#1222 – Helmond Sport : Kattenmeppers

Les tapettes à chats ou les mangeurs de chats (traduction non littérale mais proche dans l’idée). Surnom assez peu flatteur pour ce club mais qui s’attache plus généralement aux habitants de la ville de Helmond et pas seulement à ce club fondé en 1967.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les restrictions et confiscations allemandes limitèrent l’accès à la nourriture pour les populations civiles des pays occupés. En particulier, aux Pays-Bas, les conditions climatiques de l’Hiver 1944-1945, l’opération « Market Garden » et les actes de résistance qui bloquèrent les transports et surtout les représailles allemandes accentuèrent cette pénurie alimentaire. Crise amplifiée par la rupture d’approvisionnement en charbon (ce qui limitait l’usage du chauffage et de la cuisine pour les civils). Cette période connue sous le nom Hongerwinter (L’hiver de la faim) se conclût par la mort de plus de 20 000 civils. Pour pallier le manque de nourriture et limiter la malnutrition, la population se mit à chasser et manger des animaux domestiques, en particulier du chat, et des bulbes de plantes. Le chat, dont le goût de la viande se situerait entre le lapin et le lièvre, fut appelé dakhaas (lièvre de toit), ce qui offrait un bel euphémisme. Le phénomène fut généralisé mais c’est précisément Helmond qui reçut ce surnom, parce qu’il semble que ce soit dans cette cité que l’on consommait le plus de chats.

Outre cette version de la pauvreté, il existe une autre théorie. Durant la période du carnaval, par le passé, les habitants de Helmond participaient à un jeu cruel qui ferait hurler aujourd’hui les défenseurs des animaux, le Katknuppelen. Un chat était enfermé dans un tonneau, puis les fêtards tapaient sur le tonneau jusqu’à son éclatement, libérant la créature apeurée. Celui qui parvenait à l’attraper, était récompensé par de la bière. Dans les pires versions, l’animal pouvait être ensuite placé dans une cage en fer et gardé au-dessus d’un feu jusqu’à ce qu’il meure. Tout cela était considéré comme un divertissement populaire, et pas seulement à Helmond.

#1203 – RAEC Mons : les Dragons

Sur le logo du club, un dragon apparaît mais son style semble peu commun (même si personne n’a jamais observé un dragon) et renvoie plutôt à char de carnaval. Mons est l’une des villes du Nord (Nord de la France et Belgique) qui s’anime à l’époque du carnaval avec des fêtes traditionnelles et des figures folkloriques (des géants ou des dragons). Lors du week-end de la trinité, soit une semaine après la pentecôte ou huitième dimanche après Pâques (donc entre mi-mai et mi-juin), Mons célèbre la Ducasse (ou Doudou, nom de la musique jouée pendant la fête).

La fête s’étire du Samedi au Lundi, jalonnée de plusieurs manifestations scénarisées. Tout commence le Samedi soir, lorsque la Châsse (le coffre contenant les reliques) de Sainte Waudru, considérée comme la fondatrice de la ville, quitte la collégiale qui porte son nom et est confiée au bourgmestre. Le Dimanche, la Châsse déambule dans les rues de la ville, posée sur un immense char d’apparat de près de 2 tonnes datant de 1780 et tiré par 6 robustes chevaux, le Car d’Or, et accompagnée de près 1 500 participants en costumes d’époque représentant les corporations et personnes importantes de la ville, comme les confréries, les paroisses, la famille de la sainte et les personnages liés à sa vie. Puis, la foule en liesse pousse les chevaux pour effectuer la remontée de la rampe qui longe la collégiale. A l’issue de cette remontée commence l’apogée de la ducasse, le Combat dit Lumeçon, qui chorégraphie la lutte de Saint Georges (le bien) contre le dragon (le mal). Descendant de la collégiale, les acteurs du combat, Saint Georges et le dragon, ainsi que 44 personnages folkloriques comme les chins-chins, diables, hommes blancs et hommes de feuilles, cybèle, poliades, pompiers et policiers, rejoignent la Grand Place et se livrent à un rituel précis et parsemé de nombreux éléments symboliques, où, au final, Saint Georges terrasse le dragon. Mu par les Hommes blancs et les Hommes feuilles, le dragon se nomme El’ Biète, mesure environ 10 mètres de long et pèse 180 kilos. Un des objectifs des spectateurs est d’attraper un crin de la queue du Dragon qui est ensuite porté en bracelet comme porte-bonheur. Puis, les festivités se poursuivent jusqu’au Lundi avec des concerts, braderies, jeux …

