#1410 – FC Flora Tallinn : Rohevalged

Les vert et blanc. L’équipe phare du football estonien est née dans un contexte particulier, à la fin de l’ère soviétique. Jusqu’au milieu des années 1980, les sentiments nationalistes du pays balte semblaient diffus. Puis, de 1986 à 1989, les revendications progressèrent dans la population (qui se manifestèrent « bruyamment » avec la célèbre chaine humaine de la Baltic Way) et conduisirent à l’indépendance du pays vis-à-vis de Moscou en 1991. Durant l’époque soviétique, le sport épousa la politique et marqua la distinction entre les estoniens et les russes. Le basket et le hockey sur glace pour les premiers, le football pour les seconds. En 1990, un professeur et écrivain, Aivar Pohlak, décida de créer une équipe qui se devait d’être le porte étendard de la cause estonienne face à la domination morale et sportive des russes dans le football du pays. Il reprit en premier lieu la structure d’un club qui dépendait de l’usine Flora, fleuron de l’industrie chimique estonienne. Puis, il enrôla la génération dorée des Tallinna Lõvid (Les Lions de Tallinn).

De 1979 à 1989, les jeunes du 49ème lycée de Tallinn pratiquait le football au sein des Tallinna Lõvid. Ce dernier devint alors le club à l’identité estonienne qui défiaient les associations russes aussi bien dans le championnat nationale que dans des compétitions à Moscou ou Leningrad dont les enjeux dépassaient le cadre sportif. Leurs succès dépassèrent les frontières du petit état lors de match internationaux contre le Brésil ou lors des victoires à la Helsinki Cup en 1987 et 1988. Dans ses dernières années d’existence, une génération dorée qui formera plus tard l’ossature de la sélection nationale, émergea avec dans ses rangs Mart Poom, Toomas Kallaste, Martin Reim, Marko Kristal ou Risto Kallaste. Mais, une mauvaise gestion et des divergences de vue conclurent à la fin de l’équipe en 1989. Une aubaine pour Aivar Pohlak et son nouveau club, qui pouvait récupérer des jeunes talentueux et une identité estonienne forte.

S’appuyant sur l’équipe de l’usine Flora, le nom de l’équipe semblait évident. D’autant plus que Flora était la déesse gréco-romaine du printemps, des fleurs et de la nature et que ce nouveau club devait permettre aux jeunes pousses des Tallinna Lõvid d’éclore. Ainsi, le club prit le nom de FC Flora et la déesse s’afficha sur son écusson. D’où les couleurs vertes et le blanches s’imposèrent d’elles-mêmes. Le vert rappelait la nature, le renouveau et la vitalité tandis que le blanc symbolisait la pureté et l’honnêteté de la jeunesse.