#121 – RC Lens : les Sangs et Ors

Ce sont les couleurs du club du Pas-de-Calais. Lens vit la création de son club en 1906. Cette jeune équipe arborait des maillots à damier ou rayures noirs, référence aux mines de charbon, et verts, comme la Place Verte (ancien nom de la Place de la République), sur laquelle les jeunes jouaient au football avant de créer le club. Plusieurs fois, le club rendit hommage à ces couleurs avec son maillot extérieur (2018-2019, 2019-2020 et 2025-2026). Puis, de 1908 à 1914, le club aurait arborait un maillot intégralement noir. Le club fut emporté avec le début de la Première Guerre mondiale.

Mais, en 1919, il renaît grâce à Monsieur Laroche, directeur du Comité de Secours Américain. En contrepartie de la mise à disposition d’un terrain, il demanda au club de rejoindre le giron de l’Union Sportive du Foyer Franco-américain et de porter dorénavant ses couleurs ie le bleu ciel pour le maillot, le blanc pour la culotte et le rouge pour les bas.

En 1923, René Moglia fut élu président et il fit changer les couleurs pour le fameux sang et or. La légende raconte que le nouveau président du Racing eut cette idée en passant devant les ruines de l’Église Saint-Léger, détruite lors d’un bombardement le 19 janvier 1916 et dernier vestige de la présence espagnole dans la région au XVIIIème siècle (jusqu’en 1648 la ville de Lens était une place forte des Pays-Bas espagnols). René Moglia prit alors les couleurs du drapeau espagnol. Selon le site officiel du club, les premiers maillots sang et or furent portés pour la première fois en 1924 lors de l’inauguration du nouveau stade municipal Raoul Briquet (aujourd’hui stade Léo Lagrange). Il s’agissait d’un tricot rayé verticalement sang et or, couplé à une culotte noire.

#105 – Stade Lavallois : les Tangos

Non, le surnom n’aucun rapport avec la célèbre danse. Ni Laval n’abrite une forte communauté argentine, ni le Stade Lavallois n’a été un incubateur de talents venant de la pampa (seulement 3 joueurs argentins ayant porté le maillot Tango en tout et pour tout selon le site Tangofoot). Ce surnom fait référence à la couleur du maillot qui marqua de nombreuses générations des années 70-80. Il faut dire que cette couleur distinguait le club par rapport aux équipes de division 1 (et en plus, il était sublimé par la célèbre équipe hollandaise de Johann Cruyff).

Lors de la création du club, en 1902, ses dirigeants auraient opté d’abord pour le rouge et noir, comme les voisins du Stade Rennais. Mais, deux ans après, en 1904, l’équipe apparût vêtue d’une tunique rayée verte et blanche. Puis, à la sortie de la guerre en 1918, le club se résolut à porter des maillots de couleur tango. Le quotidien « La Mayenne » du 19 Septembre 2023 relatait que le Dimanche 16 Septembre lors de la victoire face au Stade Nantais, « nos concitoyens avaient remplacé leurs maillots vert et blanc par des maillots tango ». La légende dit qu’au départ, les dirigeant préférèrent des maillots rouges sangs (peut-être une influence des armes de la ville qui représente un léopard jaune sur un fond rouge). Mais, avec l’usure, ces derniers tournaient rose. L’effet certainement recherché avec la couleur rouge sang devenait plutôt ridicule en rose. Les dirigeants se rabattirent alors sur les couleurs tango et noir.

#85 – Nîmes Olympique : les Crocodiles, les Crocos

L’animal est l’emblème du club mais son origine dépasse le Nîmes Olympique. En effet, les armes de la ville expose un crocodile enchaîné à un palmier. Pour comprendre ce symbole, il faut remonter à 31 avant J.C et à la bataille d’Actium. Les armées romaines d’Octave réduisirent à néant les dernières ambitions de Cléopâtre et Marc-Antoine. L’Egypte des Pharaons tomba alors sous le joug de l’Empire Romain. La légende veut qu’Octave octroya des terres à ses vétérans d’Actium à Nîmes, favorisant l’essor de la ville. Au-delà de cette version, la colonie de Nîmes eut surtout le droit de frapper une monnaie en mémoire de cette victoire : l’as de Nîmes (aussi désigné comme dupondius au crocodile). Cette pièce de bronze affichait sur son avers Octave, désormais élevé au rang d’Empereur, et son gendre Agrippa (commandant de la flotte à Actium et principal artisan de la victoire) et, au revers, le fameux crocodile enchaîné à un palmier couronné de lauriers, surmontés de l’inscription « Col. Nem. », qui signifie COLonia NEMausensis, ie colonie nîmoise. Le crocodile et le palmier symbolisent l’Egypte soumise à Rome (la couronne de lauriers).

