#807 – FK Bodø/Glimt : Glimt

La lueur, le rayon. Située au nord du Cercle polaire, dans le comté de Nordland, Bodø est la ville norvégienne qui attire les touristes pour observer les aurores boréales et s’engouffrer dans les fjords. Surtout, elle connaît une période estivale (2 juin au 10 juillet) pendant laquelle le soleil ne se couche pas (le fameux soleil de minuit). Depuis 2020 (et son premier titre de champion), elle est devenue la fierté et la lueur du nord du pays, souvent dénigré, notamment en football, par le reste de la Norvège. En effet, une vieille croyance supposait que les clubs du nord du pays (Nordland, Troms et Finnmark) n’avaient pas les moyens de rivaliser avec ceux du sud, et en conséquence, ils n’étaient pas autorisés à participer à la Coupe nationale jusqu’en 1963, ni être promus en première division avant 1972. Seulement, Bodø/Glimt fit mentir cette légende en remportant 2 fois la Coupe (1975, 1993 + 4 fois finaliste : 1977, 1996, 2003, 2022) et surtout 2 fois le championnat (2020, 2021). Pratiquant un jeu offensif et ayant une philosophie de développement passant par la formation, il s’agit désormais de la nouvelle sensation norvégienne. L’AS Roma de Mourinho ne me contredira pas après le 6-1 reçu à Bodø en Ligue Europa Conférence en 2021.

Mais, le surnom du club ne provient pas de sa réputation et de la lumière qu’elle attire sur cette région mais tout simplement de son nom. Fondé en 1916, le club se nomma tout de suite FK Glimt. Pourquoi les fondateurs souhaitèrent s’appeler ainsi ? Ce choix n’est pas documenté mais il n’est pas étonnant qu’ils se placèrent sous le signe du soleil. Bodø étant la première ville au nord du cercle polaire arctique et par conséquent la ville la plus méridionale de Norvège avec le soleil de minuit, la cité et ses habitants ont donc une longue relation avec l’astre lumineux. D’ailleurs, en 1889, lorsque le premier blason de la ville apparût (même s’il fut peu utilisé jusqu’à l’entre-deux guerre), ses éléments reprenaient les principaux symboles de la cité : la montage pour les fjord, un bateau pour l’activité de la pêche et un soleil pour le soleil de minuit. En outre, quand l’écusson fut revisité à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale (alors que la ville entamait sa reconstruction suite aux bombardements de la guerre qui l’avait grandement détruite), le seul élément qui fut conservé était le soleil sur fond rouge. De l’avis de son créateur, Trætteborg, Bodø avait une raison particulière de choisir le soleil comme symbole (en raison de sa position géographique citée avant). En outre, le motif constitue une vieille tradition héraldique et aucune ville norvégienne ne l’utilisait.

Le nom du club évolua au fil des ans pour arriver à cette particularité d’intégrer un « slash ». En 1936, le club créa une section ski (saut à ski, ski de fond, combiné) et devint donc Ski- og Fotballklubben Glimt (Ski et Football Club Glimt). Puis, commençant à se faire connaître dans le reste du pays, il découvrit qu’un autre club s’appelait Glimt dans la ville d’Orkland (Ungdoms- og Idrettslaget Glimt). Ce dernier étant plus ancien (fondé en 1896), le nom de la ville de Bodø fut rajouté au nom du club avec un trait d’union pour le séparer du terme Glimt en 1948. En 1970, la section ski disparût et sa référence dans le nom aussi. Mais un nouveau problème apparût avec le trait d’union. En effet, le trait d’union était utilisé dans les systèmes informatiques (comme ceux des sociétés de paris ou de la ligue norvégienne) pour identifier (séparer) les adversaires d’un match. Or celui de Bodø-Glimt perturbait la lecture. Résultat, en 1988, le trait d’union entre Bodø et Glimt fut remplacé par une barre oblique. Cette dernière, qui constitue aussi l’identité du club, est encore souvent discuté. En 2021, le conseil d’administration du club proposa de supprimer la barre oblique dans le nom. Pour eux, cette barre oblique avait le sens de « ou ». Or, le club était un tout unique et ne devait donc pas opposer le nom de la ville au nom historique. Le Conseil des Langues norvégiens (Språkrådet – en charge de protéger et enrichir les langues norvégiennes) alla dans le sens de la direction en indiquant que le sens de la barre oblique était bien « ou ». Toutefois, Bodø / Glimt étant un nom privé, le Conseil des Langues ne voulait pas émettre de recommandation et que le nom pouvait s’écrire comme le club lui-même le souhaitait. Les supporteurs craignirent de perdre leur âme et finalement, l’assemblée générale rejeta la proposition.

