#1260 – FC Tokyo : 瓦斯

Gaz. Au Japon, avant l’avènement de la J-League, le football était fortement lié au monde économique. Après le bon résultat de l’équipe nationale lors des Jeux Olympiques de Tokyo en 1964, un championnat amateur national vit le jour au Japon en 1965. Pour assoir les clubs d’un point de vue organisationnel comme financier, ils étaient tous liés à une grande entreprise. Ainsi, parmi les clubs fondateurs de la Japon Soccer League (JSL), on retrouvait des équipes filiales de Hitachi, de Mitsubishi Motors, de Mutual Bank ou encore de Nippon Steel. Pour autant, les clubs corporatistes existaient déjà avant la mise en place de la JSL. Ainsi, en 1935, la société 東京ガス(Tokyo Gas), principal fournisseur de gaz naturel pour les grandes villes japonaises telles que Tokyo et Nagano, fonda une équipe de football qui prit le nom de Tokyo Gas FC. Jusqu’en 1986, l’équipe évolua dans la ligue locale de Tokyo avant d’accéder à la ligue régionale Kanto (qui comprenait Tokyo ainsi que 6 autres préfectures). Dans cette dynamique, le club atteignit enfin le championnat nationale de seconde division (JSL-2) en 1991 mais cette saison correspondait à la dernière de la JSL.

En 1992, une nouvelle ligue, correspondant au deuxième échelon nationale, émergea sous le nom Japan Football League (JFL), tandis que le premier championnat nationale professionnel voyait le jour, la J-League. Tokyo Gas évolua dans la JFL et son équipe devint progressivement compétitive. En 1997, le club termina à la deuxième place et dans la foulée, la saison suivante, il remporta le championnat JFL. Seulement cette victoire était symbolique car elle n’offrait pas une place automatique en J-League. Tokyo Gas s’associa alors avec le fournisseur d’électricité, TEPCO, le distributeur, Ampm, la chaine TV Tokyo et le réseau de librairie et de location de vidéo, Culture Convenience Club, pour créer une société commune, la Tokyo Football Club Company, dans le but de rendre l’équipe éligible pour rejoindre la J-League. Mais, le cahier des charges de la ligue professionnelle était stricte et l’aspect corporatiste des clubs devaient être abandonné. En particulier, la marque de l’entreprise ne pouvait plus s’inscrire dans le nom du club. Tokyo Gas devint donc Tokyo FC en 1999. Mais, pour les fans, le club restait le Gas (d’autant qu’il était un des rares à ne pas avoir opté pour un nom spécifique).

#1258 – RB Leipzig : Plastikklub

Le club en plastique. Depuis les années 2000, la géographie des capitaux des clubs de football d’Europe de l’Ouest a été bouleversée. Détenus initialement par les municipalités, des associations d’entrepreneurs locaux ou des mécènes régionaux, certains clubs ont vu déferlé une masse d’argent venus d’abord de l’Est (les oligarques russes comme Roman Abramovitch à Chelsea ou Alicher Ousmanov à Arsenal), d’Orient (Fulham, Leicester City) puis des Etats du Golfe (Qatar à Paris, Abu Dhabi à Manchester City, l’Arabie Saoudite à Newcastle). Enfin, les fonds d’investissements américains ont également pris leur part, avec parfois quelques faillites retentissante (King Street à Bordeaux, Eagle Group à Lyon, Liverpool, Manchester United).

Dans ce paysage, la Bundesliga fait un peu exception car ces nouveaux actionnaires n’ont pas investi en Allemagne (sauf parfois sous la forme de sponsoring), en raison de la règle « 50+1 ». Jusqu’en 1998, les clubs allemands étaient détenus par leurs membres et supporteurs. Lorsque la Fédération allemande permit aux clubs de devenir des sociétés anonymes, la contrepartie fut la mise en place de la règle « 50+1 » qui garantit que les membres du club détiennent toujours la majorité des droits de vote et empêche tout investisseur privé de posséder plus de 49% des parts d’un club. Pour les supporteurs allemands, c’est le gage d’une pureté de leur football. Mais, il y a évidemment des exceptions, qui meurtrissent les fans des clubs traditionnels. Le RB Leipzig représente le totem absolu en la matière.

