#466 – Chamois Niortais FC : les Chamois

Niort, chef-lieu du département des Deux-Sèvres, fait partie intégrante du Parc naturel régional du Marais poitevin. Ce dernier ne présente pas les paysages de forêts et de rocheuses, aires naturelles des chamois. Pourtant l’animal s’inscrit dans le nom du club, constitue son surnom et enfin s’affiche fièrement sur le blason. Pour comprendre pourquoi il est si présent, il faut remonter aux origines du club et à la vie économique de cette époque. Si la ville est depuis les années 50 connut pour être une place forte des mutuelles (MACIF, MAIF, MAAF … ont été fondées à Niort et possèdent encore une partie de leurs sièges et centres administratifs), dans les années 20, à l’époque de la création du club, une des industries historiques était le travail des peaux et cuirs, en particulier le chamoisage. Cette dernière est une technique artisanale visant à transformer des peaux (de chamois au départ, d’où l’origine du mot « chamoisage ») en cuir souple et de qualité par traitement avec de l’huile de poisson. Ces cuirs étaient principalement utilisés par les entreprises de ganterie. Si les premières chamoiseries (usine faisant du chamoisage) s’établirent autour de Poitiers et Niort sous le règne de François 1er (aider par le développement du commerce entre La Rochelle et le Canada où peaux et poissons étaient abondants), la tradition chamoisine niortaise semble vieille de près de 700 ans. Une pierre tombale datée du XIIIème siècle, trouvée à La Rochénard (25 km au sud-ouest de Niort) montre les outils alors usités pour le travail des peaux. Une lettre patente de 1285 rédigée par l’abbé Mathieu octroyait un port franc aux bourgeois niortais qui commerçaient cuirs et poissons, confirmant l’importance de cette économie. Cette industrie se développa au fil des années au point qu’en 1744, Niort comptait 57 entreprises de chamoiserie et de ganterie qui employaient 1/5ème
de la population de la ville. Après une décrue au début du XIXème siècle, l’industrie des peaux repartit en croissance avec le règne de Napoléon III. La totalité de la Garde Impériale (infanterie et cavalerie) étaient alors équipés de gants provenant de Niort. Les deux plus importantes gantiers de Niort employaient 1 200 ouvriers et produisaient alors 13 000 paires de gants par an. Les deux tiers de leurs productions étaient exportés en Europe, en Russie et en Amérique (Etats-Unis, Mexique, Brésil). Pour fournir ces gantiers, 8 fabriques de chamoiserie demeuraient alors en activité à cette époque, employant une centaine d’ouvriers et produisant environ 270 000 peaux chamoisées par an. Au début du XXème siècle, Niort demeurait encore le premier centre français de peausserie. Au fil du XXème siècle, avec les crises économiques (1929), les deux guerres mondiales et la concurrence asiatique, l’activité décrût et finit par disparaître dans les années 70. Toutefois, à compter de la fin du XIXème siècle et pendant tout le suivant, une famille arrivée tardivement dans ce secteur émergeât et s’imposa comme la plus importante maison chamoisine : la famille Boinot. En 1880, Théophile Boinot s’installa à Niort en reprenant une première chamoiserie. Puis, en 1902, il fit l’acquisition de la plus importante chamoiserie niortaise (entreprise Noirot). Pendant les années 20, les établissements Boinot devinrent l’un des principaux employeurs de la ville. Après la création d’un club de football par Théophile Boinot à la fin de la première guerre mondiale, son fils, Charles Boinot, qui avait repris la direction des usines, fonda le club des Chamois Niortais. Sans appartenir à l’entreprise, le club y était intimement lié. Pour la première saison, la présidence du club fut confiée à Jean Gavaggio, un ingénieur chimiste à l’usine tandis que Georges Poussard, aussi ouvrier de l’usine, fut nommé secrétaire du club.