#801 – Olympiakos Vólos : Αυστριακοί

Les autrichiens. En Grèce, il est difficile de parler de Vólos sans utiliser le mot autrichien, qui est devenu le surnom des habitants de la ville. Aucune explication est définitivement établie pour comprendre son origine et plusieurs versions s’opposent. Deux apparaissent plus probables que les autres. Tout d’abord, ville portuaire importante grâce à sa baie, Vólos connut un important trafic commercial avec l’Empire Austro-Hongrois à compter de la seconde moitié du XIXème siècle. En 1884, l’Autriche était le 3ème pays d’où provenait les marchandises dans le port de Vólos et le premier partenaire pour les exportations (équivalent à 145.000 livres de l’époque vs 90.000 livres avec la Grande-Bretagne). Ce lien fort commercial de Vólos et ses habitants avec l’Autriche convainquit leur voisin de Thessalonique de les appeler les autrichiens. L’autre histoire mise souvent en avant raconte que pendant la Première Guerre Mondiale, un navire de guerre autrichien, pourtant hostile, rentra dans la baie de Pagasitikos et les habitants de Vólos l’auraient accueilli avec fanfares et drapeaux autrichiens. Des salutations étonnantes et une connivence qui laissa donc ce surnom.

Place maintenant aux versions moins certaines mais qui tournent autour de la guerre ou du commerce. En 1877, la Russie déclara la guerre à l’Empire Ottoman pour soutenir les Bulgares. La Grèce tenta de tirer parti du conflit en agitant les populations hellènes présentes dans les régions occupées par les turques. Mais alors que l’armée grecque franchissait la frontière ottomane pour venir en aide aux Grecs des Balkans en 1878, la Russie et l’Empire Ottoman s’entendaient pour mettre fin au conflit, isolant alors la Grèce. L’échec de la stratégie grecque fragilisa la région de Thessalie où se situe Vólos et qui était sous domination des turques. La cité aurait cherché la protection de l’Autriche. Toutefois, les recherches historiques mettent en doute cette version. Une autre hypothèse se situe 20 ans plus tard en 1897 avec les mêmes acteurs. Suite au précédent conflit, la Thessalie finit par rejoindre en 1881 le jeune état grec mais la Crète demeurait sous l’emprise ottomane. Les agitations sur l’île en 1895 relança les tensions entre les turques et les grecs. Résultat, nouvelle guerre et défaite de l’Etat Grec qui conduisit l’Empire Ottoman à remettre la main sur la Thessalie. Les habitants de Vólos auraient alors hissé des drapeaux autrichiens sur ses bâtiments lorsque les Turcs étaient sur le point d’entrer dans la ville afin d’éviter leur représailles. Encore une fois, les références historiques contredisent cette légende.