Le club fut fondé en 2009 par la société de boisson énergisante Red Bull GmbH qui racheta les droits du SSV Markranstädt, association amateur de 5ème division. Les deux clubs historiques de la ville de Leipzig, Chemie et Lokomotiv, n’avaient pas cédé aux sirènes de Red Bull afin de ne pas perdre leurs identités. L’investissement de Red Bull dans le sport répondait à une stratégie marketing d’envergure, afin d’associer sa marque aux exploits sportifs, véhiculant des symboles de force, courage et détermination. En 2012, il était associée à environ 500 athlètes et 600 manifestations sportives et s’investit également dans plusieurs clubs de football (New York Red Bulls, Red Bull Salzbourg, Red Bull Brasil, Red Bull Bragantino, Red Bull Ghana et FC Liefering). La création de Leipzig répondait à cette stratégie, pour la région allemande. Et comme Red Bull le fit pour les autres clubs, il modela cette nouvelle association à son image (nom, couleurs, écusson …), faisant de Leipzig un objet publicitaire à l’effigie de sa boisson. C’était un premier affront pour les défenseurs du football d’antan. En plus, Red Bull contourna avec une certaine arrogance les règles. Tout d’abord, la firme autrichienne détient bien que 49% du capital, mais le solde appartient à des membres du conseil de surveillance de Red Bull à titre personnel. Ensuite, la loi interdit au club d’accoler à leur nom celui d’un sponsor. Or, Red Bull renommait l’ensemble de ses clubs avec sa marque. Résultat, le club fut nommé RB qui signifie … Rasenballsport (qui se traduit par sport de ballon sur gazon) mais le message n’est pas subliminale.

Après les millions investis par Dietrich Mateschitz et sa société, le RB Leipzig est vu comme un club en plastique par les fans des clubs historiques. Un club sans histoire et une menace pour la culture et l’identité du football. Ce n’est pas le seul puisque Volkswagen détient Wolfsburg, Audi avec Ingolstadt et surtout SAP avec Hoffenheim, une ville d’à peine 3 100 habitants mais dont l’équipe joue en Bundesliga dans un stade de 30 000 places. Seulement, Leipzig et Red Bull affichent un tel mépris pour les traditions et valeurs du football allemand qu’il est devenu certainement le club le plus haï outre-Rhin (à l’image de Paris en France).

#1244 – Lokomotiv Kiev : залізничники

Les cheminots. Vu le nom du club, le lien avec le surnom est évident. Ce club de la capitale ukrainienne a toujours représenté le monde ferroviaire. En 1919, le club de Zheldor (Залдор, qui est un diminutif de Chemin de fer) vit le jour à Kiev, avec le soutien de la compagnie ferroviaire, Південно-Західна залізниця (chemin de fer du sud-ouest), et de ses cheminots de la gare centrale. Le premier chemin de fer en Ukraine (alors dans l’Empire Russe) fut édifié en 1843 (un train tiré par des chevaux d’une longueur d’un kilomètre). Puis, les premières grandes lignes apparurent vers 1860, partant notamment de la capital Kiev. La gare de Kiev s’éleva pour accueillir deux chemins de fer : Kiev-Baltique et Koursk-Kiev. Le 7 juin 1870, la compagnie ferroviaire « chemin de fer du sud-ouest » fut fondée pour gérer l’exploitation ferroviaire de la partie occidentale de l’Ukraine, en particulier de Kiev jusqu’à Odessa. Au 1er janvier 1904, elle employait près de 50 000 personnes et en 1913, son réseau s’étendait sur plus de 4 000 km et la compagnie exploitait 1 480 locomotives à vapeur, 31 809 wagons de marchandises et 1 650 wagons de voyageurs.