#465 – 1.FC Union Berlin : Eiserne

Les ferreux. Fondé en 1966 pour offrir aux travailleurs de Berlin-Est un club à supporter, l’Union puise ses origines dans le club dénommé FC Olympia Oberschöneweide créé le 17 juin 1906 par l’union de 3 petites associations sportives. Oberschöneweide était alors une municipalité (qui fut intégrée à Berlin en 1920) qui connut un fort développement à la fin du XIXème siècle en raison de son industrialisation. De grandes entreprises, telles qu’AEG ou Niles, achetèrent d’importants terrains alors agricoles, notamment le long des rives de la Spree, pour y construire un ensemble remarquable d’usines à plusieurs étages, de vastes halls de production et de bâtiments administratifs. La ville devint ainsi un important centre industriel, dominé par les entreprises électriques (aussi bien des centrales que des fabricants de matériel électrique), l’industrie métallurgique et la construction mécanique.

Les habitants étaient alors les ouvriers des usines, les industriels faisant construire près de leurs usines des habitations pour leurs employés. Dans ses premières années d’existence, le FC Olympia Oberschöneweide, initialement composé presque entièrement d’étudiants, s’associa en tant qu’équipe de jeunes à d’autres clubs plus matures. Ainsi, après une première association infructueuse, il se lia avec le récent vainqueur du championnat allemand, le BTuFC Union 1892. Son effectif constitua pendant deux ans la quatrième équipe réserve du BTuFC. En février 1909, l’équipe voulut voler de ses propres ailes et se détacha du BTuFC. Par amitié et afin de les honorer, les joueurs reprirent à la fois le nom (le club devenant désormais Union Oberschöneweide) ainsi que les couleurs bleu et blanc de l’Union 92. Or, ce maillot bleu à parement blanc faisait penser aux bleus de travail des ouvriers qui travaillaient dans l’industrie métallurgique d’Oberschöneweide. Ainsi, le surnom Eiserne s’imposa. En 1998, Nina Hagen, la chanteuse punk, associa sa voix avec le nouvel hymne du club, Eisern Union.

Après la Seconde Guerre mondiale, le club se divisa en deux, une partie en RDA et une autre en RFA. Mais, le club est-allemand était fortement affaibli par la perte de la quasi-totalité de l’équipe première. Pour le maintenir en première division, les autorités communistes l’intégèrent au sein de la structure sportive d’une branche industrielle et le club se retrouva associé à la VEB Transformatorenwerk Karl Liebknecht, un fabricant de transformateur électrique. Les couleurs traditionnelles furent également modifiées : le bleu et blanc du club précédent (et du club frère à l’ouest) furent bannis au profit du rouge et blanc, qui demeure jusqu’à présent.

#463 – Ashanti Gold SC : the Miners

Les mineurs. Ashanti Gold SC fut fondé en 1978 par un groupe d’employés de la société minière Ashanti Goldfields Corporation (AGC) sous le nom de Goldfields Sporting Club. Obuasi, où réside le club, est une ville située au sud du Ghana et dont l’essor a accompagné celui de sa principale richesse, la mine d’or exploitée aujourd’hui par Obuasi Gold Mine (successeur de Ashanti Goldfields Corporation).

Mine d’or à ciel ouvert et souterraine, s’étendant sur 8km et à des profondeurs de 1 600 m, elle est exploitée depuis 1897 et constitue l’une des 9 plus grandes mines d’or du monde. En 2009, la mine employait plus de 5 700 personnes. En 2017, son gisement était estimé à 20,28 Mt de minerai titrés à 9 g/t d’or (9 grammes d’or pour 1 tonne de minerai extrait).

A la création du club, les employés-fondateurs demandèrent à la direction d’AGC de parrainer l’équipe mais AGC refusa. Sans ce soutien financier, les premières années furent difficiles mais cela n’empêcha pas les succès sportifs. Lors de la saison 1984, le club fut finaliste de la coupe nationale (perdue 1 but à zéro face à Asante Kotoko) et grâce à cette finale, le club fut promu en première division. Face à cette réussite et sous la pression de son principal actionnaire, Lonrho, AGC s’investit dans le club pour le structurer mais sans en prendre les commandes (soutien financier et recrutement d’un directeur anglais). Dix ans plus tard, AGC dut s’impliquer encore pour aider à son développement. Enfin, en 2004, le club fut renommé Ashanti Gold Sporting Club, en l’honneur de son ancien actionnaire AGC, qui venait de disparaître dans une fusion avec la compagnie minière sud-africaine d’AngloGold.