La procession en l’honneur de la patronne de la ville remonte à 1248. Sa date aurait été fixée au dimanche de la trinité en 1349. La représentation du combat serait apparue au XVème ou XVIème siècle, selon les sources. Puis, elle cessa au XVIIIème avant de revenir au XIXème siècle. La fête reprit de la vigueur dans les années 1930, sous l’impulsion du chanoine Edmond Puissant, qui contribua à la création de nouveaux groupes et au renouvellement des costumes. Enfin, en 1972, pâtissant de nombreux débordements et bagarres, le combat fut réaménagé par Georges Raepers qui travailla sur la scénographie et son aspect ludique. En 2005, la Ducasse de Mons obtint le statut de chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

#1110 – Everton Viña del Mar : los Ruleteros

Les roulettes. Ce club chilien n’a pas eu le plaisir d’accueillir ZZ venu effectuer quelques roulettes dans son enceinte Estadio Sausalito. Pour autant, il fait parti des principaux clubs du pays, avec 4 titres de champion, et avec un nom évocateur. Car, comme certains autres clubs sud-américains (Liverpool FC en Uruguay, Arsenal Sarandi en Argentine, Barcelona SC en Equateur, CSD Rangers au Chili, CA Torino au Pérou), le vieux continent avec ses institutions sportives constituèrent une source d’inspiration. Tout débuta le 24 juin 1909 quand le club fut porté sur les fonds baptismaux de la ville de Valparaíso par un groupe de jeunes mené par les enfants d’immigrés anglais David et Arturo Foxley, Frank et Hugh Boundy, Percy Holmes, Malcon Fraser et les frères « chiliens de souche » Abelardo et Carlos González. La légende la plus répandue prétend que le nom fut choisit en l’honneur du club de Liverpool qui effectuait alors une tournée en Argentine et en Uruguay. Il se peut d’ailleurs que la famille Foxley qui était le principal moteur du projet était originaire de la ville de la Mersey.

Dans les années 1930, la vie du club fut mouvementée avec par deux fois des arrêts prolongés de l’activité. Une première fois en 1933 car le club s’estima lésé par les décisions prises par la ligue de Valparaíso à son encontre suite à une plainte de son rival, Unión Española de Valparaíso. En 1936, le club reprit son activité mais moins d’un an plus, nouvelle pause en raison de problèmes financiers. Il fallut attendre 1942 pour enfin voir le club renaître. La direction entreprît alors d’importants chantiers pour structurer le club et le préparer au professionnalisme. En premier lieu, le club déménagea dans la ville voisine de Viña del Mar. Ensuite, il agrandit son stade de Sausalito et envisagea d’acheter son siège Viana 161 à Viña del Mar. Pour cela, le club emprunta auprès de ses membres et de ses supporteurs mais également avec le soutien du monde des affaires de la cité, dont le Casino de Viña del Mar, qui sponsorisait le club à hauteur de 0,03% de ses revenus. Ce fort sponsoring du Casino fut à l’origine du surnom.

#881 – MC Oran : المولودية

Le mouloudia. Au début du XXème siècle, les clubs sportifs musulmans furent l’un des premiers moyens de rassembler la communauté arabe et d’expression des nationalistes au Maghreb. Après la Seconde Guerre Mondiale, un certain nombre de clubs avait disparu mais l’indépendantisme algérien connut un nouvel élan, suite aux évènements de Sétif le 8 mai 1945. Ainsi, sous l’impulsion des oulémas représentés par Cheïkh Saïd Zemmouchi, cinq nationalistes, Ali Bentouati, Mohamed Bessoul, Boumefraa, Omar Rouane Serrik et Mahmoud Sayah Miloud Bendraou, se réunirent chez le coiffeur Si Ahmed Al Mahaji, dans le quartier El Hamri (à l’époque quartier Lamur), pour fonder le nouveau club de football d’Oran. Le choix du nom était un marqueur identitaire important pour un club nationaliste. Cette réunion de fondation se tint dans la nuit du 14 mai 1946, la veille de l’anniversaire de la naissance du prophète Mahomet, fête connu sous le nom de ليلة أل مولد (laylat al mawlid, veille du mouloud). Le mouloud (المولد – en arabe dialectal mûlûdiyya) est le jour de l’anniversaire de Mahomet, le 12 Rabi-el-aouel (dans le calendrier hégirien). En Algérie, cela constitue une fête centrale de l’année qui dure 7 nuits. Durant ces sept nuits, les écoles sont décorées et des poèmes en l’honneur du prophète (appelés مولدي Mawlidiyya) sont déclamés. En l’appelant Mouloudia, les fondateurs rappelaient le lien du club avec la culture algérienne dont l’Islam était estimé être le socle. Cela attestait d’un geste de déférence envers le prophète mais également une revendication identitaire vis-à-vis des européens de religion chrétienne.