En 1936, Zheldor changea de nom pour Lokomotiv, et donc demeura dans le giron du monde ferroviaire. Cette modification du nom n’était pas le produit du hasard. Le 5 Décembre 1935, à Moscou, le Comité central des syndicats ferroviaires et le Commissariat du peuple aux chemins de fer décidèrent de fonder une nouvelle société sportive qui avait pour objectif d’améliorer la santé des cheminots et de leurs familles. Le premier club de cette nouvelle association fut le Lokomotiv Moscou le 12 janvier 1936 et dans la foulée, celui de Kiev se rallia.

#1226 – Fortuna Düsseldorf : Fortunen

Dérivé du nom du club. Dans le quartier ouvrier de Flingern à Düsseldorf, le 5 mai 1895 un premier club de sport sous le nom de Turnverein Flingern 1895, où se pratiquait notamment la gymnastique mais pas encore le ballon rond, vit le jour. Un club de football du nom de Düsseldorfer Fußballklub Spielverein fut créé le 1er mai 1908. 3 ans plus tard, un autre club émergea sous le nom de Fußballklub Alemania 1911. Milieu 1913, le Spielverein fusionna avec l’Alemania. Enfin, le 15 novembre 1919, Turnverein Flingern rejoignit les deux précédents pour donner naissance au Fortuna actuel.

Ce nom particulier, Fortuna, apparût fin 1912 lorsque le Fußballklub Alemania 1911 fut rebaptisé Football Club Fortuna 1911. Puis, lors des différentes fusions, le nom Fortuna resta attaché aux différentes organisations et ainsi en 1919, le nom actuel, Düsseldorfer Turn- und Sportverein Fortuna 1895, fut définitivement adopté. Alors, pourquoi les membres de l’époque prirent ce nom, Fortune ? Certes, l’évidence serait que la direction souhaitait s’attirer la chance, Fortune ou Fortuna étant la déesse romaine de la chance (son nom provient du latin fors qui signifie « sort »). Toutefois, il semble que ce n’est pas la déesse qui fut choisie comme patronne du club, mais, simplement, les fondateurs furent séduits par une charrette tirée par des chevaux qui arborait le nom de son propriétaire, une fabrique de pain nommée Fortuna.

Est-ce que cet heureux hasard fut synonyme de bonne fortune pour le club ? Les plus grands succès du club ont été le championnat d’Allemagne de 1933, la finale de la Coupe des vainqueurs de coupe d’Europe en 1979 (perdu contre le FC Barcelone), et les deux victoires en Coupe d’Allemagne en 1979 et 1980. Pas si mal. Malheureusement, depuis les années 1980, le Fortuna passe plus de temps dans les divisions inférieures allemandes qu’au sein de l’élite. D’ailleurs, quand l’équipe parvint à monter en première division, elle redescendait assez rapidement dans les années qui suivaient.

#1208 – Bengaluru FC : the Blues

Les bleus. Le football indien a du mal à se développer dans un pays dominé par un sport très britannique et confidentiel pour bon nombre de pays, le cricket. Mais, des initiatives sont régulièrement lancées pour tenter de replacer l’Inde dans le concert sportif mondial et plus universel. Ainsi, en 1996, un championnat national amateur, la I-League, qui adopta le professionnalisme en 2007. En 2013, une nouvelle ligue privée et fermée fit son apparition, sous le nom d’Indian Super League, et concurrença directement la fragile I-League. La même année, la société JSW décida de créer sa franchise de football dans la ville de Bangalore. En Juillet 2013, le Bengaluru FC naissait et remportait la I-League dès sa saison inaugurale.

Fondé en 1982, JSW est un l’un des plus puissants conglomérats indiens, enregistrant un chiffre d’affaires de plus de 22 milliards d’euros et agissant dans la production d’acier, d’énergie, de ciment, de peinture ainsi que le développement et la gestion d’infrastructure. En 2012, JSW fondait sa structure dédié au développement du sport indien. Le fait qu’il s’intéresse au football donnait naturellement un coup de projecteur sur la discipline et des moyens financiers et d’organisation considérables pour la nouvelle équipe. Ayant la volonté d’avoir un conglomérat unifié et défendant les mêmes valeurs, l’ensemble des sociétés du groupe adoptèrent une image, une marque commune. Le club de football n’y échappa pas et repris les couleurs de son actionnaire et sponsor, principalement le bleu (nuancé par du rouge).