Dans deux autres histoires, les décisions fiscales de la Grèce seraient à l’origine du surnom. Le gouvernement grec aurait décidé de ne plus autoriser les importations en provenance d’Autriche et les habitants de Vólos auraient refusé de se conformer à cette décision (logique vu l’importance des échanges et des richesses créées). Une autre version avance qu’après l’incorporation de la Thessalie à l’État Grec en 1881, le gouvernement hellène taxa lourdement les commerçants grecs de naissance. Résultat, les habitants de Vólos auraient placé des drapeaux autrichiens sur la devanture de leurs magasins pour se faire passer pour des non-grecs et ainsi éviter la taxation. Rien ne l’atteste historiquement mais la pratique ne serait pas étonnant, étant donné l’aversion à l’impôt des grecs. Il faut savoir qu’aujourd’hui, si beaucoup de maisons en Grèce ne sont pas achevés, c’est pour ne pas acquitter certaines taxes.

Enfin, on peut terminer avec d’autres légendes qui veut que les habitants de Vólos sont radins comme les autrichiens, ou froids comme les autrichiens. Ou alors ils seraient vicieux, indisciplinés voire cruels comme les autrichiens (qui avaient pire réputation que les ottomans). Dans une nouvelle de 1891 nommée Tα Άπαντα et écrite par Alexandre Papadiamándis, l’auteur écrivait à propos d’un personnage « Ήτο Αυστριακός, χειρότερος από Τούρκον » (c’était un Autrichien pire qu’un Turc).

Le surnom fut donc souvent donné de manière désobligeante à l’encontre des personnes de Vólos par les habitants d’autres villes, et en particulier ceux de Larissa. Mais, comme souvent, ce surnom, si injurieux soit-il, fit parti de l’identité de la ville au point qu’il soit adopté avec fierté par ceux qui étaient moqués. S’il s’applique à l’ensemble des habitants de Vólos, il est exclusivement utilisé dans le monde du ballon rond pour l’équipe de l’Olympiakos (et non pour les autres clubs de la ville). Ceci peut s’expliquer par le fait que l’Olympiakos évolue en rouge et blanc, couleurs du drapeau autrichien.

#797 – Sydney FC : the Sky Blues

Les bleus ciels. Avant la création de la nouvelle ligue professionnelle de football, A-league, en 2005, Sydney était représenté dans les différents championnats australiens par des clubs de « quartier », souvent rattachés à une communauté d’immigrés. Par exemple, on retrouvait principalement les italiens au sein du Marconi Stallions FC, les grecs avec le Sydney Olympic FC, et les croates au Sydney United FC. D’autres structures existaient également comme Bankstown City Lions (Macédoniens), Bonnyrigg White Eagles (Serbes), Parramatta Eagles (Maltais) et St. George Saints FC (Hongrois). En 2005, la A-league apparaît avec la volonté de stabiliser et développer le football en Australie. Afin de consolider les bases des équipes, la Fédération Australienne appliqua la politique « one team per city » (une équipe par ville). La ligue régionale de Nouvelle-Galles du Sud, où se situe Sydney, coupa l’herbe sous le pied des initiatives privés et déposa un dossier pour créer une franchise à Sydney. Cette nouvelle équipe devait représenter Sydney et tout l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud pour s’assurer une large base de supporteurs. Il fallait donc se déconnecter des communautés ethniques et retenir pour la franchise des symboles de l’Etat. La ligue opta donc pour un maillot bleu ciel, couleur officielle de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud. Ce choix était conforté par le fait que, pour des raisons marketing, l’organisateur de la A-league encourageait à ce que chaque club ait une couleur bien identifiée et distincte des autres. Par ailleurs, des clubs d’autres sports de Nouvelle-Galles du Sud arborait également cette couleur (NSW Waratahs en rugby à XV, NSW Blues en cricket). Le choix du bleu ciel (sky blue pantone 291 exactement) comme couleur officielle de l’Etat n’est pas documenté. Elle est souvent associée avec le blanc et le bleu marine (comme pour le Sydney FC). Cette décision peut apparaître étonnante car finalement, dans le drapeau ou les armes de l’Etat, le bleu ciel n’apparaît pas.