Il est souvent raconté que le MC Oran avait un prédécesseur du nom de Mouloudia Club Musulman Oranais, fondé le 1er janvier 1917. Si cette dernière association a bien existée, l’affiliation entre les deux clubs est contestée. Certains avancent que le MCM Oranais n’avait pas de section sportive et son activité se réduisait à une fanfare. D’autres estiment que ce dernier club n’exista que deux ans et qu’il ne participa jamais à une compétition officielle. Le club présente généralement sa fondation en 1946 même si la tentation d’afficher une filiation avec un club plus ancien est forte.

#880 – SV Ried : die Wikinger

Les vikings. Même s’il est de plus en plus rare de trouver des supporteurs du club se balader avec un casque de viking dans les travées du stade, le club entretient le lien avec ce peuple nordique. Tout d’abord, l’équipe réserve se nomme Junge Wikinger (les jeunes vikings). De plus, depuis la saison 2016-2017, la mascotte nommée Siegfried est un viking. Enfin, le camp d’entrainement réservé aux jeunes de 6 à 13 ans organisé par le club s’appelle Wikinger Kids Camps. Pourtant, l’origine de ce surnom s’est perdu même s’il est de création assez récente. Deux versions se sont répandues pour l’expliquer. Au début des années 1990, suite au Festival Viking organisé dans la ville voisine de Pram (à 10km de Ried im Innkreis), certains supporteurs seraient revenus dans le stade affublés d’un casque de viking. L’autre version se serait déroulée également dans les années 2010 avec deux des joueurs emblématiques du club. D’un côté, Michel Angerschmid qui n’a connu qu’un seul club pendant les 14 ans de sa carrière, le SV Ried. De l’autre côté, le meneur de jeu Herwig Drechsel qui joua pour Ried lors de deux passages (de 1995 à 1998 et surtout de 1999 à 2010). Lors du centenaire du club en 2012, Herwig Drechsel a même été élu « joueur du siècle ». Ces deux piliers du club fréquentaient également un pub de la ville, où ils avaient leur table. Cette dernière était appelée la table des vikings par les propriétaires et les habitués de ce bistrot et l’appellation aurait déteint sur les deux joueurs. Puis sur l’équipe entière.

#823 – NK Drava Ptuj : Kurenti

Fondé en 2004, le club slovène a pour surnom l’un des événements majeurs de la ville de Ptuj, appelé Kurentovanje. Il s’agit du carnaval le plus populaire et le plus important de Slovénie, organisé pour la première fois en 1960 et attirant environ 100 000 personnes chaque année. D’une durée de 11 jours, il célèbre le printemps et la fertilité et se déroule le dimanche gras. En 2016, le Lonely Planet le classait au 7ème rang des plus beaux carnavals du monde. Enfin, en décembre 2017, les processions et animations du carnaval ont été inscrites sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Pour revenir à ses débuts, un historien nommé Drago Hasl voulait en 1960 remettre à l’honneur le carnaval local et son lot de costumes, qui commençaient à disparaître matériellement et même dans les mémoires des habitants. En effet, dès le XVIIème siècle, il est attesté les premiers carnavals à Ptuj mais cette « débauche » ne plaisait pas à certaines personnes religieuses, ce qui limita le développement des fêtes. Au XIXème siècle, des processions étaient également organisés à Ptuj. A cette même époque, les villages environnants connaissaient une tradition forte de carnaval, avec la présence d’un personnage déguisé connu sous le nom de Kurent ou Korant. Son costume n’était pas codifié à l’époque et composé d’une casquette faite de cornes en cuir ou en feutre avec au bout une plume d’oie et d’un masque en cuir affichant une longue langue rouge. En outre, il portait des cloches sur une fourrure de lapin et avait pour mission de faire fuir l’hiver. Ce fut ces traditions et costumes que Drago Hasl souhaitait sauver et il fit donc de ce personnage folklorique, l’élément central du carnaval. Ainsi, les festivités furent nommées Kurentovanje. En outre, le costume s’enrichit. Le Kurent ou Korant porte désormais un vêtement massif en peau de mouton. Autour de sa taille pend une chaîne avec d’énormes cloches. Sa tête est couverte d’un imposant chapeau de fourrure festonné et d’un masque arborant généralement une longue langue rouge. Il porte aussi des chaussettes ou des leggings tricotés en laine, de couleur rouge ou verte, et porte des bottes noires. Enfin, les Kurents animent le carnaval en faisant sonner leur clochette de porte en porte.

