#433 – Cadix CF : el Submarino Amarillo

Le sous-marin jaune. Le surnom fait naturellement référence à la couleur jaune des maillots du club andalous. Mais, contrairement à Villarreal (cf. article #120), ce surnom n’est pas uniquement lié à la couleur et venu de l’influence de la chanson des Beatles. Fondé en 1910, le club évolua tout d’abord dans des maillots blancs, certainement car ce tissu était facile à trouver. En 1924, Cadix CF fusionna avec Mirandilla FC, qui lui, créé avec le soutien de la congrégation lasallienne (Jean-Baptiste de La Salle) arborait les couleurs de cette école, jaune et bleu. Mouvement chrétien, le jaune symbolisait la terre et la foi tandis que le bleu représentait le ciel. Le nouveau club, qui associa le nom des deux équipes au départ, conserva les couleurs jaunes et bleus à l’issu de l’Assemblée Extraordinaire du 25 juin 1936 où le club prit définitivement le nom de Cadix CF. Aujourd’hui, l’hymne officiel du club avance « Los colores que lleva el equipo, amarillo y azul se impondrán. Como el sol, el color amarillo y el azul del color de su mar » (Les couleurs que l’équipe porte, le jaune et le bleu, s’imposeront. Comme le soleil, la couleur jaune et le bleu la couleur de la mer).

Le surnom apparaîtrait au début des années 80. De la saison 1977-1978 à 1984-1985, l’équipe effectua le yoyo entre la première et seconde division tel un sous-marin qui immerge et émerge. Mais, les références claires à ce surnom eurent lieu dans la seconde moitié des années 80. Lors de la saison 1984-1985, le club remonta en première division mais cette fois, elle demeura pendant huit années au sein de l’élite. Même si le club viva lors de ses huit saisons un de ses plus belles périodes, leur maintien fut souvent difficile et miraculeux, avec un budget bien en deçà des autres équipes. Durant ces huit ans, le club apparaissait toujours « immergé » au plus profond du classement, mais finissait par « émerger » dans les dernières journée à la surface des non-relégables, comme un sous-marin. Par exemple, en 1987, le club termina dernier lors de la saison régulière et également dans les play-offs de relégation. Mais, suite à des décisions contestables de la fédération espagnole, le président de Cadix réussit à faire jouer un nouveau play-off (connu sous le nom de la Liguilla de la Muerte) entre les 3 derniers du classement et, à l’issu de ce tournoi, Cadix se maintint en première division au dépend du Racing Santander. Lors de la saison 1990-1991, même si l’équipe perdit sa confrontation face à un concurrent direct au maintien, Cadix parvint à remporter 3 de ses 5 derniers matchs (dont une victoire 4-0 contre le futur champion, le FC Barcelone) plus un nul pour terminer à la 18ème place (sur 20). Cette performance lui permit de ne pas être relégué directement et de jouer un barrage face à Malaga, 4ème de la seconde division. A l’issu des deux matchs, les deux équipes ne se départagèrent pas et Cadix sauva sa tête uniquement lors de la séance des tirs au but, lors du dernier pénalty. Par conséquent, le surnom de « Submarino Amarillo » apparut presque spontanément parmi les médias et les fans, car il était non seulement associé à l’équipe par la couleur, mais aussi par la connotation au mouvement de l’équipe dans le classement.

#399 – Getafe CF : los Azulones

Les bleus azur ou bleus rois. Comme beaucoup d’équipes, le surnom de Getafe est liée à la couleur de leur maillot bleu. Toutefois, comme souvent, il y a une histoire derrière ce choix de couleur. En 1923, le dessinateur et sculpteur Filiberto Montagud impulsa la fondation d’un premier club de football du nom de Sociedad Getafe Deportivo. Le bleu aurait été retenu comme couleur des maillots pour rappeler les bleus de travail des ouvrier de la ville. En effet, Getafe, ville située en banlieue sud de Madrid, était jusqu’au XIXème siècle un village agricole et rural. Puis, le développement de la capital espagnole entraina dans son sillon Getafe qui devint une grande cité industrielle, engendrant une croissance démographique forte ainsi que des activités commerciales et industrielles.