#787 – Hércules Alicante CF : Blanquiazules

Les blanc et bleu. Cette année, le club fête dignement son centenaire, enflamant les débats entre historiens. En effet, si l’enregistrement officiel fut effectué en 1922, certains estiment que le club d’Alicante entamait ses premiers pas doucement dès 1919 (voire 1914). Le club commença son activité en portant des chemises rayées rouges et blanches accompagnées d’un short noir et de chaussettes à l’image du maillot. L’explication du choix est inconnue mais la ressemblance avec les maillots de l’Athletic Bilbao et de l’Atlético de Madrid, clubs bien établis et bénéficiant d’une certaines réputation, n’est peut-être pas un hasard. Hércules évolua avec ce kit jusqu’en 1928 où la direction prit la décision d’opter pour des maillots rayés bleus et blancs. Alors pourquoi ?

Pendant les premières années d’existence du club, une autre association attirait toute la lumière d’Alicante, le Club Natación Alicante. Concentré au départ sur la natation, ce club se développa et devint omnisport, avec notamment une section football. Ses joueurs évoluaient en bleu et blanc. Son ascension fut fulgurante, avec en apogée la saison 1923-1924. Lors de cette année, l’équipe de football du club de natation jouait dans la catégorie régionale la plus élevée (Groupe A) et parvint à remporter le championnat, devenant le premier club d’Alicante à gagner ce titre régional. Mais, sa chute fut tout aussi rapide. Le 28 avril 1927, face à des difficultés économiques et au refus de la Federación Levantina de les admettre en raison d’incidents qui se déroulèrent lors d’un match, le Club Natación Alicante disparut. Club historique d’Alicante et l’un des plus aimés, il laissa un vide qui fut comblé par Hércules, les deux rivaux s’affrontant régulièrement par le passé. Le 4 novembre 1928, lors du premier match de championnat de deuxième catégorie contre Albacete, Hércules joua ce match dans l’enceinte du Campo de La Florida, ancienne antre des nageurs, et décida donc de changer son kit rouge et blanc pour le bleu et blanc en mémoire du club de natation d’Alicante. Par ce geste, Hércules s’inscrivait comme l’héritier du club de natation, espérant bénéficier de sa réputation et de sa popularité. En outre, ce match fut l’occasion également de rendre hommage à José Muñoz Gómis, un professeur de gymnastique et premier promoteur du football à Alicante. Il créa le premier terrain de football d’Alicante qu’il inaugura le 5 avril 1903 en faisant s’affronter deux équipes, dénommée Blanco (blanc) et Azul (bleu), couleurs de la ville d’Alicante. Double raison pour désormais porter ces couleurs. Dans un communiqué de presse daté du 31 octobre 1928, il était indiqué : « la activa directiva « herculana » acordó anoche dedicar el encuentro entre « herculanos » y « albacetenses » a nuestro querido don José. Muy de veras celebramos este acuerdo, así como el de cambiar los colores del « jersey », hoy rojiblanco por los gloriosos colores del antiguo Club Natación Alicante. En el partido homenaje a José Muñoz, los « equipiers » del Hércules saldrán luciendo la camiseta blanquiazul, colores que un día llegaron a ostentar el preciado título de campeones de levante. Esta modificación de cambiar los colores, de ello estamos plenamente convencidos, será recibida con muestras de simpatía por los aficionados alicantinos. » (le conseil d’administration de la « herculana » a accepté hier soir de dédier le match entre « herculanos » et « albacetenses » à notre cher Don José. Nous nous félicitons de cet accord, ainsi que de celui qui consiste à changer les couleurs du maillot, aujourd’hui rouge et blanc, pour les couleurs glorieuses de l’ancien club de natation d’Alicante. Pour ce match d’hommage à José Muñoz, les « équipiers » d’Hercules porteront le maillot bleu et blanc, couleurs qui ont autrefois porté le titre très prisé de champions de Levante. Nous sommes pleinement convaincus que ce changement de couleurs sera accueilli avec sympathie par les supporteurs d’Alicante).