#410 – Sport Boys Warnes : el Toro Warneño

Le taureau de Warnes. Fondé en 1954, à Santa Cruz de la Sierra, les premières années du club bolivien furent insignifiantes et plutôt confidentielles. Au début des années 2000, un groupe de passionnés de football vivant à Warnes, dirigé par Pedro Zurita, avaient le désir d’avoir une équipe qui représenterait cette population du nord de Santa Cruz. Ils acquirent alors le club de Sport Boys et le renommèrent. En Octobre, à Warnes, se déroule la fête patronale en hommage à la Virgen del Rosario (Vierge au Rosaire). Ces fêtes donnent lieu à des nombreuses célébrations dont une procession de la Vierge Marie dans la ville. Les festivités se poursuivent avec des traditions plus païennes tels que le fameux jocheo de toro. Ces jeux de tauromachie consiste à provoquer (jochear dans la langue vernaculaire) la bête avec un drap dans le but de réaliser une figure en l’évitant tandis que d’autres tentent de lui arracher un petit sac contenant un peu d’argent. Les dirigeants donnèrent alors le surnom de taureau au club.

#383 – Club Sol de América : el Danzarín

Le danseur. Le club paraguayen a aujourd’hui son stade à Villa Elisa, dans l’agglomération d’Asunción, mais son port d’attache historique se situe dans le Barrio Obrero, un quartier populaire et ouvrier d’Asunción. Son siège comme son centre d’entrainement demeure encore dans ce quartier. Comme beaucoup de club sudaméricain, avec une attache très locale, le Club Sol n’offre pas simplement une animation sportive mais s’implique dans la vie du quartier. Ainsi, pendant longtemps, le club avait l’habitude d’organiser des bals et carnavals, réputés pour être les meilleures soirées de la capitale. Ceci d’autant plus que son siège se situe proche de la Quinta Avenida (5ème avenue), où se trouvent plusieurs petits bars et restaurants. En outre, ces bals étaient un moyen de fidéliser, attirer les supporteurs étant donné que le Barrio Obrero est également le siège de 3 autres clubs importants du Paraguay (Cerro Porteño, Nacional et Club Atlántida), avec des infrastructures qui se côtoient.

#343 – The Strongest : el Tigre

Le tigre. Le club hérita de ce surnom lors de son 33ème anniversaire. En effet, le 8 avril 1941, le président de la Fédération de Football de La Paz, M. Max de la Vega, déclara un discours lors des célébrations où il baptisa le club du surnom de Tigre : « TIGRES! Yo les llamo Tigres!, porque lleváis en la piel los colores máximos del Club, que en las sombras densas han recibido el beso del sol, para, con sus rayos luminosos, hacer de la penumbra el emblema gualdinegro. Yo les llamo « Tigres »!, porque en los campos de la lid, vuestra garra y tesón me recuerdan al tigre feroz.Yo les llamo « Tigres »!, porque cuando el score os es adverso, lucháis, cual « Tigre » herido, para reconquistar el laurel » (TIGRES! Je les appelle des Tigres!, Parce que vous portez les couleurs du Club sur votre peau, qui dans les ombres denses a reçu le baiser du soleil, pour, avec ses rayons lumineux, faire sortir l’emblème noir et or de l’obscurité. Je les appelle « Tigres »! Parce que dans les champs de combat, ta griffe et ta détermination me rappellent le féroce tigre. Je les appelle « Tigres »!, Car quand le score vous est défavorable, vous vous battez, comme un « Tigre » blessé, pour reconquérir le laurier).