#1200 – ENPPI SC : القلعة البترولية

La citadelle pétrolière. Le club a connu une période assez faste au début des années 2000, en remportant deux Coupes nationales (2005 et 2011 plus 2 finales perdues 2008 et 2009) ainsi qu’une deuxième place en championnat en 2005. A peine une vingtaine d’année après sa fondation (1985), fruit de la volonté des ingénieurs de l’entreprise ENPPI (Engineering for the Petroleum & Process Industries). Cette entreprise publique égyptienne, dont le siège est au Caire, offre des services d’ingénierie et de management de projets pour les secteurs du pétrole, de la pétrochimie et de l’énergie.

Fondée en 1978, la société fait partie du triptyque d’Etat qui gère les ressources pétrolières du pays des pharaons. Pour l’ensemble des activités d’exploration et production, les deux entreprises publiques EGPC et GANOPE se partagent géographiquement les réserves. Les deux autres acteurs du secteur sont Petrojet, société de génie civil des sites de production et de transformation, ainsi que ENPPI, qui se concentre sur les services d’ingénierie et d’équipement. L’Egypte ne constitue pas une grande place pétrolière sur le marché mondial, ses réserves représentant seulement 0,2% soit 3,1 milliards barils. Au rythme de la production actuelle, les réserves seraient épuisées dans 14 ans. Depuis le pic de 1996 avec 922 000 barils par jour, la production a diminué pour atteindre 580 mille barils actuellement, avec une volonté d’augmenter de 9% à 637 580 barils pour 2024-2025. Elle repose sur 3 bassins de production principaux : la région du Golfe de Suez, (40% du volume total en 2017 (offshore et on-shore)), le désert occidental (55% de la production en 2017) et la région delta du Nil – Méditerranée (offshore et on shore). Les capacités de raffinage du pays atteignent 825 000 barils/jour et depuis 1977, l’oléoduc du SUMED entre la Mer Rouge et Alexandrie fait du pays une route importante du transport du pétrole de la péninsule arabique vers l’Europe, appuyée par l’un des plus grands terminaux pétroliers de Méditerranée, Sidi Krir.

#1197 – WSG Tirol : Grün-Weiß

Les vert et blanc. Le club autrichien qui offrit une belle résistance à l’Olympique Lyonnais en match de pré-saison hier, se situe dans le bourg tyrolien de Wattens, district d’Innsbruck-Land. Et si cette municipalité de 9 000 âmes ne vous dit rien, elle abrite tout de même le siège de l’entreprise de cristal et de strass, Swarovski. Comme quoi, l’image du club devrait un peu plus briller.

Le club émergea en Avril 1930 de la communauté ouvrière de la ville, avec les employés de plusieurs entreprises de la ville, la cristallerie Swarovski, la papeterie de Wattens et la briqueterie Tonwerk Fritzens. En 1931, le club s’enregistra auprès de la fédération tyrolienne sous le nom de club sportif Football Club Wattens (SpV FC Wattens). Les membres fondateurs choisirent des armoiries en forme de bouclier, partagées en deux moitiés, une à gauche présentant des rayures verticales vertes et blanches et l’autre à droite blanche ornée de l’aigle tyrolien. Les couleurs vertes et blanches s’installèrent donc dès la fondation du club et ne furent jamais modifiées. Le choix proviendrait du Rapid de Vienne, qui depuis 1906 évoluait dans ces couleurs (#546). Tout d’abord, depuis les années 1920, l’aura du club viennois grandissait fortement en Autriche et lors de la saison 1929-1930 (année de fondation du WSG Tirol), le Rapid remportait son 10ème titre de champion, ainsi que pour la première fois la Coupe Mitropa (une des précurseurs des Coupes d’Europe). En outre, un autre élément rapprochait les deux clubs : leurs origines ouvrières. Les racines du Rapid se trouvent dans les environnements ouvriers du Schmelz à l’ouest de Vienne (une grande friche industrielle entourée de rangées d’habitation densément peuplées), qui accueillaient des immigrants, notamment de Bohême et de Moravie, et en 1897, le prédécesseur du Rapid fut fondé sous le nom Wiener Arbeiter Fußball-Club (club de football ouvrier viennois).

