#1374 – Antigua GFC : los Panzas Verdes

Les ventres verts. Le vert est omniprésent dans la tenue du club comme dans la bannière de la ville d’Antigua et du département de Sacatepéquez, dont Antigua est la capitale. Cela peut s’expliquer par le nom Sacatepéquez, qui provient de la langue Náhuat, où sacat signifie « herbe » et tepet « colline », signifiant ainsi « colline d’herbe ». Il est vrai que les collines verdoyantes de la région, à perte de vue , impressionnèrent les populations précolombiennes comme les conquistadores.

Mais les habitants d’Antigua gagnèrent ce surnom pour une toute autre raison. Ou du moins deux explications existent. La première remonte au XVIIIème siècle lorsque la ville était la capitale de la Capitainerie générale du Guatemala (qui regroupait les territoires actuels du Guatemala, du Belize, du Salvador, du Honduras, du Nicaragua et du Costa Rica, ainsi que l’État mexicain du Chiapas). La cité est entouré de volcans dont celui connu sous le nom de Fuego (Feu), considéré encore aujourd’hui comme l’un des plus actifs au monde. Lors de l’époque coloniale, ses éruptions violentes entrainèrent des séismes importants qui endommagèrent la ville en 1717 et en 1751. En 1773, une série de tremblements de terre (entre fin Juillet et début Septembre) détruisirent intégralement la cité puis une épidémie de Typhus se propagea dans la ville. Son accès fut alors interdit et les populations ne pouvaient plus commercialiser de denrées. Résultats, les habitants s’alimentèrent principalement d’herbes (macuy, quilete, chipilín, bledo, berro, verdolaga) et d’autres espèces endémiques de la région. Ainsi, dans les croyances locales, on pensait que leur ventre étaient devenus verts avec ce régime particulier.

L’ors’autre explication se rapporte à la culture de l’avocat dont la région est riche. Les origines de ce fruit se situent au Mexique, en Colombie et au Venezuela ainsi que dans le nord du Guatemala. Un chercheur américain spécialiste des avocats, Wilson Popenoe, écrivait en 1916 que « Probablemente ningún otro país posea tal abundancia de aguacates finos como Guatemala […] Antigua… es el centro de una de las principales regiones de aguacate, quizás una de las más mayores del mundo » (Probablement aucun autre pays ne possède une telle abondance d’avocats de qualité que le Guatemala […] Antigua… est le centre de l’une des principales régions productrices d’avocats, peut-être l’une des plus importantes au monde). Même si le pays n’occupe plus que la 15ème place mondiale en termes de production (150 000 tonnes en 2022), la culture de l’avocat occupe près de 3 000 hectares au Guatemala et le département de Sacatepéquez demeure le deuxième producteur du pays (25% des surfaces et de la production). Evidemment, la population locale mange des avocats mais le surnom proviendrait du fait que la forme du fruit fait penser à un homme avec une bedaine (verte). Pourtant, le nom avocat dérive du mot nahuatl, ahuacatl, qui signifie « testicules de l’arbre ». Entre ces deux histoires, le club a fait son choix avec le fruit comme mascotte.

#1369 – Newcastle United : Geordies

C’est à la fois le gentilé et le dialecte des habitants de Newcastle et, plus généralement, de la région de Tyneside dans le nord-est de l’Angleterre. Le dialecte se compose d’un accent qui le rend rapidement reconnaissable ainsi que d’un vocabulaire riche et original, difficiles à comprendre pour des anglais d’autres régions et des étrangers. Il s’est retrouvé « à l’honneur » grâce à une téléréalité assez trash qui s’appelle Geordie Shore. Quelques stars l’ont conservé comme Cheryl Cole, Sting et les présentateurs Ant et Dec. Mais, que vous le parliez ou pas, si vous habitez la région, vous serez pour le reste de l’Angleterre un geordie. Plusieurs théories se font concurrence pour expliquer l’origine du terme Geordie mais toutes s’accordent pour penser que le terme provient d’un diminutif familier du prénom George.