Une autre version préfère se référer à la Vierge des Anges (Virgen de los Ángeles), Saint Patronne de la ville de Getafe et apparaissant sous les traits d’une statue conservée non loin de Getafe. La ville et ses habitants catholiques ont une véritable dévotion pour cette statue de la Vierge Marie, chaque année, une procession étant menée lors des fêtes patronales qui démarre le Jeudi de l’Ascension. La statue porte un manteau bleu carmel qui serait donc à l’origine de la couleur du club. Le bleu est généralement la couleur avec laquelle la Vierge Marie est représentée. Cette teinte est porteuse de nombreuse signification telle que la fidélité, la justice et la spiritualité. Dans l’ancien testament, le bleu représente la fidélité du peuple d’Israël à Dieu tout comme la Vierge Marie. L’étoffe qui recouvre l’Arche d’Alliance est bleue et pour rappeler que la Vierge Marie, en ayant porté Jésus Christ, est comme l’Arche, elle serait représentée avec des vêtements bleus. Plus prosaïquement, à compter du XIIIème siècle, le bleu est la couleur des princes et nobles car le pigment bleu (dit de lapis-lazuli) était l’un des plus chers. Les tissus bleus démontraient donc la richesse et la noblesse de son porteur. L’Eglise se serait servie de cette riche symbolique pour désigner le caractère sacré de la Sainte Vierge.

Le club, Sociedad Getafe Deportivo, disparut en 1933. Mais, ces successeurs, aussi bien le Club Getafe Deportivo en 1946 que le Getafe Club de Fútbol en 1983, reprirent les couleurs du club originel.

#362 – Sport Boys : los Rosados

Les rosés. Le club de Callao est considéré comme le 4ème plus grand club du Pérou (après Alianza Lima, Sporting Cristal, et Universitario) et le premier en dehors de la capital. Il jouit donc d’une grande popularité au Pérou. Un autre élément le distingue fortement des différentes équipes péruviennes : le club joue en rose et ce, depuis 1927. Pour des raisons marketing, le rose s’est démocratisé, popularisé dans le sport masculin, même les plus virils tels que le rugby. Mais, en 1927, il s’agit d’une couleur plutôt peu commune et fortement marqué.

Le club fut fondé par un groupe de jeune étudiants qui fréquentaient le Collège Mariste San José de Callao. Le premier maillot était rayé jaune et rouge, accompagné d’un short noir. La raison n’est pas connue mais il ne serait pas déraisonnable de supposer que les ecclésiastiques espagnols (ou spécifiquement catalans) du Collège Mariste avaient pu suggérer ou influencer les couleurs du club en reprenant celles de l’Espagne et de la Catalogne (en particulier les rayures jaunes et rouges sont une réplique du drapeau catalan Barras de Aragon, cf article #190) ou auraient pu faire don du premier ensemble d’uniformes. Toutefois, ce ne fut pas un choix pérenne car, après le premier championnat auquel le club participa (un tournoi pour enfants organisé par le Raimondi Intellectual Club de La Victoria), les fondateurs du club décidèrent de changer de couleur en adoptant le rose. Là encore, la raison de ce choix est inconnue. Certains avancent que les fondateurs des Boys étaient d’origine italienne et choisirent la couleur de l’équipe de la ville d’où provenaient leurs parents, Palerme et Turin (dans les premières années, la Juventus évoluait en rose).

Un autre récit soutient que les fondateurs décidèrent d’opter pour les couleurs du drapeau du premier navire qui rentrerait dans le port de Callao. Selon la légende, ce fut un navire de l’Union soviétique, avec un drapeau rouge fané. Mais, cette histoire ressemble à une adaptation locale (voire un plagiat) de celle de l’équipe argentine de Boca Juniors (cf. article #219).