#1182 – Garbarnia Cracovie : Garbarze

Les tanneurs. Le football est un des sports les plus populaires de la seconde ville de Pologne et compte à ce titre plusieurs clubs, dont les célèbres Wisła (13 fois champion de Pologne) et le KS (5 fois champion). Mais, au milieu de ces deux mastodontes, le Garbania s’est fait aussi une place dans le cœur des habitants de la ville en remportant le titre national. Une seule fois en 1931. La performance s’explique par la mutation du club en 1924, 3 ans après sa création.

Tout commença à l’automne 1921 lorsque des ouvriers de l’usine de tannage, Polskich Zakładów Garbarskich, fondèrent un club de football sous le nom de KS Lauda. Probablement que le terme Lauda provenait du latin laudo qui signifie louer, glorifier. En donnant ce nom au club, les fondateurs souhaitaient peut-être louer et souligner leur attachement à Ludwinów, commune rurale située sur la rive droite de la Vistule qui fut rattachée à Cracovie en 1910 et où se situait leur usine. Puis, en 1924, le club reçut le soutien financier de Polskie Zakłady Garbarskie, entrainant alors le changement du nom en KS Garbarnia (Garbarnia signifie tannerie). Les apports de ce riche mécène se firent immédiatement sentir, avec la construction d’un stade situé devant l’entrée de l’usine. 5 ans plus tard, Garbarnia accéda à la première division et finit vice-champion. 2 ans plus tard, le titre était acquis.

L’histoire de la tannerie à Cracovie remonte à 1885, lorsque les frères Jan et Kazimierz Dłużyński commencèrent la production dans une usine appelée « Bracia Dłużyńscy garbarnia w Ludwinowie p. Podgórze » . En 1904, Jan, l’apporteur de fonds, entre les deux frères, quitta l’entreprise et celle-ci commença à manquer de capitaux pour moderniser son outil de production. En 1910, la tannerie fut rachetée par un industriel de la tannerie, Michał Rabiński. La tannerie de Ludwinów fut reprise en 1917 par différents investisseurs et prit le nom de Polskie Zakłady Garbarskie. Elle débuta alors son fort développement. En 1919, 66 ouvriers y travaillaient, en 1920 déjà 155 et en 1922, 180. A cette époque, 3 tonnes de cuir étaient produites quotidiennement. L’entreprise disposait de sa propre écorcherie, de ses propres moyens de transport et même d’un corps de pompiers et d’un service d’ambulance. En 1928, l’usine comptait 260 ouvriers et produisait 1595 tonnes de cuir de semelle, 285 tonnes de cuir de marque et 20 tonnes de youfte, pour un chiffre d’affaires de 20 millions de zlotys. Avec la crise de 1929, la déchéance de l’usine débuta et finalement en 1938, la Polskie Zakłady Barbarskie arrêta la production et tous les employés furent licenciés. Après la guerre, toutes les tanneries de Cracovie furent nationalisées par les autorités communistes et regroupées au sein d’une seule organisation. L’ancienne tannerie de Ludwinów reprit alors sa production.

#1159 – Degerfors IF : Bruket

Aujourd’hui, Bruket est le nom d’un quartier à l’Est de la ville de Degerfors, qui en fur le cœur économique, car Bruket désigne aussi une usine sidérurgique. Le Degerfors IF a été fondée le 13 Janvier 1907, principalement avec l’appuie des employés et ouvriers de l’usine sidérurgique de la ville. Parmi les initiateurs de ce projet figuraient l’étudiant de l’époque, puis le directeur de l’usine H. v. Kantzow ainsi que l’ingénieur BD Enlund. Dans les premières années, l’athlétisme et le ski de fond dominaient les activités sportives mais la pratique du football y était développée.