L’une des plus connue fait référence à la rébellion jacobite. Lors de la Glorieuse Révolution de 1688, le Roi d’Angleterre, d’Irlande et d’Ecosse Jacques II Stuart, catholique, fut détrôné par les ligues protestantes. Jusqu’en 1746, les partisans de Jacques II (les jacobites) continuèrent à lutter pour tenter de rétablir sa dynastie face à la Maison d’Orange-Nassau puis celle d’Hanovre. En 1715, la couronne anglaise était portée par Georges Ier de la Maison d’Hanovre dont les habitants de Newcastle étaient de fervents partisans, selon les jacobites qui étaient majoritaires dans le reste du Northumberland rural. Ces derniers surnommèrent alors les habitants de Newcastle de Geordies, en référence à une chanson populaire « Cam Ye O’er Frae France » (Viens-tu de France) dans laquelle le Roi Georges était appelé Geordie Whelps (George le Guelfe).

Dans cette région où le charbon fit la richesse et la pauvreté de nombres de personnes, naturellement, certaines théories rattachent geordie au monde des mineurs. Le prénom Georges aurait été tout d’abord porté par de nombreux mineurs. Ensuite, alors que les mineurs du reste de l’Angleterre utilisaient les lampes dénommées Davy, ceux du Comté de Tyne and Wear préféraient la lampe Geordie qui avaient été conçues par George Stephenson, surnommé « geordie the engine-wright » (geordie le mécanicien) en 1815 à Newcastle. Pourtant, le terme geordie serait antérieur puisque dès 1793, les chansons de la région désignaient sous ce terme les mineurs. Et tout au long du au XIXème siècle, le mineur resta une figure emblématique de la région appelée geordie. Le terme s’étendit ensuite à tous les habitants.

Une dernière version, moins répandue, avance que, du XIème au XVIIème siècle, le long de la frontière anglo-écossaise, de nombreuses familles importantes étaient établies de chaque côté et portaient des nom pittoresques. Parmi ces familles, le nom Geordie était répandu comme les Geordie Kang Irvine, Ill-Drowned Geordie Nixon et Jingling Geordie.

#1364 – Elazığspor : Gakgoşlar

Le pays des Gakgoş. A l’Est de la Turquie, dans la région du Haut-Euphrate, se dresse la cité d’Elazığ, avec ses plus de 500 000 habitants. Pont entre l’Anatolie et la Mésopotamie, la ville se situe sur d’importantes routes commerciales et a vu de nombreux Empires et civilisations l’à traverser. Ces échanges et l’éloignement du barycentre turque ont conduit à l’émergence d’une culture particulière dans la région. Par exemple, la province d’Elazığ a la plus riche gastronomie de Turquie après Gaziantep avec près de 150 plats typiques. Elazığ est également célèbre pour ses danses caractéristiques dont la danse folklorique çaydaçıra est la plus célèbre ainsi que le halay.

La région possède également son propre dialecte (dénommé dialecte Elazığ ou Harput), qui appartient au groupe oriental des dialectes turcs de Turquie. Mais, son accent rend parfois sa compréhension difficile pour les turcophones d’autres régions. L’importance des œuvres orales telles que des chants populaires, des hoyrats, des proverbes, des contes et des berceuses ont permis sa survivance jusqu’à nos jours. Dans ce dialecte, le terme Gakgoş (ou gakgo) désigne souvent les habitants de la région et eux-mêmes s’interpellent ainsi. Il signifie frère aîné (et gakgo, frère) et exprime exprime l’amour et l’affection que les gens se portent. Le poète local, Mehmet Bico, décrivait dans un de ses poèmes les Gakgoş ainsi :

Gakgonun manası ince ve derin / La signification de Gakgo est subtile et profonde
Herkese gakgomsun denilmez gakgoş / Tout le monde ne s’appelle pas gakgoş
Gakgo sembolüdür bizim illerin / Gakgo est le symbole de nos provinces.
Herkese gakgomsun denilmez gakgoş / Tout le monde ne s’appelle pas gakgomsun. Gakgoş.