Le drapeau d’Alicante se découpe en deux morceaux égaux avec l’écusson de la ville en son milieu. A gauche, une bande blanche. A droite, une bande bleue. Un arrêté royal du 30 juillet 1845 établissa des pavillons nautiques permettant d’identifier les navires en fonction de leur province maritime d’attache. Ainsi, le ministère de la Marine attribua à la province d’Alicante un drapeau blanc et bleu séparé verticalement. Finalement, le 31 octobre 1857, ce système fut aboli mais, passé dans les usages, il perdura jusqu’au XXème siècle. Même les bateaux de pécheurs qui n’avaient pas à l’utiliser en 1845 arborer ce pavillon. Le 1er février 1893, le conseil municipal d’Alicante adopta ce drapeau comme celui officiel de la ville.

#775 – Bangu AC : Alvirrubro

Les blanc et rouge, couleurs du club carioca depuis ses origines. Bangu, quartier de Rio de Janeiro, vit apparaître le football grâce à la présence de l’usine textile locale, Fábrica de Tecidos Bangu, où de nombreux employés anglais travaillaient. Car, comme dans beaucoup de pays, les expatriés anglais apportèrent avec eux leurs savoir-faire industriels mais également leurs nouveaux loisirs, tels que le football. En particulier, l’écossais Thomas Donohoe apporta des ballons de football à Bangu. En décembre 1903, l’anglais Andrew Procter proposa, notamment à ses collègues britanniques de l’usine, John Starck, Thomas Donohoe, Clarence Hibbs, Willian French, Willian Procter, et Thomas Hellowell, la création d’un club. Lors de l’assemblée constituante, le choix des couleurs se porta sur le rouge et le blanc. On suppose aujourd’hui que ce choix fut dicté par la dominance des anglais au sein du club puisque le rouge et le blanc aurait célébré Saint Georges, saint patron de l’Angleterre et présent sur le drapeau anglais au travers de sa croix rouge et blanche. En effet, la représentation de Saint Georges, terrassant un dragon, est l’aggorie de la victoire de la Foi sur un Démon. Ainsi, Saint Georges avait un cheval blanc, signe de pureté et portait également un écu et une barnière d’argent à la croix de gueules (en termes moins héraldiques, blanc et rouge). Toutefois, une autre version est apparue, avec l’aide (intentionnelle ?) du club. Comme pour d’autres clubs, les employés britanniques de l’usine textile et fondateurs étaient des fans, en particulier du club de Southampton. Ce dernier évoluait dans des maillots rayés rouge et blanc et avait une certaine notoriété, ayant été finaliste de la FA Cup en 1900 et 1902. En 2015, le club s’équipa d’un maillot extérieur bleu marine à parement jaune, totalement similaire à celui de Southampton. De quoi relancer cette version.

#773 – NK Istra 1961 : Zeleno-žuti

Les vert et jaune. Le surnom appelle à la simplicité en faisant référence aux couleurs des maillots du club. Pourtant, la confusion fait parti intégrante de l’histoire de ce club de la ville de Pula, dans la région de l’Istrie. En 1948, au sein du puissant chantier naval Uljanik émergea un club nommé NK Uljanik. En 1961, ce dernier fusionna avec le NK Pula pour donner naissance au NK Istra. Alors que le NK Istra tentait de survivre en seconde division yougoslave, en 1964, le NK Uljanik renaquit de ses cendres pour évoluer en division régionale.

Pendant les 40 années suivantes, les deux clubs eurent des histoires croisées avec toutefois une domination locale du NK Istra, soutenu par les autorités. Par exemple, en 1978, le NK Uljanik accéda à la Ligue inter-républicaine yougoslave (une ligue inter-régionale comprenant la Slovénie, Zagreb, l’Istrie, Rijeka et une partie de la Bosnie-Herzégovine) où évoluait déjà le NK Istra. La municipalité de Pula considéra qu’elle ne pouvait supporter financièrement deux clubs à ce niveau de compétition. Appréciant plus l’organisation et l’équipe du NK Istra, la ville privilégia ce dernier et demanda au NK Uljanik de se retirer de cette ligue, ce que le club fit. Rebelote en 1983 quand NK Uljanik remporta le championnat régionale et accéda de nouveau dans le championnat dans lequel jouait NK Istra. Même décision de la municipalité. Mais, le NK Uljanik refusa cette fois de s’y plier et évolua donc dans la même division que son rival.