#451 – Ipswich Town FC : the Tractor boys

Les garçons du tracteur. Les supporteurs britanniques ont été longtemps résumés aux hooligans, certains actes ne donnant pas tord à cet apriori. Toutefois, le fan anglais sait aussi magner l’ironie et l’auto-dérision. La preuve avec Ipswich. Le club portait plusieurs surnoms assez traditionnels et usuels (Blues, Town) au début des années 2000. Mais, à cette époque, les supporteurs s’approprièrent un nouveau surnom, qui était au départ une moquerie. Les origines exactes demeurent floues mais le fond de l’histoire reste le même. Lors d’un match de football (pour certain, c’était face à Birmingham City, pour d’autres face à Leeds), les fans adverses narguaient les supporteurs d’Ipswich. Dans la version de Leeds, Ipswich remporta le match face à Leeds 2 buts à 1. Les supporteurs de Leeds se mirent à chanter « We’re being beaten by a bunch of tractor drivers » (Nous sommes battus par une bande de conducteurs de tracteurs). Dans l’histoire avec Birmingham, les supporteurs de City chambraient en chantant « Oooh-arr, oooh-arrr ». Cet interjection est typique du dialecte imaginaire du Mummerset, une contrée factice qui synthétise le pire ou le plus ironique de l’arrière pays rustique anglais (une sorte de péquenaudland). Cette langue (et surtout accent) fictive du Mummerset, basée sur les vrais caractéristiques des dialectes de la campagne anglaise, est souvent utilisée pour caractériser et se moquer ces régions paysannes. Mais, pas fâchés par cette comparaison, les fans d’Ipswich leur répondirent « one-nil to the Tractor Boys » (1 zéro pour les Tractor Boys), vu que leur équipe menait au score.

Pourquoi cette référence aux tracteurs ? Ipswich est certes une ville portuaire mais elle est surtout situé dans le comté du Suffolk, connu notamment pour son agriculture. 290 000 hectares sont exploités aujourd’hui dans le Suffolk, soit le cinquième des terres agricoles de l’est de l’Angleterre. Les cultures comprennent le blé, l’orge, la betterave sucrière, le colza, les haricots et les graines de lin. Grâce à cette production, le port d’Ipswich est le plus grand exportateur de céréales du pays. Côté élevage, 20% de la production nationale de porc et de volaille provient du Suffolk. Plus de 8 200 personnes sont employés dans les fermes du comté. L’importance continue de l’agriculture dans le comté se reflète dans le Suffolk Show, un des principaux salons agricoles d’Angleterre qui se tient chaque année en mai à Ipswich. Fiers de leurs origines agricoles, les supporteurs reprirent donc ce surnom à leur compte. Cette image collait bien également à leur équipe qui au début des années 2000, lors de leur remontée dans l’élite, était composé de joueurs anglais au pédigré limité. Or, Ipswich affrontait à ce moment des ogres illustres et aux moyens plus importants.