Il y a quelques temps, Don Abraham Alfaro, le dernier membre fondateur vivant de Sport Boys, ruina toutes ces versions car, selon lui, certains des fondateurs voulaient une couleur, d’autres une autre. Finalement, ils optèrent pour le rose et le noir simplement pour se distinguer des autres équipes.

#341 – Sevilla FC : Nervionenses

Ceux de Nervión. Dernier hommage à Diego Maradona avec son dernier club où l’argentin tenta sa rédemption après 15 mois de suspension. Il joua évidemment au stade du club, l’Estadio Ramón Sánchez Pizjuán. Le club s’installa dans ce nouvel écrin le 7 septembre 1958, même si les travaux s’achevèrent finalement en 1974, pour atteindre une jauge de 70.000 places. Le stade est situé non loin du centre ville, en plein cœur du quartier dénommé Nervión. Ce dernier commença à se développer à partir de 1910 quand Luis Lerdo de Tejada trouva cette zone idoine pour construire une cité-jardin. Ces terres appartenaient alors au Marquis de Nervión, qui donna son nom à ce nouveau quartier. Le marquis de Nervión est un titre nobiliaire espagnol créé vers 1864 par Isabel II, reine d’Espagne et qu’elle attribua à Francisco Armero y Fernández de Peñaranda, Capitaine Général de la Marine et Sénateur. Le nom de Nervión fait référence à la rivière du même nom qui traverse le nord de l’Espagne (notamment Bilbao). Le choix de ce nom n’était pas le fruit du hasard. En effet, Francisco Armero se distingua lors du siège de Bilbao, pendant la première guerre carliste. Il remonta en particulier la rivière Nervión pour briser les lignes ennemies et le siège de Bilbao. La famille de Francisco Armero était originaire de Fuentes de Andalucía, une ville de la campagne sévillane, et possédait de nombreuses terres autours de Séville.

#339 – FC Barcelone : Barça

Continuons notre hommage à Diego Maradona avec son premier club européen où son passage fut mitigé. Il apparaît évident que Barça est le diminutif de Barcelone. Pourtant, la logique voudrait que son abréviation soit « Barce ». Au moins, Barça respecte l’orthographe catalane qui prévoit un « c » cédille lorsqu’il est suivi d’un « a ». Ce diminutif n’est pas simplement le raccourci du nom de la ville. En réalité, plusieurs options s’affrontent.

Parmi les différentes versions qui enrichissent la toponymie de Barcelone, deux avancent le mot « Barca ». Ainsi, en 230 avant J.C., la légende veut que Hamilcar Barca, général de Carthage, (ou son fils Hannibal Barca, le fameux Hannibal) établit un campement sur Montjuïc, qui aurait jeté ainsi les bases de la future cité. Barcelone dériverait du nom de cette fameuse famille de Carthage, les Barca.

L’autre version fait appel au mythe de Jason et les Argonautes. Hercule aurait rejoint Jason et ses Argonautes pour les aider à trouver la Toison d’or. L’escouade était composé de 9 bateaux. A proximité de la côte catalane, leurs navires aurait été dispersés par une violente tempête et seulement 8 bateaux se retrouvèrent. Le 9ème manquait à l’appel. Hercule aurait alors retrouvé les restes du neuvième bateau (en latin Barca Nona) et son équipage près de Montjuïc. Les marins échoués aurait trouvé le site si agréable qu’ils auraient fondé, avec l’aide d’Hermès une ville qu’ils nommèrent Barcanona.

Si l’origine du diminutif est trouble, la première apparition écrite du mot « Barça » remonte à 1922. Il s’inscrivit dans un article humoristique du magazine sportif catalan « Xut ». Ce dernier était un revue satirique et critique sur le sport et les références au FC Barcelone et à l’ Espanyol s’appuyaient souvent sur des caricatures, des traits ironiques ou des diminutifs. Compte tenu de l’audience du magazine, le surnom affectueux « Barça » s’imposa très rapidement auprès de la population et depuis dans le monde entier.