Gakgomun mekânı Harput yöresi / Le lieu de mon gakgo est la région de Harput.
Sağlamdır âdeti, örfü, töresi (…) / Il y a des coutumes, des traditions et des traditions fortes.
Gakgom babacandır gözü de pektir / Gakgom est paternel et audacieux
Mazluma yumuşak, zalime serttir / Il est doux avec les opprimés, dur avec l’oppresseur
Kalleşliği bilmez haza, erkektir / Il ne connaît pas la trahison, c’est un homme

#1359 – Dumbarton FC : the Sons

Les fils. Fondé le 23 décembre 1872 par un groupe de jeunes hommes qui venaient d’assister à un match entre Queen’s Park et Vale of Leven FC voisin, Dumbarton constitue aujourd’hui l’un des plus anciens clubs de football d’Écosse. Son âge d’or où il remporta une coupe d’Ecosse (1883) et deux titres de champion d’Ecosse (1890-1891 et 1891-1892) paraît bien loin. Ayant longtemps évolué dans le vieux stade de Boghead Park (de 1879 à 2000), l’équipe déménagea au début du XXIème siècle, dans son antre actuel de Dumbarton Football Stadium, au pied du château qui surplombe la ville.

Le château de Dumbarton (en gaélique écossais Dùn Breatainn « la forteresse des Bretons ») est, à l’image du club de football de la ville, le doyen des châteaux forts de Grande-Bretagne (son histoire remontant à 1 600 ans). Il constitua le centre du royaume breton indépendant de Strathclyde puis devint un important château royal dans l’Ecosse médiévale. A partir du XVIème siècle, il demeurait un fort de garnisons. Pour l’admirer, il faut graver près de 500 marches car sa particularité est de se situer sur un rocher volcanique en basalte, formé il y a environ 340 millions d’années, connu sous le nom de Dumbarton Rock et haut de 73 mètres. Pour les habitants, ce rocher a la forme d’un éléphant et l’écusson du club affiche depuis les années 1970 un éléphant avec un château sur le dos (symbolisant le Dumbarton Rock avec le Dumbarton Castle). Ce Rock étant l’identité de la ville, les habitants ont gagné le surnom de Sons of the Rock qui a été réduit à Sons pour l’équipe de football.

#1293 – LD Alajuelense : Liguistas

Ceux de la ligue. Le surnom paraît évident quand on lit le nom complet du club : Liga Deportiva Alajuelense. Seulement, ce n’est pas le nom du club qui donna son surnom. Mais, cela pourrait être l’inverse car Liguistas caractérisent les habitants de la ville de manière générale. Et toute l’histoire remonte au début de l’indépendance du Pays.

Le Costa Rica devint indépendant de l’Empire espagnol le 15 septembre 1821 mais le processus de création de l’Etat fut chaotique et long. Il y eut une première guerre civile, entre les partisans d’une réelle indépendance du pays et ceux souhaitant rejoindre le premier Empire Mexicain, ce qui conduit à l’émergence d’une 3ème voie avec l’incorporation du Costa Rica à la République fédérale d’Amérique centrale (un Etat fédéral regroupant les pays d’Amérique central) en 1823. Les 12 années suivantes, étant donné la faiblesse du pouvoir centrale, un fort régionalisme s’émancipa et donna naissance à une souveraineté fragmentée dans les 4 principales villes (San José, Heredia, Alajuela et Cartago) de la vallée centrale. En 1834, pour assagir leur rivalité, la Ley de la Ambulancia prévoyait une alternance de la capitale entre les 4 cités. Jusqu’en 1834, San José était la capitale et suite à la promulgation de la loi, le gouvernement et l’administration furent transférés à Alajuela. Mais, ce déménagement désorganisa l’Etat et San José se sentait alors la seule légitime à accueillir de manière pérenne le gouvernement. Le chef du gouvernement démissionna et le nouveau, né à San José, abolit la Ley de la Ambulancia et rétablit San José comme capitale, ce qui souleva une vague de contestation des 3 autres cités. Cartago nomma alors son propre gouvernement, auquel se rallièrent Heredia et Alajuela dans une coalition contre San José dénommé la Liga de Tres Ciudades (la ligue des 3 villes). Une nouvelle guerre civile éclata qui fut remportée par les partisans de San José en 1838. Les habitants de cette dernière appelèrent ceux de Heredia et Alajuela, los liguistas (Cartago avait abandonné la ligue un peu avant les 2 autres) et finalement le surnom demeura uniquement pour Alajuela.