L’indépendance de la Croatie en 1992 donna naissance à une nouvelle organisation des championnats dans le pays. NK Istra rejoignit la première division tandis que le NK Uljanik joua en seconde. Au début des années 2000, le NK Uljanik entama son ascension qui le fit suplanter finalement et définitivement son rival du NK Istra. En 2003, les deux clubs se retrouvèrent en seconde division et le NK Uljanik remporta le derby lors de la dernière journée du championnat. Cette même année, ce dernier réussit l’exploit d’atteindre la finale de la Coupe de Croatie, aucun club de seconde division n’étant auparavant parvenu à se hisser si haut. Après 40 ans de domination du NK Istra, l’autre club de la ville était enfin reconnu et reprenait le flambeau de meilleure équipe de la ville.

Par la suite, NK Uljanik eut du mal à se stabiliser (changement de nom, problèmes financiers …) malgré sa présence dans l’élite croate. En 2007, le club descendit en seconde division tandis que le NK Istra se débattait en troisième division. Les deux associations tentèrent d’unir leur force mais le projet de fusion échoua. Déçus, les supporteurs du NK Istra, regroupés sous le nom de Demoni (les démons), proposèrent leur service au NK Uljanik (alors renommé à l’époque NK Pula) si ce dernier acceptait de changer ses couleurs. En effet, depuis sa fondation, le NK Uljanik évoluait en bleu, couleur de la société Uljanik, propriétaire du chantier naval. Le NK Istra portait des équipements jaune et vert, aux couleurs de la ville de Pula. Le NK Pula, qui ne disposait pas d’une large et organisée base de supporteurs accepta la proposition. Les dirigeants changèrent également le nom du club en NK Istra 1961. Depuis, NK Istra 1961 est le club de la ville de Pula, évoluant toujours au sein de l’élite croate, en ayant subtiliser l’aura, les couleurs ainsi que le nom de l’autre club de la ville, le NK Istra, qui depuis joue au 5ème niveau national.

Les armoiries de Pula, qui représente une croix jaune sur fond vert, ressemblent à bien d’autres en Istrie, mais la combinaison de couleurs utilisée est plutôt unique. La municipalité de Pula a commencé à utiliser un sceau avec un bouclier ovale avec une croix au début du XIXème siècle, tandis que le bouclier vert avec une croix dorée surmontée d’une couronne murale a été confirmé en 1846.

#769 – SpVgg Greuther Fürth : die Kleeblätter

Les trèfles. Abonné à la seconde division allemande, le club bavarois va y retourner après cette saison 2021-2022 où il termine à la 18ème place. Le trèfle qui arbore son blason ne lui aura pas porté chance. Ce trèfle provient directement des armoiries de la ville de Fürth. Les armoiries actuellement en vigueur furent approuvées en 1939 mais le trèfle apparaît pour la première fois le 18 janvier 1562 dans le sceau personnel de Johann Hornung, bailli de la cathédrale de Bamberg. Les notaires et les échevins de justice résidant dans la cour de Fürth continuèrent à utiliser le trèfle comme sceau. Puis, en 1693, le trèfle fut utilisé pour la première fois comme cachet de la commune de Fürth. Avec son élévation au rang de ville indépendante au début du XIXème siècle, Fürth se dota pour la première fois d’armoiries qui représentaient donc un trèfle.