#318 – Unión Española : Hispanos

Les hispaniques. En s’appelant Unión Española, ce surnom était évident. En 1897, le Centro Español de Instrucción y Recreación (Centre Espagnol d’Instruction et de Récréation) fut fondé avec pour objectif d’offrir un espace où les immigrants espagnols pouvaient partager leurs traditions et pratiquer des sports. Dans une ancienne colonie espagnole devenue indépendante au début du XIXème siècle, la présence d’une importante communauté de descendants espagnols n’est pas une surprise. Celle-ci fut complété au XIXème siècle par une seconde vague d’immigration espagnol (environ 60 000 espagnols s’installèrent entre 1880 et 1940), attiré par le développement économique du pays, tiré par l’exploitation des ressources naturelles (nitrate principalement). Dans cette population où se mélangeaient chiliens et immigrants (italien, français, belge, allemand, anglaise, croate, grecque …), les communautés se regroupaient au sein d’association culturelle et sportive. Les italiens créèrent Audax Italiano (voir article #188) et ultérieurement la communauté palestinienne fonda Palestino. Aujourd’hui, encore, ces trois clubs s’affrontent au sein de ce qui est appelé Clásico de colonias (Classique des colonies). Aujourd’hui, la communauté hispanique, estimée à 400 000 personne, continue d’être une des principales du pays, avec son propre club de football, Unión Española, mais aussi plus de 80 autres institutions à travers le Chili telles que des organismes de bienfaisance, des services de pompiers, des clubs sportifs, philanthropiques ou sociaux.

#317 – Real Madrid : Blancos, Casa Blanca

Les blancs, la maison blanche. La couleur blanche est indissociable du club madrilène et ce depuis sa création en 1902. Dans les statuts du club, les fondateurs établirent que l’uniforme réglementaire se composerait d’une chemise blanche, d’un pantalon bleu foncé et de chaussettes foncées. Des pantalons et des chaussettes qui avec le temps deviendront totalement blancs. Deux légendes coexistent pour expliquer le choix de cette couleur. Au début du football, il aurait été courant de jouer avec un maillot blanc et presque toutes les équipes portaient du blanc. La raison de ce penchant immaculé était le prix des équipements. Les équipes pouvaient se procurer facilement des chemises blanches à des prix compétitif alors que les tenues colorés venant d’Angleterre étaient onéreuses. Au fil du temps, les équipements se démocratisèrent et de nombreux clubs choisirent de coloriser leurs uniformes mais le Real Madrid continua à utiliser des maillots blancs, sous prétexte qu’il était l’un des plus anciens clubs madrilènes.

L’autre version est celle qui est la plus connue. Les fondateurs auraient choisi le maillot blanc avec un pantalon et des chaussettes noires pour rendre hommage au club anglais des Corinthians FC, qui évoluait dans cette tenue. Ce dernier était un club amateur basé à Londres et fondé en 1882 par Nicholas Lane Jackson, secrétaire adjoint de la Fédération Anglaise. Jackson voulait rassembler dans ce club les meilleurs joueurs amateurs pour rivaliser avec l’équipe nationale d’Ecosse, qui dominait alors les débats. En outre, le club défendit un certain football, promouvant l’esprit sportif et le fair-play, et jouant pour l’amour du jeu. Le club anglais inspira ainsi plusieurs nouveaux clubs naissant. Le Real Madrid en aurait repris les couleurs et les brésiliens du Sport Club Corinthians Paulista copièrent le nom. Mais, en 1925, le club subit deux défaites sévères face à Barcelone (5-1 à domicile et 3-0 dans la capitale catalane) et le président Pedro Paragés conclut que les tenus foncées étaient la cause de ces deux revers. Le short tourna alors blanc et 26 ans plus tard les chaussettes suivirent.