Lorsque l’équipe d’Alajuela fut fondée le 18 juin 1919, elle fut nommée Liga Deportiva Alajuelense, peut-être en souvenir de la fameuse Ligue.

#1282 – Preston Athletic FC : the Panners

Dans le dictionnaire, ce terme se traduit par « orpailleurs » et pan, dont il est dérivé, correspond à une poêle pour cuisiner mais désigne aussi cette grande assiette qui sert à séparer par gravité les paillettes d’or des sédiments. Seulement, si la région de Prestopans possède des richesses naturelles, l’or ne brille pas par sa présence. En fait, le terme panners s’utilise comme le gentilé des habitants de Prestopans et se comprend comme ceux des marais salants (ou qui les exploitent). Le nom de la ville, Prestopans, se traduit du vieil anglais et de l’écossais par « le village des prêtres (priest) près des marais salants (pans) ». Il fait référence à une ancienne importante activité économique de la région, l’exploitation du sel.

Vous connaissez le fameux sel de Guérande ou l’ancienne cité de Brouage en Charente Maritime qui fit sa richesse avec le sel ou encore les Saline royale d’Arc-et-Senans. Vous allez maintenant découvrir le sel de l’Ecosse. Rappelons en premier lieu qu’au Moyen-Age, le sel était essentiel pour nos ancêtres puisqu’il permettait de conserver les aliments tels que la viande, le poisson et le fromage durant de longue période. Ainsi, alors que Prestopans était à l’origine un petit hameau de pêcheurs dénommé Aldhamer, les moines de l’abbaye de Newbattle, arrivèrent dans la région en 1198 et obtinrent le droit d’exploiter les marais, qui étaient inondés par l’eau salée de la rivière Forth, pour produire du sel. Avec le charbon, qui était abondant et à fleur du sol, le sel devint l’activité économique importante de la ville pour des siècles. Toute la chaîne se développa à Prestopans : d’un côté, les bassins où était extraite la saumure et de l’autre, les salines qui, alimentées en combustible avec le charbon local, chauffaient l’eau pour extraire par évaporation le sel. Il fallait huit tonnes de charbon pour produire une tonne de sel.

Avec le départ des moines, l’industrie du sel ne connut pas de déclin et le XVIème et le XVIIème siècle correspondirent au pic de l’activité. Cette richesse se concentraient dans les mains de quelques familles, tandis que la majorité de la population qui y travaillait y était exploitée. Au XVIIIème siècle, le sel devenait l’un des produits d’exportation écossais dont la croissance était la plus rapide. Mais, au XIXème siècle, avec l’amélioration des moyens de conservation, des voix de communication et une demande en sel qui se tourna uniquement vers l’utilisation en condiment, la production du sel écossais s’effondra face à la concurrence du sel anglais, plus fin et moins cher. En 1900, Prestonpans ne comptait plus qu’une seule saline avec deux cuves en état de marche et en 1959, le dernier bassin cessa de produire.

#1242 – FC Nitra : Trogári

Les « canailles ». Le surnom s’est imposé comme celui des habitants de Nitra mais le mot trogár possède plusieurs significations. Dans le jargon de Nitra, il désignait un gars de la ville ou une canaille. Lorsque les mères grondaient leurs fils, elles leur disaient souvent « Ty si taký trogár, alebo trogárisko » (vous êtes vraiment des canailles). Mais, pour les villes et villages environnants, le terme avait une connotation plus péjorative : un bandit, un mendiant ou un ivrogne.