Il y a eu de nombreuses tentatives pour expliquer la signification du trèfle et de ses trois feuilles. Cependant, son origine comme le sens demeurent toujours mystérieuses malgré l’existence de plusieurs hypothèses. Dans toutes ces versions, le trèfle à 3 feuilles représentent 3 composantes réunies et unies. Le premier maire de Fürth, Franz Joseph von Bäume, supposa que les 3 feuilles du trèfle représentaient le triumvirat qui dirigeait la ville de 1400 à 1792 : la principauté d’Ansbach (ou margraviat de Brandebourg-Ansbach), la ville impériale de Nuremberg et le diocèse de Bamberg. Version populaire, elle semble historiquement peu probable car les 3 maîtres ne formèrent pas une gouvernance unique, s’opposèrent souvent et chaque quartier de la ville ne se soummettait qu’à un seul de ces seigneurs. Une autre possibilité revient à celui qui introduit le trèfle, Johann Hornung. Etant donné qu’il était bailli de la cathédrale de Bamberg, le trèfle pouvait avoir la symbolique classique du catholisme, la trinité. En effet, St Patrick, le saint irlandais, se servit d’un trèfle pour expliquer la trinité de Dieu. Chaque feuille représente le Père, le Fils et le Saint Esprit et le tout forme le trèfe, Dieu (Trois et pourtant un). L’historien Schwammberger était un partisan de cette théorie. Enfin, comme toutes les versions tournent autour de ces 3 feuilles, il fallait une troisième hypothèse. Ce trèfle serait le symbole de la coexistence pacifique des 3 religions. Depuis la Réforme, la ville de Fürth comptait 3 confessions, les protestants, les catholiques et les juifs, qui cohabitaient pacifiquement.

#761 – Lobos BUAP : los Lobos

Les loups. L’équipe professionnel de la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla disparut en 2019. Empêtré dans les dettes, elle dut vendre sa licence à un autre club, le CF Juarez (#1233). Créée dans les années 1960, cette équipe liée à l’Université de la 4ème ville du pays, aurait pu reprendre les symboles du blason de l’école, soit le phénix, soit la déesse Athéna. Mais, ce dernier fut introduit en 1937 et les fondateurs préférèrent se référer à l’ancien écusson, qui s’inspirait des armoiries de Don Melchor de Covarrubias y Cervantes. Ces armes affichaient tout simplement un loup, un animal très commun dans l’héraldisme espagnole, qui symbolisait la combativité et la générosité. Certainement des valeurs que les fondateurs du club voulaient que l’équipe défende.

Pourquoi ces armes étaient utilisées par l’Université ? L’Université autonome de Puebla demeure un pilier de l’enseignement supérieur de sa région et occupe une place de choix parmi les universités publiques du pays. Elle est la résultante d’une longue histoire qui remonte au 9 mai 1578. Dans la nouvelle ville de Puebla, un groupe de religieux jésuites venus d’Espagne s’établit et, à la demande expresse du conseil municipal, fonda le Séminaire de la Compagnie de Jésus de San Jerónimo. Neuf ans plus tard, le 15 avril 1587, ils érigent une école sous le nom de Colegio del Espíritu Santo. Elle fut parrainée par Don Melchor de Covarrubias. Né en Espagne, ce dernier fut l’un des premiers colons à s’installer lors de la fondation de la ville de Puebla en 1531. Destiné à une carrière sacerdotale, il devint marchand dans les Amériques et amassa une fortune importante. Maire de la ville, il effectua une donation considérable aux jésuites pour fonder un établissement scolaire qui devint plus de 400 ans plus tard une des grandes université du Mexique.