#310 – Real Betis Balompié : Heliopolitanos

La Cité du Soleil en grec. Fondé en 1907, le Betis avait, comme beaucoup d’autres clubs de l’époque, erré entre différents terrains à ses débuts. Ainsi, sur les 10 premières années d’existence, le club connut 4 terrains (Campo del Papalardo, Huerto de la Mariana, Prado de Santa Justa et Prado de San Sebastián). Au départ, les terrains se situaient au centre de la ville, les fondateurs étant étudiants à l’école polytechnique de la calle Cervantes. Mais le dernier terrain du Prado de San Sebastián (de 1910 à 1918) s’en éloignait pour se rapprocher des nouveaux quartiers du sud de la ville. En 1918, la mairie de Séville décida d’agrandir la Feria de Abril (ou Feria de Sevilla) en annexant le terrain du Prado de San Sebastián et donna alors au club un terrain un peu plus au Sud dans le quartier de Porvenir. Jusqu’en 1936, le nouveau terrain du Campo del Patronato fut le stade et le siège du club. En 1929, la ville de Séville accueillit l’Exposition hispano-américaine. Un nouveau quartier, dénommé Heliópolis, situé au Sud du Porvenir fut aménagé pour recevoir certains édifices de l’exposition dont le nouveau stade de football. A la fin de l’exposition, le club commença a jouer des matchs dans cette enceinte moderne. Puis, en 1936, le conseil municipal loua définitivement au Betis le stade. Mais le nouveau bail fut signé deux jours avant le début de la guerre civile et en conséquence, l’équipe ne put utiliser le nouveau terrain pendant toute la période de la guerre. En effet, le quartier général des forces militaires italiennes envoyées par Benito Mussolini occupaient le terrain. Le Betis dut attendre 1939 pour enfin intégrer le stade. De 1939 à 1961, le Betis occupa l’enceinte qui fut dénommé Stade Heliópolis, du nom du quartier. Le 12 août 1961, alors que Benito Villamarín était président, le club acquit la propriété du stade pour un montant de 14 036 550 pesetas (84 370 €). Le terrain changea ensuite de nom mais Heliópolis, nom du stade et du quartier, resta attaché au club, d’autant plus que le club y réside toujours.

Mais pourquoi ce nom ? L’origine du choix est inconnu mais ferait référence au soleil, si présent à Séville. Selon les données météorologiques, l’ensoleillement moyen atteint près de 3 000 heures par an, soit près de 8 heures par jour. D’ailleurs, quand l’Andalousie se chercha une bannière, des propositions voulaient retenir le soleil comme symbole héraldique.

#300 – Atlético de Madrid : el Pupas

Les maudits. L’acte fondateur de ce surnom remonte à la finale de la Coupe des Clubs Champions de 1974. Après un parcours parfait, l’Atlético affrontait le Bayern Munich au Heysel. Les deux équipes se neutralisèrent jusqu’à la 114ème minute. Sur coup franc, Luis Aragonés trompait Sepp Maier et la coupe tendait alors les bras au club madrilène. Sauf qu’à une poignée de secondes de la fin du match, Schwarzenbeck décrocha une frappe de 30 mètres et le Bayern revint à un partout. Un match d’appuie fut organisé. L’Atlético s’écroula et perdit 4 à 0. Les supporteurs madrilène surnommait ce match « el casi » (le match où l’Atlético fut quasiment champion d’Europe). Le président du club, Vicente Calderón, déclara, lui, après le but de Schwarzenbeck, « somos El Pupas F.C. » (nous sommes le Maudits FC). Cette terminologie négative colle depuis à la peau du club et les supporteurs l’ont adopté à défaut.