#73 – SM Caen : Malherbe

Le surnom est simplement tiré du nom du club, Stade Malherbe de Caen. Mais pourquoi Malherbe ? Le club fut fondé le 15 octobre 1913 et résultait de la fusion de deux associations sportives : le Club Malherbe caennais et le Club Sportif caennais. Le compromis entre les deux clubs parvint à adopter le « Malherbe » dans le nom du club ainsi que les rayures verticales du CMC et le « S » du CSC ainsi que ses couleurs rouge et bleu. Le Club Malherbe caennais était une émanation de l’Union Athlétique du Lycée Malherbe. Les origines du club se trouvent donc au Lycée Malherbe de Caen, un des plus grand lycée de France, accueillant près de 2 000 élèves. Créé en 1804, il prend son nom définitif en 1892 et fait référence à François de Malherbe. Ce dernier était né à Caen et fut le poète officiel des rois Henri IV et Louis XIII. Il ouvrit la voie au classicisme en imposant à la langue et à la littérature française un idéal de rigueur, d’harmonie et de clarté. Pas sur pour autant que les joueurs du SM Caen soient rigoureux, classiques voire des poètes.

#66 – Lille OSC : les Dogues

L’origine de ce surnom est incertaine. Mais, la légende la plus admise veut qu’il soit un héritage de l’Olympique Lillois, un des clubs dont est issu le LOSC. Dans les années 1930, l’Olympique Lillois était un club qui comptait. Il fut notamment le premier champion de France en 1933, enregistrant une belle performance avec 8 victoires à domicile sur 9 matchs et, à l’extérieur, 6 victoires. Même si le club ne parvint pas à ajouter d’autres trophées dans sa galerie avant l’éclatement de la Seconde Guerre Mondiale, il termina à la seconde place du championnat en 1935 et atteignit la finale de la Coupe de France en 1939. Dans ces années, après une victoire face à Paris, un journaliste parisien aurait comparé les joueurs à des dogues en raison de leur pugnacité. L’image est restée. Elle sera assumée à partir du début des années 80 quand l’animal fera son apparition sur l’écusson.

#44 – FCG Bordeaux : le club au Scapulaire

Le club de Bordeaux a régulièrement affiché au fil des saisons un scapulaire (une sorte de V) sur le devant de ses maillots. Souvent présent sur les vêtements de Rugby à XIII, il fut à la mode dans les années 30 pour les clubs de football mais disparu dans les 50. Pas pour l’équipe de Bordeaux d’où le fait que le club est hérité de ce surnom. La section football a été créée en 1920 et ce n’est qu’en 1938 que le maillot du club s’orna d’un scapulaire. Il pourrait représenter le Bec d’Ambès, point de confluence entre la Dordogne et la Garonne, qui marque le début de l’estuaire de la Gironde, proche de Bordeaux. D’ailleurs, pour corroborer cette forme de la confluence, il faut étudier les armes de la ville d’Ambes qui montre un scapulaire inversé. Certains pensent que ce scapulaire provient de la fusion avec le club de l’AS du Port en 1940 (afin d’assimiler les joueurs des girondins au corps des pompiers du port de Bordeaux – représenté par l’AS du Port – pour leur éviter le STO). Toutefois, il semble que l’héritage de cette fusion fut plutôt une ancre marine que le scapulaire. A noter, tout de même, que dans une forme stylisée, le scapulaire peut représenter une ancre marine. Enfin, de manière marginal, certains avancent que ce scapulaire est une référence à la Vierge Marie. En effet, en étant dénommé Scapulaire et non Chevron comme dans les autres clubs, un lien direct est réalisé avec une pièce de toile de l’habit monastique. Cette pièce est un tissu de la largeur des épaules qui pend sur le devant et le dos presque jusqu’aux pieds, mais il est ouvert sur les côtés. Le mot Scapulaire vient du latin scapulæ qui signifie épaule. Le port de ce tissu était considéré par certain comme un acte dévotion à la Vierge Marie. Par ailleurs, certaine statue représente la Vierge avec un scapulaire dont, semble-t-il, une, située à Bordeaux, rue Neuve depuis la Révolution française.

#35 – Le Havre AC : Ciel et Marine

Évidemment, ce surnom fait référence aux couleurs du maillot du club, composé de deux pièces : une en bleu ciel et l’autre en bleu marine. Quoi de plus naturel, pour une ville portuaire, d’avoir un maillot qui reflète le bleu marin de la mer et le bleu ciel du ciel … sauf que ce n’est pas la raison de ce dégradé de bleu du maillot. Tout remonte aux origines du club doyen français. Fondé en 1872 par des employés anglais du port du Havre, le club omnisports rassembla la communauté anglaise de la ville dans ses jeunes années. Le football et le club se structurant au fil des années, il fallut lui trouver des couleurs. Seulement, la plupart des joueurs venaient des universités d’Oxford et de Cambridge et chacun voulait attribuer les couleurs de son université au club. En bon anglais, un compromis pragmatique fut trouvé le 15 avril 1891 en adoptant les couleurs des deux universités : le bleu ciel pour Cambridge et le bleu marine pour Oxford. Depuis cette date, à de rares exceptions, le club évolue avec ce maillot séparé en deux.