Sur la rive orientale de la rivière Letälven, deux forges furent construites par l’entrepreneur Georg Camitz. Originaire de la Silésie autrichienne, Georg Camitz fut recruté en 1648 pour gérer des usines de fonte de Björkborn et Bofors. Puis, il quitta ses fonctions en 1659 pour lancer sa propre activité à Degerfors. Il reçut le privilège de construire une forge à Degerforsen (Nedre Degerfors), près de l’embouchure du Letälven dans le lac Möckeln. Puis, 6 ans plus tard, il reçut le privilège pour une autre forge au sud, appelée Övre Degerfors. Elles constituèrent deux usines sidérurgiques distinctes, exploitées séparément. La famille Camitz posséda Övre Degerfors jusqu’en 1809 et Nedre Degerfors jusqu’en 1855. Un haut fourneau fut mis en service en 1862 puis plusieurs laminoirs furent ajoutés par la suite. Les usines passèrent dans de nombreuses mains au fil des années pour être détenues par le groupe finlandais Outokumpu Oyj aujourd’hui. En Août 2023, les italiens de Cogne Acciai Speciali reprirent une partie des activités. Autour de ces deux usines, toute une ville se construisit au XIXème siècle avec des logements ouvriers, des écoles … qui donna la base de la nouvelle municipalité de Degerfors.

#1154 – CD Lota Schwager : Lamparita

Les ampoules. Le club réside dans la ville de Coronel, centre d’une région de gisements de charbon importants. La première exploitation minière débuta en 1852 avec l’entreprise Compañía Carbonífera de Lota. La production de charbon servait initialement à approvisionner les navires traversant le détroit de Magellan. Puis, l’arrivée du chemin de fer dans la région en 1888 ouvrit de nouveaux marchés vers l’intérieure du pays au XXème siècle. L’exploitation des gisements conduisirent au développement des villes de Lota et Coronel pour accueillir la main d’œuvre nécessaire pour l’extraction du charbon. Cette activité fut rendue possible par les investissements réalisés par des entrepreneurs tels que Matías Cousiño, Jorge Rojas, Guillermo Delano et Federico Schwager. Ce dernier, homme d’affaires anglo-allemand, démarra l’exploitation de mines de charbon en 1859 à Coronel. Vers 1890, il fonda la Compañía Carbonífera y de Fundición Schwager pour consolider ses différentes mines de la région de Lota et Coronel. De l’autre côté, Matías Cousiño et Tomás Garland fondèrent la Compañía Cousiño & Garland en 1852 pour exploiter la mine de Lota Alto. Au fil du temps, le nom de l’entreprise minière changea et devint la Compañía Explotadora de Lota y Coronel en 1870. En 1933, elle s’appela Compañía Carbonifera e Industrial de Lota. Après la Seconde Guerre mondiale, l’utilisation croissante du pétrole et de l’électricité dans les industries et les activités de transport provoqua une baisse continue de la demande qui aboutira à fermer les mines en 1997. Dans cette période, les différentes sociétés charbonnières furent réorganisées, fusionnées, nationalisées puis privatisées. Par exemple, en février 1964, la Compañía Carbonífera y de Fundición Schwager fusionna avec la Compañía Carbonifera e Industrial de Lota, donnant naissance à Carbonifera Lota-Schwager.

Le boom minier fit la fortune de certaines familles, qui financèrent de nombreuses œuvres caritatives et d’embellissement de villes. Assez naturellement, leurs entreprises offrirent des activités sportives et culturelles à leurs personnels. Ainsi, le club de football Federico Schwager était celui de l’entreprise Schwager tandis que la société Compañía Carbonifera e Industrial de Lota supportait le club de Minas Lota. En 1966, deux ans après la fusion des sociétés, les deux clubs prirent le même chemin et donnèrent naissance au CD Lota Schwager. Ce dernier était donc totalement ancré dans la culture minière. Or, les mineurs portaient des casques avec une ampoule dessus, pour les éclairer sous la terre. Dès ses débuts, l’institution reprit la lampe minière caractéristique du bassin houiller dans son écusson.