Il faut dire que la malchance de 1974 ne fut pas isolé. 40 ans plus tard, l’Atlético arriva une nouvelle fois en finale de la Ligue des Champions. Depuis la 36ème minutes, l’Atlético menait au score grace à un but du défenseur uruguayen Diego Godín. Une fois de plus, la coupe aux grandes oreilles tendaient les bras au club madrilène. Mais, dans les arrêts de jeu (93ème), son adversaire et grand rival, le Real Madrid, obtint un corner et Sergio Ramos parvint à placer sa tête pour égaliser. Lors du temps additionnel, l’Atlético s’écroula une nouvelle fois et le match se termina sur un 4 à 1 en faveur du Real. Deux ans plus tard, les deux clubs se retrouvèrent une nouvelle fois en finale de la Ligue des Champions. Le scénario fut moins cruel mais le résultat fut le même. Une nouvelle défaite de l’Atlético aux tirs au but.

La malédiction s’exprima aussi dans d’autres domaines. Par exemple, Jesus Gil, l’omnipotent président pendant 16 ans, considéra que son centre de formation coûtait trop cher et le supprima. Les jeunes en formation durent trouver de nouveaux clubs et l’un d’eux, qui était le meilleur buteur de l’Atlético au niveau junior, décida de rejoindre le Real Madrid. Ce jeune joueur était Raul Gonzalez, qui porta haut les couleurs de la Casa Blanca pendant 16 ans.

Ce fatalisme est traduit différemment par les adversaires. El Pupas devint les pleurnichards, les adversaires considérant que les supporteurs de l’Atlético se plaignent trop souvent de ce manque de chance.

#292 – Real Sociedad : la Real

La royale. Autant dire que les supporteurs ne sont pas fatigués pour trouver ce surnom qui fait référence au titre royal du club. En basque, le surnom devient Reala ou Erreala. Le titre de « Real » pour les clubs de football n’est pas un phénomène purement espagnol mais un certain nombre de clubs espagnols se sont vus attribuer ce titre. Pour découvrir l’origine de ce titre, il faut remonter au début du XXème siècle, lorsque le Roi d’Espagne Alphonse XIII (l’arrière-grand-père de Felipe, le Roi actuel) était sur le trône. Pendant son règne, qui dura de 1886 à 1931, la grande majorité des clubs de football espagnols se fondèrent. Ce fut le cas de la Real Sociedad qui puisent ses racines en 1904 avec la fondation du club omnisports San Sebastián Recreation Club. Suite à des dissensions, la section football de ce club fit dissidence en 1907 ou en 1908 et créa un nouveau club dénommé San Sebastián Foot-Ball Club. Puis, pour participer à la Coupe du Roi en 1909, le San Sebastián FC dut s’appuyer sur la structure d’un autre club, Club Ciclista de San Sebastián, pour répondre aux exigences administrative de l’organisateur, la Federación Española de Clubs de Foot-ball. Cette entorse au règlement ne fut pas vaine car le club remporta son premier titre. En conséquence, ce succès incita les joueurs à constituer légalement une entité et le 7 Septembre de 1909 la Sociedad de Foot-Ball de San Sebastián vit le jour. Cinq mois plus tard, le 11 de Février de 1910 , le Roi Alphonse XIII, concéda le titre Real au club, ce qui lui permettait de rajouter à son blason, la couronne royale. L’attribution fut faciliter par le fait que San Sebastián était le lieu de villégiature du Roi (San Sebastián, comme sa fameuse plage de la Concha, sont baignés par le Soleil).

A cette époque, le Roi Alphonse XIII, grand amateur de ce nouveau sport qu’était le football, n’hésitait pas à donner le titre aux clubs de sports demandeurs. Les premiers titres furent donner en 1908 à deux clubs de La Corogne (Club Deportivo de la Sala Calvet et la Sociedad Deportiva Club Coruña). Puis, en 1910, donc la Real Sociedad mais également la Sociedad de Fútbol de Santander. En 1912, le Club Deportivo Español de Barcelona. En 1914, le Vigo Sporting Club. et le Real al Betis Foot-Ball Club. Enfin, le Real Unión de Irún (1915), la Real Sociedad Gimnástica Española (1916) et bien évidement le Real Madrid Club de Fútbol (1920).