D’où viennent ces couleurs bleus pour les deux universités anglaises ? Ces dernières, les plus prestigieuses du Royaume-Uni, se vouent une saine rivalité, qui s’exprime notamment dans le sport, et dans la très célèbre et ancienne régate d’aviron, The Boat Race. Disputée la première fois en 1829 et annuellement depuis 1856, cette course qui se déroule sur la Tamise oppose les deux universités. En 1829, le navire d’Oxford se présenta avec 4 membres provenant du collègue de Christ Church, dont le pull était bleu foncé. Charles Wordsworth et Thomas Garnier, deux membres de l’équipage, proposèrent de retenir cette couleur comme celle d’Oxford. La réponse de Cambridge intervint lors de la seconde édition, en 1836. Trois hommes des rameurs de Cambridge venaient du Collège de Caius et demandèrent à porter un ruban bleu clair, couleur du drapeau du Caius College Boat Club. La requête fut acceptée mais la mercerie la plus proche n’avait que du bleu Eton, un bleu ciel tirant sur le vert, proche de celui de Caius, et ce fut cette teinte qui fut utilisée. Cambridge ayant remporté la course avec 20 longueurs d’avance, la couleur fut définitivement adoptée.

#33 – Olympique de Marseille : les Phocéens

Marseille est une ville fondée par les grecs aux environs de 600 av. J.-C.. Ces colons venaient de Phocée, en Asie Mineure (aujourd’hui Foça en Turquie). Phocée fut fondée par des grecs ioniens au début du Xème siècle avant J.-C., proche du golf de Smyrne. Elle prit véritablement son envol à compter de la fin du VIIème siècle et au début du VIème siècle avant J.-C.. Etant donné le faible rendement de leurs terres et en revanche, la situation exceptionnelle de leur port, les Phocéens se tournèrent naturellement vers la mer pour assurer leur subsistance. Ils furent donc des pêcheurs, des pirates et des commerçants. Et pour permettre leur développement économique, ils migrèrent et établirent des comptoirs et des cités sur le pourtour méditerranéen. Quand les grecs Hellènes s’étaient prudemment arrêtés sur les côtes de l’Italie méridionale et la Sicile orientale, les Phocéens poussèrent leur élan jusqu’aux côtes de la Gaule et de l’Ibérie. Marseille (dénommée Massalia) fut l’une des premières colonies et l’une des plus importantes. Lorsque les colons arrivèrent sur la côte provençale, Nann, le Roi des autochtones  Ségobriges leur réserva un accueil amical et donna le futur site de Massalia et sa fille Gyptis à Protis, représentant des colons.  Massalia était à l’image de sa cité-mère : un territoire restreint et rocailleux (donc peu fertile) mais ouvert sur la mer. En outre, il favorisait les échanges commerciaux avec les terres via la vallée du Rhône. La cité fit donc le lien entre l’Asie mineure et l’Occident, via ses explorateurs qui parcoururent les côtes africaines et le Grand Nord, et en y important des biens de consommations et des techniques agricoles. La conquête de la ville de Phocée par les perses de Cyrus ne marqua pas la fin de ses colonies dont Massalia, qui poursuivirent et firent fructifier son héritage. En outre, ce lien entre Phocée et Massalia resta fort. Quand en 130 avant J.-C., les habitants de Phocée participèrent à un soulèvement antiromain, Massalia se porta à son secours en défendant sa cause auprès de Sénat. Au IIème siècle après J.-C., Phocée rendait à Massalia un culte particulier avec un prêtre attitré. Depuis, Marseille est dénommé la cité phocéenne et ses habitants, les phocéens. Le club hérita naturellement de ce surnom.

#2 – Olympique Lyonnais : Gones

Les gones. Les joueurs lyonnais sont dénommés ainsi mais que signifie-t-il ? En fait, il s’agit d’un terme du parler Lyonnais, dialecte dérivé du francoprovençal que l’on rencontre dans la région de Lyon. Il signifie affectueusement « les enfants » , « les gosses » . On l’utilise aussi de manière ironique pour caractériser un adulte. C’est l’équivalent du Minots à Marseille (cf. article #298), du Pitchouns en occitan (cf. article #434), miston à Nîmes, ou le Titi à Paris. Le mot prendrait ses racines dans le grec ancien γόνος (prononcé gonos) qui signifie « progéniture », « enfant ». Lugdunum, ancêtre de Lyon, était la capitale de la Gaule Romaine et comme ville puissante, elle comptait une colonie grecque importante ainsi que des écoles grecques.

Par extension, il devenu un synonyme d’un habitant de Lyon et donc d’un joueur de l’OL. Il a été adopté par le principal groupe de supporteurs de Lyon, les Bad Gones. Le terme est même rentré dans le dictionnaire de l’académie française.