#427 – Wisła Płock : Nafciarze

Les pétroliers. Etonnant d’avoir ce surnom alors que le club fut créé en 1947 par les ouvriers de la centrale électrique. Cette dernière fut le sponsor principal du club ses premières années et le club se dénommait même Elektryczność Płock (Electricité Plock). Toutefois, rapidement (3 ans après la fondation), des fusions furent organisées avec d’autres clubs de la ville et, comme chacun avait son sponsor, il fut décidé d’opter pour un nom neutre, Wisła, qui est le nom polonais du fleuve Vistule qui arrose la ville de Płock. En 1959, les autorités polonaises décidèrent de construire à Płock, une ville pauvre d’à peine 42 000 habitants, une raffinerie. La position centrale de la ville dans le pays ainsi que la présence de la Vistule qui permettait d’assurer la logistique furent des avantages pour remporter cette usine. En outre, la Vistule offrait un débouché pour les eaux usées et la situation venteuse devait éviter à la population d’être asphyxiée par les émanations. Cette implantation transforma la ville qui doubla sa population en dix ans et devint le centre névralgique de la Pologne pour les activités pétrolières et dérivés (pétrochimie). Aujourd’hui, la raffinerie fait partie du groupe PKN Orlen, dont le siège est à Płock, principale société pétrolière d’Europe Centrale et plus grande entreprise d’Europe centrale et orientale. Avec une telle puissance, la raffinerie, dénommée alors Mazowieckie Zakłady Rafineryjne i Petrochemiczne, prit sous son patronage le club de football qui vivotait dans les championnats amateurs. Jusqu’en 2010, les successeurs de Mazowieckie Zakłady Rafineryjne i Petrochemiczne poursuivirent le sponsoring du Wisła (parfois en intégrant le nom du club), sans pour autant rencontrer de grands succès.

#412 – FK Rostov : сельмаши

Il (prononcé selmash) s’agit de la combinaison et abréviation de deux mots сельскохозяйственные машины qui signifient machines agricoles. Le club, fondé le 10 mai 1930, était l’émanation sportive de l’entreprise Rostselmash, spécialisée dans la fabrication de moissonneuses-batteuses et de tracteurs, elle-même récemment créée un an auparavant. Excepté pendant la seconde guerre mondiale où l’usine fut déplacée Tachkent, la principale unité de production comme le siège social se trouve à Rostov. En 1969, le groupe avait déjà construit 1.000.000 de moissonneuses-batteuses et 25 ans plus tard, la 2 millionièmes machines étaient produites. Privatisé en 2000, plus de 10.000 personnes travaillent pour Rostselmash aujourd’hui. Le club de football s’appela naturellement au départ Сельмашстрой (Selmashstroy) jusqu’en 1936, puis Сельмаш (Selmash) pendant 5 ans et même Трактор (Tracteur) pour rappeler clairement les origines du club. Enfin, de 1957 à 2003, le nom du club se résuma simplement au nom de l’entreprise. Puis, suite à la privatisation de l’entreprise en 2000, le club s’en sépara et fut racheté en 2002 et devint alors le FK Rostov.

#402 – Coton Sport de Garoua : les Cotonniers

Pas trop difficile de comprendre d’où vient l’origine de ce surnom quand le club se dénomme Coton Sport. En 1986, le club phare de la ville de Garoua, l’Etoile Filante, descendait en seconde division. Une équipe amateur décida de s’engager dans le championnat, sous le parrainage de la Société de développement du coton (Sodecoton), l’une des plus importantes entreprises parapubliques du Cameroun. Sodecoton a son siège à Garoua et structure une grande partie de la filière coton, dont Garoua et sa région sont le cœur de la production, la filature et la confection de coton au Cameroun. La production du coton était connue depuis longtemps mais les Européens développèrent cette culture de manière intensive. Aujourd’hui, la Sodecoton assure l’encadrement direct de 350 000 à 400 000 planteurs, pour une surface de culture de près de 200 000 hectares qui donnent plus de 230 000 tonnes de coton graine. L’autre grande entreprise du pays, la CICAM, qui réalise 90% de la confection de textile coton, exploite également à Garoua deux usines de filature et tissage. Le soutien de la Sodecoton garantit au club de football un budget élevé. Résultat, depuis 1996, soit 3 ans après son accession en première division, le club a remporté 15 titres de champion, les autres années l’équipe termina que second.