#758 – Adelaide United FC : the Reds

Les rouges. Sans surprise, l’équipe d’Adélaïde, capitale de l’Etat d’Australie-Méridionale, évolue avec un kit intégralement rouge, depuis quasiment sa création. A l’issue de la saison 2002-2003, le club d’Adélaïde City se retira de la première ligue australienne (NSL), imitant son rival local, West Adelaide, qui avait pris la même décision en 1999, laissant alors la 5ème ville d’Australie et l’Etat d’Australie-Méridionale sans aucune équipe professionnelle de football. Gordon Pickard, un magnat de l’immobilier et l’un des hommes les plus riches d’Australie-Méridionale, fonda alors l’équipe d’Adelaide United en Septembre 2003 pour reprendre le flambeau et porter les espoirs de tout un peuple. Se voulant le représentant de l’Etat d’Australie-Méridionale et non seulement de la ville d’Adélaïde, l’équipe se pouvut des couleurs officielles de l’État d’Australie-Méridionale depuis le 25 novembre 1982, le rouge, le bleu et l’or (que l’on retrouve sur le swoosh de l’écusson). En 2005, l’A League remplaça la NSL comme plus haut niveau du football australien. Naturellement (et certainement pour des raisons marketing et faciliter le lancement de cette compétition), les clubs simplifièrent leurs uniformes. Ainsi, chacun opta pour des maillots presque unicolores et la couleur principale de chaque équipe était différente. Le choix d’Adelaide United se porta sur le rouge, première couleur de l’Etat, qui rappelle aussi la plante Swainsona formosa, qui se distingue par sa fleur rouge sang et qui fut choisie comme emblème de l’Etat d’Australie-Méridionale.

#745 – FC Corvinul Hunedoara : Corbii

Les corbeaux. Disparu en 2004, le club fondé en 1921 était l’un de ses pourvoyeurs de talents durant le régime communiste pour les clubs de Bucarest, en particulier le Dinamo. Son nom (Corvinul) comme son blason reprennent le symbole de la ville, le corbeau. Hunedoara est inexorablement lié à la famille Hunyadi, maison également connue sous le nom de CorvinCorvinus ou Corvinești. A compter du XIVème siècle, la cité était connue comme la résidence de la famille Hunyadi. Le 18 octobre 1409, Wayk de Hunyad fut annobli et reçut en récompense de sa bravoure militaire et sa loyauté envers Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie, la citadelle et le domaine royal de Hunedoara. Le village reçut les privilèges de ville en 1448 et le fils de Wayk, Jean Hunyadi, consolida la citadelle, la réputation de la ville ainsi que la position de la famille. Matthias Corvin, fils de Jean, continua l’oeuvre de son père, en agradissant le château de Hunedoara qui devint l’un des plus grands du monde médiéval, et le pouvoir de la maison Hunyadi. Le nom de la cité serait une translation du hongrois Hunyadvár signifiant « Château de Hunyad ». Cette forteresse était le signe de la puissance de la famille Hunyadi, témoignant de sa grandeur en tant que guerriers et hommes d’État. Matthias fut d’ailleurs élu Roi de Hongrie. Les origines de cette famille demeurent confuses tout comme l’animal qui la représentait, le corbeau. Son nom, CorvinCorvinus ou Corvinești provient certainement du mot latin corvus (corbeau). L’oiseau s’affichait aussi sur les armoiries en tenant dans son bec un anneau en or. D’où vient ce lien avec le corbeau ? D’après les annales de Silésie, un jour un corbeau vola l’anneau que le roi Jean Hunyadi avait retiré de son doigt. Jean parvint à le tuer avec son arc et récupéra sa bague. Selon la légende, il aurait alors pris le corbeau comme symbole de son sceau pour commémorer cet incident. D’autres historiens pensent que les armoiries rappellent que le chateau de la famille se situait sur le rocher au corbeau (Hollókő en hongrois). Certains prétendent que la mère de Matthias put communiqué avec lui lorsqu’il fut emprisonné à Prague graçe à un corbeau. Cette histoire permet aussi d’expliquer pourquoi le service postal hongrois a eu comme symbole un corbeau pendant plus d’un siècle. Mais, finalement, ce lien pourrait être « parlant » car l’origine géographique de la famille étant obscure, leur racine pourrait être la ville serbe de Kovin.

Outre le corbeau, le club hérita également du surnom de Corviniștii qui signife les Corvin (du nom de la famille).