La capitale Bratislava et la ville de Nitra détiennent une riche histoire, en étant certainement les deux plus anciennes ville de Slovaquie. Les plus anciennes découvertes archéologiques à Nitra remontent à environ 25 000 à 30 000 ans et depuis 6 000 ans, la présence humaine dans la région est continue. Centre important des Celtes puis plus tard des Germains, les premiers slaves de Slovaquie s’installèrent au V-VIème siècle autour de Nitra. Ce surnom prend ses origines dans un épisode malheureux de la ville.

Au XVIIIème siècle, comme l’Egypte de Pharaon, la région enchainait les fléaux. Inféodée aux Habsbourg, la ville était secouée par des soulèvements nationalistes, notamment entre 1703 et 1711, avec une armée menée par des hongrois, les Kuruc. Ces évènements aboutirent à l’incendie de la ville en 1708. Suivirent une invasion de sauterelles et un tremblement de terre. Mais, la pire tragédie était à venir. En 1710 et surtout en 1739 et 1740, la peste revint à Nitra et les décès s’accumulèrent. Un quart de la population périt lors de ces épidémies. Pour transporter les morts jusqu’aux fosses communes, des brouettes simples, composées d’une planche droite, une roue et deux poignées, faisaient le tour de la ville de Nitra. Ces chariots se nommaient tragač et les charretiers qui effectuaient ce travail étaient alors appelés trogár. L’épisode marqua la ville. Une colonne en l’honneur de la Vierge, Mariánsky stĺp, fut érigée en 1750 en remerciement pour la fin de l’épidémie de peste. Le mot trogár demeura attaché aux habitants de Nitra.

#1166 – CA Cerro : los Villeros

Gentilé des habitants du quartier de Villa del Cerro, dans la capitale Montevideo. Avant la Première Guerre mondiale, plusieurs clubs de football animaient la vie sportive de ce quartier, dont un évoluait dans la troisième division du pays en 1917. Après la guerre, deux évènements particuliers se conjuguèrent pour mener à la création du CA Cerro le 1er Décembre 1922. D’un côté, en 1919, le club de Rampla Juniors, dont la fondation s’était faite dans la zone douanière du quartier de Ciudad Vieja, déménagea à Villa del Cerro. Ce mouvement ne plut pas à une partie des habitants du quartier, fans de football, qui étaient attachés à défendre et à s’énamourer d’un club dont les racines étaient à Villa del Cerro et non dans une autre partie de la ville. De l’autre côté, en 1922, suite à un différent entre certains clubs (dont le Peñarol) et l’AUF, la fédération nationale, une nouvelle association fut créée, la FUF (Fédération Uruguayenne de Football), avec comme conséquence l’édification de plusieurs nouvelles compétitions nationales. Or, il fallait trouver des clubs prêts à quitter la fédération officielle (AUF), affiliée à la FIFA, pour rejoindre la dissidente (FUF) et son nouveau championnat de première division. Plusieurs contacts furent établis avec certains clubs de Villa del Cerro mais finalement, ce fut la fondation d’une nouvelle entité, le CA Cerro, qui répondit à cette attente. A l’origine, se trouvaient plusieurs jeunes hommes du quartier ainsi que d’autres petits clubs de Villa del Cerro qui se rallièrent. Le CA Cerro était donc bien établi dans Villa del Cerro. Naturellement, le surnom de Villeros s’imposa. En outre, il permettait de rappeler que le club était le seul qui puisait ses racines originelles dans le quartier, contrairement à son grand rival de Rampla Juniors, qui n’était qu’un « immigré ».

