Alain Afflelou, afin de créer plus de lien (économique) avec le monde viticole bordelais, la direction changea les couleurs du club pour un vrai bordeau en 1992. Seulement, même si le club atteignit la finale de la Coupe de l’UEFA en 1996, ce choix, qui s’accompagnait également de celui de supprimer le scapulaire qui venait à peine de refaire surface après les années Claude Bez, ne convainquit jamais et le club revint au marine et blanc en 1996. De même, lorsque le fonds américain, King Street, décida de moderniser l’écusson du club, notamment en optant pour un bleu plus clair que le marine, les supporteurs se sentirent trahis (ce ne fut pas la seule modification de l’écusson qui les agaça). Ne pas respecter l’histoire d’un club en cédant aux sirènes du marketing pour au final, moins d’un an plus tard, lâcher le club, quel irrespect et gâchis (Je préfère d’ailleurs afficher pour cet article l’ancien).

#496 – Real Sociedad : Txuriurdin

Les blanc et bleu, en basque, couleurs du club. Né en 1907 ou 1908, de la dissidence de la section football du San Sebastián Recreation Club, le club fut le premier à adopter pour son uniforme les couleurs bleus et blanches représentatives du drapeau de la ville. A cette époque, le maillot était totalement blanc avec les initiales SS brodées en bleu, accompagné d’un pantalon bleu. Ce mixe de couleurs perdurera malgré les fusions et refondations lors des premières années d’existence. Le drapeau officiel de San Sebastián est blanc avec un carré bleu dans le coin supérieur gauche. Sa première mention date de 1659 où il fut remis aux vainqueurs d’une régate. Au début du XIXème siècle, une ordonnance royale accorda à San Sebastián le drapeau blanc avec le carré bleu comme enseigne maritime, qui devait être affichée par tous les navires de son port. Mais, à cette époque, San Sebastián possédait également un autre drapeau, aux couleurs violettes et blanches avec la croix de Saint-André en rouge.

Ce n’est qu’en 1997 que le conseil municipal de la ville entama un processus visant à déterminer lequel des deux drapeaux représenterait officiellement la ville. En novembre 1998, le drapeau actuel fut approuvé par la Diputación Foral de Guipúzcoa (parlement du du territoire historique de Guipúzcoa) et le 20 janvier 1999, il fut officiellement hissé sur la Plaza de la Constitución. Ces deux couleurs blanches et bleus coïncident également avec celle des armes de la ville, qui furent adoptées au milieu du XVIème siècle. Sa description est la suivante : « Dans un champ d’azur (ie de couleur bleu), sur des vagues d’azur et d’argent (ie de couleur blanche), un bateau, en or, à trois bâtons, recouvert d’argent et accompagné des lettres SS, en argent, un dans chaque canton. Bordure en argent avec la légende « Gagné par la fidélité, la noblesse et la loyauté », en lettres de sabre (noir) ».