#398 – Debrecen VSC : Loki

Debrecen, deuxième ville de Hongrie, est bien trop au sud pour vénérer les dieux de la mythologie nordique. Il ne s’agit donc pas du frère de Thor mais simplement du diminutif de Lokomotiv. Si vous suivez nos différentes chroniques, vous savez que les clubs du bloc soviétique attachés au Ministère des Transports et en particulier à l’entreprise nationale ferroviaire, étaient rassemblés au sein d’une « fédération » dénommé Lokomotiv. Si l’équipe de Debrecen ne s’appelle Lokomotiv, il faut tout d’abord noter que VSC sont les initiales de Vasutas Sports Club, qui signifie Club des Sports des Chemins de Fer. Ensuite, de 1949 à 1955, le club prit le nom de Debrecen Lokomotiv. Sachant cela, le diminutif de Loki apparait logique.

L’histoire du club démarra en 1902 au sein des ateliers ferroviaires de Debrecen. Suite à la création du chemin de fer en Hongrie, Debrecen devint un important nœud ferroviaire à la fin du XIXème siècle et la décision fut prise par les chemins de fer hongrois MÁV de créer à Debrecen un atelier de réparation. L’activité débuta le 20 septembre 1898 avec 264 ouvriers, ce qui eut un impact extrêmement significatif sur la vie économique de la ville. Dès 1900, cette usine était devenue une référence dans le pays et employait près de 1 000 personnes avant la Première Guerre Mondiale. Naturellement, une association culturelle et sportive fut fondé au sein des ateliers pour offrir des distractions aux ouvriers. En 1902, deux ingénieurs, György Kabay et Vilmos Nánási, avec la participation de neuf ouvriers de l’atelier prirent l’initiative de créer la section football de l’association corporatiste. C’était la première association sportive ferroviaire rurale. En 1912, le département des sports se sépara de l’usine et créa un nouveau club dénommé Debreceni VSC, ouvert cette fois à tous les cheminots de Debrecen (et non plus seulement ceux de l’atelier). Avec l’arrivée du pouvoir communiste à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, MÁV fut incorporé au sein du Ministère des Transports et l’association sportive des cheminots était plutôt vu d’un bon œil. Mais le nom ne plaisait pas (notamment l’utilisation du mot club) et le club se dénomma alors Debrecen Lokomotiv.

#368 – CS Oriente Petrolero : los Refineros

Les raffineurs. La Bolivie est un pays enclavé en Amérique Latine mais aux riches gisements de minerais et de pétrole/gaz. Ainsi, l’économie bolivienne est basée principalement sur l’extraction et l’exportation de ses ressources naturelles. Dans le domaine minier, la Bolivie est un important producteur mondial d’étain (4ème mondial), d’antimoine (3ème), de plomb (8ème), d’argent (9ème), de zinc (10ème), d’or (24ème) et encore de lithium et de manganèse. Cette exploitation représentait 48% des exportations du pays en 2019. Derrière les minerais, le pétrole/gaz constitue l’autre richesse du pays (15ème exportateur mondial de gaz naturel). Le secteur andin bolivien concentre ces gisements dans le bassin de Santa Cruz et de Tarija. La ville de Santa Cruz, la capital économique du pays et lieu où réside le club, accueille également l’une des deux raffineries du pays. Ce développement du secteur pétrolier remonte principalement aux années 50 où des nouveaux gisements furent découverts. Le pays devint alors producteur/exportateur et confia cette activité à une entreprise nationale créée en 1936, YPFB (Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos). Dans le cadre de ce boom économique, la compagnie nationale YPFB soutint les associations sportives poussées par les ouvriers de ces exploitations et raffineries à travers le pays comme Chaco Petrolero à La Paz, Petrolero à Cochabamba, Independiente Petrolero et Oeste Petrolero à Oruro. Ce fut aussi le cas à Santa Cruz en 1955 où deux clubs de quartiers furent à la base de la création du CS Oriente Petrolero. L’un des clubs était un groupe formé par Aroldo Justiniano, chef du syndicat des travailleurs du pétrole. Résultat, le 5 novembre 1955, lors d’une réunion entre les travailleurs, le club fut officiellement fondé dans le centre de Santa Cruz au bureau régional de l’YPFB.