#1134 – Le Puy Football : les Ponots

Avec l’élimination en quart de finale de Coupe de France lors de la saison 2023-2024, le surnom du club auvergnat a refait surface en une des quotidiens nationaux. Mais, le terme est souvent utilisé par la presse locale même s’il s’agit en réalité du gentilé des habitants du Puy en Velay. L’étymologie de puy provient du latin podium qui désignait un soubassement, lui-même dérivant du grec ancien πόδιον – podon – qui signifiait petit pied (ποδός – podos – le pied en grec). Dès l’Antiquité, le plateau où se situe la ville, au pied du rocher Corneille (un résidu volcanique haut de 132 mètres), était connu sous le nom de podium (qui désignait alors une petite proéminence). Jusqu’au XIIème siècle, ce qui était au départ un nom commun pour désigner la ville devint son nom propre. Puis, le mot podium se transforma en Poï puis en Puy sous l’Ancien Régime. Pour le gentilé, de podium dériva le terme podot qui se transforma au fil du temps en ponot.

Situé dans la partie sud-est du Massif central, le paysage du Puy a été façonné par les volcans. L’altitude moyenne de la ville est de 750 mètres, avec un dénivelé de près de 300 mètres. La ville se loge entre deux necks, résidus de cheminée volcanique. D’un côté, le Rocher Corneille où trône en son sommet une statue de Notre-Dame-de-France. De l’autre côté, dans la localité voisine d’Aiguilhe, le Rocher d’Aiguilhe, haut de 82 mètres, où se dresse l’église dédiée à Saint Michel. Il semble que les Celtes déjà vouait un culte sur la colline, où plus tard Le Puy se bâtirait, à Adidon, dieu des sommets et des sources. Tout ramène donc à l’éminence, au mont, dont le terme Puy dérive et que le retrouve sous une forme stylisée dans le logo du club.

#1122 – Deportivo Pereira : el Grande Matecaña

Le grand matecaña. Le club émergea d’une bagarre. Au début des années 1940, la rivalité des deux clubs de la ville de Pereira, Vidriocol (l’équipe des classes populaires de Pereira) et Otún (l’équipe des classes aisées de la ville), se traduisait par des affrontements excessifs sur le terrain. A l’issu d’une nouvelle altercation lors d’un derby en Février 1944, plusieurs personnes, soutenues par le capitaine de Police, proposèrent de créer un nouveau club, ce qui fut fait le 12 février 1944. 78 ans plus tard, le club de la province de Risaralda remporta le titre de champion de Colombie, avec une équipe composée uniquement de joueurs colombiens. Un véritable exploit.

Il est difficile de dire pourquoi le club a hérité de ce surnom. Matecaña, que l’on peut traduire par « tueur de cannes à sucre », est le nom de l’aéroport de la ville. Il fut construit sur l’ancien hippodrome qui portait déjà ce nom. Ces terrains se dénommaient déjà ainsi au milieu du XIXème siècle, ce qui laisse supposé qu’il y avait une exploitation de cannes à sucre à cette époque. De par sa construction difficile et les services rendues, l’aéroport constitue une fierté pour les habitants de la ville et son nom est utilisé parfois comme un gentilé.

Quand au club, son équipe joua dans le stade « El fortín de Libaré » (aujourd’hui nommé Mora Mora) jusqu’en 1971. Il ne semble pas que le stade ait été construit sur un ancien champs de cannes à sucre. Donc le terme Matecaña fut certainement retenu dans le surnom comme un synonyme de Pereira. Pour le terme Grande, il symbolise peut-être le fait que « El fortín de Libaré » (le fort de Libaré) était un lieu imprenable où le club réalisa de grands exploits. Après un match mémorable, le Deportivo tint en échec (4 buts partout après avoir mené) le Millonarios de Di Stéfano le 23 Juillet 1953. Le club enregistra dans cette enceinte la victoire 9 à 0 contre Huracán en 1951 et la victoire historique 6 à 0 sur l’Atlético Nacional en 1962. L’autre surnom de la même trempe est la Furia Matecaña (la fureur matecaña).