Le président de la Fédération ne puisa pas bien loin pour y trouver cette inspiration. En effet, en portant un maillot rayé or et noir, la référence au tigre devenait naturelle. D’ailleurs, l’équipement du club donna le surnom d’atigrados (tigrés). Ces rayures noires et jaunes représentaient pour les fondateurs le jour et la nuit et copiaient le maillot d’un ancien club de La Paz disparu en 1907, Thunder FBC. Ce dernier arborait un maillot avec des rayures horizontales noires et jaunes, inspiré du plumage noir tacheté de jaune d’un oiseau chanteur très abondant dans les parcs de la ville appelé Chayñita (une espèce de chardonneret).

En outre, avec un nom comme The Strongest (les plus forts), le club ne pouvait s’identifier qu’à un animal qui se rapproche des valeurs du club : force et courage. Dans les années 1920, le condor des Andes fut le premier animal qui s’afficha sur le maillot du club. Mais, l’oiseau disparut quelques années plus tard. Le tigre s’imposa donc à partir de 1941 mais il ne fit son apparition sur le maillot, sous la forme de la tête, qu’à compter de 1969. Jusque dans les années 1980, ce symbole était utilisé à la place du blason. Depuis, les deux s’affichent sur la tunique du club. Enfin, le pseudonyme est parfois précisé en indiquant le quartier dont est originaire le club, el tigre de Achumani.

#296 – 1. FSV Mayence 05 : der Karnevalsverein

Le club du carnaval. Dans le Nord de l’Europe (Belgique, Allemagne, Nord de la France), la tradition des carnaval est profondément ancrée et donne lieu à des fêtes populaires et incroyables encore aujourd’hui. La ville de Mayence accueille un important carnaval qui en fait la réputation dans toute l’Europe. Si la tradition remonte au XVème siècle, la version actuelle a été relancée en 1837-1838, grâce aux échanges économiques avec Cologne, qui avait déjà réformé son carnaval en 1823. Nikolaus Krieger, un artisan de Mayence, constitua pour la première fois en 1837 le premier défilé du carnaval de Mayence, dénommé le Krähwinkler Landsturm. Encouragé par ce succès, plusieurs habitants supportés par Johann Maria Kertell, un grossiste mayençais membre du conseil municipal et du parlement, fondèrent l’association pour le carnaval et organisèrent un cortège masqué le lundi du Carnaval (26 février 1838). 

Chaque année, le 11 novembre à 11 heures 11, le carnaval débute avec la lecture des 11 lois par le Maire de la ville depuis le grand balcon du Palais Ostein. Mais le carnaval débute vraiment qu’au Nouvel An et dure ensuite jusqu’au début du carême (soit près de 3 mois). Il se tient principalement les week-ends et l’apogée a lieu pendant les 4 jours gras précédant le mercredi des Cendres. Le plus important défilé est celui du Lundi des Roses ou Rosenmontag, qui rassemble près de 500 000 personnes dans les rues. Il demeure l’un des 3 principaux en Allemagne et le cortège réunit 8 800 personnes et 139 chariots (d’une longueur d’environ 8,5 kilomètres). D’autres défilés se déroulent en plus du Rosenmontag dans les quartiers de la ville. Tout commence le 1er janvier avec le défilé du nouvel an de la Garde dans la vieille ville de Mayence. Le samedi précédent le Lundi des Roses, le deuxième plus grand défilé du carnaval, le défilé des jeunes masqués, se tint. Le dimanche, le « défilé de la joie de vivre de Finther » et celui de Bretzenheim réunissent près de 50 000 spectateurs. Enfin, la saison des défilés se clôturent à Mardi Gras avec le Kappenfahrt de la vieille ville de Mayence.

La couverture médiatique du carnaval est importante. Dès 1854, des journaux d’autres villes allemandes (tel que Leipzig) faisait un reportage sur le carnaval. En 1910, le premier film du défilé fut réalisé. La première retransmission en direct à la radio eut lieu dans les années 1920. Depuis 1954, le carnaval est retransmis à la télévision et rassemblait plus de 3 millions de téléspectateurs dans les années 2000.