#360 – Sheffield United FC : the Blades

Les lames. Les origines de Sheffield remonte à la seconde moitié du premier millénaire avant JC mais la ville ne connut qu’un fort développement à la révolution industrielle au XIXème siècle. Entre ces deux périodes, la ville de Sheffield n’était qu’une petite ville mais de grande renommée pour sa production de coutellerie. La situation géographique de Sheffield, au bord de deux rivières (la Sheaf et le Don) et entouré par des collines riches en matières premières dont du charbon, de gré et du fer, en faisait un endroit idéal pour des moulins à eau et des meules. Ces derniers étaient utilisés au départ pour moudre le grain mais ils furent rapidement aussi consacrés à la fabrication de couteaux et d’épées. La première référence à la coutellerie produite à Sheffield remonte à 1297, lorsque les livres fiscaux enregistraient un redevable du nom de Robertus le Coteler (Robert le coutelier). En 1340, Sheffield était déjà renommé pour cette artisanat, le trésor du roi Édouard III dans la Tour de Londres comprenant un couteau provenant de Sheffield. Dans The Reves Tale (le Conte du régisseur), le troisième livre des Contes de Canterbury (écrit entre 1387 et 1400), Geoffrey Chaucer mentionnait « Ay by his belt he baar a long panade/And of a swerd ful trenchant was the blade/A joly poppere baar he in his pouche/Ther was no man, for peril, dorste hym touche/A Sheffeld thwitel baar he in his hose » (Toujours dans sa ceinture de cuir, il portait une machette/une épée avec une longue lame mordante/Dans sa poche, il portait un joli couteau/aucun homme n’a osé le toucher, pour la possibilité de perdre la vie/Un long couteau de Sheffield qu’il portait à sa ceinture). Résultat, aux XIVème et XVème siècles, Sheffield et ses environs était l’un des principaux centres britanniques de fabrication après Londres et produisait des couteaux, épées, ciseaux, faux, lames… . A compter du XVIIème siècle, le métier s’organisa à Sheffield sous l’impulsion des Comtes de Shrewsbury qui mirent en place des jurys de couteliers. Ces derniers enregistraient les marques et artisans, contrôlaient l’apprentissage ainsi que les pratiques et savoir-faire. Puis, en 1624, une loi fut votée par le Parlement, établissant une guilde du nom de Company of Cutlers in Hallamshire qui, outre les compétences des jurys, réglementaient également la qualité de la coutellerie produite. Par la suite, le développement de la production d’acier dans la région et les évolutions dans sa qualité participèrent à passer à la production de masse pour la coutellerie. Au début du XIXème siècle, un tiers des produits manufacturés à Sheffield étaient exportés vers l’Amérique, dont le fameux couteau Bowie. En 1950, environ 15 000 personnes étaient employées dans l’industrie de la coutellerie, la plupart travaillant dans de petites entreprises comptant moins d’une douzaine d’employés. Mais, la contraction des marchés étrangers et l’augmentation de la concurrence étrangère moins chère, en particulier d’Asie, firent mal à l’industrie de la coutellerie à Sheffield. Dans les années 1990, il ne restait à Sheffield qu’environ 1 000 personnes employées par une dizaine de fabricants de coutellerie. Beaucoup de ces entreprises familiales fonctionnent encore aujourd’hui, produisant principalement des couverts. Le club, pour rendre hommage à cette industrie, affiche deux sabres sur son écusson depuis les années 1950.

Il faut noter qu’au départ le surnom de blades ou cutlers (couteliers) étaient attachés à tous les clubs de Sheffield (FC, United ou Wednesday) lorsqu’ils jouaient à l’extérieur. Wednesday revendiquait même ce surnom, le club ayant été fondé avec United. Il semblerait qu’en 1907, un dessinateur fit publié dans une gazette locale une caricature des deux équipes où Wednesday apparaît sous la forme d’un hiboux et United sous la forme de lame. En effet, ce dessinateur ne maitrisait pas l’accent local et quand il entendit que Wednesday jouait à Owlerton (prononcé ole-ler-tun par les habitants de Sheffield), il fit l’analogie avec le Owl (cf. article #199). Depuis, Wednesday adopta le hibou et United conserva le surnom de blades.

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